La Maison-Blanche va examiner les « aveux » sous torture des Palestiniens afin de privilégier le mensonge sur les viols massifs

Lundi, dans le but de soutenir le mensonge de Tel-Aviv à propos des « viols massifs » du 7 octobre, la vice-présidente américaine Kamala Harris accueille à la Maison-Blanche une projection du film de Sheryl Sandberg, Screams Before Silence (Des cris avant le silence), dans lequel figurent des extraits de « confessions » de Palestiniens qui ont été presque à coup sûr torturés par Israël.

 

Dans le but de soutenir le mensonge de Tel-Aviv à propos des « viols massifs » du 7 octobre, la vice-présidente américaine Kamala Harris accueille à la Maison-Blanche une projection du film de Sheryl Sandberg, Screams Before Silence (Des cris avant le silence), dans lequel figurent des extraits de « confessions » de Palestiniens qui ont été presque à coup sûr torturés par Israël.

Kamala Harris

 

Ali Abunimah, 17 juin 2024

En faisant la promotion de l’événement, la représentante démocrate au Congrès, Debbie Wasserman Schultz, a menti dans une interview à CNN en disant qu’elle avait visionné personnellement des vidéos d’un viol en cours, alors que les enquêteurs israéliens et internationaux ont déterminé que de telles vidéos n’existaient pas.

La projection est le résultat d’une collaboration entre le Gender Policy Council (Conseil de la politique de genre) de la Maison-Blanche et plusieurs groupes de pression israéliens, fait savoir Jewish Insider.

Des invitations ont été envoyées « à toutes les importantes organisations féministes et des droits des femmes », dit la publication. Il s’avère que le lobby pro-israélien utilise l’événement comme un test décisif afin de voir lesquelles de ces organisations s’alignent derrière le discours de la propagande israélienne.

Jewish Insider explique que « tenir un œil sur le public de l’événement sera révélateur ».

 

Des menteurs avérés

Le film de Sandberg sorti fin avril diffuse largement la propagande d’atrocités israélienne qui prétend sans la moindre preuve crédible, mais en s’appuyant sur des mensonges prouvés, que, le 7 octobre 2023, le Hamas a commandé à ses combattants de recourir au viol comme arme de guerre à grande échelle.

Dans un article faisant la promotion de la projection du film à la Maison-Blanche, The Jerusalem Post affirme :

« Le silence de la plupart des organisations des femmes et des droits humains à propos des agressions sexuelles commises par le Hamas le 7 octobre, lesquelles comprennent des viols massifs et des mutilations génitales, ont incité l’ancienne directrice de Meta et autrice Sandberg à réaliser ce documentaire, qui a été dirigé par Anat Stalinsky. »

Le mois dernier, l’émission en direct de The Electronic Intifada a examiné minutieusement, dans tous ses détails, le film de Sandberg et a prouvé en recourant à des sources israéliennes et onusiennes que les prétendus témoins interviewés par Sandberg étaient de fieffés menteurs.

Vous pouvez visionner ce passage via ce lien.

Comme nous l’avons fait remarquer, les défenseurs des droits humains ont rejeté le recours à des vidéos d’aveux utilisées par Israël parce qu’elles ont presque à coup sûr été le fruit de la torture dans une situation où les détenus ne bénéficient par des droits de procédure qui leur sont dus.

Amnesty International est l’une des organisations des droits à avoir mis le doigt sur une augmentation considérable de l’usage par Israël d‘« horribles tortures » au cours des semaines qui ont suivi le 7 octobre.

Bien que les allégations de viol en date du 7 octobre aient été démystifiées complètement et à maintes reprises, Israël et son lobby continuent de tenter de les raviver et, à cette fin, ils reçoivent désormais un soutien de haut niveau de la part de la Maison-Blanche de Biden.

Dans la dernière émission en direct (livestream) de The Electronic Intifada, nous examinions comment, avec un article récent, le Times londonien était devenu le premier média traditionnel à admettre qu’il n’y avait pas de preuve pour étayer l’allégation de viol massif.


Vidéo EI : Le Times de Londres est le premier média traditionnel à démystifier le bobard israélien des « viols massifs ».

 

Nous avons également commenté les conclusions de la Commission d’enquête indépendante de l’ONU, qui dit elle aussi qu’elle n’a pu confirmer la moindre des allégations de viol.

Vous pouvez visionner ce dernier extrait – qui concerne également le film de Sandberg – dans la vidéo ci-dessus.

 

Une représentante démocrate au Congrès ment à propos d’une vidéo de viol

En faisant la promotion de l’événement de la Maison-Blanche ce lundi, la représentante démocrate au Congrès, Debbie Wasserman Schultz, a faussement prétendu avoir visionné une vidéo d’un viol en train d’être commis à la date même du 7 octobre.

S’adressant à CNN lundi, elle affirmait :

« J’ai accueilli il y a quelques mois un forum avec le « deuxième gentleman » (le mari de la vice-présidente, NdT) du Capitole et la police israélienne est venue et nous a montré des vidéos qui avaient été prises par les terroristes du Hamas eux-mêmes engagés dans le genre de violence sexuelle que révèle le film de Sheryl et sur lesquelles on voit qu’ils coupent les seins de leurs victimes tout en les violant. »

« Via des survivants qui se sont présentés, des témoins, des extraits de vidéo et des analyses indépendantes, nous savons que le recours par le Hamas à la violence sexuelle, y compris le viol, la mutilation et la brutalité, n’était en rien une anomalie »,

a affirmé Wasserman Schultz après l’événement de février, qui comprenait un briefing à huis clos.

Mais elle n’avait pas prétendu à l’époque qu’elle avait vu des vidéos montrant l’une ou l’autre personne « s’engageant » dans des actes de violence sexuelle.

Et ce, parce que de telles vidéos n’existent pas.

Ces dernières semaines, le chancelier allemand et sa ministre des Affaires étrangères ont tous deux publiquement affirmé que le Hamas avait filmé des viols en cours.

Toutefois, les agences israéliennes de sécurité et les enquêteurs de l’ONU ont déterminé qu’il n’existait ni vidéos ni photos de violences sexuelles en cours à la date du 7 octobre.

La chose a été confirmée par un article dans Haaretz, au mois d’avril.

« D’enquêtes lancées par Haaretz vers trois institutions de l’establishment de la défense, il est apparu que le matériel de renseignement collecté par la police et les institutions de renseignement, y compris les prises de vue effectuées par les caméras corporelles des terroristes, ne contient pas de documentation visuelle du moindre acte de viol quel qu’il soit »,

a déclaré le quotidien de Tel-Aviv.

L’équipe de l’ONU dirigée par Pramila Patten a elle aussi visionné des milliers de photos et de vidéos fournies par le gouvernement israélien et elle a conclu dans son rapport publié en mars que,

« dans l’évaluation médicolégale des photos et vidéos disponibles, on n’a pu identifier aucune indication tangible de viol ».

En dépit du parti-pris pro-israélien du rapport de l’ONU, il confirme également qu’

« aucune preuve digitale dépeignant spécifiquement des actes de violence sexuelle n’a été trouvée dans des sources ouvertes ».

 

La Commission de l’ONU ne trouve aucune preuve étayant les allégations de viol

La Commission d’enquête indépendante de l’ONU rapporte qu’elle a envoyé une requête d’information à Israël demandant des

« informations additionnelles en relation avec le viol et d’autres formes de violence sexuelle, y compris des preuves d’instructions fournies aux perpétrateurs de l’attaque du 7 octobre 2023 en vue d’accomplir de tels actes, ou des informations concernant des cas spécifiques de crimes de genre le 7 octobre 2023, y compris des cas de viol et d’autres formes de violence sexuelle ».

Non seulement Israël n’a pas répondu mais, selon le rapport, les enquêteurs sont confrontés

« à des tentatives actives de la part des autorités israéliennes d’entraver l’accès de la Commission aux informations relatives à la violence sexuelle. De telles mesures comprennent des instructions données à des professionnels médicaux afin qu’ils ne coopèrent pas avec la Commission ».

À l’instar d’autres enquêtes, la Commission fait remarquer

« l’absence de preuves médico-légales que des crimes sexuels ont été commis le 7 octobre ».

Elle rapporte également qu’elle a

« examiné des témoignages obtenus par des journalistes et la police israélienne concernant le viol mais qu’elle n’a pas été en mesure de vérifier en toute indépendance de telles allégations, en raison d’un manque d’accès aux victimes, de témoins et de lieux de délit, et de l’obstruction faite à ses enquêtes par les autorités israéliennes ».

La Commission déclare avec emphase qu’elle « a également été incapable de vérifier les rapports sur les tortures sexuelles et les mutilations génitales ».

La Commission dit qu’elle a

« visionné des rapports affirmant que les documents trouvés sur des militants qui ont été tués ou arrêtés contiennent des instructions supposées en vue de dévêtir des civils et/ou de commettre des viols et d’autres formes de violence sexuelle au cours de l’attaque du 7 octobre ».

Mais elle rapporte qu’elle n’a

« pas été en mesure d’obtenir des copies de ces documents ni de vérifier leur authenticité ».

Et, de même aussi que le rapport sorti début mars par Pramila Patten, la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour les questions de violence sexuelles en temps de conflit, la Commission d’enquête infirme certaines des allégations les plus sinistres d’Israël.

Elle rapporte qu’elle

« a découvert que certaines allégations spécifiques étaient fausses, inappropriées ou contradictoires avec d’autres preuves ou déclarations et qu’elle les avait écartées de son évaluation ».

Le procureur principal de la Cour pénale internationale, qui demande des mandats d’arrêt pour certains dirigeants israéliens et palestiniens, les accusant de divers crimes de guerre et crimes contre l’humanité, n’a pas trouvé lui non plus la moindre preuve pour étayer le discours du viol massif, comme l’indiquent les documents de la cour.

En ignorant ces conclusions et d’autres conclusions similaires qui démystifient les allégations israéliennes, Kamala Harris en particulier et l’administration Biden en général choisissent de propager une propagande d’atrocités dont ils savent pertinemment bien qu’elle est fausse.

Cela ne fait qu’approfondir leur complicité dans le génocide israélien.

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Ali Abunimah, cofondateur et directeur exécutif de The Electronic Intifada, est l’auteur de The Battle for Justice in Palestine, paru chez Haymarket Books.

Il a aussi écrit : One Country : A Bold Proposal to end the Israeli-Palestinian Impasse

Publié le 17 juin 2024 sur The Electronic Intifada
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

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