Le massacre de l’hôpital aggrave encore le cauchemar de Gaza

Mardi, des centaines de Palestiniens ont été tués dans une frappe aérienne israélienne (dixit le ministre gazaoui de la santé) qui a ciblé un hôpital de Gaza – il s’agit de l’incident le plus meurtrier des 11 jours de campagne militaire (jusqu’à présent) contre le territoire.

 

17 octobre 2023. Un infirmier porte le corps d’un Palestinien tué par une frappe aérienne israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. (Photo : Firas El-Shaer / APA images)

17 octobre 2023. Un infirmier porte le corps d’un Palestinien tué par une frappe aérienne israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.


Maureen Clare Murphy
, 18 octobre 2023

Le nombre de morts à Gaza représente au moins le double, voire le triple, des 1 300 personnes dont Israël prétend avoir été tuées au cours de l’attaque surprise du 7 octobre menée par les combattants du Hamas en provenance de Gaza. Ce nombre a déjà éclipsé le nombre de morts des 51 jours de guerre d’Israël contre Gaza en 2014.

La mort est si proche à Gaza que les médecins « découvrent des testaments rédigés à la main dans les poches des gens qui arrivent à l’hôpital », a expliqué mardi au Washington Post un médecin de l’hôpital al-Shifa – le plus grand de Gaza.

Plusieurs des contributeurs habituels et autres contacts de The Electronic Intifada à Gaza et de Gaza ont perdu des membres de leurs familles – se comptant parfois par douzaines ! – ainsi que des amis et des voisins.

Le ministère de la santé a déclaré mardi que 3 000 personnes, dont au moins 850 enfants, ont été tuées à Gaza depuis le 7 octobre, sans compter les victimes du bombardement de l’hôpital al-Ahli.

« On croit que des centaines de morts supplémentaires sont coincés sous les décombres », fait savoir l’ONU.

« La décomposition des corps sous les immeubles effondrés suscite de plus en plus d’inquiétude sur le plan humanitaire et environnemental », a ajouté l’ONU.

Le travail des équipes de secours, en particulier de la Défense civile palestinienne, a été entravé par les frappes aériennes incessantes, la pénurie de carburant pour les ambulances et l’équipement en général, et « la limitation ou l’absence de connexion avec les réseaux mobiles ».

 

17 octobre 2023. Des Palestiniens retrouvent une victime d’une frappe aérienne israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza

17 octobre 2023. Des Palestiniens retrouvent une victime d’une frappe aérienne israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. (Photo : Firas El-Shaer / APA images)

 

Des massacres incessants

Plus tôt dans la journée, des frappes israéliennes ont tué des douzaines de personnes dans le sud de Gaza, où les gens s’étaient rendus en grand nombre après qu’Israël avait ordonné leur transfert forcé depuis le nord de Gaza, dont la ville même de Gaza.

 

Ce mardi, les frappes aériennes israéliennes contre des immeubles résidentiels ont tué au moins 28 personnes à Rafah, 40 à Khan Younis, et 21 encore dans le seul quartier d’Emirati à Khan Younis.

« Les victimes comprenaient des personnes qui s’étaient déplacées vers le sud conformément à l’ordre militaire israélien d’évacuer le nord de la bande de Gaza », a déclaré l’ONU.

 

Six personnes ont été tuées et des douzaines d’autres blessées lorsque, dans le camp de réfugiés de Maghazi, dans la partie centrale de Gaza, une école de l’UNRWA a été touchée par une frappe aérienne israélienne. Environ 4 000 personnes s’étaient réfugiées dans le bâtiment de l’ONU, dont les coordonnées avaient été fournies aux autorités israéliennes dans un effort en vue d’en assurer la protection.

Israël n’a cessé de bombarder Gaza – qu’il a totalement privée de nourriture, d’eau, d’électricité, de carburant et de fournitures médicales – avant et après le massacre perpétré dans l’hôpital de Gaza ce mardi.

Le passage de Rafah à la frontière sud de Gaza est resté fermé, avec des centaines de tonnes d’aide humanitaire qui attendent du côté égyptien.

Itamar Ben-Gvir, le ministre israélien (d’extrême droite) de la sécurité nationale, a déclaré mardi que

« la seule chose qui doit entrer à Gaza, ce sont des centaines de tonnes d’explosifs largués par les forces aériennes, mais pas une once d’aide humanitaire ».

 

L’ONU avait déclaré jeudi que

« la consommation moyenne d’eau pour tous les besoins (boire, cuisiner, assurer l’hygiène) est actuellement estimée à trois litres par jour et par personne, à Gaza »

« On assiste à une augmentation de la consommation d’eau en provenance de sources peu sûres, ce qui expose la population à un risque de mort ou de brusque épidémie de maladies infectieuses », a ajouté l’ONU.

 

Le Programme alimentaire mondial a déclaré lundi que

« les stocks des denrées alimentaires essentielles suffisent pour deux semaines à peine, alors que dans les magasins, il ne reste que quatre ou cinq jours de réserves ».

Les gens font la file des heures durant pour avoir du pain, alors que les boulangeries sont

« dans l’impossibilité de fonctionner en raison de la pénurie d’ingrédients essentiels, particulièrement la farine de blé, dont on s’attend à ce qu’elle soit épuisée en moins d’une semaine »,

a déclaré l’ONU.

Les médias ont rapporté que, mercredi matin, une frappe aérienne israélienne avait ciblé une boulangerie à proximité d’une école hébergeant des personnes déplacées à Nuseirat, dans la partie centrale de Gaza :

https://twitter.com/ShehabAgency/status/1714454990587146578?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1714454990587146578%7Ctwgr%5Ecb01e1fccc9e18478f58298734259a850e5f7d45%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Felectronicintifada.net%2Fblogs%2Fmaureen-clare-murphy%2Fhospital-massacre-compounds-gazas-nightmare

 

Les hôpitaux sur le point de s’effondrer

Entre-temps, l’hôpital al-Shifa, le plus grand complexe médical de la bande de Gaza, est tombé à court de carburant afin d’alimenter ses générateurs électriques de secours, tout cela, en plein black-out de l’électricité déclenché par Israël – une sentence de mort pour bien des patients, dont des bébés prématurés dépendant d’équipements censés les maintenir en vie.

Le porte-parole du ministère de la santé de Gaza a émis une mise en garde mardi, disant que les hôpitaux

« étaient sur le point de s’effondrer pour de bon en raison des coupures de courant et de la pénurie de carburant ».

L’ONU a déclaré que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)

« était parvenue à livrer du carburant stocké localement » à al-Shifa, « permettant le fonctionnement des générateurs pendant quelques jours de plus. D’autres hôpitaux fonctionnent à une capacité réduite au strict minimum. »

Les chirurgiens d’al-Shifa « opèrent désormais sans analgésiques », a déclaré mardi Christos Christou, le président de Médecins sans frontières (MSF). « En tant que chirurgien moi-même, c’est inimaginable. »

Tlaleng Mofokeng, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur le droit à la santé, a déclaré mardi que

« le secteur de la santé dans l’enclave en est à un point de rupture »

et elle a fait appel à « un cessez-le-feu immédiat » tout en demandant

« aux États membres [des Nations unies] qu’ils cessent de battre les tambours de guerre ».

 

17 octobre 2023. Des enfants blessés dans un hôpital de Deir al-Balah, dans la partie centrale de Gaza.

17 octobre 2023. Des enfants blessés dans un hôpital de Deir al-Balah, dans la partie centrale de Gaza. (Photo : Omar Ashtawy / APA images)

 

Même pour un public palestinien qui a assisté aux atrocités israéliennes les unes après les autres à Gaza, le massacre de l’hôpital al-Ahli constitue un choc sans précédent.

Ghassan Abu Sitta, un chirurgien britannico-palestinien, a déclaré qu’il était en salle d’opération à l’hôpital al-Ahli, au moment de la frappe :

 

« « Il y a eu tout un bombardement d’artillerie, puis il y a eu une frappe aérienne à l’intérieur de l’hôpital, à l’intérieur de l’hôpital même », dit-il. Une grande partie de l’hôpital a été détruite. »

Des photos prises dans le sillage immédiat du massacre montrent les corps sans vie d’enfants en bas âge ainsi que des douzaines de cadavres recouverts.

Le correspondant d’Al Jazeera, Wael Dahdouh, a expliqué qu’on avait surtout découvert des cadavres désarticulés, dans l’hôpital bombardé.

« Il est rare de trouver un corps entier, avec toutes ses parties », a-t-il dit. « Plus nous avancions dans l’hôpital, plus nous découvrions des scènes choquantes. »

Le correspondant a fait remarquer que le statut d’al-Ahli en tant qu’hôpital chrétien affilié à l’étranger pouvait laisser espérer que cela le protégeait d’être visé par Israël.

 

L’indignation provoquée par cette frappe a soulevé des protestations à Ramallah (Cisjordanie), la ville où siège l’Autorité palestinienne, et dans diverses capitales arabes, dont Amman où, jeudi soir, des gens ont tenté de prendre d’assaut l’ambassade d’Israël avant d’être repoussés par les forces de sécurité jordaniennes qui, rapporte-t-on, ont arrêté des douzaines de personnes.

À Washington, ils étaient des milliers à se rassembler à l’extérieur de la Maison-Blanche et à demander que l’on proteste contre la complicité du président Joe Biden dans la campagne génocidaire d’Israël à Gaza.

 

Le dirigeant du Hamas, Khaled Meshaal, a demandé qu’on manifeste devant les ambassades israéliennes, en invitant en outre les gens « à ne pas attendre demain » pour le faire.

La Jordanie a reporté un sommet prévu à Amman en compagnie des dirigeants de l’Autorité palestinienne et de l’Égypte, ainsi que de Biden, qui est censé débarquer en Israël ce mercredi.

 

En début de journée, le roi Abdallah de Jordanie a déclaré que son pays, comme l’Égypte, refuserait de permettre une expulsion massive des Palestiniens, dont bien des gens soupçonnent que cela pourrait être le but des Israéliens dans leur campagne militaire contre Gaza.

« C’est une ligne rouge, car je pense que le plan de certains des suspects habituels consiste à tenter de créer de fait des problèmes sur le terrain »,

a déclaré Abdallah.

« Pas de réfugiés en Jordanie, pas de réfugiés en Égypte »,

avait-il dit à la suite d’une réunion à Berlin en compagnie du chancelier allemand Olaf Scholz.

Quant à ce dernier, il s’est rendu à Jérusalem mercredi afin d’exprimer le soutien inconditionnel du gouvernement allemand à la campagne d’extermination israélienne à Gaza.

 

Alors qu’il était en route vers Israël, Biden a dit qu’il était « indigné et profondément attristé » par l’explosion à l’hôpital al-Ahli et il a ajouté qu’il « ordonnait à son équipe de la sécurité nationale à continuer de collecter des informations sur ce qui s’était passé exactement ».

 

La « version » israélienne

Israël a rejeté toute responsabilité dans la frappe contre l’hôpital, bien qu’il ait adressé de nombreuses menaces à des hôpitaux du nord de Gaza, dont la ville même, où il a ordonné à 1,1 million de Palestiniens d’évacuer.

Des hauts responsables israéliens ont avancé et rétracté diverses allégations dans un effort inepte de faire porter le blâme de cet acte atroce à une roquette palestinienne errante. Mais, après un examen minutieux par des journalistes et d’autres observateurs, les allégations israéliennes se sont rapidement effondrées.

Le gouvernement israélien a fait porter le blâme de la frappe meurtrière contre l’hôpital al-Ahli à une roquette défectueuse lancée par le Djihad islamique.

Ici, il convient de faire une remarque importante : L’énorme explosion et le nombre impressionnant de victimes allaient bien au-delà de tout ce que les roquettes utilisées par les factions de la résistance palestinienne ont jamais été capables de produire.

Bien qu’il n’ait convaincu que peu de monde, l’éclair de la propagande israélienne a servi ce qui était probablement son but principal : semer suffisamment de doute et de confusion au point que les médias rapporteraient ses allégations en même temps que les comptes rendus des Palestiniens.

Dans une interview réalisée par Al Jazeera mardi soir, un porte-parole du Djihad islamique a fait remarquer que l’hôpital al-Ahli avait déjà reçu une frappe d’avertissement deux jours plus tôt.

Les Amis américains du Diocèse épiscopal de Jérusalem, qui collectent des fonds pour l’hôpital al-Ahli, ont déclaré que le centre de traitement diagnostique du cancer de l’hôpital avait été frappé par une roquette israélienne le 14 octobre, blessant quatre membres du personnel.

 

Yousef Abu al-Rish, un important spécialiste de la santé à Gaza, a expliqué à Al Jazeera que, la veille de l’attaque samedi contre l’hôpital al-Ahli, l’armée israélienne avait appelé le directeur de l’hôpital pour lui dire que « nous vous avons prévenu hier avec deux obus » et lui ordonner de faire évacuer le site.

 

« Prenant la parole lors d’une conférence d’information, alors qu’il était entouré des corps des victimes, Abu al-Rish a exhibé des photos des munitions explosées et des dégâts qu’elles avaient occasionnés »,

a rapporté Al Jazeera.

Avant que la frappe contre l’hôpital al-Ahli, l’OMS avait répertorié près de 60 attaques contre les soins de santé, lesquelles s’étaient traduites par la mort de 16 travailleurs des soins de santé et des dégâts dans 26 dispensaires de soins. Quatre d’entre eux, dans le nord de Gaza, avaient été évacués et « ne sont plus opérationnels », selon l’ONU.

D’autres hôpitaux ont été touchés par des frappes israéliennes depuis le 7 octobre, bien qu’il y ait eu nettement moins de victimes.

Les dirigeants politiques et militaires israéliens ont fait de nombreuses déclarations indiquant que la totalité des 2,3 millions d’habitants de Gaza étaient les cibles de cette campagne d’extermination et ils ont recouru à un langage qui annonçait bien leur intention de commettre un génocide.

Lors de précédentes confrontations, Israël avait accusé des roquettes défectueuses d’avoir tué des civils, mais des enquêtes avaient déterminé par la suite que l’armée israélienne était bel et bien responsable de ces morts.

Dans un autre incident très médiatisé qui avait suscité une indignation internationale, Israël avait produit une vidéo qui se proposait de prouver que c’étaient des tireurs palestiniens qui étaient responsables de l’assassinat de la correspondante d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, en Cisjordanie en mai 2022.

Cette vidéo avait été rapidement infirmée par l’organisation israélienne de défense des droits humains, B’Tselem, et de nombreuses enquêtes indépendantes ont déterminé que c’était bien un sniper israélien qui avait tué Shireen Abu Akleh. Personne n’a jamais dû rendre des comptes, pour son assassinat.

Quelques heures avant la frappe meurtrière contre l’hôpital al-Ahli, un porte-parole de l’armée israélienne était revenu en arrière, après avoir lancé une menace d’invasion terrestre, en disant : µ« Nous nous préparons aux prochaines étapes de la guerre. Nous n’avons pas dit de quoi il s’agirait. »

« Tout le monde parle de l’offensive terrestre. Ce pourrait être quelque chose de différent »,

a déclaré Richard Hecht au cours d’un briefing avec des journalistes.

Les médias internationaux ne sont pas encore admis à Gaza, et ce point a été soulevé par le correspondant de MSNBC, Raf Sanchez, alors que, depuis Ashdod, une ville du sud d’Israël, il parlait de la frappe qui avait touché l’hôpital al-Ahli.

« L’armée israélienne, à ce point, ne fournit aucune preuve étayant ses allégations disant qu’il s’agissait d’une roquette du Djihad islamique palestinien »,

a déclaré Sanchez. Et d’ajouter que le nombre de morts à al-Ahli

« ne correspond pas à ce qu’on associerait normalement aux roquettes palestiniennes ».

« Elles ne cherchent pas à tuer des centaines de personnes en une seule frappe, comme c’est le cas des puissants engins explosifs israéliens, particulièrement ces bombes anti-bunker utilisées pour cibler les tunnels du Hamas en dessous de la ville de Gaza, et qui ont le potentiel de tuer des centaines de personnes »,

a encore ajouté Sanchez.

Le ministre de la santé de Gaza a tenu une conférence de presse avec autour de lui les corps des victimes de la frappe contre al-Ahli. En face de l’estrade, un jeune homme tenait dans ses bras le corps d’un bébé tué dans l’explosion.

Le ministre a déclaré que les victimes de la frappe étaient toutes des civils et comprenaient de nombreuses personnes déplacées qui avaient cherché la protection de l’hôpital – un point sur lequel avait insisté un travailleur médical du site en disant que c’était le seul hôpital chrétien de Gaza :

La nature des blessures a rendu compliquée l’identification des victimes, a déclaré le ministre de la santé, faisant en outre remarquer que les coordonnées de l’hôpital ont été fournies par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), lequel à son tour les a transmises à Israël.

Le correspondant d’Al Jazeera, Wael Dahdouh, a expliqué avoir vu des corps complètement démembrés et a ajouté : « Il était rare de trouver un corps complet, avec toutes ses parties. »

 

Le ministre de la santé a expliqué qu’une ligne rouge avait été franchie, dans le bombardement de l’hôpital al-Ahli, et qu’il y avait tout lieu désormais d’éprouver des craintes pour l’hôpital al-Shifa.

La Société du Croissant-Rouge de Palestine a déclaré qu’elle avait été « consternée et horrifiée par le bombardement » de l’hôpital al-Ahli. Le Croissant-Rouge a ajouté que, depuis plusieurs jours, il avait demandé à

« la communauté internationale d’intervenir en faisant des pressions sur Israël pour qu’il annule ses ordres d’évacuation à l’adresse des hôpitaux ».

Le Croissant-Rouge a encore dit que les hôpitaux de Gaza avaient reçu « de nombreuses menaces explicites » de la part de l’armée israélienne, et que son propre site médical, l’hôpital al-Quds, en avait reçu aussi.

Le Croissant-Rouge a demandé un arrêt immédiat des incessants bombardements israéliens et il a dit que le silence international « ne faisait qu’encourager de tels actes et accroissait le danger pour les vies des civils innocents ».

Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, s’est dit « horrifié » et il a fortement condamné la frappe contre al-Ahli. Toutefois, il n’a pas encore réclamé de cessez-le-feu à Gaza.

L’OMS a dit qu’elle « condamnait énergiquement l’attaque contre al-Ahli », faisant remarquer que c’était l’un des 20 hôpitaux dans le nord de Gaza « confrontés à des ordres d’évacuation émanant de l’armée israélienne ».

L’OMS d’ajouter que l’ordre d’évacuation était « impossible à appliquer » et elle a donc réclamé son annulation.

Human Rights Watch a condamné la frappe contre al-Ahli et a déclaré qu’il menait une enquête.

« Les dirigeants mondiaux doivent agir pour empêcher ces atrocités à grande échelle et de plus amples pertes en vies civiles »,

a déclaré Lama Fakih, un directeur régional de Human Rights Watch.

Médecins sans frontières a dit avoir été « horrifié » par le « bombardement par les Israéliens » de l’hôpital al-Ahli. « C’est un massacre », a déclaré l’organisation.

 

Le Hamas a expliqué que

« l’horrible massacre perpétré par l’occupation sioniste » à l’hôpital al-Ahli « est un crime de génocide qui, une fois encore, révèle la face hideuse de cet ennemi criminel et de son gouvernement fasciste et terroriste ».

Ismail Haniyeh, le chef du bureau politique du Hamas, a appelé les Palestiniens de Cisjordanie et d’Israël à se soulever et à affronter l’occupation.

Haniyeh a blâmé les EU pour avoir assuré « une couverture illimitée » à l’ennemi pour qu’il puisse perpétrer ses massacres et il a dit que les crimes de guerre actuels avaient été facilités par le silence du Conseil de sécurité de l’ONU, qui « avait refusé de condamner cette occupation et cette agression ».

« La résistance se poursuit et ne cessera pas tant que l’occupant ne quittera pas notre terre et nos lieux saints »,

a conclu Haniyeh.

Pendant ce temps, les morts de Gaza continuent à être honorés dans les médias sociaux :

 

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Maureen Clare Murphy est rédactrice en chef de The Electronic Intifada.

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Publié le 18 octobre 2023 sur The Electronic Intifada
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine


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