Libérez-les tous ! Le régime d’occupation libère cinq prisonniers du Liban – et en enlève trois autres
La campagne « Libérez les prisonniers libanais » salue les cinq prisonniers libérés – Malik Ghazi, Ali Shour, Hussein Ayash, Asaad al-Hasika et Wissam al-Samadi — et leur souhaite un retour des plus chaleureux au sein de leurs familles, leurs foyers et leurs terres et nous réclamons la libération immédiate de Hatem Abdel-‘Al, Qassem Abdel-‘Al et Ghazal Abdel-‘Al.

La libération des prisonniers n’est pas une faveur accordée par les États-Unis ou le régime sioniste, c’est un droit qui appartient à chaque personne libre détenue par l’occupant, et les intentions agressives de l’occupation sont manifestes dans cet enlèvement de trois autres Libanais à la date d’hier précisément. C’est en permanence la résistance qui rend possible la libération des prisonniers des prisons sionistes depuis des décennies. Leur libération ne doit jamais être associée à quelque interférence sioniste que ce soit dans la souveraineté libanaise ni aux exigences de l’occupation à propos des corps portés manquants depuis longtemps.
Nous appelons à une action la plus forte, la plus organisée à tous les niveaux – particulièrement aux niveaux populaires, officiels et juridiques – afin de libérer les dizaines de prisonniers libanais, les prisonniers syriens et les plus de 9 000 prisonniers palestiniens des geôles de l’occupation et d’obtenir des renseignements complets, le droit de visite et d’accès à tous les Libanais, Syriens et Palestiniens emprisonnés tant que leur libération ne sera pas un fait accompli.
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Alors que les États-Unis tentent de consolider sous les auspices de l’« accord cadre » les « négociations » compromises entre le gouvernement libanais et l’occupation sioniste, les prisonniers libanais dans les prisons sionistes sont détenus dans d’horribles circonstances, alors que mêmes leurs noms et leurs identités sont inconnus et dissimulés à leurs familles, à leurs avocats et même au Comité international de la Croix-Rouge, et qu’ils sont utilisés comme une monnaie d’échange par l’occupation.
Ces deux derniers jours – les 3 et 4 septembre 2026 — cinq personnes illégalement enlevées au Liban par le régime d’occupation sioniste lors de son invasion et de son agression contre le Liban ont été libérées par l’occupation, prétendument après que les EU ont insisté auprès de lui pour qu’il le fasse, dans le but de protéger l’« accord cadre » au beau milieu des violations quotidiennes et flagrantes des sionistes. En même temps, trois personnes de plus ont été très récemment enlevées par l’occupation sioniste, dont un conseiller municipal de 70 ans.
Il est à remarquer qu’aucun des cinq hommes libérés ne figure sur la liste des 36 prisonniers publiée par la Commission libanaise des prisonniers et anciens prisonniers, ni non plus sur la liste officiellement présentée par le gouvernement libanais, ce qui indique une fois de plus que le nombre de Libanais en captivité est bien plus élevé qu’on ne le croit, et ce, uniquement parce que l’occupation sioniste refuse de reconnaître les noms ou identités – voire même le nombre exact – des personnes qu’elle a enlevées au Liban et emprisonnées dans ses geôles.

Malik Kamal Ghazi
En début d’après-midi, le jeudi 3 septembre, Malik Kamal Ghazi, 21 ans, a été libéré et remis au Comité international de la Croix-Rouge ; son nom n’était jamais apparu sur la moindre liste de prisonniers. Pourtant, le 13 octobre 2025 (c’est-à-dire en plein milieu du « cessez-le-feu » de 15 mois sans cesse violé par l’occupation, y compris via l’enlèvement de civils), sa famille avait fait état de sa disparition en faisant remarquer qu’il était sorti pour faire de l’exercice dans les montagnes à proximité de ‘Ain ‘Ata, dans le district de Rashaya. Alors que certains rapports prétendaient qu’il aurait pu être pris dans une attaque menée par les forces d’occupation lors de leur invasion du Liban, sa famille s’était également empressée pour assurer les médias qu’il n’avait pas eu de conflit avec qui que ce soit et que son état psychologique était excellent. La famille invitait instamment toute personne qui le verrait à appeler les autorités. Ses proches sont restés tourmentés pendant près d’un an sans avoir la moindre information sur l’état de leur fils.
Près d’un an plus tard, la famille de Malik Ghazi a accueilli son retour après sa détention dans les prisons de l’occupation et ce, sans que ses ravisseurs aient jamais mentionné son nom ni transmis d’information au public, au gouvernement ou à l’armée du Liban ou au Comité international de la Croix-Rouge. Combien d’autres Libanais portés manquants sont-ils en réalité enfermés dans les cachots de l’occupation ? Il est à remarquer que même l’occupation sioniste admet ouvertement que Malik Ghazi et les quatre autres qui viennent d’être libérés sont des « civils sans implication militaire » ; par conséquent, les seules raisons possibles de les garder en captivité pendant près d’un an sont de propager la terreur, de forcer la dépopulation des zones ciblées du Liban, et d’utiliser ces hommes comme une monnaie d’échange.
La libération de Malik Ghazi a eu lieu quelques heures à peine après l’enlèvement de Hatem Abdel-‘Al, Qassem Abdel-‘Al et Ghazal Abdel-‘Al, tous originaires du village de Halta, à Hasbaya. Hatem Abdel-‘Al, 70 ans, est le père d’un martyr et il est membre du conseil municipal de Halta. Les trois hommes ont été enlevés à leur domicile par les forces d’invasion qui les ont ensuite emmenés vers la Palestine occupée, où ils se trouvent toujours actuellement.
Après une annonce initiale disant que quatre prisonniers libanais de plus allaient être libérés le jeudi 3 septembre au soir par l’entremise du CICR, leur libération a été reportée au vendredi 4 septembre. Les noms des quatre hommes libérés sont : Ali Shour, Hussein Ayash, Asaad al-Hasika et Wissam al-Samadi. Al-Hasika a été présenté comme un civil syrien enlevé au Liban ; Ali Hassan Shour et Wissam Ibrahim al-Samadi, deux chauffeurs de taxi, ont été déclarés manquants à Sour (Tyr) le 22 juin. De son côté, Hussein Abdullah Ayyash, de Harouf, avait été enlevé par l’occupation à Kfar Tibnit voici deux mois environ.

Hussein Ayash
Une fois de plus, aucun des cinq hommes libérés ne figurait sur la moindre liste officielle et, par conséquent, aucun de leur nom n’avait été requis officiellement par le gouvernement libanais. Ceci est révélateur de plusieurs problèmes importants : l’entité sioniste est bien décidée à ne s’engager dans le moindre cessez-le-feu avec le Liban et elle est en réalité engagée dans une agression quotidienne contre notre pays ; le nombre de prisonniers est bien plus élevé que l’on ne l’imagine : les États-Unis n’agissent pas en tant que médiateurs mais en réalité comme coagresseur en compagnie de l’entité sioniste.
La libération de cinq hommes dont la capture n’a jamais été reconnue par l’entité sioniste devrait manifestement déclencher une réclamation immédiate de la part de tout médiateur rationnel d’une liste complète des personnes détenues comme prisonnières ; toutefois, l’occupation continue de retenir ce genre d’informations.
En outre, en refusant de libérer la moindre personne figurant sur la liste et réclamée officiellement par le gouvernement libanais, l’occupation continue de montrer qu’elle n’a pas le moindre intérêt à « négocier » et qu’elle ne cédera à aucune demande exprimée par le Liban. Au lieu de cela, la seule chose qui l’intéresse, c’est de s’emparer des droits au détriment de la terre et du peuple du Liban. En tout cas, les gens libérés par les sionistes sont connus pour être des « civils sans le moindre engagement » et ils sont donc détenus explicitement comme monnaie d’échange dans le cadre d’un acte d’agression contre la population civile, puisqu’il n’y a même pas eu une revendication d’intérêt sur le plan militaire ou des renseignements dans la poursuite de leur captivité.
Le président libanais Joseph Aoun et son Premier ministre Nawaf Salam ont remercié les États-Unis pour leur rôle dans la libération des cinq prisonniers, mais sans faire allusion aux trois hommes capturés ni à l’intégration en cours au niveau des renseignements et aux niveaux militaire et financier, ni au soutien illimité fourni par les États-Unis à l’agression sioniste génocidaire. Alors que Salam a insisté pour dire qu’il allait s’employer à libérer les prisonniers et à mettre un terme à l’occupation, il est embarrassant que la libération de ces cinq civils captifs soit décrite comme une « concession en échange » de l’engagement du gouvernement libanais à rechercher les restes des Juifs libanais qui ont été tués au cours de la guerre civile.
Naturellement, les restes de tout Libanais tués au cours de la guerre civile ne sont pas un sujet d’intérêt légitime pour le régime sioniste ; cette requête est une tentative de lier le sort des prisonniers libanais vivant à des restes vieux de quarante ans qui constituent uniquement une question interne libanaise, aux yeux du régime sioniste, lequel réclame de la sorte une créance sur le peuple et l’héritage libanais et prétend s’arroger le droit de jouer un rôle dans l’écriture de l’histoire, présente et à venir, du Liban. Il est clair que la menace réelle envers la souveraineté libanaise – et celle de tous les peuples de la région arabe et iranienne, et en tout premier lieu du peuple palestinien – n’est autre que l’entité sioniste et son soutien impérialiste, les États-Unis.
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Publié le 4 septembre 2026 sur Free Lebanese Prisoners
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine



