La défaite ou l’escalade : Où va la guerre des EU contre l’Iran ?
Trump veut sortir d’une guerre politiquement toxique, économiquement dévastatrice et de plus en plus impopulaire dans son propre pays. Mais il refuse également d’admettre la défaite. Et cette contradiction est dangereuse.

Ali Abunimah, 27 mars 2026
Jeudi, Donald Trump a reporté – pour la deuxième fois – sa menace de bombarder les infrastructures énergétiques iraniennes et a posé un nouvel ultimatum pour le 6 avril.
L’hésitation de la part du président américain serait compréhensible : L’Iran a promis qu’en cas d’attaque contre ses infrastructures énergétiques, il détruirait les installations pétrolières et gazières de toute la région, ce qui plongerait le monde dans une crise catastrophique.
Mais ceci pourrait-il tout simplement être une autre ruse en vue de gagner du temps et de permettre à des troupes américaines de se déployer dans la région ?
La stratégie de Trump consiste en ce qu’il offre une possibilité à la diplomatie en insistant sur le fait que l’Iran « mendie » un arrangement.
La réalité a l’air très différente : une guerre d’agression lancée par les États-Unis et Israël est en train de tourner mal et la Maison-Blanche s’efforce de contrôler le récit de l’affaire.
Juste avant ce dernier rebondissement, lors du livestream de The Electronic Intifada, j’ai décortiqué ce qui se cache réellement derrière les allégations de Trump à propos des négociations secrètes et examiné la direction que pourrait prendre la guerre.
Regardez ce passage ci-dessous.
Des semaines durant, les EU ont tenté de projeter leur force, en prétendant que l’Iran était déjà « vaincu » sur le plan militaire.
Mais, aujourd’hui, même les médias traditionnels américains admettent discrètement tout autre chose : les forces américaines se font expulser de leurs propres bases par la très dure riposte militaire de l’Iran.
Ce n’est pas ce à quoi ressemble la victoire.
C’est ce qui se passe quand les EU rencontrent un ennemi qui peut réellement riposter – ce qu’ils n’ont pas vu des décennies durant.
Au lieu de reconnaître cette réalité, Washington y va d’une nouvelle couche de menaces tout en faisant semblant d’avoir toutes les cartes en main.
L’Iran projette la confiance
Entre-temps, les responsables de Téhéran font montre aussi de confiance – bien qu’apparemment avec une justification considérablement plus grande.
Ils disent qu’il n’y a pas de négociations et aucune intention de reddition. Leur position est simple : mettre fin à l’agression, mettre fin à la guerre sur tous les fronts – y compris à Gaza et au Liban – et fournir des garanties que l’Iran ne sera plus attaqué.
Autrement dit, des termes qui s’appuient sur les réalités d’une guerre que les EU ne sont pas parvenus à gagner.
Cela laisse Trump proprement coincé. Il veut sortir d’une guerre politiquement toxique, économiquement dévastatrice et de plus en plus impopulaire dans son propre pays. Mais il refuse également d’admettre la défaite. Et cette contradiction est dangereuse.
Parce que si les EU ne peuvent s’en sortir sans perdre la face, ils sont capables au lieu de cela de doubler la mise.
Le renforcement des troupes américaines soulève la perspective imminente d’un changement dramatique – une incursion terrestre, la prise d’une île iranienne – tout ce qui pourrait être présenté comme une « victoire ».
Mais l’Iran a fait savoir clairement qu’il riposterait et il a la cap545acité de le faire – comme l’a expliqué mon collègue Jon Elmer dans sa dernière analyse militaire de la guerre.
Mettez tout cela ensemble et – à moins d’une véritable surprise – la trajectoire est claire : l’escalade.
Et quel est le rôle d’Israël ? Visionnez la fin du massage qui présente une vive discussion autour du entre Jon, Nora Barrows-Friedman et moi-même. (voir la vidéo ci-dessus).
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Publié le 27 mars 2026 sur The Electronic Intifada
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine




