Des soldats israéliens torturent un bébé à la cigarette

Ce week-end, il a été rapporté qu’un enfant de 21 mois, Jawad Abu Nasser, avait été manifestement soumis à des tortures par des soldats israéliens qui l’avaient arrêté la semaine dernière en même temps que son père, Osama, dans le centre de l’enclave.

The Electronic Intifada,  27 mars 2026,   Nora Barrows-Friedman

 

Jawad Osama Abu Nasser, 21 mois, présentait des blessures dont des responsables médicaux affirment qu’elles provenaient de tortures infligées lors de son arrestation par les forces israéliennes. Son père est resté en détention. (Photo : Ramzi Abu Amer / APA images)

 

 

Le texte qui suit est un condensé des informations communiquées

lors du livestream du 26 mars. Vous pouvez voir l’émission au complet ici.

 

 

Mercredi, un Palestinien au moins a été tué et sept autres ont été blessés quand une frappe israélienne a visé des tentes abris au camp d’Umm Amira, à Deir al-Balah, dans la partie centrale de Gaza.

L’agence locale d’information Wafa a déclaré qu’Abdulrahman Qanbour, 22 ans, avait été tué. Le journaliste Ashraf Amra a filmé la frappe aérienne en vidéo.

 

 

Mardi, un enfant a été abattu et tué par les forces israéliennes alors qu’il se trouvait à l’intérieur de sa tente à al-Mawasi, dans le sud de Gaza. Il s’agissait de Khaled Saif al-Din Arada, 13 ans.

Trois autres Palestiniens, dont une jeune fille de 17 ans, ont été blessés par des tirs israéliens sur les campements de tentes d’al-Mawasi, et trois autres ont été blessés dans la zone de Faluja, à Jabaliya, dans le nord de Gaza. Un autre Palestinien a été blessé au camp de réfugiés d’al-Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, a fait savoir Wafa.

Dimanche 22 mars, Israël a pris pour cible un véhicule de la police au camp de réfugiés de Nuseirat, tuant trois agents et d’autres personnes. Il y a également eu des blessés, dans l’attaque.

Exactement une semaine plus tôt, comme nous l’avons mentionné dans notre livestream précédent, un missile israélien avait frappé autre un véhicule de la police dans la ville toute proche de Zawaida, tuant huit policiers.

Plus tôt, ce 22 mars encore, une frappe contre le quartier de Sheikh Radwan, dans le nord de Gaza, a tué un responsable de groupe armée, a rapporté Al Jazeera.

Le ministère palestinien de la santé à Gaza a déclaré que plus de 690 Palestiniens avaient été tués et près de 1 900 blessés depuis l’entrée en vigueur en octobre du prétendu cessez-le-feu.

 

Des soldats israéliens torturent un enfant en bas âge

Ce week-end, il a été rapporté qu’un enfant de 21 mois, Jawad Abu Nasser, avait été manifestement soumis à des tortures par des soldats israéliens qui l’avaient arrêté la semaine dernière en même temps que son père, Osama, dans le centre de l’enclave.

Maha Husseini, une journaliste et chercheuse au service d’Euro-Med Human Rights Monitor, a discuté avec la famille et des responsables médicaux une fois que la nouvelle a été connue.

Selon la famille, écrit Husseini dans Middle East Eye, Osama avait emmené son fils vers 10 heures du matin afin d’acheter des douceurs pour la fête de l’Eid.

« Osama – qui avait subi un traumatisme sévère après la perte de sa maison, d’un enfant à naître et de son gagne-pain au cours de la guerre – n’est jamais revenu », a écrit Husseini.

Le père d’Osama, Muhammad, a expliqué à Husseini que les voisins avaient vu son fils porter son enfant et se diriger vers la fameuse ligne jaune, et non dans la direction où il était censé aller.

Des soldats israéliens stationnés de l’autre côté de la ligne invisible avaient tiré autour de lui, avait poursuivi Muhammed, et, peu après, un drone quadricoptère s’était approché d’Osama et lui avait ordonné d’enlever ses vêtements.

Après avoir appris l’arrestation de son fils, Muhammad s’est rendu à l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa et a laissé son numéro de téléphone, demandant d’être contacté si son fils et son petit-fils y étaient aménés, a rapporté Husseini.

Dix heures plus tard, l’équipe du Comité international de la Croix-Rouge l’appelait et lui faisait savoir qu’elle avait récupéré son petit-fils.

 

 

Une vidéo enregistrée par les Israéliens de la restitution du bébé a été diffusée par l’armée. Le petit Jawad était enveloppé dans une couverture de secours argentée et il avait été remis à un membre de l’équipe de la Croix-Rouge.

Maha Husseini écrit : « Quand l’enfant a été ramené chez lui, la famille a tenté de lui demander ce qui s’était passé, mais tout ce qu’il a pu dire, c’était ‘mam’ – une prononciation maladroite du mot arabe ‘dam’ », qui signifie sang.

« Nous lui avons demandé : ‘Qui a causé ce sang ?’, il n’a pas pu répondre. Quand nous avons demandé : ‘Où est ton papa ?’, tout ce qu’il a dit, c’est ‘parti’. C’est tout ce qu’il a pu dire. Mais quand sa mère l’a serré dans ses bras, il a crié et s’est mis à pleurer », a déclaré Muhammad.

« Elle lui a enlevé ses vêtements et a trouvé des blessures sur son corps. Il y avait des brûlures autour et derrière les genoux, ainsi qu’une autre blessure provoquée par un clou ou un objet pointu, avec une plaie d’entrée et une autre de sortie. »

Les médecins ont confirmé que les blessures de Jawad étaient compatibles avec des marques de torture et des brûlures à la cigarette.

Middle East Eye a examiné des photos des blessures de l’enfant prises peu après son admission à l’hôpital et montrant un plaie profonde à son mollet compatible avec un objet pointu, avec un point d’entrée et un point de sortie, ainsi que des marques compatibles avec des brûlures à la cigarette.

Des rapports médicaux examinés par la publication « confirmaient que l’enfant avait les ‘genoux enflés’ et des ‘blessures autour des genoux, dues principalement à des brûlures de cigarettes’ ».

Husseini écrit que Muhammad croit que les soldats israéliens peuvent avoir mal compris l’état psychologique d’Osama et qu’ils ont tenté d’obtenir de lui des aveux forcés en torturant son fils.

« Quand ça n’a donné aucun résultat », a déclaré Muhammad, « ils ont relâché le gosse. »

Une vidéo de Jawad et de sa famille a été enregistrée par la journaliste Salma Kaddoumi.

Des prises de vue par Tareq Abu Azzoum, d’Al Jazeera, montraient des exemplaires des rapports médicauxqui faisaient état de signes de violence physique su l’enfant.

Dans un témoignage recueilli par l’organisation palestinienne des droits humains, Al-Haq, la mère de Jawad, Waad al-Shafie, a déclaré que son mari Osama était toujours en détention chez les Israéliens.

Elle a déclaré dans une déposition : « Notre fils Jawad souffre toujours de douleurs sévères et de cicatrices aux jambes à la suite de la torture qu’on lui a infligée. Jusqu’à présent, notre famille n’a toujours pas reçu d’informations sur mon mari Osama, qui est resté détenu. »

Maha Husseini a rapporté qu’un porte-parole de l’armée israélienne avait rejeté les accusations de violence dans une déclaration adressée à Middle East Eye.

« Les accusations selon lesquelles les FDI ont usé de violence contre un enfant en bas âge sont totalement infondées et servent la propagande du Hamas », a déclaré le porte-parole.

Selon la famille, l’enfant souffre d’une forte fièvre, il vomit et il n’arrête pas de pleurer depuis sa libération.

« Il s’accroche en permanence à sa mère et refuse qu’on le laisse seul », a déclaré Muhammad.

 

Rapport de l’ONU sur la torture systématique

Des les infos sur le même sujet, un rapport de l’usage permanent et systématique de la torture par Israël contre les enfants, les hommes et les femmes palestiniens a été présenté au Conseil des droits humains des Nations unies.

Dans son rapport intitulé Torture et génocide, Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l’ONU, cite le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le ministre de la Défense Israël Katz comme principales personnalités politiques impliquées dans la conception de mesures qui ont étendu et facilité la torture des Palestinien.ne.s au cours des deux ans et demi du génocide contre Gaza.

Elle a appelé la Cour pénale internationale à émettre des mandats d’arrêts contre ces individus.

Le rapport d’Albanese dit ceci : « La torture a toujours été une caractéristique centrale de la dépossession des Palestiniens par Israël. Pourtant, depuis octobre 2023, Israël utilise la torture à une échelle qui suggère une vengeance collective et une intention de destruction. »

L’escalade de la torture dans les centres de détention israéliens constitue un plan coordonné, ajoute-t-elle, et elle met en évidence plusieurs modes de torture et de violence à l’encontre des Palestiniens.

« La violence physique grave est une routine », déclare le rapport.

« Les gardiens israéliens soumettent les détenus au supplice de la baignoire, ils les suspendent durant des laps de temps prolongés par leurs mains menottées et les infligent des tabassages sévères, y compris à l’aide de bâtons et d’armes en tous genres. Ils brûlent les détenus à la cigarette, les forcent à s’agenouiller sur du gravier, à garder des positions de stress prolongées et à prendre des drogues hallucinogènes. Spray au poivre, gaz lacrymogène, décharges électriques et chiens d’attaque sont également utilisés. Lors des raids fréquents des unités spécialisées dans la répression, les Palestiniens sont forcés de se tenir penchés tout en étant giflés, battus et systématiquement humiliés. »

Dans une conférence de presse organisée pour discuter de son nouveau rapport, Albanese a fait état de l’environnement à large spectre de la torture qu’Israël a non seulement utilisé contre les Palestiniens, mais qu’il a de plus appliqué avec une impunité systématique.

 

 

Entre-temps, le 24 mars, un groupe d’esxperts de l’ONU a exigé qu’Israël libère immédiatement le Dr Hussam Abu Safiya, le pédiatre et directeur de l’hôpital Kamal Adwan dans le nord de Gaza, enlevé par les forces israéliennes en décembre 2024 et en détention depuis lors dans les camps de torture israéliens.

Les experts de l’ONU disent qu’ils ont reçu de nouveaux rapports disant qu’il avait été soumis à de « sévères tortures ».

« Nous avons reçu des rapports disant que le Dr Abu Safiya a été soumis à la torture et à d’autres traitements cruels et dégradants et que son état de santé reste précaire », a déclaré le groupe.

 

Les colons se déchaînent en Cisjordanie

En Cisjordanie occupée, les colons juifs israéliens ont poursuivi leurs pogroms violents contre les villes et villages palestiniens, alors que, dans le quartier de Silwan, à Jérusalem-Est, le gouvernement israélien saisissait plus d’une douzaine d’appartements palestiniens et les donnait à des groupes de colons.

 

 

En quatre jours à peine de la semaine dernière, les colons israéliens ont attaqué au moins 24 villages palestiniens dans les gouvernorats de Naplouse, Ramallah, Hébron et Bethléem, révèle le centre palestinien des médias gouvernementaux.

Les attaques ont été menées en 11 vagues, au cours desquelles 23 Palestiniens au moins ont été blessés. Les agressions se sont également soldées par des dégâts à 17 maisons et structures, généralement suite à des incendies volontaires et à des actes de vandalisme, outre la destruction de 26 véhicules et d’une casse automobile.

La vague d’attaques violentes par les colons extrémistes s’est étendue après qu’un colon de 18 ans a foncé dans des résidents du village de Beit Imrin, le 21 mars, et s’est tué ensuite dans un accident de voiture dont on a rejeté la faute sur un Palestinien.

Des groupes de colons sur WhatsApp ont alors réclamé une « campagne de vengeance » pour sa mort, y compris des appels disant : « Les juifs ne resteront pas silencieux quant au sang juif versé » et « nous réclamons vengeance et l’expulsion de l’ennemi ».

Le 22 mars, des colons se sont déchaînés dans tout le village d’al-Jalud, incendiant des maisons et des véhicules.

 

 

Dans le village tout proche de Deir al-Hatab, neuf Palestiniens ont été blessés le même jour, quand des colons ont fait irruption dans le village, ont attaqué les maisons des résidents, ont bouté le feu à plusieurs maisons et véhicules et ont tiré sur les habitants. Des infirmiers ont traité un homme blessé d’une balle au pied alors que d’autres ont été tabassés et agressés par les colons.

Dimanche également, des colons ont mis le feu à des biens palestiniens dans divers endroits au nord-ouest de Naplouse, lors d’attaques simultanées visant le site archéologique de Masoudiya et le village de Deir Sharaf, a rapporté un activiste local s’adressant à l’agence d’information Wafa.

Dhiyab Hijji, un activiste anticolonial et habitant de la zone archéologique a expliqué à Wafa qu’environ 30 colons masqués avaient attaqué le site archéologique de Masoudiya et mis le feu en partie à la tente d’un touriste, avant que des jeunes locaux ne les affrontent et ne les forcent à vider les lieux.

Dans le village de Deir Sharaf, des sources locales ont rapporté qu’un groupe de colons avaient incendié en partie un carwash à l’ouest de la ville. Cela coïncidait avec des actes de vandalisme commis le long de la route reliant Naplouse et Tulkarem.

Des sources ont indiqué à Wafa que les attaques contre Deir Sharaf avaient fini par inclure l’incendie des installations d’un forgeron, une grue en face du carwash ainsi qu’un bulldozer dans la zone également.

Des colons ont foncé en voiture sur cinq Palestiniens et les ont blessés le 24 mars, à l’ouest de Bethléem, dans le village de Nahilin et ce, au cours de deux incidents distincts accompagnés de délits de fuite, rapporte l’agence d’information Wafa, alors que plus de 200 colons ont attaqué les villes d’al-Fandaqumiyah et de Silat ad-Dhahr, au sud de Jénine.

Les agresseurs ont lancé leur pogrom à partie de la colonie illégale de Homash, ont dit des témoins oculaires.

Des habitations et des véhicules palestiniens ont été incendiés et plus de 10 résidents ont été blessés.

S’adressant à Middle East Eye, un homme dont la maison a été complètement détruite dans un incendie a déclaré que les colons avaient « tout brûlé, pulvérisé les fenêtres et que le feu avait brûlé tous les meubles. Ils ont même enlevé des tuiles du toit pour balancer des cocktails Molotov par les toit et par les fenêtres, et la maisons a toute de suite été la proie des flammes ».

Lundi, une école pour garçons a été vandalisée par des colons israéliens dans le village de Huwarra, rapportent des sources locales d’informations.

 

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Des graffiti ont été tagués sur les murs de l’école avec des slogans comme « vengeance »é et « un bon Arabe est un Arabe mort », et les colons ont remplacé le drapeau palestinien sur le toit par un drapeau israélien.

 

Expulsions à Silwan

Mercredi, dans le quartier de Silwan, à Jérusalem-Est, la municipalité israélienne a saisi 13 appartements appartenant à des familles palestiniennes, portant le total des propriétés volées à 15 sur une période d’à peine quatre jours.

La police israélienne a escorté les occupants, en provenance d’Ateret Cohanim, un groupe de colons qui facilite les expulsions de Palestiniens de Jérusalem, vers le quartier de Batn al-Hawa, à Silwan, où deux familles ont été forcées de quitter leurs appartements, a déclaré l’agence de presse Anadolu.

Le Centre d’information Wadi Hilweh, à Silwan a fait savoir dans une déclaration, que l’opération avait commencé par l’expulsion des familles de deux appartements, suivies par les équipes israéliennes d’application des lois qui ont vidé 11 autres appartements appartenant à la famille Rajabi, afin de préparer leur reprise par des colons israéliens.

 

La procédure était en cours au moment où les autorités ont vidé les appartements afin de les remettre aux organisations de colons, en citant des assertions disant que la terre appartient aux juifs d’origine yéménite, a ajouté la déclaration officielle.

Le 22 mars, Ateret Cohanim a « repris » deux appartements appartenant à la famille Basbus.

Le Centre Wadi Hilweh a déclaré que l’immeuble de la famille Basbus fait partie d’un plan de peuplement dirigé par Ateret Cohanim en vue d’accaparer le contrôle d’environ 5 200 mètres carrés de terrain dans le quartier de Batn al-Hawa.

 

 

Mise en exergue des réclamations

Finalement, selon notre habitude, nous avons voulu mettre en évidence des personnes qui expriment leur joie, leur détermination et leurs revendications dans toute la Palestine et dans le monde.

À Gaza, la journaliste Salma Kaddoumi a visité des boulangeries qui préparaient des douceurs pour la fête de l’Eid.

Elle écrit : « Comme la fête approche, la production de Turkish Delight (loukoum) revient à l’avant-plan à Gaza et ce, en dépit des conditions pénibles. Des artisans tentent de faire revivre ce savoir-faire traditionnel et d’apporter un peu de joie dans le cœur des gens. En dépit des pénuries de matières premières et des coûts nettement à la hausse, des artisans continuent de produire ces Turkish Delights dans le cadre de traditions festives qui ne meurent jamais. Ils insistent sur leur résilience et leur engagement à préserver un héritage culturel, faisant de ce bonbon un symbole de joie et d’espoir face à la dureté des temps présents. »

 

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Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

 

 

 

 

 

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