{"id":12289,"date":"2017-10-04T15:48:00","date_gmt":"2017-10-04T13:48:00","guid":{"rendered":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/?p=12289"},"modified":"2020-05-15T16:04:25","modified_gmt":"2020-05-15T14:04:25","slug":"adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/","title":{"rendered":"Adel Manna : Les Palestiniens qui sont rest\u00e9s pendant la Nakba"},"content":{"rendered":"<header class=\"entry-header mh-clearfix\">\n<p class=\"mh-meta entry-meta\"><strong>L\u2019historien Adel Manna raconte l\u2019histoire des 120 000 Palestiniens rest\u00e9s en Isra\u00ebl en 1948 alors que 750 000 autres \u00e9taient chass\u00e9s<\/strong><\/p>\n<\/header>\n<div class=\"entry-content mh-clearfix\">\n<div class=\"pf-content\">\n<figure id=\"attachment_27133\" class=\"wp-caption aligncenter\" aria-describedby=\"caption-attachment-27133\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-27133 size-full\" src=\"https:\/\/www.pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nakba-Copy.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" srcset=\"https:\/\/www.pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nakba-Copy.jpg 520w, https:\/\/www.pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nakba-Copy-350x152.jpg 350w\" alt=\"L\u2019historien Adel Manna raconte l\u2019histoire des 120 000 Palestiniens rest\u00e9s en Isra\u00ebl en 1948 alors que 750 000 autres \u00e9taient chass\u00e9s\" width=\"520\" height=\"226\"><figcaption id=\"caption-attachment-27133\" class=\"wp-caption-text\">Des r\u00e9fugi\u00e9s palestiniens sur la route du Liban, le 4 novembre 1948. Photo : AP\/Jim Pringle<\/figcaption><\/figure>\n<p>Quand il \u00e9tait en quatri\u00e8me ann\u00e9e primaire dans la ville arabe de <strong>Majd al-Krum<\/strong>, en haute <strong>Galil\u00e9e, Adel Manna<\/strong> avait particip\u00e9 aux pr\u00e9paratifs de la c\u00e9l\u00e9bration du dixi\u00e8me <em>Jour de l\u2019Ind\u00e9pendance d\u2019Isra\u00ebl<\/em>. Chez lui, il avait dit \u00e0 son p\u00e8re, <strong>Hussein<\/strong>, \u00e0 quel point il \u00e9tait ravi de figurer dans une pi\u00e8ce sur les r\u00e9alisations du mouvement sioniste et du jeune \u00c9tat. Le visage de son p\u00e8re s\u2019\u00e9tait assombri. Il avait fait asseoir<strong> Adel<\/strong>, son a\u00een\u00e9, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui et lui avait expliqu\u00e9 avec beaucoup de patience pourquoi l\u2019\u00e9v\u00e9nement n\u2019\u00e9tait pas un motif de f\u00eate pour les <strong>Arabes<\/strong>, mais plut\u00f4t une journ\u00e9e de douleur et de traumatisme. <em>\u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas un jour d\u2019istiqlal [ind\u00e9pendance], mais d\u2019istakhlal [conqu\u00eate, occupation]&nbsp;\u00bb<\/em>, avait-il dit.<\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Mon p\u00e8re m\u2019avait parl\u00e9 des tueries commises en novembre 1948 par les soldats des Forces de d\u00e9fense isra\u00e9liennes et, au cours des mois qui avaient suivi la fin de la guerre, des centaines de r\u00e9sidents avaient \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s, dont notre famille&nbsp;\u00bb<\/em>, m\u2019explique <strong>Manna<\/strong> lors d\u2019une interview \u00e0 <strong>J\u00e9rusalem<\/strong>. En janvier 1949, sa famille \u00e9tait pass\u00e9e en <strong>Jordanie<\/strong> et, apr\u00e8s cela, avait poursuivi son chemin jusqu\u2019au camp de r\u00e9fugi\u00e9s d\u2019<strong>Ein al-Hilweh<\/strong>, au <strong>Sud-Liban.<\/strong><\/p>\n<p>Soixante ann\u00e9es se sont \u00e9coul\u00e9es depuis que <strong>Manna<\/strong> a saisi la diff\u00e9rence entre ces deux mondes arabes. Les circonstances de l\u2019exil de la famille et de son retour par la suite dans la maison ancestrale l\u2019ont hant\u00e9 toute sa vie. Aujourd\u2019hui, apr\u00e8s une gestation difficile, ces exp\u00e9riences ont produit une \u00e9tude historique novatrice, <strong>Nakba<\/strong> et survie,&nbsp;ou l\u2019histoire des <strong>Palestiniens<\/strong> rest\u00e9s \u00e0 <strong>Ha\u00effa<\/strong> et en <strong>Galil\u00e9e<\/strong>, 1948-1956, qui a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en arabe avant de l\u2019\u00eatre tout r\u00e9cemment en h\u00e9breu. Le terme <strong>Nakba,<\/strong> ou <em>\u00ab&nbsp;catastrophe&nbsp;\u00bb<\/em>, est utilis\u00e9 pour d\u00e9crire la guerre d\u2019ind\u00e9pendance d<strong>\u2018Isra\u00ebl<\/strong>, lorsque des centaines de milliers d\u2019<strong>Arabes<\/strong> se sont enfuis ou ont \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s de leurs foyers. Dans la version en h\u00e9breu de son ouvrage, <strong>Manna<\/strong> utilise le mot h\u00e9breu<em><strong> sordim<\/strong><\/em> pour d\u00e9signer les survivants, c\u2019est-\u00e0-dire ceux qui sont rest\u00e9s (contrairement au terme<em><strong> nitzolim<\/strong><\/em>, renvoyant aux survivants de l\u2019Holocauste et que les <strong>Juifs<\/strong> se sont essentiellement appropri\u00e9s, dit-il).<\/p>\n<p>J\u2019entame notre entretien en demandant \u00e0 <strong>Manna<\/strong> quand il en est venu \u00e0 d\u00e9cider que les protagonistes du livre seraient ceux qui avaient surv\u00e9cu \u2013 \u00e9taient rest\u00e9s \u2013 apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements de 1948-1949.<\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;La survie, c\u2019est la force&nbsp;\u00bb<\/em>, r\u00e9pond-il. <em>\u00ab&nbsp;C\u2019est la capacit\u00e9 de faire face \u00e0 un d\u00e9sastre, comme un tremblement de terre, et de tenir le coup et de sauver votre famille et vos biens. C\u2019est ce qui est arriv\u00e9 aux <strong>Arabes<\/strong> en <strong>Isra\u00ebl<\/strong>, et le d\u00e9sastre ne s\u2019est pas termin\u00e9 en 1948 mais s\u2019est poursuivi au moins jusqu\u2019en 1956. Les <strong>Palestiniens<\/strong> sont devenus une minorit\u00e9 gouvern\u00e9e par les <strong>Juifs<\/strong>, dont la langue et les lois ne leur \u00e9taient pas famili\u00e8res. Officiellement, ils \u00e9taient des citoyens mais, dans la r\u00e9alit\u00e9, ils \u00e9taient sous occupation. Leurs droits ont \u00e9t\u00e9 foul\u00e9s aux pieds, leurs propri\u00e9t\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 expropri\u00e9es et pill\u00e9es, ils ne pouvaient quitter leur village sans permis, etc. Il faut de la force et, par-dessus tout, des strat\u00e9gies, si on veut survivre. J\u2019appelle cela la force des vaincus&nbsp;: ne pas c\u00e9der au d\u00e9sespoir et faire en sorte que votre famille reste en vie. L\u2019historien [isra\u00e9lien]<strong> Benny Morris<\/strong> et d\u2019autres de son bord d\u00e9testent mon livre, parce que je leur reprends l\u2019histoire et que je pr\u00e9tends aussi avec effronterie que les <strong>Palestiniens<\/strong> ont surv\u00e9cu, m\u00eame si, apr\u00e8s la <strong>Seconde Guerre mondiale<\/strong> et l\u2019<strong>Holocauste<\/strong>, les <strong>Juifs<\/strong> ont monopolis\u00e9 le mot \u201csurvie\u201d. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>En fait, ne remplacez-vous pas le terme [arabe] summud \u2013 d\u00e9termination \u2013 par le terme [h\u00e9breu] hisardut, ou survie&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Dans la version arabe du livre, j\u2019utilise le mot <strong>bakaa<\/strong>, qui signifie \u201crester en vie\u201d. Les <strong>Palestiniens<\/strong> n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 l\u2019extinction, lors de la <strong>Nakba<\/strong> de 1948, et j\u2019insiste l\u00e0-dessus, dans le livre. Tout le monde n\u2019est pas parvenu \u00e0 en sortir et \u00e0 r\u00e9habiliter son existence&nbsp;; certains ont d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et sont partis. Des familles se sont s\u00e9par\u00e9es et leurs membres ne se sont plus vus pendant des ann\u00e9es. Certains <strong>Palestiniens<\/strong> ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 rester dans leur patrie sous le pouvoir militaire et courber l\u2019\u00e9chine afin de survivre, malgr\u00e9 leur trag\u00e9die priv\u00e9e, qui \u00e9tait \u00e9galement une trag\u00e9die nationale et politique.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;C\u2019est \u00e9galement une histoire de renaissance. Le terme <strong>summud<\/strong> date des ann\u00e9es 1980 et implique une approche politique et id\u00e9ologique, \u00e0 savoir&nbsp;: Je dois me cramponner \u00e0 la terre. Apr\u00e8s que les <strong>Palestiniens<\/strong> de <strong>Cisjordanie<\/strong> ont d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 quant \u00e0 la possibilit\u00e9 de lib\u00e9rer la <strong>Palestine<\/strong>, ils ont parl\u00e9 d\u2019un engagement \u00e0 se cramponner avec d\u00e9termination aux territoires qui avaient \u00e9t\u00e9 occup\u00e9s en 1967.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Quand les Palestiniens en Isra\u00ebl ont-ils compris qu\u2019il leur incombait de survivre&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Au d\u00e9but de la guerre, en 1948, beaucoup ont fui pour leur existence, en croyant qu\u2019ils allaient rentrer bient\u00f4t. Mais, en tr\u00e8s peu de temps, ils ont compris que la <strong>Galil\u00e9e centrale<\/strong> et la <strong>Galil\u00e9e occidentale<\/strong> \u2013 cens\u00e9es faire partie de l\u2019<strong>\u00c9tat arabe<\/strong>, dans le plan de partition des <strong>Nations unies<\/strong> \u2013 allaient \u00eatre perdues. Quand vous comprenez que ceux qui sont partis ne seront pas en mesure de revenir et que vous apprenez que les conditions de vie dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s au <strong>Liban<\/strong> sont tr\u00e8s p\u00e9nibles, vous comprenez que l\u2019abandon n\u2019est pas une option.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Les r\u00e9sidents de la ville arabe de <strong>Nazareth<\/strong> et des vingt villages de la p\u00e9riph\u00e9rie n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s, lors de l\u2019op\u00e9ration <strong>Hiram<\/strong> [qui, en octobre 1948, cherchait \u00e0 ravir le contr\u00f4le de la <strong>haute Galil\u00e9e<\/strong> \u00e0 l\u2019<strong>Arm\u00e9e de lib\u00e9ration arabe]<\/strong>. Quand les Forces de d\u00e9fense isra\u00e9liennes atteignirent des localit\u00e9s comme <strong>Bana, Deir al-Assad, Nahaf<\/strong> et d\u2019autres, dans le cadre de l\u2019op\u00e9ration,&nbsp;\u00bb <\/em>poursuit <strong>Manna<\/strong><em>, \u00ab les soldats sont entr\u00e9s dans les villages, ont rassembl\u00e9 les hommes, en ont abattu quelques-uns et ont ordonn\u00e9 \u00e0 tout le monde :&nbsp; \u201c<strong>Yallah, au Liban !\u201d<\/strong>&nbsp;Apparemment, les villageois sont partis et ont commenc\u00e9 \u00e0 marcher vers le nord. Les soldats ne les ont pas accompagn\u00e9s. Souvent, apr\u00e8s avoir parcouru cinq ou dix kilom\u00e8tres et sans qu\u2019il y ait eu un militaire en vue, ils sont revenus sur leurs pas et ont trouv\u00e9 des gens pour se mettre en liaison avec les commandants isra\u00e9liens. Les gens se sont alors mis \u00e0 d\u00e9velopper tout un savoir-faire de survie.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Le livre, ensuite, se concentre sur les <strong>Palestiniens<\/strong> qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s et <strong>Manna<\/strong> s\u2019int\u00e9resse de pr\u00e8s \u00e0 des groupes comme les <strong>Druzes<\/strong>, qui avaient rejoint les FDI d\u00e9j\u00e0 en juin 1948, et d\u2019autres comme les <strong>Circassiens<\/strong> et certains des villages b\u00e9douins de <strong>Galil\u00e9e.<\/strong> Dans l\u2019ensemble, <strong>Manna<\/strong> traite de <strong>Nazareth<\/strong> et d\u2019un grand nombre de villages des alentours, qui sont sortis presque intacts de la <strong>Nakba<\/strong>, suite \u00e0 la d\u00e9cision isra\u00e9lienne de juillet 1948. L\u2019auteur analyse les circonstances qui ont permis \u00e0 quelque 100&nbsp;000 <strong>Palestiniens<\/strong> de rester en <strong>Galil\u00e9e<\/strong> et \u00e0 Ha\u00effa, alors que 750&nbsp;000 autres <strong>Palestiniens<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9s ou se sont enfuis.<\/p>\n<p><strong>Chr\u00e9tiens contre musulmans<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;En 1948&nbsp;\u00bb<\/em>, explique-t-il, <em>\u00ab&nbsp;les d\u00e9cideurs politiques de haut rang ont sorti des directives explicites ordonnant aux officiers des FDI de ne pas molester ni d\u2019expulser les r\u00e9sidents de Nazareth et des nombreux villages qui l\u2019entourent. Il y a le cas bien connu du village chr\u00e9tien d\u2019<strong>Ilabun<\/strong>, o\u00f9 un massacre fut perp\u00e9tr\u00e9 et les habitants chass\u00e9s vers le <strong>Sud-Liban<\/strong> \u2013 mais, dans un exemple unique, ces r\u00e9fugi\u00e9s eurent l\u2019autorisation de regagner leurs foyers et leurs terres. Par contre, les musulmans de <strong>Galil\u00e9e<\/strong> furent victimes d\u2019une \u00e9puration ethnique.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Sur quelle base affirmez-vous que la plupart des personnes d\u00e9plac\u00e9es \u00e9taient des musulmans&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Si nous nous concentrons sur la <strong>Galil\u00e9e<\/strong>, le fait est que de nombreux chr\u00e9tiens d\u2019<strong>Acre<\/strong> et <strong>Ha\u00effa<\/strong> ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s. Cela contredit le compte rendu des historiens isra\u00e9liens, \u00e0 savoir que le maire de <strong>Ha\u00effa, Shabtai Levy,<\/strong> avait sorti une petite brochure \u00e9mouvante qui pressait les r\u00e9sidents arabes de ne pas quitter la ville o\u00f9 ils avaient v\u00e9cu tant d\u2019ann\u00e9es. J\u2019ai interview\u00e9 des r\u00e9sidents de <strong>Ha\u00effa<\/strong> \u2013 des membres du parti communiste qui ne sont pas nationalistes et qui ne ha\u00efssent certainement pas <strong>Isra\u00ebl<\/strong>. Aucun d\u2019eux n\u2019a jamais entendu parler de cette brochure et, le jour o\u00f9 elle \u00e9tait cens\u00e9e avoir \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9e, la <strong>Haganah<\/strong> [l\u2019organisation paramilitaire qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 les FDI] avait bombard\u00e9 les quartiers arabes depuis le mont <strong>Carmel.<\/strong> \u00c0 <strong>Ha\u00effa<\/strong>, il n\u2019y a pas eu d\u2019expulsion dans le sens que les gens auraient \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s de monter dans des camions \u00e0 la pointe du fusil. Mais, quand des quartiers entiers ont \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9s, les gens se sont pr\u00e9cipit\u00e9s vers le port. Le m\u00eame mod\u00e8le s\u2019est r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 <strong>Acre<\/strong> et \u00e0 <strong>Jaffa<\/strong>.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Le Premier ministre David Ben-Gourion a-t-il poursuivi une politique ou sorti un ordre visant \u00e0 se d\u00e9barrasser des musulmans&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Je ne cherche pas une directive ou un document portant la signature de Ben-Gourion. Il a souvent abord\u00e9 le sujet et je cite ses d\u00e9clarations dans le livre. Par exemple, le 26 septembre 1948, il a d\u00e9clar\u00e9&nbsp;: &nbsp;\u00bbIl reste une seule t\u00e2che aux Arabes sur la terre d\u2019Isra\u00ebl&nbsp;: fuir.&nbsp;\u00bb La direction isra\u00e9lienne comprenait et \u00e9tait \u00e9galement d\u2019avis que, pour l\u2019\u00c9tat juif, moins il y avait d\u2019<strong>Arabes<\/strong>, mieux cela valait. Le sujet avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1930. <strong>Yosef Weitz<\/strong>, un haut responsable du<strong> Fonds national juif<\/strong>, appuyait l\u2019expulsion massive des <strong>Arabes<\/strong> et pr\u00f4nait un transfert de population. Les commandants des FDI, \u00e0 divers niveaux, savaient ce que les dirigeants voulaient et ils agirent en fonction de ces desiderata. On ne se livra pas partout \u00e0 des massacres. Quand vous bombardez un village ou un quartier dans une ville, les r\u00e9sidents fuient. Au cours du premier semestre 1948, du moins, les r\u00e9sidents croyaient qu\u2019ils seraient \u00e0 m\u00eame de rentrer chez eux. Lorsque les combats prirent fin \u00e0 <strong>Ha\u00effa<\/strong>, bien des r\u00e9sidents tent\u00e8rent de revenir par bateau depuis <strong>Acre<\/strong>, mais la <strong>Haganah<\/strong> bloqua leur retour.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Votre \u00e9tude confirme-t-elle, ou prouve-t-elle qu\u2019un nettoyage ethnique a bien eu lieu&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab Le but du livre n\u2019est pas de prouver qu\u2019un nettoyage ethnique a bien eu lieu. Mon d\u00e9saccord avec [la critique de mon livre dans Haaretz par] Benny Morris n\u2019a pas tourn\u00e9 autour de la question de savoir \u2018\u201csi un nettoyage ethnique a eu lieu ou non\u201d, mais autour de la question de savoir si les dirigeants ont ou n\u2019ont pas pris une d\u00e9cision lors d\u2019une rencontre particuli\u00e8re afin d\u2019appliquer une politique de nettoyage ethnique. \u00bb<\/em> \u00c0 ce propos, <strong>Manna<\/strong> cite la r\u00e9ponse de <strong>Daniel Blatman<\/strong> (dans Haaretz, le 4 ao\u00fbt) \u00e0 une critique de son livre par <strong>Morris<\/strong> (dans Haaretz, le 29 juillet). <em>\u00ab&nbsp;On pourrait penser, d\u2019apr\u00e8s le livre de <strong>Morris<\/strong><\/em>, faisait remarquer<strong> Blatman<\/strong>, \u00ab&nbsp;<em>que, lorsque <strong>Ratko Mladic<\/strong> a d\u00e9cid\u00e9 de massacrer plus de 7&nbsp;000 hommes et gar\u00e7ons musulmans \u00e0 <strong>Srebrenica<\/strong>, en 1995, il avait donn\u00e9 ses ordres en public.&nbsp;\u00bb(*)<\/em><\/p>\n<p>En effet, fait remarquer<strong> Manna<\/strong>, <em>\u00ab&nbsp;le premier historien a avoir r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019une \u00e9puration ethnique avait eu lieu et qu\u2019il y avait \u00e9galement des cas de massacres, de viols et d\u2019expulsions a \u00e9t\u00e9 <strong>Benny Morris.<\/strong> Il en est arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion qu\u2019il n\u2019y avait pas de politique [officielle] \u00e0 la lumi\u00e8re du fait qu\u2019aucune documentation d\u2019archives faisant autorit\u00e9 n\u2019existe. Dans un village, ils d\u00e9cidaient d\u2019agir d\u2019une certaine fa\u00e7on et, dans un autre, de fa\u00e7on diff\u00e9rente. N\u2019emp\u00eache, il existe un mod\u00e8le. Les soldats ont perp\u00e9tr\u00e9 un autre massacre et se sont livr\u00e9 \u00e0 une autre expulsion, et il y a encore eu un autre massacre, et une autre expulsion, et personne n\u2019a \u00e9t\u00e9 tra\u00een\u00e9 en justice. S\u2019il n\u2019y avait pas eu de politique derri\u00e8re cela, pourquoi les criminels de cette guerre n\u2019ont-ils pas \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Un cas parmi d\u2019autres&nbsp;: les atrocit\u00e9s commises dans le village de <strong>Safsaf<\/strong>, au nord-ouest de <strong>Safed<\/strong>, le 30 octobre 1948. Ces atrocit\u00e9s comprenaient homicides, expulsions et viols. <strong>Manna<\/strong> \u00e9crit qu\u2019une membre de la famille de sa femme a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e et tu\u00e9e de sang-froid par des soldats des FDI. Sa femme, <strong>Aziza<\/strong>, porte le pr\u00e9nom de la victime du viol et du meurtre. Il a appris cette histoire il y a neuf ans de la bouche d\u2019une femme appel\u00e9e <strong>Maryam Halihal<\/strong>, qui a quatre-vingts ans aujourd\u2019hui et qui en avait dix au moment des faits.<\/p>\n<p><strong>Le viol est consid\u00e9r\u00e9 comme un d\u00e9shonneur pour la famille, dans la soci\u00e9t\u00e9 arabe. Avez-vous eu des scrupules \u00e0 propos de la publication de cette histoire et de l\u2019identit\u00e9 des victimes&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Le viol g\u00e9n\u00e8re une honte profonde, dans la famille de la victime. <strong>Aziza Sharaida<\/strong> n\u2019est plus en vie \u2013 pourquoi rendre publique sa p\u00e9nible histoire et raviver la honte au sein de sa famille&nbsp;? Quand j\u2019ai rencontr\u00e9 la femme qui allait devenir mon \u00e9pouse, elle m\u2019a racont\u00e9 qu\u2019elle tirait son pr\u00e9nom d\u2019une cousine, <strong>Aziza Sharaida<\/strong>, sans m\u2019en dire plus. Dans le cadre de mes recherches, j\u2019ai interview\u00e9 des membres de la famille de ma femme, et <strong>Maryam Halihal<\/strong> a d\u00e9cid\u00e9 de parler de l\u2019incident, malgr\u00e9 les lourdes objections de son mari.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Les soldats sont entr\u00e9s dans la maison de la famille et ont tent\u00e9 de violer <strong>Aziza Sharaida<\/strong> en pr\u00e9sence de son mari et de ses enfants. Elle a r\u00e9sist\u00e9. Les soldats ont menac\u00e9 de tuer son fils de dix-sept ans, son a\u00een\u00e9, si elle s\u2019obstinait \u00e0 r\u00e9sister. Elle a r\u00e9sist\u00e9 avec force et ils ont abattu le gar\u00e7on. Les soldats ont menac\u00e9 d\u2019abattre son mari, ensuite, mais elle a refus\u00e9 de c\u00e9der, et ils ont abattu et tu\u00e9 le mari. Les deux fils cadets, qui ont \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins de ces atrocit\u00e9s, sont partis en exil au <strong>Liban<\/strong>. La m\u00e8re de ma femme, une parente de la femme assassin\u00e9e, a d\u00e9cid\u00e9 voici soixante-trois ans d\u2019appeler sa fille <strong>Aziza.<\/strong> Comme je le dis dans le livre, m\u00eame si <strong>Haim Laskov<\/strong> [plus tard, un chef d\u2019\u00e9tat-major] a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 d\u2019interroger les coupables des horreurs de<strong> Safsaf<\/strong>, aucun d\u2019entre eux n\u2019a pay\u00e9 le prix de ces crimes de guerre, qui comprenaient le fait d\u2019avoir ex\u00e9cut\u00e9 sommairement des prisonniers, ainsi que des actes de violence et de viol.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Manna<\/strong> a entam\u00e9 ses recherches en 1984. Au fil des ann\u00e9es, il a interview\u00e9 cent vingt hommes et femmes et a rassembl\u00e9 des documents, des journaux personnels et des lettres de cette p\u00e9riode qui, dans certains cas, avaient \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9s dans des tiroirs. Il a \u00e9galement puis\u00e9 dans des sources \u00e9crites palestiniennes, qui l\u2019ont aid\u00e9 \u00e0 confirmer ses t\u00e9moignages oraux. Des m\u00e9moires publi\u00e9s en arabe et des articles de presse de cette p\u00e9riode, en arabe et en h\u00e9breu, ont contribu\u00e9 \u00e0 ces recherches. <strong>Manna<\/strong> s\u2019est \u00e9galement servi de nombreuses \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es par des historiens juifs isra\u00e9liens. Toutefois, dit-il, il n\u2019a pas c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9f\u00e9rence abusive pour les archives isra\u00e9liennes qui caract\u00e9rise des historiens comme <strong>Benny Morris.<\/strong> <em>\u00ab&nbsp;La fa\u00e7on flagrante dont les t\u00e9moignages oraux sont m\u00e9pris\u00e9s et ignor\u00e9s par les chercheurs en<strong> Isra\u00ebl<\/strong> refl\u00e8te une attitude dominante&nbsp;\u00bb<\/em>, \u00e9crit-il dans l\u2019introduction de son ouvrage.<\/p>\n<p>Il ne d\u00e9posera pas le mat\u00e9riel qu\u2019il a rassembl\u00e9 au fil des ann\u00e9es dans des archives isra\u00e9liennes. Ce mat\u00e9riel ira plut\u00f4t \u00e0 l\u2019<strong>Universit\u00e9 Bir Zeit<\/strong>, pr\u00e8s de <strong>Ramallah<\/strong>, ou \u00e0 l\u2019<strong>Institut des \u00c9tudes palestiniennes<\/strong>, \u00e0 <strong>Beyrouth.<\/strong> <em>\u00ab&nbsp;Les \u00e9tudiants palestiniens ne peuvent aller \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 h\u00e9bra\u00efque [de J\u00e9rusalem]&nbsp;\u00bb<\/em>, explique-t-il.<\/p>\n<p><strong>Les \u00ab&nbsp;ill\u00e9gaux&nbsp;\u00bb palestiniens<\/strong><\/p>\n<p>En tant que musulman n\u00e9 en 1947 \u00e0 <strong>Majd al-Krum<\/strong> et en sa qualit\u00e9 d\u2019historien qui a effectu\u00e9 des recherches sur l\u2019histoire particuli\u00e8re de son village durant la guerre de 1948, <strong>Adel Manna<\/strong> a d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait de son devoir d\u2019\u00e9crire l\u2019histoire des 120&nbsp;000 <strong>Arabes<\/strong> qui \u00e9taient rest\u00e9s en<strong> Isra\u00ebl<\/strong> \u2013 la g\u00e9n\u00e9ration de ses parents, <strong>Hussein<\/strong> et <strong>Kawthar.<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Ils ont surv\u00e9cu \u00e0 la politique d\u2019un gouvernement militaire, sous lequel leurs droits \u00e9taient foul\u00e9s aux pieds, et malgr\u00e9 cela, ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 m\u00eame d\u2019\u00e9lever neuf enfants et de nous instiller le message disant que personne n\u2019est habilit\u00e9 \u00e0 nous traiter comme des gens inf\u00e9rieurs&nbsp;\u00bb<\/em>, dit-il.<\/p>\n<p>Passant aux \u00e9preuves de ses parents au cours de la guerre de 1948, <strong>Manna<\/strong> raconte&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;La premi\u00e8re personne de <strong>Majd al-Krum<\/strong> \u00e0 avoir un bandeau sur les yeux et \u00e0 devoir se tenir contre un mur de la place du village \u2013 avant d\u2019\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9 par un peloton de six soldats \u2013 \u00e9tait le mari de ma grand-m\u00e8re<strong> Zahra<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/em>, explique-t-il. \u00ab&nbsp;<em>Par la suite, en janvier 1949, 536 r\u00e9sidents ont \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s, y compris des membres de sa famille et ses enfants, et se sont r\u00e9fugi\u00e9s au <strong>Liban<\/strong>. Son fr\u00e8re a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 par un r\u00e9sident de [la communaut\u00e9 juive de] <strong>Pardes Hannah<\/strong>&nbsp;; son fils, <strong>Samih<\/strong>, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 en marchant sur une mine terrestre. Apr\u00e8s la guerre, elle a travaill\u00e9 comme bonne \u00e0 <strong>Ha\u00effa<\/strong>, avec sa fille. Pendant deux ans, mon p\u00e8re s\u2019est &nbsp;\u00bbinfiltr\u00e9&nbsp;\u00bb en <strong>Isra\u00ebl<\/strong> pour lui rendre visite et ramener un peu d\u2019argent que ma grand-m\u00e8re avait mis de c\u00f4t\u00e9 pour lui et pour son fr\u00e8re au Liban.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Manna<\/strong> avait un an quand lui et ses parents ont fait partie des nombreuses personnes de <strong>Majd al-Krum<\/strong> entass\u00e9es dans des camions des FDI qui les ont emmen\u00e9s \u00e0 l\u2019ouest du village d\u2019<strong>Al-Birwa<\/strong> (aujourd\u2019hui, c\u2019est l\u2019emplacement de <strong>Moshav Ahihud<\/strong>), puis vers le sud en direction de la vall\u00e9e de<strong> Jezreel Valley<\/strong> et du <strong>Wadi Ara.<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Les camions se sont arr\u00eat\u00e9s l\u00e0&nbsp;\u00bb<\/em>, raconte-t-il. <em>\u00ab&nbsp;Les gens ont re\u00e7u l\u2019ordre de descendre au beau milieu des cris de <strong>&nbsp;\u00bbYallah, allez chez le roi Abdullah&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/strong> [en <strong>Jordanie<\/strong>]. Mes parents ont pass\u00e9 une nuit dans une mosqu\u00e9e de <strong>Kafr Ara<\/strong> et, de l\u00e0, ils ont march\u00e9 jusque <strong>Naplouse<\/strong> [qui, alors, faisait partie de la <strong>Jordanie<\/strong>]. C\u2019est l\u00e0 que nous avons pass\u00e9 le dur hiver de 1949. Les gens \u00e9taient entass\u00e9s dans des tentes, et les conditions hygi\u00e9niques \u00e9taient d\u00e9plorables. En avril, les <strong>Jordaniens<\/strong> ont encourag\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 s\u2019en aller. Mes parents ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019aller vers le nord et ils ont atteint <strong>Ein al-Hilweh<\/strong> [au <strong>Liban<\/strong>]. J\u2019ai failli mourir, dans le camp de r\u00e9fugi\u00e9s, \u00e0 l\u2019instar d\u2019autres enfants en bas \u00e2ge.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p>En raison d\u2019une maladie intestinale, <strong>Manna<\/strong> n\u2019a pu se tenir debout ni marcher avant l\u2019\u00e2ge de deux ans et demi. <em>\u00ab&nbsp;Une femme du camp en a d\u00e9duit que c\u2019\u00e9tait la raison pour laquelle je ne pouvais me tenir debout et elle m\u2019a pr\u00e9par\u00e9 une potion avec des herbes et de l\u2019huile de castor. Cela a \u00e9radiqu\u00e9 les parasites et, un jour ou deux plus tard, je marchais. Nous sommes retourn\u00e9s en <strong>Isra\u00ebl<\/strong> en 1951, \u00e0 bord d\u2019un bateau de p\u00eache qui est parti du port de <strong>Tyr,<\/strong> au <strong>Liban<\/strong>, et nous a ramen\u00e9s, nous, les \u00ab&nbsp;ill\u00e9gaux&nbsp;\u00bb palestiniens, sur les c\u00f4tes de <strong>Shavei Tzion<\/strong> [ceux qui retournent \u00e0 Sion], au nord d\u2019<strong>Acre<\/strong>. Quel symbole&nbsp;\u00bb<\/em>, ajoute <strong>Manna<\/strong> avec un sourire.<\/p>\n<p><strong>Comment \u00eates-vous parvenus \u00e0 rentrer&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Comme beaucoup de <strong>Palestiniens<\/strong> de <strong>Galil\u00e9e<\/strong>, mon p\u00e8re s\u2019\u00e9tait &nbsp;\u00bbinfiltr\u00e9&nbsp;\u00bb \u00e0 diverses reprises en<strong> Isra\u00ebl<\/strong>. Lors d\u2019une de ces occasions, il a appris qu\u2019un avocat, <strong>Hana Naqara<\/strong>, avait adress\u00e9 une requ\u00eate \u00e0 la <strong>Haute Cour de justice<\/strong> au nom de 43 r\u00e9sidents de <strong>Majd al-Krum,<\/strong> dont chacun \u00e9tait retourn\u00e9 au village plus d\u2019une fois, mais avait chaque fois \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9 au<strong> Liban. Naqara<\/strong> a pr\u00e9tendu que ces personnes avaient des num\u00e9ros de carte d\u2019identit\u00e9 [isra\u00e9lienne] \u2013 un recensement de la population avait \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 \u00e0 <strong>Majd al-Krum<\/strong> en d\u00e9cembre 1948, un mois avant qu\u2019elles ne soient d\u00e9port\u00e9es pour la premi\u00e8re fois. [Les personnes qui recevaient un num\u00e9ro de CI officiel \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme des citoyens.] \u00c0 l\u2019instar de ces personnes, mes parents avaient eux aussi des num\u00e9ros de CI. De retour au<strong> Liban<\/strong>, mon p\u00e8re a dit \u00e0 ma m\u00e8re&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pr\u00e9pare ce qu\u2019il faut \u2013 ce soir, nous retournons au village.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Ma m\u00e8re \u00e9tait enceinte de sept mois, comment allait-elle faire 40 kilom\u00e8tres \u00e0 pied&nbsp;? Mon p\u00e8re lui a dit qu\u2019un p\u00eacheur palestinien du village d\u2019<strong>Az-Zeeb<\/strong> [dont le nom en h\u00e9breu est Achziv] avait d\u00e9couvert que transporter des r\u00e9fugi\u00e9s par bateau \u00e9tait plus rentable que la p\u00eache. Enfant, je croyais que mon p\u00e8re \u00e9tait un grand h\u00e9ros, et qu\u2019il avait imagin\u00e9 cette id\u00e9e de rentrer par bateau. Alors que j\u2019effectuais des recherches pour le livre, j\u2019ai appris que de nombreux <strong>Galil\u00e9ens<\/strong> sont retourn\u00e9s en<strong> Isra\u00ebl<\/strong> par la mer \u2013 c\u2019est un sujet qui attend encore des recherches historiques.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Ne sois pas un \u00e2ne&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Nakba et survie&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong> est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la m\u00e9moire du p\u00e8re de <strong>Manna<\/strong>. Sa m\u00e8re, <strong>Kawthar<\/strong> (<em>\u00ab&nbsp;eau pure&nbsp;\u00bb<\/em>), 89 ans, vit dans la maison familiale au village et elle a consid\u00e9rablement contribu\u00e9 au livre.<\/p>\n<p><strong>Manna<\/strong> rappelle que les premiers <strong>Juifs<\/strong> qu\u2019il a rencontr\u00e9s quand il \u00e9tait encore enfant \u00e9taient des femmes. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, il se rendait dans les faubourgs de<strong> Ha\u00effa<\/strong> ou \u00e0 <strong>Kiryat Motzkin<\/strong> et <strong>Kiryat Bialik<\/strong> pour vendre des figues provenant de la terre de la famille. L\u00e0, il avait d\u00e9couvert que non seulement les<strong> Juifs<\/strong> vivaient dans des immeubles \u00e0 appartements et que des arbres avaient \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s le long de la route pour faire de l\u2019ombre, mais aussi que les femmes juives \u00e9taient tr\u00e8s affables. L\u2019une d\u2019elles, qui s\u2019appelait Madame <strong>Miller,<\/strong> le traitait chaleureusement et, quand des policiers \u00e9taient apparus pour confisquer les marchandises des colporteurs arabes, elle avait cach\u00e9 ses paniers de figues chez elle.<\/p>\n<p><strong>Adel<\/strong> se rappelle que son p\u00e8re lui racontait&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Ne sois pas un \u00e2ne comme moi, qui travaille comme ouvrier agricole toute sa vie du matin au soir et qui a beaucoup de mal \u00e0 nourrir ses neuf enfants. Fais des \u00e9tudes, de fa\u00e7on \u00e0 pouvoir avoir un bon boulot avec un bon salaire.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Manna<\/strong> a obtenu une licence en histoire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de <strong>Ha\u00effa<\/strong>, ensuite sa ma\u00eetrise et son doctorat \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 h\u00e9bra\u00efque de <strong>J\u00e9rusalem<\/strong>, apr\u00e8s avoir r\u00e9dig\u00e9 sa th\u00e8se sur l\u2019histoire du district de <strong>J\u00e9rusalem<\/strong> durant la p\u00e9riode ottomane. Son mentor, <strong>Gabriel Baer,<\/strong> lui conseilla de se tenir \u00e0 l\u2019\u00e9cart de questions comme la <strong>Nakba<\/strong> et le conflit, rappelle-t-il&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Le professeur Baer m\u2019avait intimid\u00e9 en disant que les sujets que j\u2019avais en t\u00eate n\u2019aideraient pas un \u00e9tudiant comme moi \u00e0 se forger une carri\u00e8re acad\u00e9mique. En y repensant, j\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 son conseil.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p>La conscience politique de <strong>Manna<\/strong> s\u2019est affin\u00e9e dans les ann\u00e9es 1970, alors qu\u2019il \u00e9tait \u00e9tudiant \u00e0 <strong>Ha\u00effa<\/strong> et qu\u2019il logeait dans un dortoir. Il avait \u00e9t\u00e9 secr\u00e9taire de l\u2019<strong>Union des \u00e9tudiants arabes<\/strong>, dont les activit\u00e9s comprenaient l\u2019organisation d\u2019\u00e9v\u00e9nements culturels et politiques. Ses activit\u00e9s politiques requ\u00e9raient un prix, dit-il&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Je me suis retrouv\u00e9 soumis \u00e0 des pressions des agents du <strong>Shin Bet<\/strong> [le service de la s\u00e9curit\u00e9], qui ont essay\u00e9 de me recruter comme collaborateur et m\u2019ont promis qu\u2019en retour, il me serait permis de devenir enseignant. \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que tu vas faire avec une licence en histoire&nbsp;?&nbsp;\u00bb, m\u2019avait demand\u00e9 un agent du<strong> Shin Bet<\/strong> appel\u00e9 <strong>Carmi.<\/strong> Au lieu d\u2019abonder dans son sens ou de m\u2019effrayer, j\u2019en ai parl\u00e9 \u00e0<strong> Gideon Spiro<\/strong>, le r\u00e9dacteur en chef du journal estudiantin.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Le journal a publi\u00e9 un rapport intitul\u00e9 &nbsp;\u00bbLe Shin Bet harc\u00e8le un \u00e9tudiant arabe&nbsp;\u00bb le 2 f\u00e9vrier 1972, une semaine avant que je ne re\u00e7oive mon dipl\u00f4me. L\u2019article a d\u00e9clench\u00e9 la fureur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 ainsi que dans la presse en h\u00e9breu. Dans son sillage, le magazine <strong>Haolam Hazeh<\/strong> a publi\u00e9 une suite \u00e0 l\u2019article. Je n\u2019ai pas paniqu\u00e9. J\u2019ai entam\u00e9 mes \u00e9tudes de ma\u00eetrise \u00e0 l\u2019<strong>Universit\u00e9 h\u00e9bra\u00efqu<\/strong>e et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lu \u00e0 l\u2019<strong>Union locale des \u00e9tudiants arabes<\/strong>, qui dirigeait la r\u00e9sistance \u00e0 la &nbsp;\u00bbprotection&nbsp;\u00bb forc\u00e9e des \u00e9tudiants arabes en 1974-1975.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;\u00c0 tout moment, j\u2019\u00e9tais hant\u00e9 par l\u2019histoire que j\u2019avais entendue de la bouche de mon p\u00e8re et d\u2019autres gens du village. Quand j\u2019en ai parl\u00e9 \u00e0 des \u00e9tudiants [juifs], j\u2019ai toujours re\u00e7u la m\u00eame r\u00e9ponse&nbsp;: &nbsp;\u00bbNous n\u2019avons chass\u00e9 personne et le seul massacre a eu lieu \u00e0 <strong>Deir Yassin<\/strong> [en dehors de J\u00e9rusalem, en 1948]. Les <strong>Palestiniens<\/strong> se sont simplement enfuis.&nbsp;\u00bb Le silence et la n\u00e9gation de la <strong>Nakba<\/strong> m\u2019ont incit\u00e9 \u00e0 r\u00e9diger un article intitul\u00e9 &nbsp;\u00bbLettre \u00e0 un ami isra\u00e9lien&nbsp;\u00bb, qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans Haaretz en juin 1984.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p>L\u2019article commen\u00e7ait par une description concise des \u00e9v\u00e9nements dans son village, en 1948, son apprentissage philo-sioniste et le choc qu\u2019avait subi <strong>Manna<\/strong> lorsqu\u2019il faisait ses \u00e9tudes, en participant \u00e0 des manifestations contre l\u2019invasion du<strong> Liban<\/strong> par Isra\u00ebl en 1982, au moment o\u00f9 deux de ses cousins d\u2019<strong>Ein al-Hilwey<\/strong> avaient \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s dans le lieu de d\u00e9tention des FDI \u00e0<strong> Ansar<\/strong>, au <strong>Sud-Liban<\/strong>.<\/p>\n<p>Abasourdi par la nouvelle, il avait d\u00e9cid\u00e9 d\u2019abandonner ses \u00e9tudes de doctorat et de se consacrer \u00e0 \u00e9crire un livre sur la <strong>Nakba.<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Ma femme a \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9e&nbsp;\u00bb<\/em>, rappelle-t-il. <em>\u00ab&nbsp;Tu as perdu la t\u00eate&nbsp;? Qu\u2019est-ce que tu veux faire avec un livre pareil&nbsp;? Tu dois terminer ton doctorat&nbsp;\u00bb<\/em>, avait-elle insist\u00e9. 1984 a \u00e9t\u00e9 une rude ann\u00e9e. Il y a eu une campagne tr\u00e8s orageuse pour les \u00e9lections \u00e0 la <strong>Knesset<\/strong>, les membres de l\u2019underground juif qui avaient commis des actes terroristes dans les territoires ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s \u2013 tout cela avait d\u00e9tourn\u00e9 mon attention du sujet de ma th\u00e8se sur l\u2019administration et la soci\u00e9t\u00e9 dans le district de <strong>J\u00e9rusalem<\/strong> entre deux invasions&nbsp;: celle de <strong>Napol\u00e9on<\/strong> en 1799 et celle de <strong>Muhammad Ali<\/strong> en 1831.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, <strong>Manna<\/strong> avait re\u00e7u son doctorat avec mention et, par la suite, avait fait de la recherche post-doctorat \u00e0 <strong>Princeton<\/strong>, o\u00f9 sa fille, <strong>Jumana<\/strong>, \u00e9tait n\u00e9e en 1987. Lui et <strong>Aziza<\/strong> avaient alors pass\u00e9 une autre ann\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, \u00e0 <strong>Oxford<\/strong>, avant de rentrer en <strong>Isra\u00ebl<\/strong> en 1989. \u00c0 ce moment, il avait compris qu\u2019une carri\u00e8re acad\u00e9mique n\u2019avait rien d\u2019une perspective&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;L\u2019<strong>Universit\u00e9 h\u00e9bra\u00efque<\/strong> m\u2019a propos\u00e9 un poste de ma\u00eetre de conf\u00e9rences d\u2019un an, sans \u00eatre titulaire, au D\u00e9partement des \u00e9tudes sur le <strong>Moyen-Orient<\/strong> et j\u2019allais \u00e9crire un article de recherche sur l\u2019<strong>\u00c9gypte<\/strong> du 19e si\u00e8cle et, apr\u00e8s \u00e7a, &nbsp;\u00bbnous verrions bien&nbsp;\u00bb. J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 finalement de me concentrer sur mes recherches autour de la guerre de 1948.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p>La premi\u00e8re priorit\u00e9 des <strong>Manna<\/strong> restait l\u2019\u00e9ducation de leurs enfants. Tous deux travaillaient et l\u2019un des deux salaires servait \u00e0 payer les frais tr\u00e8s lourds de la scolarit\u00e9 de leurs trois enfants \u00e0 l\u2019<em><strong>\u00c9cole internationale anglicane<\/strong><\/em> de <strong>J\u00e9rusalem-Ouest<\/strong>, o\u00f9 la lingua franca est l\u2019anglais. <strong>Manna<\/strong> fait remarquer que sa femme et lui-m\u00eame voulaient fournir \u00e0 leurs enfants davantage de langues et d\u2019outils intellectuels que n\u2019en re\u00e7oivent habituellement les enfants arabes en <strong>Isra\u00ebl.<\/strong> Il est possible qu\u2019ils aient d\u00e9j\u00e0 eu une petite id\u00e9e de ce que l\u2019avenir r\u00e9servait \u00e0 leurs trois enfants.<\/p>\n<p><strong>Manna<\/strong> fait souvent \u00e9tat du soutien qu\u2019il a re\u00e7u d\u2019<strong>Aziza.<\/strong> Ils se sont rencontr\u00e9s en 1974, sur le campus du <em><strong>Mont Scopus<\/strong><\/em> de l\u2019<strong>Universit\u00e9 h\u00e9bra\u00efque<\/strong>, o\u00f9 elle avait entrepris des \u00e9tudes islamiques. Apr\u00e8s son mariage, elle a \u00e9tudi\u00e9 l\u2019enseignement de la petite enfance et travaill\u00e9 comme coordinatrice et instructrice dans ce domaine de la communaut\u00e9 arabe, sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019<strong>Universit\u00e9 h\u00e9bra\u00efque.<\/strong> <strong>Adel<\/strong>, \u00e0 l\u2019\u00e9poque chercheur \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l\u2019<em><strong>Institut Van Leer<\/strong><\/em> de <strong>J\u00e9rusalem<\/strong>, s\u2019\u00e9tait d\u2019abord impliqu\u00e9 dans l\u2019administration et la gestion du <em><strong>Centre pour l\u2019\u00e9tude de la langue, de la soci\u00e9t\u00e9 et de la culture arabe<\/strong><\/em>, au <strong>Coll\u00e8ge Beit Berl de Kfar Sava.<\/strong> Apr\u00e8s cela, il avait dirig\u00e9 le <em><strong>Centre pour l\u2019\u00e9tude de la soci\u00e9t\u00e9 arabe en Isra\u00ebl<\/strong><\/em>, toujours \u00e0 <strong>Van Leer<\/strong>, jusqu\u2019en 2007. De 2009 \u00e0 2012, il a dirig\u00e9 l\u2019Institut acad\u00e9mique de formation des enseignants arabes \u00e0 <strong>Beit Berl.<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;De mon point de vue&nbsp;\u00bb<\/em>, dit-il, <em>\u00ab&nbsp;ce fut la fermeture d\u2019un cercle en ce qui concerne le <strong>Shin Bet<\/strong>, dont l\u2019agent \u00e0 <strong>Ha\u00effa<\/strong> m\u2019avait assur\u00e9 en 1972 que je ne serais jamais enseignant en <strong>Isra\u00ebl<\/strong> \u00e0 cause de mes activit\u00e9s politiques&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Lui et sa femme vivent \u00e0 <strong>Shoafat<\/strong>, un quartier palestinien de <strong>J\u00e9rusalem-Est<\/strong>. Ironiquement, leurs enfants n\u2019y sont pas rest\u00e9s&nbsp;: tous les trois ont quitt\u00e9 le pays. L\u2019a\u00een\u00e9, <strong>Fadi<\/strong>, 41 ans, un avocat qui a trois enfants, vit aux <strong>\u00c9tats-Unis<\/strong> o\u00f9 il est vice-pr\u00e9sident et conseiller g\u00e9n\u00e9ral associ\u00e9 chez HP.<strong> Shadi<\/strong>, 37 ans, est ing\u00e9nieur logiciel&nbsp;; lui et sa femme vivent \u00e0 <strong>Barcelone. Jumana Manna<\/strong>, artiste et r\u00e9alisatrice, partage son temps entre <strong>Berlin<\/strong> et <strong>J\u00e9rusalem.<\/strong> Son film documentaire de 2015, <em>\u00ab&nbsp;Une substance magique coule en moi&nbsp;\u00bb<\/em>, est un regard sur les traditions musicales des communaut\u00e9s ethniques \u00e0 <strong>J\u00e9rusalem<\/strong> dans les ann\u00e9es 1930, telles qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 compil\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque par l\u2019ethnomusicologue juif allemand <strong>Robert Lachmann.<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Nous sommes rest\u00e9s seuls&nbsp;\u00bb<\/em> dit <strong>Manna<\/strong>. <em>\u00ab&nbsp;Cela fait partie de la dure r\u00e9alit\u00e9 d\u2019ici. Mon fils<strong> Fadi<\/strong> est arriv\u00e9 \u00e0 un niveau professionnel qu\u2019un<strong> Arabe<\/strong> ne pourrait atteindre en<strong> Isra\u00ebl. Shadi<\/strong> a travaill\u00e9 en <strong>Isra\u00ebl<\/strong> pendant tout un temps, mais il a senti qu\u2019il lui \u00e9tait constamment rappel\u00e9 le &nbsp;\u00bbprivil\u00e8ge&nbsp;\u00bb qu\u2019il avait, en tant qu\u2019<strong>Arabe<\/strong>, d\u2019\u00eatre employ\u00e9 en ing\u00e9nierie logicielle. Finalement, il en a eu assez et il m\u2019a dit&nbsp;: &nbsp;\u00bbJe ne veux pas \u00eatre l\u2019Arabe des Juifs.&nbsp;\u00bb Il est all\u00e9 aux <strong>\u00c9tats-Unis<\/strong>, o\u00f9 il a d\u00e9croch\u00e9 une ma\u00eetrise en gestion et obtenu un emploi dans une soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Vos enfants pensent-ils que vous \u00eates rest\u00e9s en Isra\u00ebl au prix d\u2019\u00eatre&nbsp; \u00ab\u00a0les Arabes des Juifs\u00a0\u00bb ?<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Nos enfants ont compris que peu d\u2019options s\u2019offraient \u00e0 nous. Comme membre de l\u2019ancienne g\u00e9n\u00e9ration, je suis l\u2019un de ceux qui sont rest\u00e9s. Dans leur perception, je me suis quelque peu habitu\u00e9 aux <strong>Juifs<\/strong> et \u00e0 leur fa\u00e7on de traiter les <strong>Arabes<\/strong>. Ils pensent que, malgr\u00e9 mes origines dans la maison de mon p\u00e8re, comme fils d\u2019un travailleur de la construction ayant \u00e9lev\u00e9 neuf enfants, et m\u00eame si j\u2019ai travaill\u00e9 tr\u00e8s dur et re\u00e7u un doctorat avec mention, peut-\u00eatre je n\u2019ai pas eu ma titularisation parce que je suis musulman. Je ne sais pas. Les enfants n\u2019ont pas voulu vivre une exp\u00e9rience similaire ni se sentir inf\u00e9rieurs aux Juifs.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<hr>\n<p>Publi\u00e9 le 22\/9\/2017 sur<a href=\"https:\/\/www.haaretz.com\/israel-news\/.premium-1.813251\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"> Haaretz<\/a><br \/>\nTraduction : Jean-Marie Fl\u00e9mal<\/p>\n<p><a href=\"_wp_link_placeholder\" data-wplink-edit=\"true\">Trouvez ici d&rsquo;autres articles sur la Nakba, publi\u00e9s sur ce site<\/a><\/p>\n<p>*Il existe plusieurs interpr\u00e9tations des \u00e9v\u00e9nements de&nbsp;Srebrenica et les avis diff\u00e8rent fortement<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsqu&rsquo;en 1982 deux de ses cousins d\u2019Ein al-Helweh ont \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s \u00e0 Ansar, Manna a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019abandonner ses \u00e9tudes et d&rsquo;\u00e9crire un livre sur la Nakba<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":12290,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[4,20,45,1,387],"tags":[],"class_list":["post-12289","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-les-palestiniens-de-48","category-la-nakba","category-le-nettoyage-ethique","category-non-classe","category-terrorisme-detat"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.2 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Adel Manna : Les Palestiniens qui sont rest\u00e9s pendant la Nakba -<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Lorsqu&#039;en 1982 deux de ses cousins d\u2019Ein al-Helweh ont \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s \u00e0 Ansar, Manna a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019abandonner ses \u00e9tudes et d&#039;\u00e9crire un livre sur la Nakba.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/\"},\"author\":{\"name\":\"admin1873\",\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#\/schema\/person\/c19ff515112f1299d8c12671d8fe3faa\"},\"headline\":\"Adel Manna : Les Palestiniens qui sont rest\u00e9s pendant la Nakba\",\"datePublished\":\"2017-10-04T13:48:00+00:00\",\"dateModified\":\"2020-05-15T14:04:25+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/\"},\"wordCount\":5657,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/nakba-Copy.jpg\",\"articleSection\":{\"0\":\"Les Palestiniens de 48\",\"1\":\"Nakba\",\"2\":\"Nettoyage ethnique\",\"4\":\"Terrorisme d'Etat\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/\",\"url\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/\",\"name\":\"Adel Manna : Les Palestiniens qui sont rest\u00e9s pendant la Nakba -\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/nakba-Copy.jpg\",\"datePublished\":\"2017-10-04T13:48:00+00:00\",\"dateModified\":\"2020-05-15T14:04:25+00:00\",\"description\":\"Lorsqu'en 1982 deux de ses cousins d\u2019Ein al-Helweh ont \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s \u00e0 Ansar, Manna a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019abandonner ses \u00e9tudes et d'\u00e9crire un livre sur la Nakba.\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/nakba-Copy.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/nakba-Copy.jpg\",\"width\":520,\"height\":226},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Adel Manna : Les Palestiniens qui sont rest\u00e9s pendant la Nakba\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#website\",\"url\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/\",\"name\":\"Charleroi Pour la Palestine\",\"description\":\"\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#organization\",\"name\":\"Plate-forme Charleroi-Palestine\",\"url\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#\/schema\/logo\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/logo-Copy.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/logo-Copy.jpg\",\"width\":180,\"height\":180,\"caption\":\"Plate-forme Charleroi-Palestine\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#\/schema\/logo\/image\/\"},\"sameAs\":[\"https:\/\/www.facebook.com\/PlateformeCharleroiPalestine\/\",\"https:\/\/x.com\/LaCharleroi\"]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#\/schema\/person\/c19ff515112f1299d8c12671d8fe3faa\",\"name\":\"admin1873\",\"url\":\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/author\/admin1873\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Adel Manna : Les Palestiniens qui sont rest\u00e9s pendant la Nakba -","description":"Lorsqu'en 1982 deux de ses cousins d\u2019Ein al-Helweh ont \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s \u00e0 Ansar, Manna a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019abandonner ses \u00e9tudes et d'\u00e9crire un livre sur la Nakba.","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/","schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/"},"author":{"name":"admin1873","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#\/schema\/person\/c19ff515112f1299d8c12671d8fe3faa"},"headline":"Adel Manna : Les Palestiniens qui sont rest\u00e9s pendant la Nakba","datePublished":"2017-10-04T13:48:00+00:00","dateModified":"2020-05-15T14:04:25+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/"},"wordCount":5657,"publisher":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/nakba-Copy.jpg","articleSection":{"0":"Les Palestiniens de 48","1":"Nakba","2":"Nettoyage ethnique","4":"Terrorisme d'Etat"},"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/","url":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/","name":"Adel Manna : Les Palestiniens qui sont rest\u00e9s pendant la Nakba -","isPartOf":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/nakba-Copy.jpg","datePublished":"2017-10-04T13:48:00+00:00","dateModified":"2020-05-15T14:04:25+00:00","description":"Lorsqu'en 1982 deux de ses cousins d\u2019Ein al-Helweh ont \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s \u00e0 Ansar, Manna a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019abandonner ses \u00e9tudes et d'\u00e9crire un livre sur la Nakba.","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#primaryimage","url":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/nakba-Copy.jpg","contentUrl":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/nakba-Copy.jpg","width":520,"height":226},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2017\/10\/04\/adel-manna-les-palestiniens-qui-sont-restes-pendant-la-nakba\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Adel Manna : Les Palestiniens qui sont rest\u00e9s pendant la Nakba"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#website","url":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/","name":"Charleroi Pour la Palestine","description":"","publisher":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#organization","name":"Plate-forme Charleroi-Palestine","url":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/logo-Copy.jpg","contentUrl":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/logo-Copy.jpg","width":180,"height":180,"caption":"Plate-forme Charleroi-Palestine"},"image":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/PlateformeCharleroiPalestine\/","https:\/\/x.com\/LaCharleroi"]},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#\/schema\/person\/c19ff515112f1299d8c12671d8fe3faa","name":"admin1873","url":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/author\/admin1873\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12289","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12289"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12289\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12290"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12289"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12289"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12289"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}