Des bébés en couveuse sauvés du génocide de Gaza ont retrouvé leurs mamans
Infos dans cet article sur : la continuation du blocus et du génocide de Gaza, les meurtres des colons et de l’armée israélienne en Cisjordanie, l’adoption de la peine de mort pour les prisonniers palestiniens, l’assassinat des journalistes au Liban.
Nora Barrows-Friedman The Electronic Intifada 3 avril 2026

Le 30 mars dernier, huit enfants nouveau-nés, évacués vers l’Égypte en novembre 2023 en raison de leur santé menacée par le siège des hôpitaux par Israël, sont retournés à Gaza et ont retrouvé leurs familles au Complexe médical Nasser, à Khan Younis. (Photo : Tariq Mohammad / APA images)
Le texte qui suit provient des informations présentées dans le livestream du 2 avril. Vous pouvez voir la totalité de l’émission ici.
Israël continue de tirer, d’attaquer, de lancer des drones et de bombarder les Palestiniens de la bande de Gaza, tout en maintenant un blocus sévère contre les vivres essentiels, les médicaments, les fournitures médicales, le carburant et les matériaux de réparation des infrastructures.
Le mardi 31 mars, le journaliste Ibrahim Qannan a filmé un enfant palestinien blessé lors d’un bombardement qui visait un groupe de Palestiniens dans le quartier de Bayouk, à Khan Younis. Qannan a déclaré qu’un homme avait été tué en même temps que son bébé et que d’autres personnes avaient été blessées.
An Israeli strike targeting a civilian gathering in southern Khan Younis injured a young girl and resulted in the deaths of a man and his child, amid ongoing escalating violations. pic.twitter.com/cX1s4Mbacl
— Osama Abu Rabee أسامة أبوربيع (@dn_osama_rabee) March 31, 2026
L’agence d’information locale Wafa a rapporté que, ce même mardi, un autre Palestinien avait été tué lors d’une attaque séparée à Jabaliya et que deux autres avaient été blessés par des tirs israéliens dans le camp de réfugiés d’al-Bureij, dans la partie centrale de Gaza.
Une fois de plus, cette semaine, les forces israéliennes ont pris pour cibles les check-points de la police palestinienne.
Le 29 mars, dans la zone d’al-Mawasi,à l’ouest de Khan Younis, huit Palestiniens, dont une jeune fille et trois policiers, ont été tués par deux frappes israéliennes séparées visant le personnel de la police. Ces trois dernières semaines, Israël a régulièrement ciblé des policiers palestiniens et ce, dans un effort en vue de perturber l’ordre social.
Le journaliste Ibrahim Qannan a déclaré que l’attaque avait eu lieu en même temps que des tirs d’artillerie et des fusillades dans les quartiers de l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza.
Le 28 mars, deux frères ont été tués par des frappes de l’aviation israélienne sur Shujaiyya, dans la zone est de Gaza, alors que, défendant leur maison et leur communauté, ils affrontaient des milices soutenues par Israël.
Le journaliste Ebrahem Badwan a accompagné un impressionnant cortège funéraire après que les deux frères, Saed et Fahmi Qaddoum, s’opposaient à une incursion des milices collaborant avec Israël.
‼️Two Palestinian brothers, Saed Qaddoum and his brother Fahmi Qaddoum, were killed by Israeli occupation forces in the eastern areas of the Gaza Strip yesterday after confronting and foiling an incursion by Israeli occupation-aligned militias. According to accounts, the two… pic.twitter.com/jTMdmVQLV8
— Translating Falasteen (Palestine) (@translatingpal) March 29, 2026
Les deux frères avaient engagé leur groupe armé dans des affrontements et avaient infligé des pertes à l’ennemi avant que celui-ci n’envoie une section de drones quadricoptères et un avion de combat qui les ont directement ciblés et tués.
Selon le ministère palestinien de la Santé à Gaza, plus de 710 Palestiniens ont été tués et plus de 1 900 blessés depuis l’entrée en vigueur du prétendu cessez-le-feu en octobre 2025.
Des enfants ont retrouvé leurs familles
Le passage de Rafah à la frontière égyptienne a été partiellement rouvert à la mi-mars pour un nombre extrêmement limité de Palestiniens devant faire l’objet de traitements médicaux et pour le retour de ceux qui avaient été soignés à l’étranger au cours des trente derniers mois du génocide perpétré par Israël.
A group of toddlers evacuated as premature babies from Gaza just a month into Israel’s genocide on the enclave, have reunited with their families more than two years later. pic.twitter.com/F4H0lpoZca
— Al Jazeera English (@AJEnglish) March 31, 2026
Cette semaine, un groupe d’enfants en bas âge qui avaient été évacués vers l’Égypte pour des raisons médicales en novembre 2023 – la plupart étaient des bébés prématurés en couveuse –, ont été renvoyés dans leurs familles.
Après qu’Israël avait coupé le courant dans les hôpitaux et s’était mis à bombarder les sites médicaux au cours des tout premier mois du génocide, 29 bébés avaient été transférés de l’unité des soins néonatals intensifs de l’hôpital Al-Shifa vers d’autres hôpitaux de Gaza avant d’être évacués. Quatre de ces bébés, qui étaient dans un état critique, étaient morts entre-temps.
Et, bien sûr, comme il fallait s’y attendre, Israël avait empêché les parents d’accompagner leurs nouveau-nés fragiles. Ces pères et mères n’avaient plus vu leurs enfants depuis novembre 2023.
Le Dr Muneer al-Bursh, directeur du ministère de la Santé à Gaza, a fait dans les médias sociaux le récit de ce que ces enfants avaient vécu.
https://pbs.twimg.com/media/HEmZixaaIAEDAVV?format=jpg&name=small
ثمانية أطفال … وقصة شعب لا يُهزم حين تنتصر الحياة على الحصار
مشاهد توثّق عودة الأطفال الخُدّج إلى أحضان أمهاتهم…
تلك اللحظات التي لا تُقدّر بثمن، والتي جاءت جبرًا لخواطرنا بعد وجعٍ لا يوصف.
لم تكن هذه العودة مجرد حدث…
بل كانت ثمرة تضحيات عظيمة، قدّمها الكادر الصحي وأبناء… pic.twitter.com/wpmbt9NadQ— Dr.Muneer Alboursh د.منيرالبرش (@Dr_Muneer1) March 31, 2026
Des journalistes ont enregistré les moments où les parents et leurs familles ont accueilli leurs enfants, devenus des bambins depuis, à leur descente du car.
Adli Abu Taha a filmé cette vidéo des retrouvailles émouvantes.
Le blocage du carburant menaces les services de base
Entre-temps, cette semaine, la Défense civile palestinienne et la ministère de la Santé à Gaza ont déclaré que la crise de l’électricité et du carburant due au blocus israélien en cours risquait d’entraîner la fermeture des services de soins et de secours si une quantité suffisante de carburant n’était pas livrée dans l’immédiat.
Le 31 mars, la Défense civile a diffusé un appel d’urgence en vue de mettre la pression sur les Israéliens pour qu’ils permettent l’entrée de carburant pour les importantes opérations de sauvetage et de réparation.
https://x.com/AbujomaaGaza/status/2038328626270085252/photo/1
Le journaliste Ebrahim Badwan a montré les conséquences de la pénurie de plus en plus grave de carburant et de pièces de rechange qui menace les générateurs des hôpitaux et, vu les pannes d’électricité en cours, pousse le système des soins de santé vers l’effondrement total.
La Défense civile a déclaré qu’avec la quantité limitée de carburant que ses équipes ont reçue et qui, selon ses estimations, ne couvre que 15 pour 100 de ses besoins mensuels, la crise humanitaire est de plus en plus exacerbée dans tout Gaza.
Les secouristes ont mis en garde contre le fait que les autorités d’occupation israéliennes « recourant délibérément à une ‘politique du goutte-à-goutte’ pour l’entrée de carburant dans la bande de Gaza – une tactique qui impacte négativement les efforts d’intervention humanitaire et intensifie les souffrances de la population civile ».
Des soldats israéliens tuent un enfant au camp de réfugiés de Dheisheh
Le 27 mars, en Cisjordanie occupée, les forces israéliennes ont abattu et tué un adolescent de 15 ans au camp de réfugiés de Dheisheh, au sud de Bethléem.
Selon Defense for Children International – Palestine (DCI-P), Adam Sayed Saleh Beit Dahman a reçu une balle israélienne dans le pelvis, vers 21 heures, alors qu’il se trouvait à l’entrée de Dheisheh.
Quatre véhicules militaires israéliens étaient arrivés à l’entrée du camp une demi-heure avant les tirs et, en réponse, des jeunes Palestiniens, dont des gamins, leur ont jeté des pierres.
Les soldats ont débarqué de leurs blindés et ont ouvert le feu à quelque 200 mètres, touchant ainsi Adam.
Après l’avoir abattu, les soldats l’ont entouré, lui ont tapé et crié dessus, avant d’empêcher les infirmiers de la Société du Croissant-Rouge de Palestine (SCRP) d’atteindre l’enfant pendant une demi-heure environ, a rapporté DCI-P.
Les forces israéliennes ont finalement permis à un infirmier de s’approcher d’Adam. Une ambulance l’a transféré à l’hôpital gouvernemental de Beit Jala, où l’on n’a pu que constater son décès à 22:30 h.
Le 28 mars, pour les funérailles, la mère d’Adam a traversé le camp en portant le corps de son fils. Le journaliste Hisham Abu Shaqrah a réalisé ce clip :
The mother of the child, Adam Sayyed Saleh Dahman (15 years old), carries her son's body during his funeral in Dheisheh camp, Bethlehem. Adham succumbed to critical injuries sustained from occupation fire during a military raid on the camp yesterday. pic.twitter.com/4qNLFFL8Lh
— Eye on Palestine (@EyeonPalestine) March 28, 2026
En 2026, les forces israéliennes ont tué huit enfants palestiniens en Cisjordanie occupée, selon les renseignements collectés par DCI-P. En 2025, les soldats et les colons israéliens avaient tué 56 enfants palestiniens, en Cisjordanie.
Mardi, des colons juifs israéliens ont attaqué un groupe de Palestiniens à Taysir, une ville du nord de la Cisjordanie, faisant au moins trois blessés.
Des témoins ont déclaré à l’agence de presse Anadolu que les colons avaient attaqué les Palestiniens sur leurs terres à la périphérie de la ville, les assaillant avec des pierres et des bâtons.
Les Israéliens ont bouté le feu à un tracteur et à d’autres biens palestiniens dans la ville, ont ajouté les témoins.
Adoption de la loi sur la peine de mort
Cette semaine, après des décennies d’une politique de fait consistant à tuer des Palestiniens par la torture, l’affamement ou le refus de soins médicaux à l’intérieur des prisons et des camps de détention, le parlement israélien a codifié cette politique en loi, adoptant ainsi une mesure qui autorise l’exécution des Palestiniens par pendaison, laquelle sera appliquée par des gardiens de prison désignés par le Service carcéral israélien (IPS), en prenant de garder secrète l’identité des bourreaux et en assurant à ceux-ci une immunité légale.
La loi bénéficie d’un large soutien parmi le public israélien, fait remarquer l’organisation des droits humains B’Tselem.
L’organisation palestinienne des droits civils, Adalah, déclare que la loi établit une « très claire séparation raciale » en l’appliquant exclusivement à la population palestinienne de la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est et en en excluant la population juive israélienne.
Adalah a lancé une pétition contre la loi une demi-heure à peine après que le parlement israélien l’a adoptée, affirme le directeur du centre, Hassan Jabareen.
La loi est « raciste » à expliqué Jabareen à l’agence de presse Anadolu.
« Alors que bien des pays appliquent la peine de mort, ce statut est la seule loi au monde qui fait la distinction entre les accusés en s’appuyant sur leur ethnicité », a-t-il ajouté.
Celebrations following the approval of the death penalty law.
Israeli National Security Minister Itamar Ben-Gvir was seen celebrating inside the Knesset with champagne, opening a bottle and toasting “victory” to mark the passage of the law on the execution of Palestinian… pic.twitter.com/BmcCrn2OnH— غزة 24 | التغطية مستمرة (@Gaza24Live) March 30, 2026
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, le colon extrémiste soupçonné de crimes de guerre Itamar Ben-Gvir, un fervent partisan de la mesure qui arborait d’ailleurs sur son revers un pin représentant un nœud coulant, a fêté l’adoption de la loi en ouvrant une bouteille de champagne et en portant un toast avec ses collègues députés à la perspective de tuer plus de Palestiniens encore.
Plus de 9 500 Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes, dont 350 enfants et 73 femmes. Tous sont soumis systématiquement à la torture, à l’affamement et à une grave négligence médicale – des pratiques qui se sont intensifiées depuis le début du génocide à Gaza en octobre 2023.
Une grève générale a été annoncée dans toute la Cisjordanie occupée en guise de protestation contre la loi sur l’exécution et les Palestiniens de Gaza sont eux aussi descendus dans la rue pour protester.
Le journaliste Mohammed Abusalama a réalisé une vidéo montrant les foules de manifestants à Gaza qui brandissaient des écriteaux hostiles à la loi et brûlaient des portraits du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.
Un porte-parole des tribus et comités tribaux et populaires du camp de réfugiés d’al-Bureij a déclaré à l’agence de presse Anadolu que la manifestation voulait « adresser un message clair à l’occupation en lui disant que les prisonniers n’étaient pas seuls ».
L’adoption de ce genre de loi reflète « la confusion et l’échec », a-t-il dit, insistant sur le fait que les dirigeants tribaux ont affirmé que « le moindre dommage infligé à nos prisonniers déclenchera sans attendre une réponse populaire et nationale ».
Il a également mis l’accent sur le fait que les Palestiniens étaient unis derrière la cause des prisonniers.
L’armée israélienne assassine des journalistes au Sud-Liban
Dans l’intervalle, rien que de mardi à mercredi, au Liban, au moins 50 personnes ont été tuées et près de 200 autres blessées, a fait savoir le ministère libanais de la Santé.
Depuis que les attaques israéliennes se sont intensifiées le 2 mars, plus de 1 300 Libanais ont perdu la vie et près de 4 000 ont été blessés.
Dans le sud, le 28 mars, Israël a tué trois journalistes occupés à couvrir l’invasion et les attaques israéliennes.
https://x.com/MayadeenEnglish/status/2037857427526238331/photo/1
Fatima Ftouni, une journaliste d’Al-Mayadeen, a été tuée en compagnie de son frère, Mohammad, un journaliste-vidéaste, et d’Ali Shuaib, un correspondant vétéran officiant pour Al-Manar TV.
Leur véhicule portait clairement une marque de presse et Fatima Ftouni venait juste de terminer son émission en direct quand la frappe aérienne l’a tuée.
Dans une tentative sans doute en vue de justifier ces meurtres, les forces israéliennes ont prétendu que Shuaib était membre des unités Radwan du Hezbollah, une section de l’armée chargée d’opérations spéciales, rappelant une tactique déjà utilisée par Israël pour justifier les assassinats ciblés de centaines de journalistes palestiniens à Gaza au cours des trente derniers mois du génocide.
L’armée a prétendu qu’il s’employait à révéler les emplacements des troupes israéliennes opérant dans le Sud-Liban dans leur invasion et leur occupation et qu’il était engagé dans l’incitation contre les troupes israéliennes, a-t-on pu lire dans Truthout.
« Toutefois, la seule preuve proposée par l’armée était une photo de Shuaib – un correspondant de guerre archiconnu qui couvre la région depuis des dizaines d’années – vêtu d’une tenue supposée militaire », fait remarquer Truthout.
Quand un correspondant de Fox News a interrogé l’armée israélienne sur l’origine de la photo, les militaires ont admis qu’il s’agissait d’un faux.
« Malheureusement, il n’y a pas vraiment de photo de ça, c’était un montage, en fait », a fait savoir l’armée israélienne dans une déclaration.
Dans un message déplorant la disparition de sa collègue Fatima Ftouni, Al-Mayadeen a déclaré que ce n’était pas la première fois que des correspondants de la publication étaient ciblés.
Israel has just killed Lebanese journalist Fatima Ftouni. I am honoured to have known her.
Just at the beginning of the month she reported on Israel killing seven members of her own family live on air.pic.twitter.com/iucRKlxP0P
— Lowkey (@Lowkey0nline) March 28, 2026
La correspondante Farah Omar et le cameraman Rabih Memari, qui travaillaient tous deux pour Al Mayadeen, ont été tués lors d’une attaque israélienne en novembre 2023 ; et, en octobre 2024, ses correspondants Ghassan Najjar et Mohammad Reda perdaient eux aussi la vie lors d’une autre attaque israélienne contre des journalistes.
« Cela fait partie des attaques systématiques d’Israël contre les journalistes », a ajouté Al-Mayadeen.
« Ces trois dernières années, ‘Israël’ a tué des centaines de journalistes dans la région, tout cela dans une tentative en vue d’empêcher la diffusion de la réalité de ses crimes. »
Si vous désirez en savoir plus sur la situation au Lebanon ces tout derniers jours, notre collaboratrice Roqayah Chamseddine a transmis un reportage mercredi soir à The Electronic Intifada.
Vidéo EI : Jour 909. La fin de la supériorité israélienne. Visible sur YouTube.
Mise en exergue des revendications
Et, finalement, selon notre habitude, nous avons voulu mettre en évidence des personnes exprimant leur joie, leur détermination et leurs revendications un peu partout en Palestine et dans le monde entier.
Des centaines de coureurs, dont certains pieds nus, ont participé au premier marathon de Gaza depuis le début du génocide en 2023. Ils ont couru au-delà des énormes montagnes de décombres qui furent jadis des maisons, de même que dans des zones qui reviennent tout doucement à la vie.
La journaliste Salma Kaddoumi a réalisé une vidéo de la course.
Elle dit ceci : « Le premier marathon de la bande de Gaza s’est élancé après une éclipse de trois ans. On compte 500 participants. La course a débuté à l’entrée du camp de réfugiés d’al-Bureij et s’est poursuivie jusqu’à la ville de Deir al-Balah dans la partie centrale de la bande de Gaza, où les participants ont couvert une distance de quatre kilomètres. »
°°°°°
Traduction : Jean-Marie Flémal pour Charleroi pour la Palestine.




