Le régime sioniste adopte la peine de mort raciste
L’introduction de la peine de mort pour les futurs prisonniers pousse plus loin encore cette réalité horrible qui a déjà vu des centaines de Palestiniens tués à l’intérieur et elle procure désormais un mécanisme officiel pour leur meurtre approuvé par l’État.

Des femmes palestiniennes dans un rassemblement pour les prisonniers en 2014 à Gaza. (Photo: joegaza/CC BY-NC 2.0)
Louis Brehony, 6 avril 2026
Des images révoltantes de politiciens génocidaires s’abreuvant de champagne pour célébrer la légalisation des exécutions de prisonniers palestiniens dénoncent une fois de plus la barbarie de l’entité sioniste. La condamnation timide de la part des politiciens travaillistes britanniques était prévisible, mais révélatrice. En réintroduisant le gibet, l’occupation sioniste puise à nouveau son inspiration dans les méthodes violentes de l’impérialisme britannique.
Après des années de campagne du ministre de la sécurité Itamar Ben-Gvir et d’autres politiciens fascistes, le 30 mars a assisté à l’adoption parlementaire de la Loi pénale (Amendement n° 159 – Peine de mort pour les terroristes) par la Knesset (parlement) israélienne.
La loi signifie que les Palestiniens condamnés pour « actes de terrorisme » dans les tribunaux militaires de l’occupation seront automatiquement confrontés à la pendaison dans les 90 jours. Les prisonniers condamnés à mort en Cisjordanie occupée ne bénéficieront d’aucun appel ni d’aucune clémence et seront détenus dans des installations séparées, sans visites en face à face avec un avocat. Symbolisée par un badge en forme de nœud coulant fièrement arboré par Ben-Gvir, l’option préférée du régime est la mort par pendaison. L’injection létale et l’électrocution ont également été proposées comme alternatives.
La brutalité carcérale et la fourberie impérialiste
Plus d’une centaine de prisonniers ont été tués à l’intérieur des geôles israéliennes depuis octobre 2023. Le vote du 30 mars à la Knesset fournit désormais une couverture juridique à de nouveaux meurtres.
Ben-Gvir a passé des mois à visiter les camps de torture du régime et des vidéos le montrent en train d’humilier des prisonniers palestiniens enchaînés et ligotés, de glorifier le système carcéral et de prétendre que les exécutions dissuaderaient la résistance. À la veille de la célébration au champagne de Bel-Gvir dans le hall de la Knesset, les puissances impérialistes soutenant le génocide sioniste contre la Palestine et le Liban sont restées silencieuses ou ont faiblement exprimé leur « profonde inquiétude », comme ç’a été le cas dans la déclaration commune de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne et de l’Italie. « L’adoption de cette loi », ont prétendu ces pays, « risquerait de saper les engagements d’Israël vis-à-vis des principes démocratiques ». Il n’y a pas eu la moindre menace de sanction de la part d’un seul de ces États impérialistes.
Les « principes démocratiques » du sionisme et de ses partisans sont très visibles dans le viol, la torture, l’affamement, la négligence médicale et le meurtre de prisonniers politiques palestiniens. Avant l’adoption de la Loi pénale, les accusations contre les cinq réservistes de l’armée israélienne qui ont brutalisé et violé les détenus au camp de concentration de Sde Teiman ont été abandonnées, les seules accusations restantes étant celles à l’encontre de l’ancien fonctionnaire militaire qui avait laissé circuler les vidéos. Des méthodes de torture courantes incluent le viol par des chiens ou avec des bouteilles, des barres métalliques et des couteaux, des tabassages sévères visant délibérément à rompre les os et casser les dents, des positions de stress extrême, la privation de sommeil, le bruit et la température portés à des extrêmes, et les humiliations rituelles.
Dans un rapport publié le 26 mars, la rapporteuse spéciale des Nations unies, Francesca Albanese, mettait en garde en disant que la torture était devenue une « doctrine d’État ». Le système carcéral était devenu un « laboratoire de la cruauté calculée » et
« ce qui opérait jadis dans l’ombre se pratique désormais ouvertement : un régime d’humiliation, de douleur et de dégradation organisées approuvé aux plus hauts niveaux politiques ».
Plus de 18 500 Palestiniens ont été arrêtés, depuis octobre 2023, dont plus de 1 500 enfants.
L’introduction de la peine de mort pour les futurs prisonniers pousse plus loin encore cette réalité horrible qui a déjà vu des centaines de Palestiniens tués à l’intérieur et elle procure désormais un mécanisme officiel pour leur meurtre approuvé par l’État.
Bien que la pendaison, comme The Guardian et d’autres médias pro-impérialistes s’efforcent de le souligner, ait été utilisée la dernière fois par les juges israéliens lors de l’exécution du nazi Adolf Eichmann en 1962, leur affirmation disant que « Israël a rarement eu recours à la peine de mort en ne l’appliquant que dans des cas exceptionnels », elle sonne creux à la lumière des exécutions extrajudiciaires répétées de prisonniers et d’opposants politiques. Qu’étaient les décès des prisonniers Walid Daqqah et Omar Daraghmeh par négligence médicale et par torture sinon des exécutions ? De Ghassan Kanafani et Abu Ali Mustafa à Cheikh Ahmad Yassin et Sayyed Hassan Nasrallah, le sionisme a exécuté des personnalités de la résistance sans avoir recours le moins du monde à la « légalité ».
Torture et exécution – la méthode britannique
Le vote du 30 mars a débouché sur des protestations dans toute la Palestine occupée ainsi que dans les camps du Liban et ailleurs. Alors qu’il manifestait à al-Bireh, près de Ramallah, l’ancien prisonnier politique Rabah Jaber a déclaré :
« Son but est la vengeance contre le peuple palestinien, afin d’intimider nos combattants de la résistance et les décourager de continuer de résister à l’occupation. Cette loi ne dissuadera pas notre peuple de résister, mais elle fera plutôt venir à l’esprit la loi sur les exécutions adoptée par le Mandat britannique et appliquée lors de la Grande Révolte palestinienne des années 1930. »
Lors de la Révolte de 1936-1939, l’occupation britannique avait tué plus de 5 000 Palestiniens. Des tribunaux militaires avaient été établis afin d’expédier rapidement la situation de révolte et les gens accusés de posséder des armes avaient été condamnés à la peine de mort par pendaison – 54 d’entre eux furent menés au gibet dans la seule année 1938. Un grand nombre de membres de l’armée coloniale de l’époque, dont le haut commissaire Arthur Wauchope, étaient venus directement après avoir joué un rôle dans la contre-insurrection en Irlande occupée. Au nombre des tactiques répressives utilisées par Wauchope figurait ce que les responsables britanniques appelaient ouvertement les « camps de concentration ». En 1939, la Grande-Bretagne en avait installé 13, marquant ainsi le point de départ des opérations de nettoyage ethnique de 1948.
Lorsque l’actuelle secrétaire aux Affaires étrangères Yvette Cooper prétend que la position de la Grande-Bretagne est aujourd’hui celle-ci : « La peine de mort est une erreur et nous nous y opposons dans le monde entier », elle ment. Son collègue travailliste et membre de cabinet David Lammy a célébré l’assassinat de Nasrallah en 2024. Un autre, Ed Miliband, avait soutenu l’assassinat extrajudiciaire du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi en 2011. Cooper a continué de suivre la position britannique de soutien au génocide sioniste à Gaza, lequel a tué plus de 100 000 Palestiniens. Il serait impossible pour l’État sioniste de continuer à appliquer son régime carcéral meurtrier sans le soutien inconditionnel de la Grande-Bretagne et de ses autres partisans impérialistes.
En réponse à la décision de la Knesset, le porte-parole du Hamas Abu Obeida a fait remarquer les succès passés récoltés par la résistance en faisant libérer les prisonniers politiques palestiniens des camps de torture sionistes. Il avait appelé les gens qui s’opposaient à l’invasion israélienne du Liban, « les héros du Hezbollah, à multiplier leurs efforts en vue de capturer des soldats sionistes dans le but de libérer les prisonniers palestiniens et arabes des prisons de l’occupation ». Le 31 mars, une déclaration commune des factions de la résistance palestinienne appelait « les jeunes révolutionnaires de Cisjordanie, d’al-Qods, de notre terre occupée en 1948 et de la diaspora à déclencher une révolution populaire en recourant à tous les moyens et outils possibles » afin de s’opposer à cette volonté de tuer encore plus de prisonniers.
Exprimant le caractère urgent du moment, le Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonniers palestiniens a appelé toutes les personnes solidaires avec la Palestine de passer immédiatement à l’action :
« C’est le moment de mondialiser l’intifada, de descendre dans les rues en mobilisant massivement et en passant à l’action directe, en se soulevant pour les prisonniers qui sacrifient leur liberté et leurs vies pour la libération de la Palestine et la défense de l’humanité. Il nous incombe de nous organiser et d’agir pour sauver les vies des prisonniers et les libérer des horreurs de la captivité, et ce, dans un soulèvement pour les prisonniers, non seulement en Palestine mais partout dans le monde. »
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Publié le 6 avril 2026 sur The Revolutionnary Communist group
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine
Lisez également : Appel à l’action contre la « Loi sur l’exécution des prisonniers » en Palestine occupée : Mondialisons l’Intifada !
Soyez présent.e.s aux actions
Ce samedi 11 avril à Charleroi :

Samedi 17 avril, Journée internationale de soutien aux prisonniers palestiniens, à Bruxelles

Mardi 7 avril 2026, des membres de Charleroi pour la Palestine ont brandi des panneaux contre le génocide dans les prisons israéliennes ainsi que des photos de Walid Daqqah, à l’occasion du deuxième anniversaire de son martyre.

Une action avait aussi eu lieu sur le pont de la Sambre le vendredi 4 avril 2026.






