De Sabra et Chatila à Gaza : La résistance protège le peuple du génocide
Aujourd’hui, nous commémorons le 44e anniversaire du massacre de Sabra et Chatila qui a ciblé des camps de réfugiés palestiniens à Beyrouth, au Liban, du 16 au 18 septembre 1982. Le massacre a emporté les vies de milliers de Palestiniens et de Libanais des mains de l’alliance génocidaire de l’impérialisme américain, du sionisme et des forces ultra-réactionnaires arabes. C’est la même triade meurtrière qui est responsable du génocide en cours actuellement de Gaza au Sud-Liban.

Samidoun, 17 septembre 2026
Le massacre a été perpétré par la milice phalangiste libanaise fasciste, qui opérait sous la direction politique et militaire de l’entité sioniste qui occupait le Liban à l’époque, entourant les camps de toutes parts et tirant en l’air pour éclairer le ciel nocturne au profit des auteurs du massacre. Les victimes ont été les habitants de Sabra et de Chatila, des hommes, des femmes, en enfants et des personnes âgées.
44 ans plus tard, nous nous souvenons des martyrs et les honorons, nous réclamons justice et responsabilisation pour les auteurs et nous réaffirmons qu’il ne peut y avoir de vraie justice qu’avec la libération de la Palestine du fleuve à la mer et la libération du Liban des forces d’occupation sionistes et de l’hégémonie de l’impérialisme américain.
Pour comprendre la signification et l’ampleur des événements, il est nécessaire que nous nous souvenions de leur contexte. Après une première tentative en 1978, les FOI ont envahi le Liban une deuxième fois en juin 1982. Les sionistes ont encerclé Beyrouth-Ouest et assiégé le quartier général de l’OLP. L’un des objectifs de l’opération était de chasser la résistance palestinienne du Liban. À l’époque, le Liban était le centre de la révolution palestinienne, puisque les Palestiniens en exil organisaient leur lutte de libération en divers endroits, à l’intérieur et à l’extérieur de leur patrie occupée.
À la mi-août 1982, en réponse à la crise et au moment des promesses des envoyés internationaux de garantir la sécurité des civils palestiniens des camps de réfugiés du Liban, l’OLP avait accepté de retirer les combattants de la résistance palestinienne et leurs armes du Liban et de faire s’en aller leurs chefs pour Tunis. En réponse aux fausses promesses, la révolution palestinienne, sa résistance et ses armes avaient accepté le « désarmement ».
L’évacuation de l’OLP eut lieu du 21 août au 1er septembre 1982, quand les combattants de la résistance quittèrent le Liban pour Tunis. Quelques jours après le retrait des défenseurs des camps, suivi de près de l’assassinat du dirigeants phalangistes Bachir Gemayel par le Parti social-nationaliste syrien (SSNP), les forces d’occupation israéliennes et leurs alliés phalangistes envahirent Beyrouth et encerclèrent le camp de réfugiés de Chatila qui, à la date du 15 septembre 1982, n’hébergeait pratiquement plus que des femmes, des enfants et des personnes âgées.
Les forces « israéliennes » installèrent des check-points à chaque entrée du camp, bloquant ainsi la sortie des civils palestiniens et contrôlant tous les points d’entrée. Sous la bénédiction des forces sionistes, les milices fascistes pénétrèrent dans le camp et procédèrent au massacre de milliers de réfugiés palestiniens laissés là sans leurs combattants de la résistance et leurs armes d’autodéfense et de libération nationale.
Jusqu’à 4 000 Palestiniens et Libanais furent massacrés, dont de nombreux bébés et personnes âgées. Bien des victimes sont toujours portées manquantes aujourd’hui. La violence de l’attaque fut insupportable : torture, viols, enfants abattus de sang-froid. Les forces sionistes s’arrangèrent pour que plus d’agresseurs puissent entrer tout en interdisant la fuite hors de la zone du moindre résident palestiniens ou libanais.
Les gens du camp, des femmes, des personnes âgées, des enfants, résistèrent avec de petites armes, avec leurs corps et leur seul souffle.
Les massacres de Sabra et de Chatila ne furent pas un acte de violence aléatoire commis par une milice. Ils ne furent pas un simple incident de sectarisme violent, ils restent une représentation de la façon dont un conflit sectaire ne profite qu’au sionisme et à l’impérialisme. Le massacre fut un élément central dans l’invasion sioniste du Liban soutenue par les EU, qui ravit jusqu’à 30 000 vies et sous laquelle le Sud-Liban resta occupé jusqu’au 25 mai 2000, lorsqu’il fut libéré par la Résistance libanaise dirigée par le Hezbollah.
Les massacres se voulaient un acte de génocide destiné à débarrasser le Liban de sa population palestinienne et facilité par les mêmes forces responsables de la Nakba en cours et de l’accélération du nettoyage ethnique génocidaire auquel nous sommes confrontés aujourd’hui en Palestine, particulièrement à Gaza et en Cisjordanie, ainsi qu’au Liban.
De Deir Yasin et d’al-Lid à Gaza, des massacres de Septembre en Cisjordanie aux attaques contre Jénine et ses camps de réfugiés, la liquidation du peuple palestinien est sciemment organisée par l’impérialisme américain et par l’entité sioniste avec la collaboration, la complicité et l’implication directe des forces réactionnaires et fascistes arabes.
La leçon de Sabra et Chatila est claire au vu des actuelles tentatives des EU et de l’entité sioniste en vue d’exiger le « désarmement » de la Résistance, de la bande de Gaza aux camps de réfugiés du Liban, à la résistance libanaise et aux habitants du Sud. Les promesses de la « communauté internationale » sont inutiles pour protéger les gens soumis au génocide impérialiste-sioniste. Malgré un cessez-le-feu à Gaza respecté de façon stricte par la résistance, avec de présumés médiateurs garants et la création d’un soi-disant « Conseil de la Paix », chaque jour, les meurtres, les assassinats et les massacres se poursuivent sans que les moindres caravanes, carburant, équipements médicaux ou matériaux de construction puissent entrer à Gaza. Malgré un « accord cadre » imposé par les EU au Liban, les occupants sionistes continuent de détruire des maisons, des écoles et des entreprises sur toute l’étendue du Sud-Liban, de kidnapper des citoyens libanais et de lancer des bombardements meurtriers et des campagnes d’assassinats.
Les promesses de ces forces sont sans valeur comme le prouvent les violations et attaques quotidiennes par l’ennemi sioniste occupant ; et pourtant il ose exiger une fois de plus que les Palestiniens et les Libanais cèdent la seule chose qui les ait jamais protégés de l’envahisseur et de l’occupant : les armes de la Résistance. Le souvenir de Sabra et Chatila reste vivace et la leçon est claire : Le désarmement de la Résistance fait partie intégrante du génocide et constitue une promesse, non pas de paix, mais de massacres à venir.
Sabra et Chatila a été une tentative d’oblitérer totalement la résistance et, comme ce fut le cas de chaque autre tentative, elle a échoué. Nous n’oublierons pas la leçon du massacre : La résistance est le peuple et la résistance protège le peuple. Nous savons ce qui se passe quand la résistance est séparée de force du peuple et les Palestiniens, les Libanais et, dans leur bataille pour leur libération, tous les peuples occupés ont le droit de résister de toutes les façons possibles, y compris et tout spécialement par la lutte armée.
Le Réseau Samidoun de solidarité aux prisonniers palestiniens pleure les martyrs de Sabra et Chatila et salue tous les réfugiés palestiniens dans les camps et en exil et dans la diaspora qui continuent de lutter pour le retour et la libération. Nous demandons instamment à tous nos partisans de mettre en évidence la lutte révolutionnaire en cours des Palestiniens dans les camps, depuis les camps assiégés et soumis au génocide à Gaza jusqu’aux camps occupés et rasés de Cisjordanie, jusqu’aux camps marginalisés et ciblés du Liban, qui continuent de mettre en avant des générations de combattants pour la libération de la Palestine.
Nous réclamons la liberté de tous les prisonniers palestiniens et de tous les prisonniers pour la Palestine dans les prisons sionistes, réactionnaires et impérialistes et nous insistons sur le fait que cet anniversaire doit également être l’occasion d’affirmer notre soutien à la poursuite de la résistance palestinienne et libanaise, à un moment où les tentatives en vue de l’anéantir sont plus violentes que jamais.









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Publié le 17 septembre 2026 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine



