Israël met les pressions sur la Belgique

La Belgique a invité l'organisation de défense des enfants palestiniens à l'ONU

20 décembre 2017. Les forces de sécurité israéliennes arrêtent un adolescent palestinien. (Photo : Nedal Eshtayah/Anadolu Agency)

Dans le cadre de sa présidence du Conseil de Sécurité pendant un mois, la Belgique a invité l’ONG Defense for Children à s’exprimer devant le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés, un organe du Conseil de Sécurité. Cette séance doit avoir lieu le 24 février.

L’ONG a une branche en Palestine, Defence for Children International-Palestine (DCIP), qui s’attache à mettre en lumière les violations des droits de l’homme subies par les enfants palestiniens sous l’occupation israélienne, dont les violences parfois mortelles infligées par les forces israéliennes ainsi que les conditions de vie inhumaines de la détention militaire. (*)

Réaction furieuse d’Israël qui prétend que l’ONG des droits des enfants « soutient le terrorisme » et qui exige de la Belgique qu’« annule l’invitation de Parker (**) ».

S’exprimant sur Twitter, Emmanuel Nahshon, ambassadeur d’Israël en Belgique et au Luxembourg, a prétendu que la Belgique avait

« choisi d’inviter des partisans du terrorisme à un débat du Conseil de sécurité »,

et il ajoutait :

« C’est extrêmement décevant et nous exprimerons notre indignation dans les termes les plus forts qui soient. »

Dans le même temps, l’ambassadeur d’Israël aux Nations unies, Danny Danon, menace la Belgique.

« La Belgique continue d’adopter une ligne hostile à Israël, au sein de l’ONU, mais elle doit savoir que cela aura son prix. Les personnes qui dénigrent Israël vont s’engager dans une bataille à laquelle ils ne s’attendaient pas »,

a-t-il déclaré.

Criminalisation des organisations palestiniennes

En février 2019, le ministre des Affaires stratégiques Gilad Erdan, ainsi que des organisations étroitement liées au pouvoir, telle l’ONG Monitor, ont lancé une campagne de désinformation visant les organisations de défense de droits de l’homme en Palestine.

Ils accusent ces associations d’être liées au « terrorisme », c’est-à-dire à des organisations de la résistance palestinienne. DCI est une des organisations citées.

S’il faut évoquer  le terrorisme dans ce dossier, c’est bien le terrorisme d’Etat d’Israël envers les enfants palestiniens.

Au cours des derniers mois, les forces d’occupation sionistes ont arrêté, rien que dans le quartier Issawiya de Jérusalem-Est, environ 200 enfants palestiniens, violant ainsi de nombreuses chartes internationales de défense de l’enfance.

Selon les données de l’Association pour les droits civils en Israël (ACRI), plus de 600 jeunes habitants de ce quartier ont été arrêtés depuis le lancement de raids réguliers et intolérables des forces de l’ordre de l’occupant, les témoins et les avocats rapportent que « plus d’un tiers d’entre eux sont mineurs » . Des enfants Palestiniens arrêtés sans raison.

A suivre donc.


Parmi les sources : Middle East Monitor, 7 février 2020, traduit par Jean-Marie Flémal

(*) La Plate-forme Charleroi-Palestine a dans le passé invité un représentant de l’ONG pour une conférence et a donné un soutien financier à l’organisation.
(**) Le représentant de DCI

A lire : Des enfants palestiniens face aux tribunaux militaires israéliens

 

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