Le prisonnier palestinien Riyad Albustanji se voit refuser des soins de santé dans une prison italienne
Le prisonnier palestinien Riyad Albustanji — emprisonné en Italie depuis le 27 décembre 2025 en attendant son procès, en compagnie des dirigeants de la communauté palestinienne Mohammed Hannoun, Raed Dawoud et Yaser Elasaly — souffre actuellement de graves problèmes de santé. Toutefois, Albustanji, un cheikh palestinien de 60 ans, détenu dans le quartier de haute sécurité de la prison de Rossano, en Calabre, se voit systématiquement refuser soins et traitement médicaux, malgré les requêtes de visites médicales introduites par ses avocats pour son diabète, ses problèmes de prostate et d’autres problèmes physiques sérieux.

Samidoun, 11 mai 2026
Les avocats d’Albustanji, Marian Prosperi et Fausto Gianelli, ont signalé le problème de santé urgent à l’ombudsman régional italien pour les prisonniers et ont demandé une visite immédiate à l’hôpital. Ils ont adressé des requêtes directes au bureau du procureur dans l’espoir de recevoir un traitement et un examen médical en dehors de la prison. Dans une vidéo conférence où est apparu Albustanji, il a déclaré être en train de perdre la vision d’un de ses yeux ; néanmoins, on continue de lui refuser des soins médicaux, puisque les appels de ses avocats ont été ignorés et sont même restés sans réponse depuis deux mois malgré la gravité de la situation. Le membre du Parlement européen Mimmo Lucano a également rendu visite à Albustanji à la prison de Rossano et a insisté pour qu’il reçoive des soins immédiatement ; en quittant la prison, il a déclaré :
« Leur seul crime, c’est d’être palestiniens et de vouloir montrer leur solidarité avec leur peuple, victime depuis trois ans d’un génocide criminel des mains d’Israël. Leur emprisonnement est absurde et inconcevable, alors que moi aussi, je suis coupable du crime de la Palestine. »
Le Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonnier.e.s palestinien.ne.s invite instamment tous les partisans de la justice à agir en mettant la pression sur le système juridique et carcéral italien afin qu’il fournisse immédiatement des soins médicaux à Cheikh Riyad Albustanji et à tous les autres prisonniers. Cette forme de mauvais traitement et de négligence médicale est un signe dangereux de ce que l’Italie imite les tactiques de l’entité sioniste à l’égard des Palestiniens emprisonnés en raison de leur soutien à Gaza contre le génocide et à la libération palestinienne – une négligence médicale systématique et des mauvais traitements qui ont provoqué le martyre de centaines de prisonnier.e.s palestinien.ne.s dans les geôles sionistes.
Albustanji, Hannoun (le président de l’Association des Palestiniens en Italie), Dawoud et Elasaly sont en prison depuis le 27 décembre 2025, lorsque la police spéciale italienne a mené une série de raids à leurs domiciles et bureaux, raids accompagnés d’importants communiqués de presse et campagnes de promotion autour des arrestations. Les sept Palestiniens arrêtés, qui sont tous d’éminents dirigeants de la communauté palestinienne en Italie et qui sont bien connus pour leur engagement tant dans l’aide directe que dans le soutien aux Palestiniens sous occupation et dans les camps de réfugiés ainsi que dans le mouvement de masse contre le génocide sioniste et la complicité impérialiste italienne, ont été accusés de financement de la résistance palestinienne.
L’argumentation du gouvernement a déjà commencé à s’effondrer. Trois des Palestiniens arrêtés, Adel Abu Rawwa, Khalil Abu Deiah et Raed Salahat, ont été relâchés après que les tribunaux ont rejeté les « preuves » contre eux, qui s’appuyaient avant tout sur des informations douteuses des renseignements et sur des documents prétendument volés à Gaza par le régime d’occupation sioniste. À Milan, l’Association bienfaisante de solidarité avec le peuple palestinien (ABSPP) a rouvert ses bureaux il y a quinze jours après qu’un autre tribunal supérieur a estimé que l’arrestation de Hannoun s’appuyait sur la même base illégitime – les fameux documents sionistes douteux. Néanmoins, Hannoun, Dawoud, Elasaly et Albustanji restent emprisonnés, généralement dans des installations à sécurité maximale, tout en se voyant eux aussi refuser des soins médicaux.
Cette vidéo montre Falastin, la fille de Raed Dawoud, lors de la réouverture du bureau de l’ABSPP :
L’entité sioniste, les organisations sionistes et les États-Unis sont engagés depuis longtemps dans une campagne de diffamation et d’intimidation à l’encontre de l’ABSPP, cherchant ainsi à mettre à l’arrêt un courant populaire et efficace d’aide et de soutien aux Palestiniens et particulièrement à ceux qui sont confrontés au génocide à Gaza. Ceci a inclus des sanctions américaines, avec l’étiquette de « Terroriste mondial spécialement désigné », imposé à Hannoun et à l’ABSPP. En refusant aux Palestiniens une aide indépendante émanant de leur propre communauté, les EU et « Israël » gardent la capacité de contrôler l’accès à l’argent, aux vivres et aux fournitures nécessaires de base.
Hannoun, Dawoud, Elasaly et Albustanji ne sont pas les seuls prisonniers palestiniens en Italie. Anan Yaeesh, de Tulkarem, a été condamné à cinq ans et six mois de prison en Italie en janvier 2026. Accusé d’avoir soutenu la résistance palestinienne en Cisjordanie par le biais des Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, Yaeesh a transformé son procès en une plate-forme de défense du droit palestinien à résister. Entre-temps, Ahmad Salem, un réfugié palestinien né au camp de Baddawi, au Liban, a été condamné à quatre ans de prison le 19 avril 2026, accusé de « se former lui-même » en ayant fait circuler largement en public des vidéos de résistance sur son téléphone et en s’enregistrant pendant qu’il appelait les Arabes à entreprendre des actions contre le génocide impérialiste-sioniste. Il avait été arrêté au moment où son téléphone était examiné après qu’il avait demandé l’asile en Italie. Tant Yaeesh que Salem vont en appel contre ces injustices.
L’Italie n’est pas seule, dans ce domaine ; des États impérialistes, dont les États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et la Belgique, continuent d’emprisonner des Palestiniens et des activistes propalestiniens pour leurs actions en vue de mettre un terme au génocide ou même en raison de leur seule identité. Cela fait partie intégrante de la participation et direction impérialiste du génocide sioniste à l’encontre du peuple palestinien, le tout étant censé réprimer le mouvement du peuple palestinien à l’extérieur de la Palestine, c’est-à-dire en exil et dans la diaspora ainsi que le mouvement de solidarité internationale en pleine expansion. Cela fait partie du même cadre d’emprisonnement dans lequel 9 600 Palestinien.ne.s sont détenu.e.s dans les geôles sionistes en étant confrontés à des formes extrêmes de torture, de violence et d’affamement ainsi qu’à la toute nouvelle « Loi sur l’exécution des prisonniers ». Leurs conditions d’enfermement – et leur résistance – réclament le maximum de nos actions.
Le Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonnier.e.s palestinien.ne.s réclame d’urgence un traitement médical et des soins indépendants pour Cheikh Riyad Albustanji, ainsi que la libération immédiate de tou.te.s les prisonnier.e.s palestinien.ne.s dans les geôles sionistes et impérialistes. Nous réclamons la mobilisation la plus large possible pour que soient abandonnées toutes les charges contre Albustanji, Hannoun, Dawoud, Elasaly et leurs compagnons palestiniens et pour que soit assurée leur libération immédiate. Nous insistons en faveur d’une intensification du mouvement international, y compris et spécialement via l’action directe, afin d’affronter le génocide et l’agression sioniste-impérialiste en Palestine, au Liban, au Yémen, en Iran et dans toute la région, et de faire libérer tou.te.s les prisonnier.e.s palestinien.ne.s, libanais.e.s et arabes des geôles sionistes.
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Publié le 11 mai 2026 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine




