{"id":29527,"date":"2021-09-07T17:21:57","date_gmt":"2021-09-07T15:21:57","guid":{"rendered":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/?p=29527"},"modified":"2021-09-07T17:37:51","modified_gmt":"2021-09-07T15:37:51","slug":"une-affaire-de-blues-palestinien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/","title":{"rendered":"Une affaire de blues palestinien"},"content":{"rendered":"<p>En enregistrant en pleine quarantaine Covid, un trio de musiciens conf\u00e8re une solide coloration arabe \u00e0 un classique du blues, tout en explorant de nouvelles voies en vue de la solidarit\u00e9 entre les noirs et les Palestiniens.<\/p>\n<div id=\"attachment_29529\" style=\"width: 493px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-29529\" class=\"wp-image-29529 size-full\" src=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Untitled1-e1630991247598.jpeg\" alt=\"\" width=\"483\" height=\"320\"><p id=\"caption-attachment-29529\" class=\"wp-caption-text\">Sans titre, extrait de la s\u00e9rie \u00ab Islam Played the Blues \u00bb (L\u2019Islam faisait du blues), par Toufic Beyhum. (Photo : www.tbeyhumphotos.com)<\/p><\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2020\/07\/13\/gaza-est-un-aller-simple-la-politique-israelienne-de-transfert\/\">Henriette Chacar<\/a>, 3 septembre 2021<\/p>\n<p>Tout en lisant, vous pouvez \u00e9couter notre liste de morceaux fournis par <a href=\"https:\/\/open.spotify.com\/playlist\/4E4CHuSf3ugXtudDMXsh4w?si=e01ff4ea54524b4e&amp;nd=1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Spotify<\/a> et qu\u2019a inspir\u00e9s cette histoire.<\/p>\n<p>Pour <strong>Kareem Samara<\/strong>, un multi-instrumentiste britannico-palestinien, compositeur et artiste du son, c\u2019\u00e9tait naseeb \u2014&nbsp;cela devait se faire. Un jour, en 2020, le cin\u00e9aste am\u00e9ricano-palestinien et producteur de musique, <strong>Sama\u2019an Ashrawi<\/strong>, lui adresse un message en lui demandant de jouer sur un oud <em><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=YZdDB83u4yE\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00ab&nbsp;Baby, Please Don\u2019t Go&nbsp;\u00bb<\/a>,<\/em> un standard de blues am\u00e9ricain. <strong>Ashrawi<\/strong> \u00e9tait curieux de voir ce que le blues allait donner dans les quarts de ton de l\u2019instrument moyen-oriental. Quelques minutes plus tard,<strong> Samara<\/strong> lui fit parvenir un enregistrement du morceau.<\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;C\u2019est une chanson que j\u2019ai toujours aim\u00e9e&nbsp;\u00bb<\/em>, dit Samara. <em>\u00ab&nbsp;Cette chanson, je la sens dans mes os.&nbsp;\u00bb &nbsp;<\/em><\/p>\n<p><strong>Ashrawi<\/strong> et<strong> Samara<\/strong> s\u2019\u00e9taient rencontr\u00e9s en 2019 en <strong>Palestine<\/strong>, alors que Samara visitait la r\u00e9gion afin de retrouver ses ascendances palestiniennes. La famille de sa m\u00e8re avait fui <strong>Jaffa<\/strong> pour l\u2019<strong>\u00c9gypte<\/strong> durant la <strong>Nakba<\/strong> et il \u00e9tait le premier de sa famille \u00e0 retourner en Palestine depuis 1948. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, Ashrawi recherchait <a href=\"https:\/\/www.vice.com\/en\/article\/g5xywx\/palestines-first-rock-ban-al-baraem\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong>Al Bara\u2019em<\/strong><\/a>, consid\u00e9r\u00e9 comme le premier groupe de rock\u2018n\u2019roll arabe original de Palestine, que son p\u00e8re avait lanc\u00e9 avec ses fr\u00e8res dans les ann\u00e9es 1960.&nbsp;<\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Baby, Please Don\u2019t Go&nbsp;\u00bb<\/em> est probablement une adaptation d\u2019une chanson folklorique de <strong>l\u2019\u00e9poque de l\u2019esclavage<\/strong> aux \u00c9tats-Unis. La plupart des variations sur le th\u00e8me peuvent remonter \u00e0 la version de 1935 enregistr\u00e9e par le fameux bluesman du Delta, <strong>Big Joe Williams<\/strong>, et dont les paroles expriment la crainte d\u2019un amant ou amoureux qui s\u2019en va pour<em> \u00ab&nbsp;retourner \u00e0 La Nouvelle-Orl\u00e9ans&nbsp;\u00bb.<\/em> Un des vers de la version originale \u2013 \u00ab<em>&nbsp;I believe that the man done gone, to the county farm, Now with a long chain on&nbsp;\u00bb<\/em> (<em>Je crois que l\u2019homme est retourn\u00e9 \u00e0 la ferme du comt\u00e9 et qu\u2019il est aujourd\u2019hui entrav\u00e9 d\u2019une longue cha\u00eene<\/em>&nbsp;\u00bb \u2014 sugg\u00e8re que le chanteur est un prisonnier implorant sa partenaire de ne pas le laisser tomber avant qu\u2019il ne soit lib\u00e9r\u00e9. &nbsp;<\/p>\n<p>Depuis, la chanson a \u00e9t\u00e9 reprise par plusieurs poids lourds du blues et autres groupes de rock, dont <strong>Them, AC\/DC <\/strong>et les <strong>Rolling Stones<\/strong>. Pour <strong>Ashrawi<\/strong>, toutefois, la version qui est rest\u00e9e en lui est celle du c\u00e9l\u00e8bre chanteur de blues et novateur de la guitare, <strong>Samuel John <em>\u00ab&nbsp;Lightnin\u2019&nbsp;\u00bb<\/em> Hopkins<\/strong>. <em>\u00ab&nbsp;Le riff \u00e0 la guitare dans cette version de Hopkins est si m\u00e9morable\u2026 Je l\u2019aurai toujours dans la t\u00eate&nbsp;\u00bb<\/em>, dit-il.<\/p>\n<p><strong>Samara<\/strong> a sugg\u00e9r\u00e9 qu\u2019ils fassent un morceau avec le vieil enregistrement.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;Il a dit quelque chose comme \u2018Tu connais quelqu\u2019un qui pourrait le chanter \u00e0 partir de ceci&nbsp;?\u2019 Et la premi\u00e8re personne \u00e0 laquelle j\u2019ai pens\u00e9, c\u2019\u00e9tait mon amie Kam Franklin&nbsp;\u00bb,<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>se souvient <strong>Ashrawi. Franklin<\/strong>, une compositrice de chansons, principale chanteuse du groupe soul texan <em>The Suffers<\/em>, a accept\u00e9 l\u2019invitation.<\/p>\n<p><div class=\"video-container\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"Baby Please Don&#039;t Go\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/YZdDB83u4yE?feature=oembed&#038;wmode=opaque\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/div><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;Pour moi, cela me semblait tr\u00e8s sp\u00e9cial d\u2019avoir Kam au chant et je voulais \u00eatre s\u00fbr qu\u2019il y avait l\u2019un ou l\u2019autre \u00e9l\u00e9ment en plus uniquement pour sa voix et qui faisait vraiment de cette version le truc de Kam&nbsp;\u00bb,<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>dit <strong>Ashrawi.<\/strong> Et c\u2019est alors qu\u2019il imagina de remplacer <em>\u00ab&nbsp;New Orleans&nbsp;\u00bb<\/em> dans les paroles originales par <em>\u00ab&nbsp;Third Ward&nbsp;\u00bb<\/em>, le quartier de Houston, au Texas, o\u00f9 vit Franklin et o\u00f9 Lightnin\u2019 Hopkins vivait lui aussi.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 aussi que <strong>George Floyd<\/strong>, un noir dont le meurtre des mains d\u2019un policier \u00e0 Minneapolis l\u2019an dernier avait d\u00e9clench\u00e9 une vague mondiale d\u2019indignation, avait grandi et <a href=\"https:\/\/eu.usatoday.com\/story\/news\/nation\/2020\/06\/08\/george-floyd-third-ward-presence-athlete-police-history\/3154912001\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">encadr\u00e9<\/a> des jeunes.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;Les noirs am\u00e9ricains ont t\u00e9moign\u00e9 leur solidarit\u00e9 envers la Palestine, et nous avons t\u00e9moign\u00e9 la n\u00f4tre en retour, mais peut-\u00eatre pas suffisamment&nbsp;\u00bb,<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>dit Samara.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;C\u2019est une magnifique fa\u00e7on de t\u00e9moigner sa solidarit\u00e9, et peut-\u00eatre d\u2019une fa\u00e7on qu\u2019on n\u2019avait jamais vue auparavant.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce qui avait d\u00e9but\u00e9 comme une br\u00e8ve collaboration presque par hasard se mua en un nouveau groupe appel\u00e9<a href=\"https:\/\/open.spotify.com\/artist\/29DQa2u9Rzvw6RF0QCjb4d?si=mGniKoR2TgWncjV9zsJv5w&amp;dl_branch=1&amp;nd=1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"> Azraq<\/a>, c\u2019est-\u00e0-dire <em>\u00ab&nbsp;bleu&nbsp;\u00bb<\/em> en arabe, compos\u00e9 d\u2019<strong>Ashrawi,<\/strong> de <strong>Franklin<\/strong> et de<strong> Samara<\/strong>. Malgr\u00e9 les retards dus \u00e0 la Covid-19, le trio travaille sur une nouvelle musique, exp\u00e9rimentant avec des d\u00e9mos originales et des versions bluesy de chants traditionnels palestiniens.<\/p>\n<div id=\"attachment_29535\" style=\"width: 546px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-29535\" class=\"wp-image-29535 size-full\" src=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Nour-Bazzari-Baby-Please-Dont-Go-1280x1205-1-e1630992207986.jpeg\" alt=\"Une peinture de Nour Bazzari, un artiste palestinien adolescent qui se sp\u00e9cialise dans l\u2019abstrait et qu\u2019a inspir\u00e9 la version de \u00ab Baby, Please Don\u2019t Go \u00bb d\u2019Azraq. (Photo : avec l\u2019aimable autorisation de Sama\u2019an Ashrawi)\" width=\"536\" height=\"505\"><p id=\"caption-attachment-29535\" class=\"wp-caption-text\">Une peinture de Nour Bazzari, un artiste palestinien adolescent qui se sp\u00e9cialise dans l\u2019abstrait et qu\u2019a inspir\u00e9 la version de \u00ab Baby, Please Don\u2019t Go \u00bb d\u2019Azraq. (Photo : avec l\u2019aimable autorisation de Sama\u2019an Ashrawi)<\/p><\/div>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;En pensant \u00e0 la duret\u00e9 de l\u2019oppression que les noirs ont subie dans tous les \u00c9tats-Unis et en pensant \u00e0 la douleur et \u00e0 l\u2019oppression que les Palestiniens ont connues \u2013 dans les deux cas, c\u2019est une douleur qui vient du colonialisme&nbsp;\u00bb,<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>r\u00e9fl\u00e9chit<strong> Ashrawi.<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;Comment pouvons-nous rendre les sons de la Palestine en les m\u00ealant \u00e0 ceux du blues et aussi le feeling des deux&nbsp;? C\u2019est cela, l\u2019intersection que nous explorons.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>\u00c0 la recherche de l\u2019authenticit\u00e9<\/h3>\n<p>Quand on joue dans un groupe, la meilleure performance vient du contact oculaire et du feeling, explique<strong> Samara.<\/strong> Mais, avec les trois membres du groupe en quarantaine dans des villes diff\u00e9rentes suite \u00e0 la pand\u00e9mie de coronavirus, <em>WhatsApp<\/em> est devenu leur moyen de rester connect\u00e9s tout en travaillant sur le morceau. La musique et les paroles ont d\u00fb \u00eatre enregistr\u00e9s s\u00e9par\u00e9ment <em>\u00ab&nbsp;et nous n\u2019avons pas utilis\u00e9 de click&nbsp;\u00bb,<\/em> explique <strong>Samara<\/strong>, faisant allusion au m\u00e9tronome digital qui aide les musiciens \u00e0 rester synchronis\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;Il y a des trous, il y a des r\u00e9flexions qui se poursuivent dans l\u2019enregistrement, il&nbsp;y a parfois un retard avant l\u2019entame d\u2019une des mesures, il y a des moments o\u00f9 nous nous chevauchons. Il y a des endroits o\u00f9 elle (Franklin) fait quelque chose avec sa voix qui est si parfait que si je devais la prendre pour de bon, cela effacerait l\u2019imperfection de mon jeu au moment o\u00f9 je l\u2019accompagne.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le fait d\u2019avoir d\u00e9cid\u00e9 de produire l\u2019enregistrement de cette&nbsp;mani\u00e8re, m\u00eame si \u00e7a repr\u00e9sentait un plus grand d\u00e9fi, lui a donn\u00e9 davantage un feeling <em>\u00ab&nbsp;live&nbsp;\u00bb<\/em> qui a permis au trio de rester fid\u00e8le \u00e0 la nature non raffin\u00e9e, improvisatrice de la musique de blues.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai toujours cherch\u00e9 l\u2019honn\u00eatet\u00e9, j\u2019ai toujours cherch\u00e9 une certaine authenticit\u00e9 dans le son&nbsp;\u00bb,<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>explique Samara. Et le blues permet non seulement aux musiciens d\u2019avoir cette authenticit\u00e9, c\u2019est une caract\u00e9ristique qui d\u00e9finit bien le genre.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;Avec le blues, il y a une structure, il y a une id\u00e9e, il y a une \u00e9chelle, mais une fois que ces gens empoignaient leur guitare, ils pouvaient faire tout ce qu\u2019ils voulaient.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le studio de <strong>Samara,<\/strong> chez lui, o\u00f9 il a enregistr\u00e9 la musique pour la bande, est am\u00e9nag\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment pour favoriser ce son organique. La pi\u00e8ce, de dimensions moyennes, n\u2019est pas insonoris\u00e9e et elle donne une l\u00e9g\u00e8re r\u00e9verb\u00e9ration sonore, ce qui n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 comme ce qu\u2019il y a de mieux quand vous enregistrez de la musique.<\/p>\n<p>Le processus de production de<strong> Samara<\/strong>, <em>\u00ab&nbsp;tr\u00e8s ind\u00e9pendant, tr\u00e8s lo-fi (= de basse fid\u00e9lit\u00e9, NdT)&nbsp;\u00bb<\/em>, implique g\u00e9n\u00e9ralement un portable, un clavier, une batterie, un oud et une guitare. Pour cette prise, outre l\u2019oud et&nbsp;le chant de Franklin, Samara a encore ajout\u00e9 une guitare basse&nbsp;; un riq, c\u2019est-\u00e0-dire un tambourin traditionnel tr\u00e8s habituel dans la musique arabe&nbsp;; des darbukas arabes et kurdes, des tambours \u00e0 main cintr\u00e9s qu\u2019il tenait en m\u00eame temps entre ses genoux&nbsp;; et des clochettes syriennes qu\u2019on passe aux pieds et qu\u2019un ami lui avait ramen\u00e9es de J\u00e9rusalem. <em>\u00ab&nbsp;Cela semble tr\u00e8s fantaisiste et compliqu\u00e9, mais ce ne l\u2019est pas.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p>La chanson commence par un son de drone que <strong>Samara<\/strong> a cr\u00e9\u00e9 en se servant de son clavier. <em>\u00ab&nbsp;Je suis un grand amateur de patience, d\u2019atmosph\u00e8re et de mise en sc\u00e8ne&nbsp;\u00bb,<\/em> dit-il. Le drone,<em> \u00ab&nbsp;c\u2019\u00e9tait ce qu\u2019il fallait pour donner un peu d\u2019espace&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Tour en discutant de la meilleure fa\u00e7on d\u2019int\u00e9grer le drone et la percussion, Franklin dit qu\u2019elle avait une id\u00e9e. <em>\u00ab&nbsp;Du jour au lendemain, elle a reproduit les \u2018oh\u2019 qu\u2019on entend \u00e0 la fin&nbsp;\u00bb<\/em>, dit <strong>Samara<\/strong>. <em>\u00ab&nbsp;Cela rend cette fin bien plus lancinante et particuli\u00e8re.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>\u00ab&nbsp;La guitare ne sonne pas comme l\u2019oud&nbsp;\u00bb<\/h3>\n<p><strong>Ashrawi,<\/strong> dont le p\u00e8re est palestinien, a grandi \u00e0 <strong>Cypress,<\/strong> au Texas, une ville situ\u00e9e \u00e0 une quarantaine de kilom\u00e8tres au nord-ouest de Houston. Bien qu\u2019il se souvienne d\u2019avoir eu peu de voisins arabes, il y avait des signes identitaires arabes partout dans la maison familiale&nbsp;: les tatreez de sa grand-m\u00e8re, des tapisseries palestiniennes brod\u00e9es, ornaient les murs&nbsp;; son p\u00e8re \u00e9coutait <strong>Fayrouz<\/strong> et les <strong>fr\u00e8res Rahbani<\/strong>&nbsp;; m\u00eame les pyjamas qu\u2019il portait enfant, se rappelle-t-il, \u00e9taient orn\u00e9s de caract\u00e8res arabes.<\/p>\n<p>Tout autour d\u2019<strong>Ashrawi<\/strong>, lors de l\u2019interview pour<em> Zoom<\/em>, une guirlande de couvertures de disques courait sur le mur, allant de <strong>Gil Scott-Heron,<\/strong> aux Commodores en passant par <strong>Ray Charles<\/strong>. <em>\u00ab&nbsp;Cela vous donne une bonne id\u00e9e de ce avec quoi j\u2019ai grandi&nbsp;\u00bb<\/em>, dit-il. <em>\u00ab&nbsp;Beaucoup de Beatles, beaucoup de Led Zeppelin. Beaucoup de jazz \u2013 tellement de jazz.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">En grandissant, <strong>Ashrawi<\/strong> a jou\u00e9 du piano et du saxophone. Parfois il flirte avec l\u2019id\u00e9e d\u2019apprendre \u00e0 jouer de la guitare, mais <em>\u00ab&nbsp;pour apprendre la guitare, il faut se faire des cals aux doigts et j\u2019aime avoir les mains douces&nbsp;\u00bb<\/em>, dit-il.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed\/playlist\/4E4CHuSf3ugXtudDMXsh4w\" data-mce-fragment=\"1\" width=\"100%\" height=\"380\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00c0 la high school, <strong>Ashrawi<\/strong> \u00e9conomisa tout son argent de poche de l\u2019\u00e9t\u00e9 pour installer de gros haut-parleurs dans le coffre de sa voiture.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00ab&nbsp;J\u2019ai toujours des amis qui se souviennent de certains morceaux que je faisais passer sur le parking de la high school&nbsp;\u00bb,<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left;\">dit-il<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: left;\">on \u00e9coutait \u00ab&nbsp;Poppin\u2019 My Collar&nbsp;\u00bb de Three 6 Mafia, et \u00ab&nbsp;Coca\u00efne&nbsp;\u00bb de UGK, par exemple.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00c0 l\u2019universit\u00e9, il se lan\u00e7a comme disc-jockey en utilisant GarageBand, un software digital de production de musique, afin de cr\u00e9er des rythmes sur son portable.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00ab&nbsp;J\u2019avais des id\u00e9es sur ce que je voulais entendre, mais je n\u2019avais pas la motivation pour r\u00e9aliser physiquement ces rythmes moi-m\u00eame&nbsp;\u00bb,<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left;\">dit-il. C\u2019est \u00e0 ce moment qu\u2019il d\u00e9cida&nbsp;de s\u2019impliquer dans la production musicale&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00ab&nbsp;Cela me donna l\u2019id\u00e9e que c\u2019\u00e9tait quelque chose que je serais int\u00e9ress\u00e9 de faire, mais je n\u2019aurais pas n\u00e9cessairement besoin d\u2019\u00eatre celui qui appuierait sur les boutons.&nbsp;\u00bb &nbsp;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience de Samara dans la musique, d\u2019autre part, est bien plus pratique. Il a grandi en jouant de la guitare \u00e0 l\u2019\u00e9cole et il a \u00e9t\u00e9 membre de plusieurs groupes de rock. Plus tard, il a travaill\u00e9 dans l\u2019\u00e9dition musicale, pla\u00e7ant de la musique dans des films et enseignant la guitare.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;Ma m\u00e8re faisait la fine bouche parce que la guitare ne sonnait pas comme l\u2019oud. Si je jouais des musiques d\u2019Oum Kalthoum ou des choses que j\u2019avais entendues sur ses bandes&nbsp;\u00bb,<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>dit-il, en faisant allusion \u00e0 l\u2019ic\u00f4ne \u00e9gyptienne,<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;je ne pouvais jamais vraiment obtenir le quart de note et ni m\u00eame les gammes enti\u00e8res de certains des morceaux qu\u2019ils jouaient.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Lors de l\u2019un de ses voyages en <strong>\u00c9gypte<\/strong>, il acheta un oud, mais il allait lui falloir des ann\u00e9es pour faire preuve d\u2019assez de confiance en soi pour en jouer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>D\u00e9fier le d\u00e9sespoir<\/h3>\n<p>Le blues est un genre musical cr\u00e9\u00e9 dans le<strong> Deep South<\/strong> par des <strong>Afro-Am\u00e9ricains.<\/strong> Les chansons de blues racontent g\u00e9n\u00e9ralement des histoires de souffrance et de perte, et le blues est en quelque sorte aussi une lamentation destin\u00e9e \u00e0 att\u00e9nuer la douleur. Mais le blues <em>\u00ab&nbsp;a un aspect plus profond, spirituel&nbsp;: d\u00e9fier le d\u00e9sespoir&nbsp;\u00bb,<\/em> \u00e9crivait dans <a href=\"https:\/\/renovatio.zaytuna.edu\/article\/what-islam-gave-the-blues\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">un essai r\u00e9cent<\/a> la Dre <strong>Sylviane Diouf<\/strong>, une historienne sp\u00e9cialis\u00e9e dans la diaspora africaine et boursi\u00e8re en visite au C<em>entre d\u2019\u00e9tude de l\u2019esclavage et de la justice<\/em> \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Brown.<\/p>\n<p>Ce genre musical fut fortement influenc\u00e9 par les traditions musulmanes qui furent introduites aux <strong>\u00c9tats-Unis<\/strong> avec, au d\u00e9but du 16e si\u00e8cle, <strong>la r\u00e9duction en esclavage de centaines de milliers d\u2019Ouest-Africains musulmans<\/strong>. On ne sait toutefois pas grand-chose de ces communaut\u00e9s et de leurs contributions \u00e0 la culture am\u00e9ricaine, et ce, en partie parce que l\u2019histoire des Africains asservis a largement \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9e, et pas toujours \u00e0 dessein \u2013 de nombreux historiens n\u2019ont tout simplement pas la compr\u00e9hension des cultures africaines et islamiques et, de ce fait, ne reconnaissent pas leur existence ou leur influence dans les archives, nous a expliqu\u00e9 <strong>Sylviane Diouf<\/strong> lors d\u2019un entretien t\u00e9l\u00e9phonique.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai lu des centaines de livres sur l\u2019esclavage et sur le commerce des esclaves. Mon m\u00e9moire, quand j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019universit\u00e9, traitait de la r\u00e9sistance de la r\u00e9volte dans les Am\u00e9riques. Et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 surprise de ne pouvoir trouver mention des musulmans&nbsp;\u00bb,<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>explique Mme Diouf. Cela l\u2019amena \u00e0 se demander pourquoi, du fait qu\u2019il&nbsp;y avait des musulmans au <strong>S\u00e9n\u00e9gal, au Mali et en Guin\u00e9e,<\/strong> entre autres, nous ne pouvons les retrouver dans les livres qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits sur l\u2019esclavage&nbsp;?<\/p>\n<div id=\"attachment_29541\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-29541\" class=\"wp-image-29541 size-full\" src=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/baby-please-dont-go-artwork-3-1280x1280-1-e1630993488995.jpeg\" alt=\"Illustration de couverture de Dana Durr pour l\u2019\u2019enregistrement de \u00ab Baby, Please Don\u2019t Go \u00bb. (Photo : avec l\u2019aimable autorisation de Sama\u2019an Ashrawi)\" width=\"580\" height=\"580\"><p id=\"caption-attachment-29541\" class=\"wp-caption-text\">Illustration de couverture de Dana Durr pour l\u2019\u2019enregistrement de \u00ab Baby, Please Don\u2019t Go \u00bb. (Photo : avec l\u2019aimable autorisation de Sama\u2019an Ashrawi)<\/p><\/div>\n<p>Prenant les choses en main elle-m\u00eame, <strong>Sylviane Diouf<\/strong> s\u2019est mise \u00e0 investiguer des sources en fran\u00e7ais, en anglais, en espagnol, en portugais, d\u00e9couvrant une riche histoire n\u00e9anmoins tr\u00e8s n\u00e9glig\u00e9e. <em>\u00ab&nbsp;Si vous cherchez quelque chose, vous le trouvez&nbsp;\u00bb<\/em>, dit-elle. Ses d\u00e9couvertes furent d\u2019abord publi\u00e9es dans un <a href=\"https:\/\/nyupress.org\/9781479847112\/servants-of-allah\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">livre<\/a> de 1998 intitul\u00e9 <em>\u00ab&nbsp;Servants of Allah&nbsp;\u00bb (Les serviteurs d\u2019Allah)<\/em>. Une seconde \u00e9dition vit le jour en 2013.<\/p>\n<p>De ses recherches, Mme <strong>Diouf<\/strong> apprit que les histoires des musulmans asservis avaient \u00e9galement disparu en raison de la mani\u00e8re dont le commerce transatlantique des esclaves s\u00e9parait les familles africaines. Puisque c\u2019\u00e9taient principalement les hommes que l\u2019on vendait et que l\u2019on d\u00e9portait, soit ils n\u2019avaient pas d\u2019enfants, soit ils finissaient par \u00e9pouser des non-musulmanes. M\u00eame dans des pays comme le <strong>Br\u00e9sil<\/strong>, qui avaient de fortes et larges <strong>communaut\u00e9s musulmanes d\u2019Africains<\/strong> qui avaient \u00e9t\u00e9 asservis puis lib\u00e9r\u00e9s, transmettre leur foi \u00e0 leurs enfants devenait difficile, puisque les jeunes g\u00e9n\u00e9rations percevaient l\u2019Islam comme une religion <em>\u00ab&nbsp;aust\u00e8re&nbsp;\u00bb<\/em> qui allait les positionner comme une minorit\u00e9 et <em>\u00ab&nbsp;il \u00e9tait plus \u2018marrant\u2019 dans ce cas&nbsp; \u2013 &nbsp;pour recourir \u00e0 une terminologie moderne \u2013 d\u2019\u00eatre chr\u00e9tien&nbsp;\u00bb<\/em>, faisait remarquer Mme <strong>Diouf<\/strong>.<\/p>\n<p>Mais il y a des raisons pour lesquelles le blues n\u2019a pris racine qu\u2019aux <strong>\u00c9tats-Unis<\/strong>, et non dans les autres colonies. L\u00e0, les <strong>Ouest-Africains asservis<\/strong> recr\u00e9\u00e8rent les instruments \u00e0 cordes sur lesquels ils avaient jou\u00e9 pendant des centaines d\u2019ann\u00e9es, comme le banjo, ou diff\u00e9rentes sortes de luths ou encore le violon, qui \u00e9volua finalement en guitare. Et quand les non-musulmans entendaient l\u2019<em>adhan<\/em> (appel \u00e0 la pri\u00e8re), les chants <em>soufis<\/em> et les <em>duas<\/em> (supplications) ou lamentations,&nbsp;ils les percevaient comme un autre type de musique africaine, qu\u2019ils finirent par imiter et propager. Des d\u00e9cennies plus tard, ces pratiques, fusionn\u00e9es avec d\u2019autres traditions musicales africaines, \u00e9volu\u00e8rent pour former les cris et les braillements qui aboutirent au blues.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;Ce furent plus vraisemblablement des expressions audibles de la foi musulmane, et pas simplement ce que les musiciens ont apport\u00e9 en plus, qui engendr\u00e8rent la musique distinctement afro-am\u00e9ricaine du Sud&nbsp;\u00bb,<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00e9crit Mme <strong>Diouf<\/strong> dans son essai. Un exemple frappant qu\u2019elle met en lumi\u00e8re, c\u2019est <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=KzxTfPmNTQE\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>\u00ab&nbsp;Levee Camp Holler&nbsp;\u00bb<\/em><\/a> (textuellement&nbsp;: La gueulante du camp de la digue, NdT), un air que les <strong>Afro-Am\u00e9ricains<\/strong> jadis asservis chantaient tout en construisant les digues de la vall\u00e9e du <strong>Mississippi<\/strong> dans l\u2019Am\u00e9rique de l\u2019apr\u00e8s-Guerre de S\u00e9cession.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;C\u2019est presque exactement la m\u00eame chose que l\u2019appel \u00e0 la pri\u00e8re lanc\u00e9 par un muezzin ouest-africain&nbsp;\u00bb,<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00e9crit Mme <strong>Diouf.<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab&nbsp;Quand on juxtapose les deux morceaux, il est difficile de distinguer quand l\u2019appel \u00e0 la pri\u00e8re se termine et quand d\u00e9marre la gueulante.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>(Il est int\u00e9ressant de faire remarquer que le premier muezzin fut un <a href=\"https:\/\/pluralism.org\/the-call-to-prayer\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ancien esclave de l\u2019Afrique orientale<\/a>, d\u00e9sign\u00e9 par le proph\u00e8te Mahomet en personne.)<\/p>\n<p>Ce style de chant, produisant des intonations nasales et vibrantes et des m\u00e9lismes (expressions de plusieurs notes sur une seule syllabe), est toujours populaire dans le monde musulman. Dans la version d\u2019<strong>Azraq<\/strong> de <em>\u00ab&nbsp;Baby, Please Don\u2019t Go&nbsp;\u00bb,<\/em> on peut les entendre dans les r\u00e9verb\u00e9rations de l\u2019oud et dans les fr\u00e9missements et secousses du chant de&nbsp;<\/p>\n<hr>\n<p>Publi\u00e9 le 3 septembre 2021 sur <a href=\"https:\/\/pluralism.org\/the-call-to-prayer\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">+972 Magazine<\/a><br>Traduction : Jean-Marie Fl\u00e9mal, <a href=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/\">Charleroi pour la Palestine<\/a><\/p>\n<p><strong>Henriette Chacar<\/strong> est r\u00e9dactrice en chef adjointe et journaliste \u00e0<strong> +972 Magazine<\/strong>, qui produit \u00e9galement le podcast du magazine. Pr\u00e9c\u00e9demment, elle a travaill\u00e9 pour un hebdomadaire du Maine, The Intercept, et \u00e0 Rain Media pour PBS Frontline. Henriette est dipl\u00f4m\u00e9e de l\u2019Universit\u00e9 de Columbia University, o\u00f9 elle a d\u00e9croch\u00e9 une ma\u00eetrise en journalisme et en affaires internationales.<\/p>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un trio de musiciens conf\u00e8re une coloration arabe \u00e0 un classique du blues, tout en explorant de nouvelles voies en vue de la solidarit\u00e9 entre les noirs et les Palestiniens.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":29529,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[178,33],"tags":[],"class_list":["post-29527","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture-2","category-la-musique"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Une affaire de blues palestinien - Charleroi Pour la Palestine<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Un trio de musiciens conf\u00e8re une coloration arabe \u00e0 un classique du blues, tout en explorant de nouvelles voies en vue de la solidarit\u00e9 entre les noirs et les Palestiniens.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/2021\\\/09\\\/07\\\/une-affaire-de-blues-palestinien\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/2021\\\/09\\\/07\\\/une-affaire-de-blues-palestinien\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"admin1873\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/c19ff515112f1299d8c12671d8fe3faa\"},\"headline\":\"Une affaire de blues palestinien\",\"datePublished\":\"2021-09-07T15:21:57+00:00\",\"dateModified\":\"2021-09-07T15:37:51+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/2021\\\/09\\\/07\\\/une-affaire-de-blues-palestinien\\\/\"},\"wordCount\":3155,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/2021\\\/09\\\/07\\\/une-affaire-de-blues-palestinien\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2021\\\/09\\\/Untitled1-e1630991247598.jpeg\",\"articleSection\":[\"Culture\",\"Musique\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/2021\\\/09\\\/07\\\/une-affaire-de-blues-palestinien\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/2021\\\/09\\\/07\\\/une-affaire-de-blues-palestinien\\\/\",\"name\":\"Une affaire de blues palestinien - Charleroi Pour la Palestine\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/2021\\\/09\\\/07\\\/une-affaire-de-blues-palestinien\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/2021\\\/09\\\/07\\\/une-affaire-de-blues-palestinien\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2021\\\/09\\\/Untitled1-e1630991247598.jpeg\",\"datePublished\":\"2021-09-07T15:21:57+00:00\",\"dateModified\":\"2021-09-07T15:37:51+00:00\",\"description\":\"Un trio de musiciens conf\u00e8re une coloration arabe \u00e0 un classique du blues, tout en explorant de nouvelles voies en vue de la solidarit\u00e9 entre les noirs et les Palestiniens.\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/2021\\\/09\\\/07\\\/une-affaire-de-blues-palestinien\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/2021\\\/09\\\/07\\\/une-affaire-de-blues-palestinien\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/2021\\\/09\\\/07\\\/une-affaire-de-blues-palestinien\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2021\\\/09\\\/Untitled1-e1630991247598.jpeg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2021\\\/09\\\/Untitled1-e1630991247598.jpeg\",\"width\":483,\"height\":320},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/2021\\\/09\\\/07\\\/une-affaire-de-blues-palestinien\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Une affaire de blues palestinien\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/\",\"name\":\"Charleroi Pour la Palestine\",\"description\":\"\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/#organization\",\"name\":\"Plate-forme Charleroi-Palestine\",\"url\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/01\\\/logo-Copy.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/01\\\/logo-Copy.jpg\",\"width\":180,\"height\":180,\"caption\":\"Plate-forme Charleroi-Palestine\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"},\"sameAs\":[\"https:\\\/\\\/www.facebook.com\\\/PlateformeCharleroiPalestine\\\/\",\"https:\\\/\\\/x.com\\\/LaCharleroi\"]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/c19ff515112f1299d8c12671d8fe3faa\",\"name\":\"admin1873\",\"url\":\"https:\\\/\\\/charleroi-pourlapalestine.be\\\/index.php\\\/author\\\/admin1873\\\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Une affaire de blues palestinien - Charleroi Pour la Palestine","description":"Un trio de musiciens conf\u00e8re une coloration arabe \u00e0 un classique du blues, tout en explorant de nouvelles voies en vue de la solidarit\u00e9 entre les noirs et les Palestiniens.","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/","schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/"},"author":{"name":"admin1873","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#\/schema\/person\/c19ff515112f1299d8c12671d8fe3faa"},"headline":"Une affaire de blues palestinien","datePublished":"2021-09-07T15:21:57+00:00","dateModified":"2021-09-07T15:37:51+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/"},"wordCount":3155,"publisher":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Untitled1-e1630991247598.jpeg","articleSection":["Culture","Musique"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/","url":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/","name":"Une affaire de blues palestinien - Charleroi Pour la Palestine","isPartOf":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Untitled1-e1630991247598.jpeg","datePublished":"2021-09-07T15:21:57+00:00","dateModified":"2021-09-07T15:37:51+00:00","description":"Un trio de musiciens conf\u00e8re une coloration arabe \u00e0 un classique du blues, tout en explorant de nouvelles voies en vue de la solidarit\u00e9 entre les noirs et les Palestiniens.","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/#primaryimage","url":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Untitled1-e1630991247598.jpeg","contentUrl":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Untitled1-e1630991247598.jpeg","width":483,"height":320},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2021\/09\/07\/une-affaire-de-blues-palestinien\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Une affaire de blues palestinien"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#website","url":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/","name":"Charleroi Pour la Palestine","description":"","publisher":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#organization","name":"Plate-forme Charleroi-Palestine","url":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/logo-Copy.jpg","contentUrl":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/logo-Copy.jpg","width":180,"height":180,"caption":"Plate-forme Charleroi-Palestine"},"image":{"@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/PlateformeCharleroiPalestine\/","https:\/\/x.com\/LaCharleroi"]},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/#\/schema\/person\/c19ff515112f1299d8c12671d8fe3faa","name":"admin1873","url":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/author\/admin1873\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29527","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29527"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29527\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29529"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29527"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29527"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29527"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}