Les EU désignent comme « terroriste » un réfugié palestinien vivant en Allemagne

Les EU ont désigné un réfugié palestinien apatride installé en Allemagne comme « terroriste », en même temps que trois groupes de gauche aux attaches européennes.

« J’ai été effrayé. Les autorités ne m’ont pas contacté au préalable ; elle m’ont tout simplement inscrit sur la liste. »

 

 

 

Zaid Abdulnasser

Zaid Abdulnasser

 

Karim Natour, 28 août 2026

Mercredi, l’Office de contrôle des avoirs étrangers a placé Zaid Abdulnasser, 30 ans, sur la liste des ressortissants spécialement désignés et personnes bloquées en tant que l’un des deux « dirigeants ou responsables » supposés de Masar Badil. La désignation suit l’Ordonnance exécutive 13224 émise par le président George W. Bush dans le sillage du 11 septembre 2001.

Dans sa déclaration concernant Palestine Action, Masar Badil et Autistici Inventati, le département du Trésor a décrit Masar Badil comme une « organisation de front » agissant pour le Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonniers palestiniens, que Washington a déjà sanctionné en octobre 2024. Samidoun, dit le département, est contrôlé par le Front populaire (de gauche) pour la libération de la Palestine, que les EU désignent comme « organisation terroriste » depuis 1997.

Dans une interview exclusive, Abdulnasser, qui a un enfant de six mois, a dit à Drop Site qu’il avait été choqué quand des amis lui avaient envoyé le communiqué de presse annonçant sa désignation.

« J’ai été effrayé. Les autorités ne m’ont pas contacté au préalable ; elle m’ont tout simplement inscrit sur la liste »,

a-t-il expliqué.

Bien que les sanctions ne soient pas juridiquement contraignantes en Allemagne, elles pourraient avoir des conséquences fâcheuses pour Abdulnasser. Les institutions financières qui travaillent avec lui risquent des sanctions de représailles de la part des EU et elles peuvent potentiellement lui couper l’accès à ses comptes bancaires. Du fait que les réseaux mondiaux de paiement s’appuient lourdement sur les banques américaines et sur les transactions en dollars, Abdulnasser a fait savoir que les mesures menaçaient de le « paralyser complètement ».

Abdulnasser ne perçoit pas la désignation comme une attaque contre lui en tant qu’individu.

« Sur cette liste figurent Palestine Action, des juges [de la Cour pénale internationale] et les factions de la résistance palestinienne. Le fait que je suis repris sur la liste s’inscrit dans une tentative plus large d’écraser la lutte de libération palestinienne et de protéger l’occupation israélienne contre les poursuites. »

Auparavant, Abdulnasser avait déjà été visé par les autorités allemandes. Réfugié palestinien né en Syrie, il vit à Berlin depuis 2017.

En octobre 2023, en pleine escalade de la guerre à Gaza, la Société germano-israélienne avait réclamé l’interdiction de Samidoun qui, en tant que groupe de promotion, organisait des manifestations et campagnes au niveau mondial en guise de solidarité avec les prisonniers palestiniens. Abdulnasser était l’un des coordinateurs de Samidoun en Allemagne et les autorités chargées des migrations avaient déjà commencé à examiner si elles allaient annuler son statut de réfugié en raison d’« activités extrémistes » supposées.

Dans une démarche contestée, la ministre de l’Intérieur de l’époque, Nancy Faeser, interdisait la branche allemande en novembre 2023, prétendant qu’elle exprimait son soutien aux attaques du Hamas du 7 octobre. Des procédures en justice contestant l’interdiction, prévues à l’origine en 2025, n’ont pas encore débouché sur leur conclusion.

Masar Badil a été lancé en 2021. Selon son site internet, l’un de ses buts est de renforcer le rôle de la diaspora palestinienne au sein du « mouvement de libération nationale ». Les activités du groupe dans le passé comprenaient des conférences, des événements et des rassemblements. Abdulnasser a refusé tout commentaire à propos de son engagement dans le groupe.

Le département américain du Trésor prétend dans son communiqué de presse que Masar Badil est

« inextricablement lié à Samidoun et décrit par l’un de ses principaux responsables comme faisant partie du même projet politique ».

On présume que les organisations

« partagent des mécanismes de financement ainsi que des responsables importants et membres de leurs comités exécutifs respectifs »,

dit encore le communiqué de presse.

L’avocat d’Abdulnasser, Alexander Gorski, a expliqué à Drop Site qu’ils examinaient des options juridiques en vue de contester les sanctions américaines.

« M. Abdulnasser n’a commis aucun délit criminel. Et personne ne l’en accuse. Il s’agit d’activité politique légale, principalement au profit des prisonniers palestiniens »,

a-t-il dit.

La désignation par les EU tombe au milieu de l’intensification de l’action de la Maison-Blanche contre les activistes propalestiniens et antifascistes. Dans le communiqué de presse, le département du Trésor fait allusion à la Stratégie américaine contre le terrorisme, de 2006, qui identifie « les extrémistes violents de gauche » comme une menace de première importance pour la sécurité nationale.

« Les extrémistes de gauche, leurs fronts et leurs complices devraient être avertis : Nous ferons peser tout le poids de nos instruments économiques »,

a déclaré le secrétaire Scott Bessent.

« Ceci est manifestement lié à la répression de la gauche par le gouvernement américain »,

a déclaré Gorski.

Abdulnasser a une prochaine date d’audience au cours de laquelle on attend une décision concernant l’annulation ou pas de son statut de réfugié en Allemagne, une démarche qui pourrait en fin de compte préparer la voie à sa déportation.

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Karim Natour est un journaliste indépendant allemano-palestinien qui vit et travaille à Berlin.

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Publié le 28 août 2026 sur Drop Site News
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

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Rawa Alsagheer et Zaid Abdulnasser

Rawa Alsagheer et Zaid Abdulnasser

D’autres dirigeants de Samidoun, Mohammed Khatib et Jaldia Abubkara, ainsi qu’un dirigeant de Masar Badil, Khaled Barakat, avaient déjà été sanctionnés par l’administration Trump.

 

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Vendredi 28 août, un rassemblement de soutien à Masar Badil et Palestine Action a été organisé dans le camp de Bourj el-Barajneh, à Beyrouth, après leur désignation comme « organisations terroristes étrangères » par l’administration Trump. Les participants ont souligné que ces décisions visaient l’ensemble du mouvement de solidarité avec la Palestine. Ils ont également rappelé que ces sanctions avaient pour objectif d’affaiblir le mouvement international de soutien à la cause palestinienne et à dissuader son financement, notamment aux États-Unis et en Europe.

Vendredi 28 août, un rassemblement de soutien à Masar Badil et Palestine Action a été organisé dans le camp de Bourj el-Barajneh, à Beyrouth, après leur désignation comme « organisations terroristes étrangères » par l’administration Trump. Les participants ont souligné que ces décisions visaient l’ensemble du mouvement de solidarité avec la Palestine. Ils ont également rappelé que ces sanctions avaient pour objectif d’affaiblir le mouvement international de soutien à la cause palestinienne et à dissuader son financement, notamment aux États-Unis et en Europe. (via Secours Rouge)

 

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