La Haute Cour de justice annule l’interdiction de Palestine Action
La présente victoire de Palestine Action est le tout dernier coup porté aux tentatives du gouvernement en vue d’éliminer le groupe – une politique poursuivie en collusion avec Israël.

Des milliers de manifestants ont été arrêtés pour avoir brandi des pancartes exprimant leur soutien à Palestine Action. (Photo : Defend Our Juries)
Asa Winstanley, 13 février 2026
La Haute Cour de justice a décidé que l’interdiction de Palestine Action par l’État britannique était illégale.
Vendredi, un collège de juges a estimé que l’interdiction avait entraîné
« une interférence très significative dans le droit à la liberté d’expression et à la liberté de rassemblement ».
Les activistes jubilaient.
« Elbit Systems, plie bagage, Palestine Action est de retour ! »,
a déclaré lisa minerva luxx lors d’une conférence de presse à l’extérieur des Cours royales de justice de Londres.
Elbit Systems est la plus grosse firme d’armement d’Israël. Il lui reste encore au moins six sites au Royaume-Uni, mais les campagnes percutantes de Palestine Action en ont fait fermer quatre autres.
La cofondatrice de Palestine Action, Huda Ammori, a qualité la décision de « victoire monumentale » et a déclaré qu’on se souviendrait de l’interdiction comme de
« l’une des attaques les plus extrêmes contre la liberté de parole de l’histoire britannique récente ».
Soutenue par une équipe d’avocats, Ammori a dirigé la contestation juridique qui s’est soldée par un succès.
Toutefois, la décision maintient l’interdiction temporairement en vigueur.
Les détails de la façon dont le groupe sera radié de la liste d’interdiction pour « terrorisme » doivent toujours être fixés par la cour et la suite de la procédure aura lieu dans une semaine.
La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood s’est dite « déçue par la décision de la cour » et a déclaré que le gouvernement irait en appel.
L’été dernier, la précédente ministre de l’Intérieur, Yvette Cooper, avait interdit le groupe de protestation par action directe en vertu de la très draconienne loi « antiterroriste » britannique.
Cette interdiction avait fait de l’expression de soutien au groupe un délit criminel passible de jusqu’à 14 années d’emprisonnement.
Les campagnes d’action directe de Palestine Action ont été en suspens ces sept derniers mois, pendant que le groupe s’employait à faire annuler l’interdiction.
Mais, depuis lors, des milliers de sympathisants ont bravé l’interdiction en organisant des campagnes de désobéissance civile au cours desquelles ils brandissaient des écriteaux disant
« Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action ».
L’organisation de campagne « Defend Our Juries » (Défendons nos jurys) a déclaré vendredi que les quelque 3 000 arrestations effectuées au cours de ces protestations « étaient désormais illégales ».
Vendredi matin, des dizaines de manifestants ont brandi des écriteaux semblables à l’extérieur de la Haute Cour de Londres. Malgré la présence policière, on ne rapportait toujours aucune arrestation en début d’après-midi.
Après la décision, la Police métropolitaine de Londres a annoncé que ses agents n’arrêteraient plus des individus exprimant leur soutien à Palestine Action mais qu’ils rassembleraient néanmoins des preuves pour d’éventuelles poursuites ultérieures. Elle a qualifié la chose d’« approche la plus proportionnée que nous puissions adopter » pendant que les procédures légales se poursuivent.
La présente victoire de Palestine Action est le tout dernier coup porté aux tentatives du gouvernement en vue d’éliminer le groupe – une politique poursuivie en collusion avec Israël.
Plusieurs gouvernements britanniques successifs ont conspiré avec l’ambassade d’Israël pour attaquer, diffamer et réprimer le groupe.
Dernièrement, le gouvernement travailliste a même fabriqué de toutes pièces des insinuations de financement par l’Iran de Palestine Action – qui emploie peu de ressources au-delà d’un petit budget pour l’achat par les volontaires de marteaux de forge et de peinture.
Mais le propre conseiller du gouvernement en matière de terrorisme, Jonathan Hall, a dit lors de l’émission « Dispatches » sur Channel 4, cette semaine, que les insinuations du gouvernement à propos d’un lien supposé avec l’Iran étaient « erronées » et qu’il regrettait les allusions à de prétendus renseignements secrets.
La semaine dernière également, un jury a libéré cinq des six prisonniers politiques de Palestine Action, après avoir estimé qu’aucun des six n’était coupable des accusations les plus lourdes.
Les « Six de Filton » avaient mené une action directe contre une usine d’armement israélienne près de Bristol en 2024.
Comme je l’ai expliqué lors du livestream de The Electronic Intifada le 12 février, les procureurs du gouvernement ont annoncé qu’ils allaient chercher à faire rejuger les accusations les moindres accusations pour lesquelles le jury avait été incapable de formuler un verdict.
Lisez les détails de cette affaire ou visionnez la section entière du livestream dans la vidéo proposée ci-dessus.
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Publié le 13 février 2026 sur The Electronic Intifada
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine




