Ils ne peuvent pas exécuter la résistance palestinienne : Samidoun dénonce la nouvelle loi sioniste qui vise les prisonniers du Déluge d’Al-Aqsa

C’est dans les termes les plus virulents possibles que le Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonnier.e.s palestinien.ne.s dénonce la toute nouvelle loi portant sur les exécutions génocidaires votée par la Knesset sioniste le 12 mai 2026 et qui cible les combattants emprisonnés du Déluge d’Al-Aqsa.

 

Ils ne peuvent pas exécuter la résistance palestinienne : Samidoun dénonce la nouvelle loi sioniste qui vise les prisonniers du Déluge d'Al-Aqsa

 

Samidoun, 14 mai 2026

Adoptée à une majorité de 93 voix – plus importante encore que pour la fameuse « Loi sur l’exécution des prisonniers » adoptée le 30 mars dernier – cette toute récente loi raciste et coloniale constitue une nouvelle escalade dans le génocide en cours perpétré par la régime sioniste contre le peuple palestinien, qui inclut le génocide commis derrière les barreaux contre les prisonnier.e.s palestiniens.ne.s.

La loi vise spécialement quelque 250 combattants supposés de la résistance palestinienne originaires de Gaza et catalogués par l’occupation comme prisonniers « Nukhba », dont un grand nombre sont détenus dans la tristement célèbre section Rakevet de la prison de Ramle et ce, dans des conditions de torture systématique, d’affamement, d’isolement et de violences en tout genre. En même temps, cette législation fait partie d’une campagne plus large qui vise plus de 1 400 Palestiniens de Gaza enlevés en emprisonnés depuis octobre 2023, dont beaucoup ont disparu dans des camps de torture comme Sde Teiman et d’autres centres de détention secrets où l’occupation a tenté de dissimuler ses crimes aux regards du monde.

Les familles des combattants du 7 octobre 2023 ne savent pas si leurs fils sont des prisonniers ou des martyrs : leur sort a été caché au monde. Il convient également de faire remarquer qu’il est probable que, parmi ceux qui ont été emprisonnés en tant que combattants de la résistance, figurent des civils palestiniens de Gaza entrés en Palestine 1948 occupée au moment où l’opération Déluge d’Al-Aqsa, menée par les Brigades Izz el-Din al-Qassam et les organisations sœurs de la résistance palestinienne a franchi les frontières imposées par le colonisateur et a ouvert les clôtures et les passages vers la Palestine occupée.

Cette loi établit des cours martiales sionistes publiques à al-Qods (Jésuralem) occupée, prévues non pas pour rendre la justice mais pour mettre en scène des semblants de procès destinés à criminaliser la résistance palestinienne face à l’opinion publique internationale. Elle rejette les règles de base de la procédure et des preuves, légitime les témoignages et « confessions » arrachés sous la torture et intronise ouvertement la torture comme base légale de condamnation et d’exécution. Ces cours ne sont pas des cours de justice ; ce sont des instruments de terreur coloniale et de génocide, créés pour inventer des sentences de mort à l’encontre des combattants palestiniens pour la liberté. Bien sûr, cela n’a rien de neuf. Quotidiennement, les Palestiniens emprisonnés – y compris au moins 700 enfants palestiniens chaque année – sont confrontés aux tribunaux militaires sionistes qui, de façon routinière, s’appuient sur la torture et agissent ouvertement comme une arme aux mains des forces d’occupation génocidaires. Toutefois, désormais, les tribunaux militaires sont sortis des ténèbres des prisons coloniales pour faire avaler un discours factice au public international et sioniste.

Le régime sioniste cherche à inverser la réalité et à déformer l’image de la résistance. Dans l’une de ces inversions coloniales les plus scandaleuses, l’entité sioniste génocidaire a l’intention d’accuser les combattants de la résistance palestinienne de « génocide », entre autres crimes, alors qu’en réalité, ce sont eux les victimes d’un génocide, qu’ils ont été amenés à résister par plus de 78 années d’occupation et de colonisation. Les combattants emprisonnés du Déluge d’Al-Aqsa sont des combattants de la résistance engagés dans le combat légitime d’une peuple occupé qui affronte le colonialisme de peuplement, l’apartheid, l’occupation et le génocide. En vertu du droit international, les peuples occupés ont le droit de résister à une domination coloniale et à une occupation étrangère par tous les moyens disponibles – et la Cour pénale internationale et toutes les autres institutions internationales et cours ont la responsabilité de tenir les dirigeants politiques et les fonctionnaires de l’occupation pour responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité – et, avant toute chose, de génocide.

Aucun tribunal colonial raciste, aucune loi génocidaire et aucune puissance impérialiste ne peuvent effacer cette réalité fondamentale : Les combattants qui ont entrepris la grande traversée le 7 octobre 2023 sont des héros aux yeux du peuple palestinien et aux yeux de tous les citoyens du monde qui défendent la justice et la dignité humaine contre le sionisme et contre l’impérialisme. Avec leur foi profonde, leur amour pour leur peuple et pour la Palestine, ils ont entrepris leur mission et se sont préparés au martyre afin d’entamer une nouvelle phase de la lutte.

L’époustouflante offensive tactique du Déluge d’Al-Aqsa a abasourdi l’armée sioniste et a montré au monde que son réseau de renseignements si vanté pouvait en fait être vaincu par la résistance ; l’armée sioniste a répondu avec confusion et incompétence, puis a appliqué la « directive Hannibal », bombardant aussi bien les combattants de la résistance que les groupes d’« Israéliens » afin d’empêcher les prisonniers d’être capturés par la résistance en vue d’être échangés. L’armée sioniste a tiré des obus de char et des missiles de ses hélicoptères Apache sur les kibboutzim et les personnes qui assistaient au festival musical. Elle a révélé son incapacité du début à la fin, alors que la résistance palestinienne menait une opération militaire planifiée en ciblant les principales bases militaires, en détruisant les ressources des renseignements et en capturant des soldats et des colons en vue des échanges de prisonniers. Le 7 octobre, le Déluge d’Al-Aqsa a prouvé qu’il était en effet possible pour la Palestine de se libérer du sionisme et de libérer la région tout entière de l’impérialisme dirigé par les États-Unis en compagnie de leurs partenaires en Grande-Bretagne, au Canada, en France, en Allemagne et dans d’autres pays de l’UE.

Non seulement, l’entité sioniste et les puissances impérialistes ont déclenché ouvertement une offensive génocidaire contre le peuple palestinien, particulièrement à Gaza, avouant ainsi leur engagement à vouloir oblitérer l’existence des Palestiniens, mais elles ont également lancé une vaste campagne de propagande comprenant des films hollywoodiens, des expositions dans des musées et soutenue par leurs propres bombes et armements, afin de déformer l’image de la résistance et de masquer les crimes de l’entité même. Cette campagne a inclus des accusations sans fondement répétées puis démystifiées de viols massifs et de violences sexuelles à l’encontre des civils israéliens, alors qu’en réalité, ce sont les prisonniers palestiniens qui sont soumis à des violences sexuelles systématiques soutenues par l’État, y compris à l’aide d’outils divers et par des animaux. Toute tentative de tenir les soldats de l’occupation pour responsables de cette violence sexuelle a été accueillie à la fois par les infamantes émeutes défendant le « droit de viol » et par l’accueil à bras ouvert des accusés au sein de l’armée par le ministre sioniste de la guerre, Israël Katz. Les simulacres de procès créés par cette loi sont une tentative une fois de plus de faire avaler au monde cette campagne de calomnie ratée contre la résistance palestinienne, tout en éludant les questions mêmes du public sioniste à propos de l’incapacité de l’armée et des services de renseignement de détecter ou d’arrêter le Déluge d’Al-Aqsa.

En réalité, cette législation fait partie intégrante du génocide en cours contre le peuple palestinien à Gaza et dans toute la Palestine occupée. Alors que l’occupation massacre des dizaines de milliers de personnes, détruit des hôpitaux, des écoles et des camps de réfugiés, impose la famine et l’état de siège et assassine les dirigeants, journalistes, médecins et enfants palestiniens, elle cherche désormais à officialiser les exécutions judiciaires des combattants de la résistance emprisonnés. Pendant longtemps, l’occupation a appliqué l’assassinat et le martyre des prisonniers via la torture, la négligence médicale, l’affamement et les violences en tout genre. Cette loi cherche à normaliser et à institutionnaliser ces crimes sous le couvert de la légalité coloniale.

Les conditions affrontées par les prisonniers palestiniens originaires de Gaza à Rakevet, Sde Teiman et autres centres de torture dénoncent la réalité du régime carcéral sioniste. Les survivants et les détenus relâchés ont témoigné de l’horreur des tortures, des séances de coups, de la violence sexuelle, de l’électrocution,de l’affamement, du refus de soins médicaux, de la mise aux fers pendant des périodes prolongées, de l’humiliation, de la violence psychologique. De nombreux prisonniers palestiniens enlevés de Gaza ont déjà perdu la vie dans les prisons et camps de l’occupation depuis octobre 2023, alors que l’occupation continue de taire les noms et les conditions d’un grand nombre de détenus à leurs familles et au peuple palestinien en général. Il y a environ 1 400 Palestiniens de Gaza parmi les 9 600 prisonniers palestiniens détenus dans d’horribles conditions à l’intérieur des geôles sionistes.

Ces crimes ne sont pas commis par la seule entité sioniste. Les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France et d’autres puissances coloniales arment, financent, défendent et protègent politiquement le régime d’occupation, et ces puissances impérialistes portent une responsabilité directe dans ces crimes. Non seulement les puissances impérialistes sanctionnent et criminalisent les organisations de résistance, mais elles arrêtent, emprisonnent et poursuivent également leurs propres concitoyens et résidents parce qu’ils expriment leur soutien à la résistance palestinienne, elles cherchent à saper la résistance en criminalisant toute expression de solidarité – dans le cadre de la même guerre matérielle et narrative.

Cette loi, à l’instar de la Loi parallèle sur l’exécution des prisonniers, reflète aussi la crainte profonde de l’occupation envers les accords d’échange de prisonniers et du rôle central des prisonniers palestiniens dans la lutte de libération. Une fois encore, elle cherche à déclarer que ces « prisonniers Nukhba » ne seront jamais libérés par un échange de prisonniers mené par la résistance palestinienne. Toutefois, les échanges de prisonniers n’ont jamais fait l’objet d’une loi mais, au lieu de cela, ils ont existé en dehors de la loi comme étant des questions urgentes de sécurité. Les prisonniers palestiniens ont toujours été aux toutes premières lignes de front de la résistance et les échanges de prisonniers imposés via la résistance ont brisé à maintes reprises les tentatives de l’occupation en vue d’enterrer vifs les combattants palestiniens dans ses prisons – et cette loi ne sapera jamais l’engagement de la résistance envers ses combattants emprisonnés.

Les héroïques prisonniers palestiniens, libanais, syriens et arabes, hommes et femmes, dans les prisons de l’ennemi sioniste, resteront un symbole de dignité, d’honneur et de fierté pour le peuple palestinien et pour tous les citoyens libres du monde. Ils restent le fer de lance de la résistance et de la Palestine dans chaque confrontation. L’ennemi, ses dirigeants sadiques et ses tribunaux coloniaux illégitimes ne les dépouilleront jamais de leur statut de combattants de la liberté et de dirigeants de la lutte de libération de la Palestine.

Le Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonnier.e.s palestinien.ne.s insiste sur le fait que cette loi est une déclaration illégitime proférée par une entité illégitime. Nous appelons toutes les personnes dotées d’une conscience, les mouvements, les organisations et les forces qui luttent pour la libération à l’échelle mondiale d’intensifier leurs actions – de mondialiser l’intifada – en guise de défense des prisonniers palestiniens et du peuple palestinien.

Nous appelons :

* à l’isolement international complet de l’entité sioniste et de toutes ses institutions, y compris la « Knesset », les tribunaux et le système juridique, les mécanismes de l’occupation coloniale ;

* à intensifier l’action directe, la mobilisation massive et la confrontation populaire avec le sionisme et l’impérialisme partout dans le monde ;

* à poursuivre et juger les dirigeants et soldats de l’occupation sioniste et tous les responsables impérialistes complices de génocide, de torture, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, et à intensifier tous les efforts juridiques, officiels et populaires, en vue d’imposer cette responsabilité devant les tribunaux nationaux et internationaux ;

* à défendre le droit du peuple palestinien à résister à l’occupation et au colonialisme ;

* à fermer immédiatement les camps de torture et les prisons, dont Sde Teiman et Rakevet ;

* à libérer tou.te.s les prisonnier.e.s palestinien.ne.s des prisons sionistes, impérialistes et réactionnaires.

 

La lutte pour la libération des prisonniers palestiniens est indissociable de la lutte pour libérer la Palestine même du fleuve à la mer. Aucune loi d’exécution, aucune prison, aucun camp de torture et aucun tribunal colonial ne vaincra la résistance ni n’éteindra la lutte du peuple palestinien pour son retour et sa libération.

Liberté pour tou.te.s les prisonnier.e.s palestinien.ne.s !

Gloire aux martyr.e.s !

Victoire pour la résistance !

Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre !

 

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Publié le 14 mai 2026 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

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