Libérez Mazid Saqf al-Hait ! L’Autorité palestinienne doit mettre un terme à ses persécutions politiques et à sa répression !

Les persécutions à l’encontre de Mazid Saqf al-Hait ne datent pas d’hier. Des années d’arrestations, de persécutions, de scènes de coups et de mauvais traitements supposés ainsi que de poursuites à propos de ses positions politiques révèlent un modèle de répression qui doit cesser.
   

« Libérez Mazid Free All » : Mazid Saqf al-Hait, détenu actuellement au Centre de rééducation et de réadaptation Barghasha, à Jénine. L'organisation Avocats pour la justice a réclamé une intervention urgente avant que ne se détériore son état de santé.

« Libérez Mazid Free All » : Mazid Saqf al-Hait, détenu actuellement au Centre de rééducation et de réadaptation Barghasha, à Jénine. L’organisation « Avocats pour la justice » a réclamé une intervention urgente avant que ne se détériore son état de santé.

 

Samidoun, 8 août 2026

La vie de l’activiste politique palestinien Mazid Saqf al-Hait est en danger, vu qu’il reste détenu dans une prison de l’Autorité palestinienne. Avocats pour la justice fait savoir qu’on lui refuse l’accès à des soins médicaux appropriés, qu’il est soumis au confinement solitaire et empêché d’avoir accès aux tribunaux et à une commission médicale spécialisée, malgré son très mauvais état de santé. Son cas n’a rien d’un incident isolé, mais se présente après des années d’arrestations, de persécutions et de poursuites à propos de ses positions politiques et de ses critiques à l’égard des mesures de l’Autorité palestinienne. Samidoun réclame sa mise en liberté et la cessation immédiate de toute détention politique et répression en Cisjordanie occupée.

L’organisation palestinienne Avocats pour la justice a émis un appel urgent e vue de protéger la vie et la sécurité de l’activiste politique palestinien Mazid Saqf al-Hait, actuellement détenu au Centre de rééducation et de réadaptation Barghasha à Jénine, mettant en garde contre son état de santé très grave et les violations permanentes de ses droits à des soins de santé, à un procès équitable et à la dignité humaine.

Selon des informations émanant de ses avocats et de sa famille, l’état de santé de Mazid est particulièrement préoccupant. Il a été arrêté à l’intérieur de l’Hôpital spécialisé de Naplouse après avoir fait un accident vasculaire cérébral et il a été transféré ensuite au centre de détention Barghasha à Jénine. Ce transfert a été utilisé depuis lors pour l’empêcher d’assister aux audiences du tribunal. En outre, les check-points et les blocages routiers de l’occupation israélienne et la prétendue impossibilité de le transporter entre Jénine et Naplouse sont également cités comme raisons d’empêcher sa comparution, ce qui le prive directement de son droit à se défendre et à avoir un procès équitable.

Mazid a également déclaré avoir été placé en confinement solitaire en plusieurs occasions sans la moindre justification légale et s’être vu refuser les soins de santé, traitement et médicaments appropriés et requis par sa situation médicale. Sa famille a demandé qu’il soit examiné par une commission médicale spécialisée afin de déterminer si sa santé permet que l’on poursuive sa détention ou s’il convient de suspendre cette dernière ou s’il est nécessaire de le libérer afin qu’il puisse recevoir le traitement nécessaire. Selon sa famille, l’administration carcérale a également fait obstruction à cette procédure en citant une fois de plus l’impossibilité de le transporter auprès de la commission médicale à Naplouse en raison des check-points de l’occupation israélienne.

Par conséquent, voici un détenu palestinien en très mauvaise situation de santé à qui l’on refuse l’accès régulier tant aux tribunaux qu’aux spécialistes médicaux censés évaluer sa santé, dans le même temps que l’Autorité palestinienne continue de le tenir emprisonné malgré des mises en garde répétées à propos des risques pour sa santé et sa vie même.

Mais ce que vit aujourd’hui Mazid Saqf al-Hait ne peut être traité comme un cas isolé ni comme un simple problème administratif. Depuis des années, il subit des arrestations répétées, des persécutions et des procédures judiciaires relatives à ses positions politiques et à ses critiques à l’égard de l’Autorité palestinienne.

En janvier 2023, Mazid était arrêté par les forces sécuritaires de l’Autorité palestinienne. Lors d’une comparution au tribunal, il a déclaré avoir été battu et soumis à des mauvais traitements alors qu’il était détenu. En mai 2024, il était de nouveau arrêté après que les forces de sécurité avaient fait irruption chez lui. Avocats pour la justice a expliqué qu’il avait été battu à coups de crosse de fusil sous les yeux de sa femme et de ses enfants.

Les persécutions se sont poursuivies tout le reste de cette année. En octobre 2024, Mazid était de nouveau arrêté – sa troisième arrestation de l’année, selon Avocats pour la justice – pour des raisons relatives à ses positions politiques et aux critiques qu’il formulait. Il était poursuivi sur des charges incluant « insultes – prétendues – aux autorités supérieures », ainsi que pour des critiques qu’il avait exprimées par le biais des médias électroniques.

En décembre 2025, Mazid était une nouvelle fois arrêté par les Services généraux de renseignement de l’Autorité palestinienne, quelques jours seulement après avoir introduit un appel devant la Cour constitutionnelle palestinienne dans lequel il contestait le décret présidentiel instaurant une commission chargée de rédiger une constitution provisoire. Avocats pour la justice avait mis en garde à l’époque contre la gravité de ce qu’impliquait la poursuite d’un activiste politique après que celui-ci s’était servi d’un mécanisme légal pour contester une décision présidentielle. L’organisation des avocats faisait remarquer en outre que la détention de Mazid avait des motivations politiques.

Les persécutions judiciaires se sont poursuivies en 2026. En mai, le tribunal du magistrat de Naplouse le condamnait à une année de prison pour une affaire relative à ses messages sur les médias sociaux, à ses opinions politiques et à ses critiques à l’encontre des responsables de l’Autorité palestinienne. Les organisations palestiniennes des droits humains condamnaient la sentence et exigeaient que soit mis un terme aux poursuites visant la liberté d’opinion et d’expression.

Même au cours de sa détention actuelle, Mazid a été déféré devant un tribunal sur base d’un rapport sorti par la police au centre de détention de Barghasha et prétendant qu’il avait dit à un autre détenu que « le président Mahmoud Abbas est illégitime et le président est soumis à la loi ». Il a été accusé « d’avoir insulté les autorités supérieures ». Le tribunal du magistrat de Jénine l’a ensuite acquitté de cette accusation, confirmant qu’il n’existait pas de base juridique pour le poursuivre dans cette affaire.

« Les persécutions à l’encontre de Mazid Saqf al-Hait ne datent pas d’hier. Des années d’arrestations, de persécutions, de scènes de coups et de mauvais traitements supposés ainsi que de poursuites à propos de ses positions politiques révèlent un modèle de répression qui doit cesser. »

 

La répression politique par l’Autorité palestinienne doit cesser

Samidoun considère que le cas de Mazid Saqf al-Hait fait partie d’un modèle bien plus large d’arrestations politiques, de convocations, de persécutions et de répression menées par les forces sécuritaires de l’Autorité palestinienne à l’encontre des activistes, personnes en lutte, combattants de la résistance, étudiants, journalistes et voix dissidentes dans toute la Cisjordanie.

La détention politique ne peut être normalisée, pas plus qu’exprimer des positions politiques, soutenir la résistance palestinienne ou critiquer les dirigeants de l’Autorité palestinienne ne peuvent être transformés en motifs de persécutions, d’emprisonnement et de poursuites.

Cette politique est bien plus dangereuse encore en cette période actuelle. Alors que le génocide à Gaza se poursuit et que l’occupation sioniste intensifie son offensive coloniale dans toute la Cisjordanie occupée par le biais de raids militaires, d’assassinats, d’arrestations massives, de démolitions de maisons, d’expansion des colonies, d’attaques de colons et de déportations forcées, les forces sécuritaires de l’Autorité palestinienne continuent de consacrer leurs ressources à poursuivre les Palestiniens en raison de leurs positions politiques, de leurs critiques à l’encontre de la direction de l’AP et, dans de nombreux cas, de leur soutien à la résistance.

La détention politique n’est pas seulement une collection d’« erreurs » individuelles ou d’abus isolés. Elle fait partie d’un appareil politique et sécuritaire développé dans le cadre des accords d’Oslo et entretenu via la coordination sécuritaire avec l’occupation et la persécution des forces de la résistance et des activistes politiques. Dans une période où l’armée d’occupation envahit les villes, camps de réfugiés et villages palestiniens, il ne peut y avoir de justification à ce que les forces sécuritaires palestiniennes emprisonnent et poursuivent des Palestiniens en raison de leurs positions politiques ou de leurs activités dans la résistance.

L’Autorité palestinienne doit immédiatement mettre un terme à cette politique. Les prisonniers politiques palestiniens doivent être libérés. Les persécutions à l’encontre des activistes, des combattants de la résistance et des dissidents doivent cesser. La coordination sécuritaire avec l’occupation doit cesser elle aussi.

Dans le cas de Mazid Saqf al-Hait, il y a également une urgence médicale immédiate. Avocats pour la justice a exigé qu’il reçoive sans délai des soins médicaux complets et tous les médicaments nécessaires, qu’une enquête indépendante soit ouverte sur les circonstances de sa détention, de son confinement solitaire et du refus de traitement dont il fait l’objet, qu’il soit transféré à Naplouse afin que lui soit garanti l’accès aux tribunaux et aux services médicaux spécialisés, et qu’il comparaisse d’urgence devant la commission médicale appropriée afin de déterminer si sa santé permet la poursuite de sa détention.

Samidoun tient l’Autorité palestinienne pour responsable de la sécurité physique de Mazid et de la garantie de son accès immédiat au traitement médical nécessaire. Les check-points et les blocages routiers de l’occupation israélienne ne peuvent être utilisés comme des excuses pour tenir un prisonnier palestinien malade à l’écart d’un traitement médical alors que l’autorité qui le détient continue de mener depuis des années une campagne de persécution à l’encontre de ses positions politiques.

Liberté pour Mazid Saqf al-Hait et pour tous les prisonniers politiques détenus dans les prisons de l’Autorité palestinienne. La persécution des combattants de la résistance, des activistes et des dissidents doit cesser, et la coordination sécuritaire avec l’occupation doit cesser elle aussi. Les prisons palestiniennes ne peuvent devenir une seconde prison pour un peuple qui vit déjà sous occupation, sous colonisation, sous état de siège et sous emprisonnement.

Libérez Mazid ! Libérez tous les prisonniers politiques palestiniens !

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Publié le 8 août 2026 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

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