Victoire pour les grévistes de la faim en GB !
Après 73 jours d’une grève de la faim commencée le 2 novembre 2025, et alors que plusieurs prisonnier•es font face à une mort imminente, Heba Muraisi, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello ont mis fin à leurs grèves de la faim.

Cette décision intervient alors qu’il a été révélé qu’Elbit Systems UK s’était vu refuser un contrat vital de 2 milliards de livres sterling avec le ministère de la Défense britannique, une revendication clé des grévistes de la faim.
Le contrat, qui aurait permis à Elbit Systems de fournir une formation à l’armée britannique pendant dix ans, a été perdu malgré tous les efforts des fonctionnaires du ministère de la Défense et de l’armée britanniques. Il a été révélé qu’ils avaient passé des arrangements avec Elbit Systems UK et sa société mère, Elbit Systems, lors de réunions secrètes et de « visites » à Jérusalem, la capitale de la Palestine, dans une tentative désespérée de renforcer leur alliance génocidaire et de les aider à remporter le contrat.
L’annulation brutale de cet accord est une victoire retentissante pour les grévistes de la faim, qui ont résisté avec leurs corps, derrière les murs et les barreaux des prisons, afin d’afficher au grand jour le rôle d’Elbit Systems, le plus grand fabricant d’armes israélien, dans la colonisation et l’occupation de la Palestine. Depuis 2012, Elbit a remporté 25 contrats publics en Grande Bretagne pour un montant total de plus de 333 millions de livres sterling ; la perte de ce contrat de 2 milliards de livres sterling marque un tournant significatif dans cette sordide « alliance stratégique ». Avec cette victoire, il n’a jamais été aussi clair que les jours d’Elbit en Grande-Bretagne sont comptés.
En plus de la satisfaction de cette revendication clé, nous souhaitons profiter de cette occasion pour célébrer les différentes victoires remportées tout au long de la grève de la faim :
1) Au cours des dernières semaines seulement, des centaines de personnes se sont portées volontaires pour agir contre le complexe militaro-industriel génocidaire, soit plus que le nombre de personnes qui ont agi avec Palestine Action au cours de sa campagne de 5 ans et lors de laquelle des usines d’armement israéliennes en Grande Bretagne ont été fermées. Elbit Systems vit sur du temps volé – nous la verrons fermer définitivement, non pas grâce au gouvernement, mais grâce au peuple.
2) Le transfert d’Heba Muraisi à la prison de Bronzefield a été accepté par la prison de New Hall, où elle est actuellement détenue en isolement, loin de sa famille et de ses amis.
3) T. Hoxha s’est vu proposer une rencontre avec le chef de la JEXU (Unité conjointe de lutte contre d’extrémisme) de sa prison, la même organisation qui se charge du traitement des prisonnier•es dit•es « terroristes ».
4) Malgré la négligence médicale cruelle et constante subie par les grévistes de la faim, comme le refus d’ambulances en cas d’urgence vitale et les traitements dégradants à l’hôpital, les responsables nationaux des soins de santé en prison nous ont rencontrés à la demande du ministère de la Justice.
5) Pendant la grève de la faim, certain•es prisonnier•es ont commencé à recevoir des colis contenant leur courrier censuré et, dans un cas, ont reçu des excuses du personnel pénitentiaire pour une lettre retardée de 6 mois. Des livres sur Gaza et le féminisme ont également été distribués après des mois d’attente.
6) Dans le but d’obtenir un procès équitable, les grévistes de la faim ont exigé la divulgation des licences d’exportation des 5 dernières années d’Elbit Systems. Après des demandes répétées, ces informations ont été divulguées à un chercheur indépendant par le ministère du Commerce pendant la grève de la faim.
Le maintient en détention des grévistes de la faim restera une tache sur la façade de la Grande-Bretagne qui se présente comme un pays « démocratique’ doté d’un véritable « État de droit ».
Ce gouvernement britannique pathétique et lâche ne peut résister à l’autoritarisme ; il utilise la peur pour dissuader les manifestations et révoltes légitimes, faisant écho à l’utilisation de la détention administrative contre le peuple palestinien.
La grève de la faim a révélé ce fait dans le pays et dans le monde entier : la Grande-Bretagne détient des prisonnier•es politiques pour le compte d’un régime génocidaire étranger. À une époque où la répression politique s’aggrave et où la propagande se répand autour d’un « cessez-le-feu » inexistant à Gaza, la grève de la faim témoigne d’une résistance continue.
Les grévistes de la faim ont permis à ceux et celles d’entre nous qui craignaient la répression d’État d’être courageux•ses, de descendre à nouveau dans la rue et de lutter pour la justice. Le gouvernement devrait savoir qu’il ne peut pas interdire une idée. Interdire lâchement un groupe ne peut arrêter une conviction, un mouvement, un peuple. Ce n’est que le début de notre combat collectif pour notre libération commune et le chemin de notre liberté passe par la libération de la Palestine.
À la fin de sa grève de la faim, suite à la perte par Elbit du contrat de 2 milliards de livres sterling, Lewie a déclaré :
C’est définitivement un jour de fête. Un moment pour nous réjouir et accueillir notre joie de révolution et de libération… Nous faisons cela pour la Palestine, parce qu’elle nous a inspirés, parce que nous avons été obligé d’agir et d’essayer de réaliser nos rêves d’une Palestine libre, et d’un monde sans oppression.
Alors que nous célébrons ces victoires, nous concentrons nos efforts et notre attention sur Umer Khalid, le dernier gréviste de la faim, qui continue d’utiliser son corps comme une arme contre l’État dans sa quête de justice.

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Publié le 14 janvier 2026 sur Prisoners for Palestine




