Nael Barghouti : La cause des prisonnier.e.s palestinien.ne.s est au cœur de la lutte pour la libération

La Journée des prisonnier.e.s palestinien.ne.s a donné lieu à une discussion internationale organisée par Masar Badil (Mouvement palestinien de la voie révolutionnaire alternative), Alkarama, Tariq el-Tahrir et Samidoun et à laquelle ont participé plusieurs dizaines de personnes à Madrid, à Budapest et en ligne. L’événement, dédié au prisonnier libéré Nael Barghouti, se concentrait sur la lutte des prisonnier.e.s palestinien.ne.s en tant que piliers fondamentaux du processus de libération nationale.

 

 

L'invité principal était le prisonnier libéré et déporté Nael Barghouti

L’invité principal était le prisonnier libéré et déporté Nael Barghouti

 

Masar Badil, 22 avril 2026

 

Un appel international en faveur de la cause des prisonnier.e.s

L’événement a attiré une cinquantaine de personnes à Madrid et près d’une trentaine à Budapest, outre les nombreux.ses participant.e.s connecté.e.s via Zoom. L’entretien a été enregistré dans sa totalité en arabe, en espagnol et en anglais, reflétant ainsi son caractère internationaliste et sa nette volonté d’élargir la portée de la dénonciation et de la mobilisation.

La rencontre a été mise sur pied conjointement par Masar Badil (Mouvement palestinien de la voie révolutionnaire alternative), Alkarama, Tariq El-Tahrir et Samidoun, dans le cadre d’une journée d’action politique et de conscientisation au niveau mondial.

 

Nael Barghouti : Un témoignage de résistance et de dignité

L’invité principal était le prisonnier libéré et déporté Nael Barghouti, connu également sous le nom de Abu al-Nour, qui a passé plus de 45 ans dans les prisons de l’occupation.

Durant son exposé, il a partagé ses expériences directes en prison, proposant un témoignage politique et humain sur les conditions d’incarcération, sur la résistance quotidienne des prisonnier.e.s et sur le rôle central qu’ils (elles) jouent au sein du mouvement national palestinien.

Il a insisté sur le fait que les prisonnier.e.s ne sont pas seulement les victimes de la répression, mais également des symboles vivants de la résistance et de la lutte pour le retour et la libération.

 

La situation actuelle : répression, isolement et nouvelles menaces

Le débat a abordé la situation actuelle très grave des prisonnier.e.s palestinien.ne.s, marquée par :

-l’intensification de la répression dans les prisons de l’occupation ;
-la suspension des visites des organisations internationales, telle la Croix-Rouge, depuis le 7 octobre 2023 ;
-les difficultés juridiques et les limitations du système judiciaire concernant le squat ;
-la criminalisation croissante des journalistes et des travailleurs humanitaires.

L’approbation de la prétendue « loi sur l’exécution » dans les prisons de l’occupation a également été analysée. Il a été noté que cette loi répond à des objectifs politiques et que, loin d’affaiblir la résistance, elle avait contribué historiquement à la renforcer.

 

Les prisonnier.e.s déporté.e.s : une crise humanitaire invisible

L’un des thèmes centraux de la rencontre était la situation des prisonnier.e.s palestinien.ne.s déporté.e.s vers des pays tiers, en particulier l’Égypte.

Les faits suivants ont été rapportés :

-la séparation forcée d’avec les familles
-l’impossibilité de recevoir des visiteurs
-l’insécurité juridique et l’absence de droits dans les pays d’accueil.

 

Les participant.e.s ont mis l’accent sur le fait que cette situation constituait une violation flagrante des droits humains et qu’elle s’inscrivait dans une politique systématique de punition collective.

 

Les tentatives de criminalisation et les attaques des médias

La tenue de cette rencontre n’a pas été exempte d’attaques des médias liés au mouvement sioniste, qui ont tenté de criminaliser l’initiative et de faire obstruction à la diffusion des voix des prisonnier.e.s palestinien.ne.s au-delà de la Palestine occupée et du monde arabe. Ces tentatives montrent bien à quel point il est embarrassant pour le public de l’Europe et des autres pays occidentaux d’entendre directement – et sans intermédiaires – les témoignages de ceux et celles qui ont passé des décennies dans les prisons de l’occupation.

Le rôle des groupes organisateurs en tant que pont pour traduire et diffuser ces voix dans différentes langues, consiste à rompre le blocage de l’information imposé par le discours dominant. C’est précisément pour cette raison que les campagnes de pression, de censure et de criminalisation s’intensifient.

Au vu de cette situation, il est essentiel de dénoncer le fait que des pays qui se prétendent les garants de la démocratie, de la liberté d’expression et de la liberté d’opinion tolèrent la persécution des activistes et des organisations de solidarité. Ces pratiques doivent être combattues politiquement et socialement en défendant le droit à informer, à organiser et à donner la parole à la lutte des prisonnier.e.s palestinien.ne.s sans intimidation ni restrictions.

 

Le rôle international : la responsabilité et la solidarité active

La rencontre a insisté sur la nécessité de renforcer la pression internationale, spécialement en Europe, afin de répondre aux violations systématiques que subissent les prisonnier.e.s palestinien.ne.s.

Le rôle des peuples et mouvements dans la mise sur pied de campagnes de solidarité efficaces, capables de briser l’isolement imposé par l’occupation, a lui aussi été mis en évidence.

Les prochaines étapes : une campagne pour le regroupement familial

À la suite de la rencontre, il a été convenu de lancer une campagne internationale centrée sur :

-le regroupement des familles des prisonnier.e.s palestinien.ne.s déporté.e.s ;
-la pression à mettre sur les institutions européennes, y compris le Parlement européen ;
-un appel direct au gouvernement de l’État espagnol afin qu’il élève la question à un niveau institutionnel.

Un appel a été adressé aux activistes, organisations et mouvements en Europe afin d’adopter et de promouvoir cette campagne dans leurs contextes respectifs.

 

La lutte des prisonnier.e.s est la lutte pour la Palestine

L’entretien s’est conclu par la réaffirmation de ce que la question des prisonnier.e.s palestinien.ne.s n’avait rien d’une matière secondaire, mais qu’elle constituait un axe central de la lutte pour la libération de la Palestine.

Comme l’a mis en évidence Nael Barghouti, la résistance dans les prisons constitue une partie inséparable du mouvement de libération et sa cause requiert une réponse internationale proportionnelle à son sacrifice.

Nous, de Masar Badil et des organisations qui se sont rassemblées, nous réitérons notre engagement à poursuivre le renforcement de la mobilisation internationale jusqu’au moment où nous aurons obtenu la libération de tou.te.s les prisonnier.e.s palestinien.ne.s, la fin des déportations et le droit pour toutes les familles à se regrouper.

Liberté pour tou.te.s les prisonnier.e.s palestinien.ne.s !

Pour le retour et la libération de la Palestine !

 

Lien vers la vidéo de l’entretien (en arabe avec sous-titres en anglais)

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Publié le 22 avril sur Masar Badil
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

 

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