Liban : Comment les drones de la résistance traquent les chars israéliens
La résistance a développé des drones à bas prix en utilisant des composants aisément disponibles en provenance d’« appareils courants ».
Elmer estime le coût de chacun de ces drones à quelque 200 dollars l’unité et insiste sur le fait qu’ont peut les monter et adapter rapidement pour les utiliser contre les véhicules militaires israéliens.

Tamara Nassar, 24 avril 202
Mercredi, les forces israéliennes ont poursuivi les journalistes Zeinab Faraj et Amal Khalil, du journal Al-Akhbar, et ont ciblé une maison à Tyr, dans le Sud-Liban, où les deux femmes s’étaient réfugiées.

Amal Khalil
Amal Khalil, dit-on, était restée en contact avec des gens, après la frappe initiale et elle avait continué de se cacher pendant le bombardement, jusqu’au moment où les avions de combat israéliens avaient frappé la maison et l’avaient tuée peu après.
Zeinab Faraj a été grièvement blessée et transportée à l’hôpital. Les corps de deux personnes tuées par les frappes israéliennes ont également été retrouvés.
Amal Khalil avait déjà été menacée précédemment. On lui avait dit qu’elle « devait quitter le Liban si elle voulait garder sa tête attachée à son corps », expliquait notre contributeur Jon Elmer dans son compte rendu de jeudi sur la résistance.
Il a fallu des heures aux paramédicaux pour retrouver le corps d’Amal Khalil dans les décombres. Son assassinat porte à neuf le nombre de journalistes tués au Liban cette année.
Khalil a été pleurée par ses collègues d’Al-Akhbar, où elle travaillait depuis 20 ans, depuis l’invasion israélienne de 2006.
« Amal Khalil nous a quittés à l’endroit le plus cher à son cœur, dans la région dont son nom était devenu le synonyme, sur le plus acharné des fronts, loin dans le sud »,
a écrit son collègue Fouad Bazzi.
« Faire du show ne l’intéressait pas et elle comprenait que son vrai rôle était de témoigner de ce qui se passait »,
a écrit un autre de ses collègues au journal, Ibrahim al-Amin.
« Elle a été témoin des crimes de l’occupant [israélien], témoin de l’héroïsme des combats de la résistance, témoin de la détermination du peuple, témoin de l’épuisement des gens du sud, témoin, de leurs joies et de leurs douleurs et témoin du fait qu’en ce pays, il y a des choses qui valent que l’on se sacrifie pour elles. »
Human Rights Watch a réclamé une enquête sur l’assassinat de Khalil.
Les violations du cessez-le-feu
Israël a tué près de 2 300 personnes au Liban depuis le 2 mars, et en blessé plus de 7 500.
Ceci comprend l’assassinat d’une centaine de paramédicaux et de travailleurs des soins de santé.
« Le massacre s’est poursuivi après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, comme c’est toujours le cas avec Israël »,
a déclaré Elmer.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 16 avril, Israël l’a violé plus de 470 fois, selon le Conseil national de la recherche scientifique au Liban.
Ceci comprend poses de mines, bombardements, tirs d’artillerie, frappes aériennes et tirs directs, entre autres violations.
« Une fois de plus, ils tentent de détruire des habitations. C’est le but principal de cette opération »,
a déclaré Elmer.
« Les Israéliens ont été très clairs à ce propos : « Les villages du Sud-Liban que vous voyez là-bas le long de la frontière, Naqoura, Bint Jbeil, al-Khiyam, ils veulent en faire des Beit Hanoun et Rafah, selon le modèle de Gaza. »
Mais « le Hezbollah n’est pas resté patient, cette fois ».
Dans son reportage, Elmer a proposé plusieurs vidéos diffusées par l’organisation de résistance libanaise pour expliquer ses opérations militaires contre l’armée d’invasion israélienne.
Au-delà des massacres et des destructions, il ne semble pas qu’Israël ait réalisé des gains significatifs au Liban.
« Israël a déclaré qu’il allait s’emparer du fleuve Litani. Il n’en a rien fait du tout. Ils sont à deux ou trois kilomètres de notre côté de la frontière »,
a dit Elmer, om Israël tente de créer une zone tampon dans le but de redessiner cette même frontière.
Une fois de plus, Israël tente de réaliser via des négociations ce qu’il a été incapable de faire sur le champ de bataille, a-t-il ajouté.
« Ils veulent qu’au Liban, les Forces armées libanaises se lancent dans une guerre civile contre le Hezbollah, parce qu’ils ont été incapables de les battre, bien qu’ils aient prétendu l’avoir fait l’en dernier. Manifestement,ce n’est pas le cas »,
a dit Elmer.
« Nous avons assisté au retour au combat du Hezbollah selon un rythme opérationnel sans précédent dans l’histoire de l’organisation. »
Des drones novateurs
Elmer a montré deux dossiers illustrant les confrontations directes du Hezbollah avec les forces israéliennes, tout en se concentrant sur les opérations contre les chars israéliens.
Nombre de vidéos montrent l’utilisation de drones à « vision de première personne » (FPV), qui ciblent les transporteurs de troupes israéliens, ainsi que de missiles antichars et des drones suicide (appelés également « munitions rôdeuses ») contre les infrastructures militaires israéliennes.
« Le Hezbollah a conçu ces drones de façon très intelligente »,
a expliqué Elmer.
« Ils ont utilisé des composants très résistants venant d’une chaîne d’approvisionnement. Ils ne sont pas du tout fixés à l’avance. Ils les construisent eux-mêmes. Ce sont des drones construits par le Hezbollah. Ils sont directs, pratiques, bon marché et d’assemblage très facile. »
Elmer a déclaré que l’organisation de résistance développait ces drones à bas prix en utilisant des composants aisément disponibles en provenance d’« appareils courants ».
Elmer estime le coût de chacun de ces drones à quelque 200 dollars l’unité et insiste sur le fait qu’ont peut les monter et adapter rapidement pour les utiliser contre les véhicules militaires israéliens.
« Voilà bien un développement vraiment remarquable qui s’est produit au cours de cette bataille. »
Visionnez la totalité du reportage de Jon Elmer dans la vidéo ci-dessous.
Vidéo EI : Comment les drones du Hezbollah traquent les chars israéliens.
Production : Tamara Nassar.
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Publié le 24 avril 2026 sous le titre : How Hizballah drones hunt Israeli tanks
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine



