Deux ans après les sanctions américaines et canadiennes contre Samidoun : Poursuivez à tout prix la lutte contre l’impérialisme et le génocide !
Aujourd’hui, 15 octobre 2026, nous marquons le deuxième anniversaire de la désignation jointe, par les États-Unis et le Canada, du Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonniers palestiniens en tant que « terroriste mondial spécialement désigné » et « entité terroriste ».

Cela s’est produit un an après le Déluge d’Al-Aqsa, au moment où des millions de personnes sont descendues dans la rue partout dans le monde et au cœur du monde impérialiste pour la libération de la Palestine et en soutien de la résistance, et ce, au lendemain de l’intifada des étudiants sur les campus des États-Unis, du Canada et de l’Europe.
À bien des égards, la désignation et les sanctions imposées à Samidoun n’avaient rien d’une surprise : Elles s’appuyaient sur un processus de criminalisation et de répression « antiterroriste » mis spécifiquement en place pour saper la lutte anti-impérialiste et spécialement pour la libération de la Palestine. Elles reflétaient une nouvelle escalade qui, depuis, a encore pris de l’ampleur, dans l’attaque tous azimuts contre la liberté d’expression et d’association dans les pays impérialistes occidentaux, dans une tentative de réprimer par tous les moyens le mouvement croissant de soutien à la Palestine et à sa résistance héroïque au génocide zioniste-impérialiste.
Trois ans plus tôt, le 28 février 2021, le ministre sioniste de la Défense, Benny Gantz, avait désigné Samidoun comme une « organisation illégale » ou une « organisation terroriste » à l’intérieur de la Palestine occupée. Cela avait été suivi la même année par la désignation de neuf autres organisations palestiniennes de défense ou des droits humains dans la diaspora. Le 2 novembre 2023, la ministre fédérale allemande de l’Intérieur, Nancy Faeser, interdisait Samidoun en Allemagne, à la suite d’une série d’attaques contre des membres de l’immigration, d’interdictions des manifestations palestiniennes pour la Journée de la Nakba, la Journée des Prisonniers palestiniens et la Journée d’Al-Qods d’attaques policières de plus en plus vives. Aujourd’hui, le gouvernement belge tente de faire passer une loi, la fameuse « Loi Quintin », qui permettrait à la branche exécutive du gouvernement de dissoudre des organisations sans passer par une décision en justice et les composantes d’extrême droite du gouvernement ont identifié Samidoun comme une cible prioritaire de cette modification dans la loi.
Ces désignations ont un seul et unique objectif – briser le soutien incessant de Samidoun aux 9 600 prisonniers palestiniens des geôles sionistes et, en outre, au droit inaliénable au retour des Palestiniens, à la résistance armée et à une Palestine libérée du fleuve à la mer. En même temps que les désignations, des membres et des personnes associées à Samidoun ont vu leur statut de réfugié ou de résidence menacé et révoqué, ont été confrontés à des interdictions de voyage, à des poursuites civiles sans fondement et à des tentatives de plaintes criminelles de la part d’organisations sionistes et de gouvernements impérialistes occidentaux.
Comme nous l’avions fait remarquer il y a deux ans, la décision d’interdire Samidoun
« vient à un moment où l’entité sioniste poursuit son génocide et ses massacres à Gaza, dans toute la Palestine et au Liban avec le plein soutien des États-Unis, du Canada et de l’Union européenne. C’est une tentative coordonnée des ennemis du peuple palestinien en vue de faire cesser toute forme de solidarité avec le peuple palestinien ainsi que les efforts d’organisation politique visant à mettre fin au génocide d’Israël, à ses crimes contre contre l’humanité et à son occupation. Notre réponse à cette désignation est claire : nous continuerons de lutter afin de faire cesser le génocide, le soutien impérialiste à Israël, tant que la Palestine ne sera pas libérée du fleuve à la mer. ”
Deux ans plus tard, nous pouvons dire que les tentatives en vue de restreindre les activités de Samidoun, d’isoler notre mouvement et de bloquer notre soutien politique incessant aux prisonniers palestiniens et à leur résistance ont échoué. Malgré les graves effets des sanctions américaines et de la coercition financière dans le monde, les activités politiques de Samidoun n’ont pas cessé. Au lieu de cela, le soutien populaire aux prisonniers palestiniens et à la résistance n’ont fait que s’intensifier et s’approfondir, depuis notre désignation. Grâce aux sacrifices du peuple palestinien, qui a résisté pendant trois ans de guerre génocidaire, la vérité sur l’entité sioniste a été exposée aux yeux de tout le monde. La répression de tous les groupes et personnes qui défendent la Palestine n’a servi qu’à renforcer notre mouvement et à dénoncer et isoler plus encore l’empire américain et ses alliés secoués par la crise.
Depuis le 7 octobre, les États-Unis, en compagnie du Canada, de l’Allemagne, de la Belgique et des autres pays européens, livrent une bataille perdue via laquelle ils ont cherché à reprendre le contrôle du discours concernant la Palestine. L’extension et l’usage du mot « terrorisme » pour désigner toute personne qui s’organise contre la guerre génocidaire contre Gaza ou qui défend le droit des Palestiniens à la résistance et à vivre dans une Palestine libérée, ont produit l’effet inverse. Au lieu de cela, la « désignation de terrorisme » est largement perçue par la majorité mondiale de toutes les personnes conscientes comme une faible tentative en vue de discréditer ceux qui continuent de rejeter et de contrecarrer l’impérialisme dirigé par les EU. Au-delà de ses conséquences matérielles, elle se retrouve aux côtés de l’instrumentalisation par les EU et par l’entité sioniste des atrocités ainsi que de l’équation entre anti-sioniste et antisémitisme, comme un outil de propagande vide de sens.
Au cours des décennies écoulées et plus particulièrement ces trois dernières années, les États-Unis et d’autres pays impérialistes ont rapidement intensifié le recours aux sanctions, aux interdictions, aux dissolutions et aux désignations de « terrorisme » afin de cibler les mouvements sociaux et les organisations anti-impérialistes. Par conséquent, nous reconnaissons la nécessité de continuer à nous organiser et à nous opposer à toutes les listes terroristes émises par les sionistes, les impérialistes et leurs collaborateurs. Cela signifie non seulement le rejet des sanctions et désignations imposées à Samidoun, Palestine Action, Masar Badil et des dizaines d’autres organisations et personnes en raison de leur soutien à la Palestine, mais aussi la mise au rebut de cette liste terroriste et la levée de l’interdiction des mouvements de libération et de résistance eux-mêmes – le Hamas, le Djihad islamique palestinien, le Front populaire pour la libération de la Palestine, le Hezbollah, AnsarAllah, le Corps des gardiens de la Révolution islamique et toutes les autres organisations de résistance qui font l’objet d’une désignation.
Une semaine avant la désignation de Samidoun par les États-Unis et le Canada, d’éminents activistes de la communauté palestinienne en Europe ont été ciblés en vue de sanctions, ce qui révélait l’expansion de la tactique utilisée par l’entité sioniste contre les organisations palestiniennes. La chose était entreprise par l’administration Biden aux EU et l’administration Trudeau au Canada dans le cadre de leur participation au génocide sioniste, en réprimant les protestations et les actions populaires en faveur d’un embargo sur les armes et de la fin du génocide à Gaza. Cette tactique fut alors reprise et amplifiée par l’actuelle administration Trump.
En même temps que la récente intensification des mesures contre les ONG et les donateurs qui collectent des fonds et les envoient à Gaza, ces sanctions font partie d’une vaste guerre financière en cours contre la Palestine. Dans la seule année écoulé, des dirigeants de la communauté palestinienne comme Mohammed Hannoun, des donateurs aux Palestiniens de Gaza comme Fergie Chambers et d’éminentes ONG palestiniennes et musulmanes en Italie, en France et ailleurs, ont été soumis à des sanctions, des gels d’avoirs, des demandes d’extradition de la part des EU et d’une criminalisation intérieure locale. Le but de ces sanctions n’est pas uniquement de criminaliser une personne, de semer la crainte ou même d’entraver la résistance – il est d’aider, de faciliter et de rendre possible le génocide. Elles cherchent à intensifier plus encore le siège de Gaza et l’affamement de la population palestinienne, tout en fournissant protection et impunité pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.
La guerre financière contre le peuple palestinien et sa cause reflète l’usage élargi des sanctions par les EU en tant que mécanisme de guerre économique, de changement de régime et de destruction sociale dans le monde entier, depuis Cuba et le Venezuela jusqu’en Iran. Le système financier américain est un mécanisme d’extraction et d’hégémonie impérialiste sur le monde, et l’usage croissant des sanctions en vue de cibler non seulement les États anti-impérialistes mais aussi les institutions, les organisations et les personnes qui se mobilisent pour la libération palestinienne. C’est également démontré par les sanctions en cours contre la Cour pénale internationale et contre les organisations palestiniennes qui documentent le génocide et fournissent les preuves permettant de tenir les criminels de guerre sionistes pour juridiquement responsables, y compris le ciblage de sept juges enquêtant sur la participation de citoyens américano-sionistes à des crimes de guerre et celui de diverses institutions palestiniennes des droits humains.
Un autre cas récent de ciblage des Palestiniens et de leurs partisans aux États-Unis et en France a montré le rôle néfaste du NYPD (Département de police de New York) en adressant des messages à des Palestiniens de Gaza et en recourant à des moyens trompeurs pour découvrir les personnes qui, aux EU, leur envoient des fonds afin de les cibler ensuite pour les surveiller et les arrêter. Cette politique a été encensée par la commissaire du NYPD, Jessica Tisch, dont le licenciement constitue une exigence populaire parmi les groupes de solidarité avec la Palestine, la communauté palestinienne et le mouvement élargi en faveur de la justice sociale, lesquels ont fait remarquer que « les efforts du NYPD en faveur du contre-terrorisme ne connaissent pas de limites ».
Il existe également une répression particulièrement ciblée des organisations de solidarité avec les prisonniers palestiniens. Depuis la désignation de Samidoun, des sanctions américaines ont également été imposées à l’Association Addameer de soutien aux prisonniers et des droits humains, à l’Association Wa’ed pour les prisonniers et les prisonniers libérés, ainsi qu’à l’Association Al-Nur des prisonniers.
Ceci vient à un moment où les prisonniers politiques sont régulièrement ciblés par deux nouvelles lois sur les exécutions ainsi que par une politique générale d’assassinat progressif derrière les barreaux de l’occupation. Les gardiens de prison sionistes et les forces de l’occupation pratiquent la torture, l’affamement, l’agression sexuelle et le viol, la privation de sommeil et d’autres formes de crimes et de brutalités contre les prisonniers palestiniens. En même temps, le sinistre fasciste qu’est le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a pris l’habitude de faire irruption dans les prisons pour y superviser des agressions répressives et des tabassages et y menacer les prisonniers palestiniens, parmi lesquels Hassan Salameh, le Dr Marwan al-Hams et Bushra al-Tawil, tout en se cachant derrière une brigade de forces répressives armées.
Le but de ces sanctions est de refuser le soutien aux prisonniers palestiniens, de dissimuler leurs récits aux regards du monde et de les empêcher de recevoir de la solidarité alors qu’ils sont confrontés à une campagne d’assassinat et de torture ; au moins 92 prisonniers palestiniens sont devenus des martyrs derrière les barreaux, ces trois dernières années.
Malgré l’échec dans la limitation du développement du mouvement populaire de soutien à la Palestine, le pouvoir économique et politique aux États-Unis signifie que les personnes et les organisations ciblées par les listes sont confrontées à de graves conséquences, soit via la détention, soit en étant exclues des services financiers et bancaires. Très récemment, les EU ont sanctionné Palestine Action, à la suite de l’interdiction par la Grande-Bretagne du mouvement d’action directe qui a avec succès contraint à la fermeture plusieurs usines d’armement en Grande-Bretagne, en même temps que Masar Badil, le Mouvement palestinien de la voie révolutionnaire alternative, le mouvement palestinien et international dont Samidoun fait partie, et même Autistici/Inventati, l’hôte de la plate-forme « noblogs » largement utilisée par les gens dans le monde entier afin de publier les déclarations, informations et communiqués du mouvement.
Nous devons tirer plusieurs leçons clés des années écoulées, ainsi que du mouvement des prisonniers palestiniens, qui reste la boussole de notre travail. D’abord, l’expansion constante des désignations, des sanctions, des cas de « terrorisme » et d’autres formes de répression étatique afin de cibler toutes les formes de promotion populaire, radicale et citoyenne de la Palestine montre clairement que nous ne pouvons nous protéger de la répression via l’autocensure ou la surconformité, pas plus que la répression ne peut se justifier en blâmant les organisations parce qu’elles soutiennent publiquement la résistance, qu’elles défendent le droit des Palestiniens à résister, qu’elles entreprennent des actions directes contre le génocide ou qu’elles réclament une Palestine libre du fleuve à la mer.
Secundo, si nous ne restons pas sur la ligne et que nous ne nous défendons pas mutuellement contre la répression, nous sommes tous plus faibles et moins résilients. Il est de notre responsabilité à tous d’œuvrer pour mettre fin au régime des sanctions américaines, aux listes « terroristes » et à l’interdiction des mouvements de libération et des organisations de solidarité, et de défendre ceux qui sont criminalisés, emprisonnés, déportés et sanctionnés par l’impérialisme et le sionisme. Il est de notre responsabilité d’agir en vue de libérer tous les prisonniers palestiniens des cachots sionistes, ainsi que les prisonniers palestiniens et prisonniers pour la Palestine dans les prisons et centres de détention des pays occidentaux.
Tertio, nous devons soutenir les organisations, groupes et personnes qui entreprennent des actions directes contre le génocide, reconnaître leurs actions comme légitimes et nécessaires afin d’isoler l’entité sioniste. De plus, collectivement, en tant que mouvement, nous devons défendre la résistance et sa légitimité en tant que force centrale de défense du peuple palestinien – ainsi que les Libanais, les Yéménites, les Iraniens et tous les peuples de la région – contre le génocide sioniste et la dévastation impérialiste. Ce sont ceux qui luttent pour la Palestine qui dirigent cette lutte : les prisonniers, les martyrs, les blessés et ceux dont la boussole doit nous guider vers l’avant.
Nous devons trouver l’inspiration et la détermination avec le mouvement des prisonniers qui, malgré les plus horribles et impossibles des circonstances, continue de résister et de mener le combat. Les désignations et la répression ne doivent pas signifier la fin de notre travail politique, mais doivent être perçues comme une autre tactique de l’ennemi qu’il nous faut surmonter afin d’assumer notre responsabilité de mettre un terme au sionisme et à l’impérialisme dirigé par les États-Unis.
Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre !
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Publié le 17 octobre 2026 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine



