Mohammed Khatib nous parle de sa libération d’une prison grecque et appelle à l’action et à la mobilisation
En fin d’après-midi, ce mercredi 11 février 2026, Mohammed Khatib, coordinateur de Samidoun pour l’Europe, a finalement été libéré de sa détention à Héraklion, en Crète, après la sortie d’une ordonnance par le tribunal administratif de première instance. Il avait été emprisonné depuis son arrestation le samedi 7 février, lors de son arrivée à Héraklion où, en compagnie du prisonnier libéré Abdel-Nasser Issa, il devait prendre la parole lors d’un événement organisé autour des prisonniers palestiniens par l’Assemblée de solidarité avec le peuple palestinien.

Mohammed Khatib, clôturant la Marche pour la Libération et le Retour le 29 octobre 2026 à Bruxelles
Samidoun, 12 février 2026
Sa libération est venue à l’issue d’un soutien à grande échelle, en Grèce et partout en Europe, de la part du mouvement pour la justice en Palestine, avec des déclarations en France et en Catalogne signées par des dizaines d’organisations, des manifestations à Athènes et à Bruxelles, des visites de la part d’activistes locaux et de parlementaires et la mobilisation d’avocats progressistes et radicaux autour de son affaire. Mohammed reste interdit en Grèce et il lui a été ordonné de « s’auto-déporter » vers la Belgique, où il doit également affronter une répression sévère, y compris une ordonnance de retrait de son statut de réfugié qui est actuellement en appel. Il avait été interdit de séjour en Grèce le 24 décembre 2025, deux jours seulement après le sommet tripartite entre la Grèce, Chypre et l’entité sioniste portant sur la coopération militaire, sécuritaire et économique.
Durant sa période de détention, il a été gardé dans des conditions inhumaines et malsaines dans une cellule infestée de punaises de lit et propice à des maladies infectieuses telle la gale (commune également parmi les prisonniers palestiniens dans les prisons sionistes à qui l’on refuse fournitures hygiéniques et soins médicaux, particulièrement après le Déluge d’Al-Aqsa et durant l’intensification du génocide en cours). Sa libération a eu lieu un jour seulement après que la police avait fait état de son intention de prolonger sa détention de façon arbitraire.
Le Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonniers palestiniens salue tous les efforts entrepris par les sympathisants en Crète, en Grèce et au niveau international afin d’obtenir la libération du camarade Mohammed Khatib. Il est très probable que, sans cette attention et cette mobilisation, il serait toujours en détention aujourd’hui. Nous insistons auprès de tous les partisans de la Palestine afin qu’ils intensifient leur attention, leur activité et leur mobilisation en vue de libérer tous les prisonniers palestiniens et prisonniers pour la Palestine dans les prisons impérialistes, y compris ceux qui sont détenus en Italie, en Allemagne, en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et aux États-Unis – ainsi que, surtout, les plus de 9 300 qui souffrent, luttent et résistent dans les cachots sionistes tout en endurant la torture, les abus médicaux, la disparition forcée et le plan d’« exécution » de Ben-Gvir et du régime sioniste. La libération des prisonniers est une composante essentielle de la lutte pour la libération de la Palestine du fleuve à la mer.
Ci-dessous la déclaration de Mohammed Khatib lors de sa libération
Je suis libre, après cinq jours d’emprisonnement dans ce qu’ils appellent des « centres de détention » mais qui, en réalité, sont des laboratoires de la torture et de l’humiliation et où des dizaines de mineurs d’âge, de jeunes, de personnes âgées, de réfugiés, de migrants et de Grecs démunis sont tous confrontés aux mêmes conditions inhumaines. Je vous suis reconnaissant de toute votre solidarité et je vous remercie de tout votre soutien. Nous devons également nous rappeler ceux qui ont été oubliés derrière des barreaux, sans droit ni justice. La violence et la torture systématiques en Grèce nous rappellent les mêmes méthodes utilisées par l’entité sioniste contre le peuple palestinien et ce sont également les mêmes méthodes utilisées par les puissances colonialistes et impérialistes de ce monde. J’appelle tout le monde à se dresser en solidarité inconditionnelle avec les migrants et réfugiés en Grèce et ailleurs et à intensifier la lutte contre les prisons et centres de détention du bastion impérialiste.
Pendant mes cinq jours de détention, j’ai reçu du courage et de la force de mon peuple, le peuple palestinien, de Mahmoud Farajallah, décédé en martyr au centre de détention de l’aéroport de Bruxelles il y a plusieurs mois, de la longue histoire de lutte du mouvement des prisonniers politiques palestiniens dans les prisons de l’occupation, de notre peuple de Gaza qui se bat pour sa vie et pour l’humanité contre l’occupant génocidaire.
Une fois encore, le gouvernement de droite grec a montré son véritable visage et sa position en tant que jouet d’Israël et de ce qu’on appelle les États-Unis d’Amérique, non seulement contre nous, réfugiés et migrants, mais aussi contre les masses populaires et la classe ouvrière et les Grecs démunis qui se dressent en solidarité avec la Palestine.
Ce n’est pas un hasard si on est confronté à cette répression sur l’île de Crète, qui héberge l’une des plus grosses bases militaires de l’OTAN ainsi qu’une base sioniste israélienne ; il n’arrive pas spontanément de se faire arrêter dans un État dirigé par un gouvernement de droite qui vend son pays et ses ressources à des sociétés privées sionistes, lesquelles exploitent les masses grecques en train de perdre leurs droits, leur terre et leur souveraineté. De même que le régime sioniste perçoit l’actuel gouvernement grec comme faisant partie de son alliance stratégique, nous aussi, en tant que Palestiniens et que forces révolutionnaires, devrions nous reconstruire et nous unir à toutes les forces progressistes en Grèce et consolider notre alliance historique et stratégique pour la libération, la justice et la souveraineté.
Quels qu’aient été le traitement que j’ai subi, l’injustice et les conditions inhumaines de détention, je suis honnêtement très reconnaissant de l’expérience de faire partie de ceux qui sont oubliés et marginalisés et d’avoir vécu une infime partie de ce à quoi ils sont confrontés depuis des mois et des années. Je sais que cette expérience en Grèce n’est pas isolée, car il y a des prisonniers palestiniens et des prisonniers pour la Palestine non seulement dans les cachots sionistes mais aussi dans les prisons allemandes, italiennes, britanniques et américaines ainsi que dans les centres de détention belges, et ces prisonniers ont besoin de tout notre soutien et de toute notre solidarité.
Mes derniers mots s’adressent à ces criminels en « Israël » ou ailleurs : Vous pouvez nous arrêter, nous torturer, nous assassiner, mais vous ne parviendrez jamais à nous empêcher de parler, d’agir et de lutter pour une Palestine libre, pour un Soudan libre, pour un Congo libre ; contre les agressions impérialistes contre Cuba, le Venezuela et l’Iran ; pour la libération de tous les peuples opprimés du monde.
Libérez tous les prisonniers politiques !
Libérez la Palestine du fleuve à la mer !
Ci-dessous quelques photographies de Mohammed prises après sa détention et ses cinq jours de maltraitance et de négligence médicale, y compris le fait qu’il a été sciemment gardé dans une cellule infestée de punaises et qu’on a refusé de lui transmettre les médicaments apportés par les camarades qui lui ont rendu visite :



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Publié le 12 février 2026 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine




