La Journée Palestine du 10 octobre doit pouvoir avoir lieu à Charleroi ! Non à la répression et au harcèlement administratif !

Trouvez ci-dessous une lettre émouvante de Marie-Rose Lemaire, la doyenne du mouvement pour la Palestine que nous chérissons,  qui fêtait ses 95 ans parmi nous à la MPA l’an passé lors de la deuxième édition de la Journée Palestine.

C’est précisément ce genre d’événement que la police et la Ville de Charleroi tentent de nous faire interdire à Charleroi.

Mais rassurez-vous : nous ne lâchons rien !

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Pays de Charleroi, 
C’est toi que je préfère, 
Le plus beau coin de terre
A mes yeux, oui c’est toi…

Ce refrain a bercé toute mon enfance et ma jeunesse.
A juste raison, Charleroi a toujours signifié pour moi : courage, résistance contre l’oppresseur, fraternité, amour de la liberté… et la fête. Quitter mon lieu de naissance a été pour moi un arrachement. En effet, y retourner est toujours une fête, spécialement ces dernières années lorsqu’il s’agissait d’assister aux activités de « Charleroi pour la Palestine ».

J’ai été profondément affectée en apprenant que la Ville leur refusait les locaux dont ils avaient habituellement l’usage et ce, une dizaine de jours avant l’événement. Alors que la réservation avait été faite dans le courant du mois de mars et que la logistique était déjà prévue en fonction de ces locaux.

L’intention d’empêcher la concrétisation de cet événement en faveur de la Palestine ne fait aucun doute.
Le rouleau compresseur des agences sionistes aurait-il eu raison des valeurs morales de la ville ?
La capitale du Pays noir est la seule ville en Belgique ou la résistance a pu sauver des centaines de juifs. Un grand nombre d’entre eux furent cachés chez l’habitant tout comme le furent des résistants et des jeunes hommes appelés pour être envoyés dans des camps de travail en Allemagne. 
Non, nous ne nous sommes pas croisé les bras en regardant les nôtres partir, qu’ils soient juifs ou pas.
C’est une des raisons pour lesquelles je suis fière d’être carolo.

Aujourd’hui, je suis atterrée d’apprendre que ma ville se serait peut-être soumise aux injonctions d’une doctrine néfaste. Depuis trop longtemps, les journalistes, les personnalités médiatisées (politiciens, artistes, sportifs) s’autocensurent dans leurs reportages ou leurs interviews par crainte de limogeage et de poursuites judiciaires. 

À Bruxelles, certains événements propalestiniens ont été interdits par le MR de concert avec les mouvements sionistes. La semaine dernière, à Forest, ces même mouvements ont porté plainte contre la représentation d’un spectacle comprenant des danses palestiniennes, sous prétexte que les chants étaient trop révolutionnaires.
Vont-ils nous interdire de chanter « La Marseillaise » ou le « Chant des Partisans » ?

Combien de temps accepterons-nous d’être assujettis à une idéologie nuisible ? 

Je vous avoue qu’ayant connu l’oppression nazie dans mon enfance, je ne peux m’empêcher de faire une relation entre les deux situations… j’ai comme un sentiment d’être revenue 85 ans arrière.

Marie-Rose Lemaire
Bruxelles, le 3 octobre 2026

 

De Charleroi à Beyrouth

Alors que nous croisons Marie-Rose lors de nombreuses manifestations pour la Palestine, les liens qui nous unissent à elle dépassent les frontières et le temps.

Marie-Rose a vécu  auprès des réfugiés de Sabra et Chatila lors du massacre en 1982, comme elle en témoignait lors de la 2e édition du Festival Résistance à Bruxelles. 

Avec la Plateforme Charleroi-Palestine, nous avons eu toujours eu à cœur le sort des réfugiés palestiniens, que ce soit en Palestine occupée, en Jordanie, au Liban ou ailleurs, et défendre leur droit au retour est pour nous est une question essentielle pour la libération de la Palestine. 

En 2019, nous nous sommes rendu.e.s  dans les camps d’Aïn El-Helweh et de Nahr al-Bared au Liban.

Nous y sommes retourné.e.s cette année au mois de janvier avec une délégation de Samidoun. Nous nous sommes rendu.e.s entre autres dans le camp de Chatila (au cimetière des martyrs)  et au camp de Bourj al-Barajneh à Beyrouth.
Nous avons rencontré une délégation du camp de réfugiés d’Aïn al-Helweh à Saïda.

Vous découvrirez une exposition photo sur le sujet le samedi 10 octobre à la Journée pour la Palestine

Et c’est donc dans la continuation de l’engagement de Marie-Rose, qui est également le nôtre, que les bénéfices de la Journée pour la Palestine du 10 octobre seront destinés à des projets culturels et sportifs des Palestiniens dans les camps de réfugiés au Liban.

              

 

L’audience en référé au Tribunal de Première Instance du Hainaut aura lieu mardi 6 octobre à 10 h.  Mais l’issue est incertaine. Alors que nous espérons qu’elle soit positive, nous poursuivons nos efforts pour chercher une alternative.

Mais rassurez-vous : nous ne lâchons rien !

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