Israël tue un enfant qui ramassait du carton à Gaza

À Gaza, Israël tue et blesse des Palestiniens quotidiennement, alors que la parodie de cessez-le-feu dure depuis près de sept mois et que la crise sanitaire est exacerbée par l’actuel blocus israélien des produits essentiels, dont les médicaments, les matériaux pour les infrastructures et le carburant.

 

Nora Barrows-Friedman     1er mai 2026      The Electronic Intifada

 

Israël tue un enfant qui ramassait du carton à Gaza. Photo : Des Palestiniens pleurent le décès d'Ibrahim al-Khayyat, un gosse tué par des soldats israéliens au cours d'un raid la veille à Hébron,en Cisjordanie occupée, le 30 avril 2026.

Des Palestiniens pleurent le décès d’Ibrahim al-Khayyat, un gosse tué par des soldats israéliens au cours d’un raid la veille à Hébron,en Cisjordanie occupée, le 30 avril 2026. (Photo : Mamoun Wazwaz / APA images)

 

Le texte qui suit provient des informations  présentées dans le livestream du 30 avril.                 
Vous pouvez voir la totalité de l’émission ICI.

 

À la date de mercredi, Israël avait tué au moins 823 Palestiniens et en avait blessé plus de 2 300 autres à Gaza depuis l’entrée en application du prétendu cessez-le-feu en octobre 2025, fait savoir le ministère palestinien de la Santé.

Mercredi, des attaques israéliennes ont tué cinq Palestiniens, dont un paramédical du nom d’Ibrahim Saqr, toujours selon le ministère de la Santé.

Le journaliste Saed Hasballah a capté des images des collègues de Saqr effondrés de chagrin autour de sa dépouille.

Les attaques israéliennes de mardi ont tué trois Palestiniens, dont un garçon de 9 ans abattu par un drone israélien dans l’est de Khan Younis.

S’adressant aux journalistes, un membre de sa famille a expliqué que, puisqu’ils n’avaient pas de gaz pour cuire leurs aliments, il fallait bien que le garçon, Adel al-Najjar, ramasse des bouts de carton que sa famille utilise ensuite comme combustible.

 

 

Drop Site fait savoir qu’un plus jeune frère d’Adel avait déjà été tué dans des circonstances similaires et dans la même zone il y a tout juste un mois. Au moins 226 enfants ont été tués depuis le début du cessez-le-feu bidon.

 

 

Une frappe israélienne a tué deux Palestiniens dans la ville de Gaza lors d’une attaque contre un véhicule. Le journaliste Wadeaa Abu al-Saud a été interrogé par un autre journaliste sur ce qui s’est passé lors de cette attaque.

 

 

Le 27 avril, l’armée israélienne a tué un Palestinien de 15 ans, Ayham al-Omari, dans le nord de Gaza.

Le 25 avril, des drones israéliens avaient ciblé et tué Imad Miqdad, un homme qui gérait un point de chargement d’appareils fonctionnant à l’énergie solaire à Gaza même.

Outre le fait qu’il fournissait un service essentiel pour sa communauté, Miqdad était le président de la Fédération palestinienne de billard et de snooker.

 

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Le 24 avril, Israël a tué 12 Palestiniens dans l’enclave au cours d’une vague de frappes aériennes et de tirs de char.

Des sources médicales font savoir que trois personnes, dont deux policiers, ont été tuées lors d’une frappe israélienne à Gaza, alors que deux autres policiers ont été tués lors d’une attaque à Beit Lahiya. Une autre frappe à Khan Younis a tué sept autres personnes, dont quatre policiers.

Le journaliste Saed Hasballah a filmé les séquelles de la frappe israélienne à Gaza.

Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité nationale de Gaza a déclaré que les frappes constituaient une autre attaque délibérée à l’encontre de policiers et il a appelé les médiateurs internationaux et les garants du prétendu accord de cessez-le-feu « à entreprendre des actions urgentes et à insister auprès de l’occupation afin qu’elle cesse de cibler les forces policières à Gaza ».

Une fillette de quatre ans, Naya al-Tanani, a été blessée lors de l’attaque contre Gaza et a succombé à ses blessures peu de temps après. Le journaliste a réalisé une vidéo des parents de Naya portant son petit corps enveloppé dans un linceul détrempé de sang à l’hôpital.

Le 23 avril, à Beit Lahiya, un enfant a reçu une balle dans le coup des forces israéliennes qui tiraient depuis leurs véhicules.

Le journaliste Saed Hasbullah a également filmé la fille, Zeina Battah, qui a été transportée à l’hôpital dans un état critique.

 

Des infestations de rongeurs

Du fait qu’Israël maintient un blocus violent sur la bande de Gaza, empêchant ainsi l’entrée de matériaux élémentaires alors que des centaines de milliers de familles restent à l’intérieur de tentes-abris déglinguées, on rapporte une nette augmentation des infestations de rongeurs.

L’UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés de Palestine, rapportait cette semaine que, dans les zones surpeuplées de familles déplacées, particulièrement à Khan Younis et dans les endroits à quantités importantes de décombres, comme la ville de Gaza et le nord de l’enclave, la pénurie en cours de rodenticides (produits contre les rats, les souris et autres rongeurs, NdT) a accru le risque de transmission de maladies véhiculées par les rongeurs, telles la leptospirose et la peste.

De plus, on fait état ces derniers mois d’un nombre sans cesse croissant de morsures de rats dans de multiples sites médicaux, fait encore remarquer l’agence.

À la mi-avril, un porte-parole de la Municipalité de Gaza a dit à Middle East Eye : « Malgré nos efforts en vue d’aborder le problème des rongeurs, tels des interventions partielles sur l’égouttage ainsi que l’éloignement des décharges sauvages, nous ne pouvons éliminer le problème, au vu des conditions actuelles. »

« L’ampleur du désastre dépasse de très loin les capacités disponibles », a ajouté le porte-parole.

Entre-temps, des maladies cutanées et des virus tels la gale et la varicelle sont apparus, a ajouté l’UNRWA, en raison du manque de services sanitaires, de médicaments et de fournitures hygiéniques. Des experts de la santé disent que la capacité de contrôler le problème est considérablement freinée par une grave pénurie de pesticides, de shampooings anti-poux, de traitements médicaux et de lotion à la calamine (pour empêcher les démangeaisons, NdT).

 

Le Dr Hussam Abu Safiya reste en détention

Cette semaine, Israël a prolongé la détention administrative du Dr Hussam Abu Safiya et les autorités israéliennes ont fait savoir que, désormais, sa détention était « indéfinie ».

La détention administrative est une pratique israélienne d’emprisonnement sans accusation ni procès.

Abu Safiya, un pédiatre, a été enlevé par l’armée israélienne en décembre 2024 après que des soldats ont envahi le site médical qu’il dirigeait, l’hôpital Kamal Adwan, à Beit Lahiya, dans le nord de Gaza. L’hôpital a ensuite été détruit.

Abu Safiya est détenu par Israël en vertu de sa prétendue Loi sur les combattants illégaux qui l’autorise à détenir des Palestiniens de Gaza sans procès pendant des périodes prolongées. L’organisation Médecins pour les Droits humains en Israël a déclaré que le tribunal « avait maintenu la détention malgré des arguments disant que le fait de détenir un médecin alors qu’il accomplissait ses devoirs médicaux constituait une détention illégale ».

 

https://x.com/DropSiteNews/status/2048619756958171439/photo/1

 

Les proches du médecin ont dit qu’on lui avait refusé l’accès à son avocat pendant plus de deux mois et qu’il était actuellement détenu à la prison de Ketziot, sans le désert du Néguev. Ils ont également dit que sa santé se détériorait gravement en raison de la violence physique que les gardiens lui ont constamment infligée, ainsi que d’une importante perte de poids toujours en cours et de la négligence médicale systématique et permanente.

 

Les forces israéliennes tuent des Palestiniens en Cisjordanie

Mercredi, dès l’aube, en Cisjordanie, les forces israéliennes ont abattu et tué un père de 37 ans, Abdel Halim Ruhi Hammad, dans la ville de Silwad, près de Ramallah.

L’Autorité générale des Affaires civiles a fait savoir que les forces israélienne avaient gardé son corps.

Des soldats israéliens ont envahi la ville et effectué des perquisitions dans des maisons palestiniennes tout en agressant les habitants, ont dit des témoins à Anadolu, l’agence d’information turque. Pendant le raid, qui avait débuté vers 1:30 h du matin, les soldats ont également capturé une personne blessée au domicile de la famille Ruhi.

Dans une déclaration, l’armée israélienne a dit qu’au cours d’une activité opérationnelle des forces armées dans le village de Silwad, deux individus avaient agressé deux soldats israéliens, qui avaient été blessés et évacués vers un hôpital.

Hammad était le père d’un enfant d’un an et demi et le frère de Muhammad Hammad, tué par les forces israéliennes en 2021 et dont le corps n’a jamais été restitué, a fait savoir l’agence d’information Wafa.

Mercredi également, au cours d’un raid, les forces israéliennes ont abattu et tué un adolescent, Ibrahim Abdulfattah al-Khayyat, 16 ans, dans la ville de Hébron, dans le sud.

 

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https://x.com/pal_gcc_en/status/2049546235132936533/photo/1

 

L’agence locale Wafa a rapporté qu’un important convoi de véhicules de l’armée avait envahi la zone d’al-Hawooz et bloqué la voie principale, refusant aux civils palestiniens toute liberté de mouvement et intimant l’ordre aux commerçants de fermer boutique, avant de faire irruption dans les locaux d’une ONG.

Les soldats ont tiré des salves de munitions réelles, de gaz lacrymogène et de grenades incapacitantes sur les riverains. Il en est résulté plusieurs victimes et la mort d’un adolescent d’une balle dans l’abdomen.

La semaine dernière, le 23 avril, au cours d’un raid sur la ville de Naplouse, dans le nord, les forces israéliennes ont abattu et tué un enfant palestinien en prétendant que le gosse avait lancé des pierres sur un de leurs véhicules blindés.

Yousef Sameh Shtayyeh, 15 ans, a été tué par des soldats qui ont ouvert le feu sur lui. Des centaines de gens affligés se sont rassemblés pour suivre son cortège funèbre dans les rues du village de Tell, à proximité de Naplouse.

La veille de l’assassinat de Yousef par les forces israéliennes, des colons avaient tué et abattu un jeune homme palestiniens dans la ville de Deir Dibwan, à l’est de Ramallah.

Awda Atef Awawdeh, 25 ans, a été tué dans le dos par des colons.

Le 21 avril, des colons israéliens ont ouvert le feu sur une école secondaire du village d’al-Mughayyir, tuant Aws Hamdi Naasan, 14 ans, et Jihad Marzouq Abu Naim, 32 ans.

Des témoins qui se sont adressés à The New Arab ont déclaré que les colons avaient tiré délibérément sur les écoliers dans l’intention de les tuer. Les mêmes témoins ont ajouté que les forces israéliennes avaient assuré la couverture des colons, tout en portant des coups aux habitants locaux qui tentaient de venir en aide à leurs enfants.

Un paramédical a dit à l’organe de presse qu’il avait vu trois colons « qui tiraient délibérément sur les enfants qui tentaient de fuir les classes ou qui se hasardaient simplement dehors pour voir ce qui se passait ».

D’après le paramédical, les colons « avaient garé leurs véhicules sur une route à l’ouest du village voisin d’al-Kassarat, avaient ensuite escaladé la colline surplombant d’école et se tenant à quelque 50 mètres à peine ». Il avait également remarqué qu’« un écolier avait été touché à la tête, et un autre, qui le suivait, à la main ».

La publication faisait remarquer que le garçon de 14 ans qui avait été abattu, Aws Hamdi Naasan, était le fils de Hamdi Naasan, lui aussi tué par des colons au cours d’une attaque en 2019. Hamdi avait tenté de transporter des blessés au cours d’une attaque de colons. Il était parvenu à en évacuer quelques-uns mais avait été abattu et tué alors qu’il essayait d’en secourir un autre.

Le bureau des droits humains des Nations unies dit que, depuis le début de l’année 2026, on a enregistré environ 680 attaques de colons contre plus de 200 villes et villages palestiniens et qu’il en a résulté le déplacement de neuf communautés.

 

La boucherie d’Israël au Liban

Pendant ce temps, au Liban, Israël continue de tuer et de blesser des gens tout en détruisant des villages entiers dans le sud, en dépit d’un prétendu cessez-le-feu.

 

 

Depuis le 2 mars, les attaques israéliennes ont tué plus de 2 500 personnes et en ont blessé plus de 8 000. De plus, elles ont déplacé plus d’un million de personnes de leurs foyers.

Mercredi soir, pour en apprendre plus de la situation sur le terrain au Liban, en pleine mascarade politique d’une parodie de cessez-le-feu mijotée par les États-Unis, notre contributrice Roqayah Chamseddine a présenté ce reportage qu’elle a réalisé pour The Electronic Intifada.

 

Jour 937. Un autre génocide à huis clos. Visible sur YouTube.

 

Mise en exergue des revendications

Et, enfin, selon notre habitude, nous avons voulu mettre en lumière des personnes qui expriment leur joie, leur détermination et leurs revendications partout en Palestine et dans le monde.

Les cofondateurs de la bibliothèque du Phénix, récemment inaugurée à Gaza, qui ont rassemblé, réparé et remis en rayon des centaines de livres tirés des décombres, ont organisé un de leurs premiers événements. En collaboration avec l’Union générale des écrivains et auteurs palestiniens, ils ont accueilli un séminaire de lecture pour le roman A Spark of Fire (Une étincelle de feu) de l’auteur palestinien Mahmoud Al-Basyouni.

 

https://x.com/phoenixlibrary1/status/2048513758012522605/photo/1

 

« Nous nous efforçons de redonner vie à la lecture », a déclaré la bibliothèque Phénix.

Et, sur le littoral de Gaza, Ahmed El-Madhoun a réalisé cette vidéo d’un père qui montre comment pêcher à ses jeunes fils très attentifs.

 

 

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Traduction pour Charleroi pour la Palestine par Jean-Marie Flémal

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