« Tentative d’assassinat » derrière les barreaux : L’agression contre Hassan Salameh

« Le simple fait de notre existence et de notre attachement inébranlable à notre terre, même dans leurs prisons, est la meilleure preuve de la fausseté de leur discours. Ils craignent cette détermination et c’est pourquoi ils utilisent toutes leurs ressources et outils pour tenter de la briser. »  Hassan Salameh

 

 

Affiche Samidoun : Le dirigeant emprisonné Hassan Salameh / Tentative d'assassinat derrière les barreaux de l'occupation

Affiche Samidoun : Le dirigeant emprisonné Hassan Salameh / Tentative d’assassinat derrière les barreaux de l’occupation

 

Le dirigeant palestinien emprisonné Hassan Salameh a été brutalement agressé par les forces de répression de l’occupation le 15 septembre 2026 – le jour même où l’infame ministre fasciste de la Sécurité publique de l’occupation, Itamar Ben-Gvir, a fait irruption dans sa cellule et l’a menacé d’exécution sur vidéo. On lui a tiré dessus à neuf reprises après l’avoir roué de coups, au cours de ce que sa femme, Ghufran Zamel, définit comme une tentative d’assassinat, des termes qui ont également été utilisés par la Commission des prisonniers des forces nationales et islamiques à Gaza.

Dans un message sur Facebook, Zamel a dénoncé l’attaque, dont elle a été mise au courant à la suite d’une visite légale :

Depuis la diffusion de la vidéo du raid, j’ai connu des journées de crainte et d’anxiété d’anticipation dont Dieu seul connaît tout le poids. J’ai attendu avec anxiété chaque bribe d’information en provenance de la section d’isolement de la prison de Ganot, essayant de trouver quelque chose parmi les rapports qui pourrait me rassurer à propos de Hassan.

À plusieurs reprises, j’ai tenté de soumettre une requête en vue de lui rendre visite, mais septembre et octobre ont été une période d’isolement complet au cours de laquelle je n’ai pas reçu la moindre nouvelle susceptible de soulager mon anxiété.

Puis il y a eu la visite d’aujourd’hui, une visite dont j’avais beaucoup espéré qu’elle m’apporterait des nouvelles qui pourraient calmer la crainte qui s’était profondément enracinée en moi. Au lieu de cela, elle a révélé les conditions extrêmement pénibles que Hassan endure dans l’isolement à la prison de Ganot.

Des raids répétés et d’incessantes agressions

Le 13 septembre 2026, sa cellule a été prise d’assaut et il a été roué de coups. Hassan décrit cet épisode comme l’un des raids les plus brutaux qu’il a jamais subis.

Le jour même où la vidéo a été filmée, le 15 septembre 2026, la prise de vue a été précédée d’un raid contre la section de la prison, raid au cours duquel il a été agressé et tabassé. Ensuite, des heures après la prise de vue, ils sont revenus dans sa cellule et lui ont tiré dessus. Selon les informations qu’on m’a transmises, on lui a tiré dessus à neuf reprises. Même en ce moment, je ne sais quel genre de munitions ils ont utilisées, si c’étaient des projectiles de spray au poivre ou des balles enrobées de caoutchouc.

Hassan est sorti pour la visite en mauvais état, portant des signes évidents d’agression et des hématomes sur tout le corps. Malgré son état, on lui a refusé tout traitement médical et on ne lui a donné que des antidouleurs.

Lors de sa confrontation avec Ben-Gvir, la réponse de Hassan a été claire et décisive. Il lui a dit :

« En tant que Palestinien, avec mon peuple qui vit sous occupation, j’ai le droit de défendre mon peuple et ma terre. Et vous, après tous les massacres que vous avez perpétrés à Gaza, vous osez me menacer et m’en tenir responsable ? »

« Il s’avère que vous, en tant que ministre, vous portez des verres opaques au travers desquels vous pouvez voir ce qui arrive à votre peuple, mais vous ne pouvez voir les massacres commis contre le mien ni ce qui s’est passé à Gaza. »

Telles sont les nouvelles que m’a apportées ma visite d’aujourd’hui. Une visite que j’avais attendue dans l’espoir qu’elle me rassurerait, mais elle n’a fait que me rendre le cœur plus lourd. Les nouvelles n’étaient pas celles que j’espérais et la situation de Hassan n’était pas non plus celle que j’aurais voulu entendre. Tout ce qui m’est parvenu, c’est un autre témoignage sur ce qu’il subit en isolement à la prison de Ganot.

Ô Allah, je confie Hassan à Tes bons soins. Protège-le de Ta protection et veille sur lui, et protège tous ses compagnons prisonniers, Ô Seigneur.

 

Les dirigeants des prisonniers, dont Hassan Salameh, Ibrahim Hamed, Ahmad Sa’adat, Marwan Barghouti, Abbas al Sayyed, Jamal Abu al-Haija, Mohammed Arman et d’autres, sont ciblés pour l’isolement et la torture sur base régulière. On leur refuse des visites juridiques, ils sont battus par les gardiens de prison de l’occupation et détenus sans surveillance en confinement solitaire.

L’invasion de la cellule de Hassan Salameh n’est pas que de la propagande électorale, mais une menace contre la vie des prisonniers palestiniens, spécialement les dirigeants emprisonnés – et c’est prouvé par l’agression brutale de Salameh après qu’il a répondu aux menaces émises par Ben-Gvir derrière une ligne de forces de répression. Cette prise de vue même a été retirée de la vidéo de campagne que Ben-Gvir a postée sur ces menaces.

Zamel a expliqué sur Quds News Network que l’avocat avait pu lui rendre visite le 2 novembre et avait révélé que son état de santé était toujours inquiétant. Elle a dit que trois gardiens parlant l’arabe avaient entouré Jalameh au cours de la visite et avaient menacé de le rouer à nouveau de coups s’il parlait à l’avocat de ce qui s’était passé, mais il avait insisté pour parler de l’agression. Elle a fait remarquer qu’il continue à être détenu en isolement et qu’il ne cesse d’être ciblé depuis plus de trois ans.

Elle a appelé à des actions internationales

« afin de garantir les droits des prisonniers palestiniens, en particulier une protection contre les agressions et la torture et la fourniture de traitements, de nourriture et de soins médicaux… Ce qui se passe à l’intérieur des prisons représente une souffrance incessante qui ne reçoit pas suffisamment d’attention.. Les prisonniers sont confrontés à une guerre d’extermination, à l’intérieur des prisons ».

Elle a mis en garde contre les tentatives de les transformer en numéros et noms absents de la mémoire, et a insisté sur la nécessité de faire de chacun de leurs cas des histoires présentes dans la conscience publique ; ainsi que sur la nécessité de réclamer leur liberté.

Né en 1971 à Khan Younis (Gaza), Hassan Salameh a été profondément impliqué dans la lutte palestinienne de libération dès l’époque de la première grande Intifada en 1987. Dirigeant au sein des Brigades Izz el-Din al-Qassam, il s’est fait connaître par les opérations de résistance de la « Sainte Revanche », en représailles pour l’assassinat de l’ingénieur d’al-Qassam, Yahya Ayyash, en 1996.

Il a été arrêté par l’occupation à al-Khalil en mai 1996 et condamné à 46 fois la perpétuité plus 33 ans un tribunal militaire de l’occupation. Celle-ci a toujours refusé de le libérer lors des échanges de prisonniers. Précédemment, il a passé 13 ans en confinement solitaire et n’est retourné parmi ses frères et camarades prisonniers palestiniens qu’après la grève de la faim de Karameh, en 2012.

Hassan Salameh a épousé la prisonnière libérée Ghufran Zamel en 2010 et l’occupation continue de l’empêcher, elle, de lui rendre visite depuis leur mariage ; elle n’a pu lui rendre visite qu’à deux reprises depuis son emprisonnement et l’occupation.

 

Hassan Salameh - Ghufran Zamel

Hassan Salameh – Ghufran Zamel (Photo composition via Quds News Network)

 

Pendant le temps qu’il a passé dans les prisons de l’occupation, il a écrit plusieurs livres, dont des mémoires sur le confinement solitaire, « 5 000 jours dans le monde de Barzakh », de même que des textes sur la résistance palestinienne.

Depuis le 7 octobre 2023, il est gardé en confinement solitaire et on l’a transféré dans les sections d’isolement de plusieurs prisons ; il est actuellement détenu en isolement à la prison de Megiddo. Il a été agressé physiquement à maintes reprises, roué de coups six fois au cours des deux derniers mois. On lui a également refusé des soins médicaux pour ses blessures et pour les séquelles de son affamement systématique. Son poids est descendu à 62 kilogrammes et il a perdu des dents ; de plus, sa vision s’est dégradée significativement. Pour résumer, Hassan Salameh est détenu en confinement solitaire, soumis à des séances de coups périodiques et l’occupation lui refuse toute forme de soins médicaux. C’est un parfait exemple de la politique d’« assassinat progressif ».

Nous invitons tous les partisans de la Palestine et de la cause palestinienne à s’exprimer activement et à entreprendre des actions via des manifestations, des actions de masse et des actions directes afin d’affronter les violences et la tentative d’assassinat subies par Hassan Salameh et tous les prisonniers palestiniens. Les puissances impérialistes, comme les EU, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas, qui continuent d’armer, de soutenir et d’assurer une couverture au génocide sioniste à Gaza et dans toute la Palestine occupée, sont pleinement impliquées dans ces actions inhumaines.

Notre mouvement dans sa totalité doit répondre collectivement à ces attaques contre les dirigeants du mouvement des prisonniers en s’organisant encore plus bruyamment, plus clairement et plus efficacement afin de mettre à l’arrêt la machine de guerre impérialiste-sioniste, de soutenir la résistance palestinienne et toutes les forces de résistance de la région, et de faire en sorte que les prisonniers palestiniens ne soient désormais plus jamais isolés du peuple palestinien, des causes de la libération arabe, islamique et régional et du mouvement international en faveur de la justice.

Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre !

 

Libérez Hassan Salameh et tous les prisonniers palestiniens !

Libérez Hassan Salameh et tous les prisonniers palestiniens !

 

Publié le 4 novembre 2026 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

 

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