Déclaration de Mohammed Khatib depuis le centre de détention d’Héraklion, en Crète

Mohammed Khatib, le coordinateur pour l’Europe du Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonniers palestiniens, reste détenu à Héraklion, en Crète (Grèce). On lui refuse des soins médicaux appropriés ainsi que des médicaments, alors qu’il souffre de piqûres de punaises de lit et de conditions de détention malsaines et dangereuses.

 

 

Samidoun, 10 février 2026

Il a été arrêté dès son arrivée à l’aéroport d’Héraklion le samedi 7 janvier, alors qu’il devait prendre la parole lors d’un événement sur les prisonniers palestiniens, en compagnie du prisonnier libéré Abdel-Nasser Issa (qui s’est exprimé en mode virtuel). La police grecque prétend qu’il avait été interdit de séjour en Grèce le 24 décembre 2025 – deux jours seulement après le sommet tripartite entre la Grèce, Chypre et « Israël » sur la coopération économique, militaire et sécuritaire – en vertu d’une mystérieuse ordonnance portant sur la « sécurité nationale ».

On ne l’a cependant pas empêché d’entrer dans le pays, mais il reste désormais en détention en Crète pour une période indéfinie, en attendant d’être déporté. Malgré le travail actif de ses avocats, des activistes grecs pour la Palestine et le soutien de parlementaires et de partis politiques, il reste confiné dans des conditions dangereuses et souffre d’une sévère négligence médicale. Des protestations auront déjà lieu demain, mercredi 11 février, à Bruxelles et à Athènes, en solidarité avec Mohammed et pour exiger sa libération immédiate. Aujourd’hui, Mohammed a émis une déclaration depuis sa détention et nous vous invitons instamment à la diffuser largement en même temps que les demandes en faveur de sa remise en liberté immédiate :

Déclaration de Mohammed Khatib depuis le centre de détention d’Héraklion, en Crète

Je remercie toutes les personnes qui ont exprimé leur solidarité. Ma détention ne tourne pas autour de moi mais bien autour du peuple palestinien. Ce que je vis pour l’instant ne peut être comparé à ce que subit le peuple palestinien. Je ne suis pas le seul détenu ici, il s’y trouve également des gens du Soudan, de l’Afghanistan, du Pakistan, de la Syrie, de l’Égypte. Certains d’entre eux sont détenus depuis plus de trois mois dans des conditions exécrables et ils se font littéralement « dévorer » par les punaises de lit.

C’est une torture psychologique et physique et cela n’a rien d’une coïncidence. C’est une oppression et une torture systématiques contre des personnes qui affrontent le colonialisme et l’impérialisme, le racisme et l’islamophobie. Malheureusement, la Grèce est utilisée ici comme un outil d’oppression au service des intérêts colonialistes.

J’invite tout le monde à agir en solidarité avec tous ceux qui sont opprimés dans ce centre de détention et dans toutes les prisons de Grèce. De même que la Palestine devrait être libre, tous les peuples opprimés devraient être libres, tous les réfugiés et tous les migrants devraient être libres aussi.

J’insiste sur le fait que mon arrestation et ma détention ont eu lieu de par la volonté et le désir du sionisme.

Libérez la Palestine ! Libérez tous les prisonniers politiques où qu’ils soient !

*****

Publié le 10 février 2026 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

Vous aimerez aussi...