{"id":18997,"date":"2018-11-13T18:56:00","date_gmt":"2018-11-13T17:56:00","guid":{"rendered":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/?p=18997"},"modified":"2020-11-13T21:12:43","modified_gmt":"2020-11-13T20:12:43","slug":"la-poesie-palestinienne-entre-la-blessure-et-le-reve-de-la-terre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2018\/11\/13\/la-poesie-palestinienne-entre-la-blessure-et-le-reve-de-la-terre\/","title":{"rendered":"La po\u00e9sie palestinienne entre la blessure et le r\u00eave de la terre"},"content":{"rendered":"<p><em>La po\u00e9sie palestinienne est contemporaine du temps brutal et de l\u2019histoire falsifi\u00e9e. Le peuple palestinien, expuls\u00e9 de sa terre, diss\u00e9min\u00e9 entre les tentes noires et le d\u00e9sespoir, a t\u00f4t \u00e9lev\u00e9 la voix. Pas uniquement pour clamer des discours, mais aussi pour dire le quotidien de la m\u00e9moire entass\u00e9e dans les camps, dire le r\u00eave urgent, celui d\u2019exister.<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-19021 size-full\" src=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Suliman-Mansour-e1605298263486.jpg\" alt=\"\" width=\"569\" height=\"320\"><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab Je suis venu d\u2019une famille d\u2019argile et du verset \u00ab Amen \u00bb sur les \u00e9paules du pass\u00e9, j\u2019avais un r\u00eave, une m\u00e8re j\u2019avais un sac d\u2019\u00e9toiles je suis venu de n\u2019importe o\u00f9 des promesses d\u2019une femme bless\u00e9e je suis sorti de la d\u00e9chirure d\u2019un tissu&nbsp;\u00bb(\u2026)&nbsp;(1) .<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:post-content --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Celui qui parle est un soldat, un combattant des sables, n\u00e9 sous la tente, dans un camp de r\u00e9fugi\u00e9s, avec une identit\u00e9 vacillante, une identit\u00e9 \u00e0 reconqu\u00e9rir, un nom \u00e0 porter et \u00e0 d\u00e9fendre. C\u2019est un enfant de la blessure et du r\u00eave. Un r\u00eave fou&nbsp;: une patrie, une terre et l\u2019olivier. Le soldat est aussi un po\u00e8te. C\u2019est la voix de <a href=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/tag\/mahmoud-darwich\/\"><strong>Mahmoud Darwich<\/strong>,<\/a> po\u00e8te de la r\u00e9sistance palestinienne.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>La po\u00e9sie palestinienne est contemporaine du temps brutal et de l\u2019histoire falsifi\u00e9e. Le peuple palestinien, expuls\u00e9 de sa terre, diss\u00e9min\u00e9 entre les tentes noires et le d\u00e9sespoir, a t\u00f4t \u00e9lev\u00e9 la voix. Pas uniquement pour clamer des discours, mais aussi pour dire le quotidien de la m\u00e9moire entass\u00e9e dans les camps, dire le r\u00eave urgent, celui d\u2019exister.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Aucun peuple n\u2019a v\u00e9cu sans po\u00e9sie. <strong>Le peuple palestinien, peut-\u00eatre plus que tout autre peuple, a m\u00eal\u00e9 la po\u00e9sie \u00e0 la lutte pour la survie, au combat militaire, \u00e0 la r\u00e9sistance<\/strong>. C\u2019est ce qui explique que la po\u00e9sie palestinienne est d\u2019abord un outil de combat qui se soucie peu des modes litt\u00e9raires. Cela n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 sa qualit\u00e9 et \u00e0 sa force. Elle a suivi de pr\u00e9s l\u2019\u00e9volution politique.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Ainsi, des po\u00e8mes des ann\u00e9es 60 o\u00f9 le Palestinien cherche \u00e0 faire entendre sa voix, on est arriv\u00e9 aujourd\u2019hui \u00e0 des po\u00e8mes qui t\u00e9moignent de la <strong>d\u00e9ter\u00admina\u00adtion d\u2019un peuple \u00e0 recouvrer sa terre et son identit\u00e9.<\/strong> Po\u00e9sie pour l\u2019existence, essentielle dans la m\u00e9moire du peuple, exigeante, elle d\u00e9range. Sa port\u00e9e est r\u00e9elle, d\u2019o\u00f9 la subversion redout\u00e9e, notamment par les autorit\u00e9s d\u2019occupation.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Rares les institutions politiques et militaires qui n\u2019ont pas essay\u00e9 d\u2019\u00e9touffer la voix du po\u00e8te. Un grand po\u00e8te palestinien, tr\u00e8s populaire, <strong>Hummayad<\/strong>, fut assassin\u00e9 en 1950 par l\u2019occupant en Galil\u00e9e. Il \u00e9tait aim\u00e9 parce qu\u2019il parlait pour ceux qui n\u2019avaient pas droit \u00e0 la parole. Sa po\u00e9sie \u00e9tait contagieuse. Les chants de <strong>Hummayad<\/strong> continu\u00e8rent de circuler dans les camps, sous les tentes.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait pas la premi\u00e8re fois qu\u2019une voix \u00e9tait \u00e9touff\u00e9e. Le po\u00e8te marocain <strong>Abdellatif La\u00e2bi<\/strong> rappelle dans son anthologie&nbsp;(2) le texte d\u2019un jeune Palestinien anonyme qui fut pendu un matin de 1936&nbsp;:<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;<em>O nuit Laisse le prisonnier terminer ses lamentations Ne crois pas que c\u2019est la peur qui me fait venir les larmes je pleure sur ma patrie et sur les enfants que j\u2019ai laiss\u00e9s \u00e0 la maison Qui les nourrira apr\u00e8s moi alors que mes deux fr\u00e8res avant moi ont \u00e9t\u00e9 pendus\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Dans <em>Chronique de la douleur palestinienne<\/em>, <strong>Mahmoud Darwich<\/strong>, r\u00e9pondant \u00e0 la po\u00e9tesse <a href=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/tag\/fadwa-tuqan\/\"><strong>Fadwa Touqan<\/strong><\/a>, auteur de<em> Je ne pleurerai pas<\/em>, lui dit&nbsp;:<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Nous n\u2019\u00e9tions pas, avant juin, des nouveau-n\u00e9s c\u2019est pourquoi notre passion ne s\u2019est pas \u00e9miett\u00e9e entre les cha\u00eenes voici vingt ans, \u00f4 ma s\u0153ur que nous n\u2019\u00e9crivons pas des po\u00e8mes mais que nous combattons.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Pour <a href=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/tag\/samih-al-qassim\/\"><strong>Samih Al Qassim<\/strong><\/a>, po\u00e8te des territoires occup\u00e9s, la po\u00e9sie n\u2019est pas seulement un combat, c\u2019est aussi le souffle de la vie&nbsp;: \u00ab&nbsp; <em>La po\u00e9sie pour moi veut dire&nbsp;: je suis vivant, j\u2019existe.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Exister. Exister en dehors des l\u00e9gendes lassantes sem\u00e9es par les anc\u00eatres, \u00eatre de la terre, \u00eatre la terre m\u00eame, c\u2019est cela la qu\u00eate de l\u2019identit\u00e9. <strong>Samih Al Qassim<\/strong>, n\u00e9 en 1939 \u00e0 <strong>Zarqah<\/strong>, rive orientale du Jourdain, n\u2019a pas quitt\u00e9 la terre de ses anc\u00eatres. Il a refus\u00e9 l\u2019exil, et il a fait de ce refus une r\u00e9sistance et un symbole. Il dit&nbsp;: \u00ab&nbsp; <em>La m\u00e8re symbolise les Arabes qui sont rest\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Son premier recueil \u2014 en vers rim\u00e9s \u2014 a paru en 1958. Son titre : Cort\u00e8ge du soleil. Mais c\u2019est avec la d\u00e9faite de juin 1967 que la po\u00e9sie palestinienne a jailli comme l\u2019urgence d\u2019une nouvelle naissance. \u00ab&nbsp;<em>Le 5 juin 67, je suis n\u00e9 de nouveau&nbsp;<\/em>\u00bb, dit <strong>Samih Al Qassim<\/strong>.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Il \u00e9crit&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le cinq du mois, de juin dernier nous avons retourn\u00e9 \u00e0 la mort ses valises diplomatiques le cinq du mois de juin dernier nous avons d\u00e9muni le vent occidental de toutes les d\u00e9corations entach\u00e9es du sang des enfants et de la honte des d\u00e9combres (\u2026) mais pour que tout le monde , comprenne ce que j\u2019ai dit je le r\u00e9p\u00e8te le 5&nbsp;juin dernier nous sommes revenus au monde.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Avec cette g\u00e9n\u00e9ration de po\u00e8tes palestiniens, nous sommes loin du courant pessimiste et lyrique de la po\u00e9sie arabe en g\u00e9n\u00e9ral. Il y a l\u00e0 plus qu\u2019un appel \u00e0 la r\u00e9sistance&nbsp;; il y a la naissance d\u2019un homme arabe nouveau, l\u2019homme du refus qui mart\u00e8le les mots dans la violence de l\u2019histoire, l\u2019histoire d\u2019une r\u00e9volution. La r\u00e9alit\u00e9 des camps et de l\u2019exclusion, le v\u00e9cu de la blessure et de la brutalit\u00e9, imposent au po\u00e8te palestinien la rupture avec la rh\u00e9torique classique et le refus de la lamentation. C\u2019est une po\u00e9sie qui se d\u00e9marque d\u2019un pass\u00e9 r\u00e9cent ou lointain, empreint de nostalgie&nbsp;; elle ne fait pas de concessions&nbsp;; elle dit la chute des masques et \u00ab&nbsp;<em>la trahison des fr\u00e8res<\/em>&nbsp;\u00bb .<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>La rupture ne signifie pas l\u2019abandon du patrimoine populaire. Au contraire, un po\u00e8te comme <strong>Al Qassim<\/strong> a su revaloriser et int\u00e9grer ce patrimoine menac\u00e9 de disparition dans cette nouvelle vision. C\u2019est ce que fit avec la m\u00eame exigence, <a href=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/tag\/tawfiq-zayyad\/\"><strong>Tawfiq Zayad<\/strong><\/a>, qui fut aussi est rest\u00e9 en Galil\u00e9e. Il n\u2019a pas quitt\u00e9 sa terre. Il a voulu \u00eatre, avec son peuple, \u00ab&nbsp;<em>gardiens de l\u2019ombre des orangers et des oliviers&nbsp;<\/em>\u00bb Il dit, dans <em>J\u2019\u00e9treins vos mains,<\/em> s\u2019adressant \u00e0 ceux qui tentent de le d\u00e9loger&nbsp;:<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab<em>&nbsp;Nous semons les id\u00e9es comme la levure dans la p\u00e2te nos nerfs sont de glace mais nos c\u0153urs expulsent le feu si nous avons soif nous presserons les pierres nous mangerons de la terre si nous avons faim mais nous ne partirons pas et nous ne serons pas avares de notre sang .Ici nous avons un pass\u00e9 un pr\u00e9sent. Ici est notre avenir\u2026 &nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong>Fadwa Touqan<\/strong> est n\u00e9e \u00e0 Naplouse o\u00f9 elle resta apr\u00e8s l\u2019occupation de 1967. T\u00e9moin de la d\u00e9faite et objet de l\u2019humiliation quotidienne, elle dit la blessure \u00e9vidente et insiste sur la haine qu\u2019on a d\u00e9pos\u00e9e dans son corps&nbsp;:<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp; <em>O ma haine terrifiante ils ont tu\u00e9 l\u2019amour en moi ils ont transform\u00e9 le sang de mes veines en glyc\u00e9rine et goudron.<\/em> &nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>On reprocha \u00e0 un certain moment \u00e0 <strong>Mahmoud Darwich<\/strong> d\u2019avoir quitt\u00e9 les territoires occup\u00e9s. (Il partit pour un an \u00e0 Moscou puis revint s\u2019installer \u00e0 Beyrouth, o\u00f9 il dirige aujourd\u2019hui la revue <em>Chou\u2019une Falastenia<\/em>, qu\u2019\u00e9dite le centre de recherches de l\u2019O.L.P.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Tout \u00e0 fait \u00e0 ses d\u00e9buts, <strong>Darwich<\/strong> avait \u00e9crit un po\u00e8me <em>Carte d\u2019identit\u00e9,<\/em> devenu l\u2019un des po\u00e8mes les plus c\u00e9l\u00e8bres de la po\u00e9sie palestinienne&nbsp;:<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp; <em>Inscris je suis arabe le num\u00e9ro de ma carte est cinquante mille j\u2019ai huit enfants et le neuvi\u00e8me\u2026 viendra apr\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9 te mettras-tu en col\u00e8re&nbsp;? Inscris je suis arabe je travaille avec mes camarades de peine dans une carri\u00e8re j\u2019ai huit enfants je leur arrache du roc le pain les habits et les cahiers et je ne viens pas mendier \u00e0 ta porte et je ne me plie pas devant les dalles de ton seuil te mettras-tu en col\u00e8re&nbsp;? (\u2026) et j\u2019aime par-dessus tout l\u2019huile d\u2019olive et le thym mon adresse&nbsp;: je suis d\u2019un village perdu\u2026 oubli\u00e9 aux rues sans nom, et tous ses hommes\u2026 au champ comme \u00e0 la carri\u00e8re aiment le communisme te mettras-tu en col\u00e8re&nbsp;?<\/em> &nbsp;\u00bb (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Dans ce po\u00e8me, clair et direct, se reconna\u00eetrait tout homme \u00e0 l\u2019identit\u00e9 confisqu\u00e9e, humili\u00e9 par une autorit\u00e9 occupante. Po\u00e8me-tract, militant, il fut n\u00e9cessaire au moment o\u00f9 l\u2019entit\u00e9 palestinienne ne s\u2019\u00e9tait pas encore impos\u00e9e au monde. <strong>Mahmoud Darwich<\/strong> consid\u00e8re que ce po\u00e8me est aujourd\u2019hui d\u00e9pass\u00e9, dans sa forme comme dans son contenu. Quand le public le lui r\u00e9clame lors d\u2019un r\u00e9cital, il refuse de le dire et se met en col\u00e8re, car c\u2019est politiquement que ce cri est d\u00e9pass\u00e9. Continuer \u00e0 le clamer serait ne pas tenir compte de l\u2019\u00e9volution de la r\u00e9sistance et de ses acquis. Les derniers textes de <strong>Mahmoud Darwich<\/strong> d\u00e9concertent ceux qui s\u2019attendent \u00e0 trouver une po\u00e9sie de r\u00e9sistance classique, avec des slogans et des morceaux de bravoure. <strong>Mahmoud Darwich<\/strong>, devenu en quelque sorte l\u2019\u00ab&nbsp;<em>ambassadeur du r\u00eave palestinien<\/em>&nbsp;\u00bb , a su \u00e9viter le pi\u00e8ge de l\u2019\u00e9v\u00e9nementiel et du circonstanciel.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Non seulement il a contribu\u00e9 \u00e0 donner \u00e0 la po\u00e9sie palestinienne de nouvelles dimensions, mais il a particip\u00e9, au m\u00eame titre que le po\u00e8te syrien <strong>Adonis<\/strong>, \u00e0 la r\u00e9volution de la po\u00e9sie arabe d\u2019aujourd\u2019hui. Riche et difficile, complexe et tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9e, la po\u00e9sie de <strong>Darwich<\/strong> d\u00e9passe de loin le cadre d\u2019une po\u00e9sie de r\u00e9sistance et s\u2019impose \u00e0 l\u2019avant-garde de l\u2019\u00e9criture arabe. On ne peut pas en dire autant de la po\u00e9sie de <strong>Moine Bessissou<\/strong>, connu pour son art du r\u00e9cital. Il sait parler aux foules. Il a v\u00e9cu la guerre civile du Liban et a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de la chute de <strong>Tell-El-Zaatar.<\/strong> Cette pr\u00e9sence sur les lieux de la trag\u00e9die l\u2019a incit\u00e9 \u00e0 \u00e9crire quotidiennement des po\u00e8mes dans le courant du r\u00e9alisme symbolique.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:heading --><\/p>\n<h3>Les camps et les massacres<\/h3>\n<p><!-- \/wp:heading --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>La jeune g\u00e9n\u00e9ration, celle qui s\u2019affirme en ce moment, ne tranche pas beaucoup sur le groupe <strong>Qassim-Touqan-Darwich<\/strong>. Elle, n\u2019a pas plus d\u2019audace dans le processus de refus et de rupture avec la po\u00e9sie arabe classique. Disons que ces voix nouvelles ont tendance \u00e0 politiser encore plus leurs \u00e9crits. <strong>Khaled Abou Khaled<\/strong>, n\u00e9 en 1944 en Cisjordanie, travaille avec minutie la structure du po\u00e8me.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Sa d\u00e9marche voudrait r\u00e9pondre \u00e0 ses convictions marxistes. Ayant v\u00e9cu et \u00e9tudi\u00e9 au Caire, on sent encore dans sa po\u00e9sie l\u2019h\u00e9ritage des deux po\u00e8tes \u00e9gyptiens qui ont marqu\u00e9 la g\u00e9n\u00e9ration des ann\u00e9es 60, <strong>Abd Assabour<\/strong> et <strong>Ahmed Higazy<\/strong>. Voix paysanne, <strong>Khaled Abou Khaled<\/strong> ne s\u2019\u00e9carte pas des th\u00e8mes constants de la po\u00e9sie palestinienne&nbsp;: la terre, le retour. La terre chant\u00e9e avec lyrisme. Un chant a plusieurs voix. Une fa\u00e7on de dire la comple\u00adxit\u00e9 d\u2019un v\u00e9cu en suspens. Cette parole est aussi celle de la simplicit\u00e9 et de la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, celle de la lucidit\u00e9 qui nomme les choses, comme dans cet extrait d\u2019Un voyageur&nbsp;:<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp; <em>Vers toi, je suis emport\u00e9 par l\u2019oiseau de la nostalgie qui s\u2019empare d\u2019un petit ruisseau et d\u2019une branche d\u2019olivier o\u00f9 reposer ses ailes l\u00e0 derri\u00e8re une saison de verdure\u2026 (\u2026) Ces temps cruels, entendront-ils un jour la voix d\u2019un sage annon\u00e7ant l\u2019approche de notre J\u00e9rusalem&nbsp;?<\/em> &nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Auteur de cinq recueils, <strong>Khaled Abou Khaled<\/strong> vient de publier <em>Ne me conna\u00eet que l\u2019olivier<\/em>, po\u00e8me sur la guerre civile du Liban, o\u00f9 il \u00e9tait parmi les combat\u00adtants. <strong>Ahmed Dhahbour<\/strong> est, sans conteste, la r\u00e9v\u00e9lation de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Certains le consid\u00e8rent comme le nouveau <strong>Darwich<\/strong>. Apr\u00e8s le massacre de 1970 \u00e0 Amman, il publia Karbala, un des plus beaux textes de cette nouvelle g\u00e9n\u00e9ration des camps et des massacres (Jordanie, Liban).<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>D\u2019origine tr\u00e8s pauvre, ce gar\u00e7on nu et pur a introduit dans la po\u00e9sie pales\u00adtinien\u00adne la r\u00e9alit\u00e9 du camp. Sobre et d\u2019une lucidit\u00e9 am\u00e8re, <strong>Dhahbour<\/strong> s\u2019efface derri\u00e8re ce qu\u2019il \u00e9crit. Il ne veut pas bouleverser l\u2019\u00e9criture, mais dire, dans le langage des reclus sous les tentes, ce que l\u2019\u00e9poque fait subir \u00e0 sa famille, \u00e0 son peuple. Dans ce qu\u2019il dit, il y a pudeur et v\u00e9rit\u00e9. Il d\u00e9signe avec l\u2019exigence de l\u2019enfant ce qu\u2019il ne peut supporter.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Sans d\u00e9magogie\u2026 Sans rh\u00e9torique. Il est l\u00e0 o\u00f9 il pense qu\u2019il doit \u00eatre&nbsp;: parmi les plus d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s, parmi ceux qui luttent. Tout en \u00e9tant tr\u00e8s proche de <strong>Darwich<\/strong>, il se r\u00e9clame plut\u00f4t des grands po\u00e8tes classiques comme <strong>Al Mutannabi<\/strong> et <strong>Al Ma\u00e2ri<\/strong>. <em>Le Palmier d\u2019Amman<\/em> est un de ses po\u00e8mes sur le massacre de 1970&nbsp;:<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Ils sont partis\u2026 ils m\u2019ont laiss\u00e9 sur le tronc du palmier j\u2019ai alors grandi \u00e0 travers ses branches j\u2019ai grandi avec elles et, \u00e0 t\u00e9moin, je prenais le vent qui caressait mes blessures&nbsp;: des casques des soldats, une patrie tombait en loques des fen\u00eatres du palais me parviennent les aboiements un toit tombe sur la t\u00eate d\u2019un enfant le cri d\u2019une m\u00e8re afflig\u00e9e elle c\u00e9l\u00e8bre l\u2019entr\u00e9e des Rois au village tranquille (\u2026) Abandonn\u00e9 \u00e0 mes r\u00eaves bris\u00e9s, je poussais dans la s\u00e8ve du palmier je suis devenu son parfum et son fruit\u2026 Et si un jour ils veulent me br\u00fbler, feu je deviendrai et je prends le vent \u00e0 t\u00e9moin\u2026&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>D\u2019autres po\u00e8tes m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre connus, notamment <strong>May S\u00e2egh<\/strong>, qui n\u2019a certes pas la force de <strong>Fadwa Touqan<\/strong>, mais qui est une des voix les plus pertinentes. Il faut aussi citer <strong>Mourid Al Barghothi<\/strong>, <strong>Sakhr<\/strong>, <strong>Yahia Al Badaoui<\/strong>, etc.&nbsp;(3) <strong>Abou Assadaq<\/strong> \u2014 la cinquantaine \u2014 tient une place \u00e0 part. C\u2019est un conteur. Un homme du peuple qui pr\u00e9f\u00e8re raconter et parler plut\u00f4t qu\u2019\u00e9crire. Il s\u2019empare de l\u2019\u00e9v\u00e9nement et le raconte avec sensibilit\u00e9 et humour. Pour lui, un po\u00e8me est une rencontre, rencontre avec la r\u00e9alit\u00e9 qui se soul\u00e8ve dans le feu, dans le chant, dans la danse.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Il c\u00e9l\u00e8bre le po\u00e8me de la terre f\u00eal\u00e9e face \u00e0 la foule qui ne se laisse plus bercer par le nostalgique de <strong>Oum Kaisoum<\/strong> ou alors la d\u00e9magogie et l\u2019opportunisme d\u2019un po\u00e8te comme le Libanais <strong>Nizar Qabani<\/strong>, connu pour chanter le corps de la femme, mais qui a remplac\u00e9 dans ses textes la femme par la Palestine. Le public du monde arabe reste tr\u00e8s attentif \u00e0 la po\u00e9sie palestinienne.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Lors du dernier passage de <strong>Mahmoud Darwich<\/strong>&nbsp;(4) au Festival de Carthage (avec <strong>Adonis<\/strong> et <strong>Qabani<\/strong>), le th\u00e9\u00e2tre de plein air \u00e9tait archi-comble&nbsp;: plus de cinq mille auditeurs. Concluant son anthologie, <strong>A. La\u00e2bi<\/strong> \u00e9crivait en 1970&nbsp;:<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Ainsi, faisant fi des fronti\u00e8res cr\u00e9\u00e9es par l\u2019occupant, par-dessus les rives et les rampes, les rafales des combattants en m\u00eame temps que les po\u00e8mes de Darwich, Al Qassim, As Zayad et de tous les po\u00e8tes palestiniens se r\u00e9pondent nuit et jour en un dialogue hautement po\u00e9tique et r\u00e9volutionnaire.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Parlant des enfants de 1948, <strong>Al Qassim<\/strong> dit&nbsp;:<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab <em>O mes fr\u00e8res bruns et nus r\u00eavant d\u2019un drapeau O mes fr\u00e8res \u00e9parpill\u00e9s et \u00f4 mon po\u00e8me malheureux nous avons encore \u00e0 poursuivre l\u2019oraison des justes il reste encore une ligne avant de boucler l\u2019histoire.<\/em> &nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong>Tahar Ben Jelloun,<\/strong> \u00e9crivain,<br>Prix Goncourt 1987<\/p>\n<hr>\n<p>Publi\u00e9 dans <a href=\"http:\/\/Le Monde Diplomatique\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-wplink-url-error=\"true\">Le Monde Diplomatique<\/a>&nbsp; janvier 1978)<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:image {\"id\":272,\"linkDestination\":\"custom\"} --><\/p>\n<figure class=\"wp-block-image\"><\/figure>\n<p><!-- \/wp:image --><!-- wp:separator --><\/p>\n<p><!-- \/wp:separator --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>(1) La plainte du soldat \u00e9loquent, po\u00e8me paru dans Afrique-Asie, n\u00b0&nbsp;99, traduit de l\u2019arabe par par T.J.B.<br>(2) Abdellatif La\u00e2bi, la Po\u00e9sie palestinienne de combat, \u00e9d. P.J. Oswald, Paris\/ Atlantes, Casablanca, 1970.<br>(3) Rached Hessine, mort accidentellement l\u2019hiver dernier \u00e0 New-York, est un po\u00e8te qui a appartenu \u00e0 plusieurs courants de la po\u00e9sie palestinienne. Il \u00e9tait tr\u00e8s lu et tr\u00e8s aim\u00e9. Apr\u00e8s sa mort, Mahmoud Darwich \u00e9crivit un long po\u00e8me \u00e0 sa m\u00e9moire. Il dit de lui&nbsp;: \u00ab&nbsp;Depuis vingt ans il jette sa chair \u00e0 l\u2019oiseau, aux poissons iI la jette dans toutes les directions (\u2026) il \u00e9tait un champ de ma\u00efs et de pommes de terre il n\u2019aimait pas l\u2019\u00e9cole il aimait la prose et la po\u00e9sie (\u2026) il \u00e9tait facile comme l\u2019eau simple comme le d\u00eener du pauvre\u2026 &nbsp;\u00bb<br>(4) Le tirage des recueils de Darwich d\u00e9passe g\u00e9n\u00e9ralement dix mille exemplaires. *Les po\u00e8mes de Darwich, Al Qassim, Touqan ont \u00e9t\u00e9 traduits par A. La\u00e2bi. Les textes de Dhahbour et d\u2019Abou Khaled l\u2019ont \u00e9t\u00e9 par Fayez Malas.<\/p>\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La po\u00e9sie palestinienne est contemporaine du temps brutal et de l\u2019histoire falsifi\u00e9e. 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