Samidoun Belgique participe à un événement collectif en vue de mettre Elbit à l’arrêt et d’affronter la répression à Bruxelles

Ce dimanche 8 février, Samidoun Belgique a pris la parole lors d’un événement organisé en soutien des sept activistes qui doivent passer en jugement pour avoir bloqué le site d’« OIP Sensor Systems » à Audenarde. Acquise en 2003 par Elbit Systems, la plus grosse entreprise privée d’armement en « Israël », la firme OIP Systems produit des composantes d’armes et des technologies utilisées par l’armée sioniste. 
Les sept accusés ont été isolés d’un groupe d’une centaine d’activistes qui avaient bloqué le site le 4 mars 2024 et ils sont désormais confrontés à des dommages criminels allant jusqu’à 100 000 USD pour avoir prétendument perturbé les activités du site et infligé des « dommages moraux à son personnel ».

 

Samidoun Belgique participe à un événement collectif en vue de mettre Elbit à l'arrêt et d'affronter la répression à Bruxelles

 

Samidoun, 9 février 2026

 

Plutôt que de se laisser intimider par la décision d’OIP-Elbit d’engager des poursuites, les activistes de Belgique ont lancé un nouveau collectif appelé Stop.Elbit qui cherche à attirer plus encore l’attention sur le rôle de la compagnie dans la violence génocidaire. Dans sa déclaration de fondation, le nouveau collectif affirme la nécessité d’un « embargo populaire sur les armes », ajoutant que « depuis que l’État belge continue de refuser un embargo sur les armes contre Israël, nous avons décidé de prendre nous-mêmes l’affaire en mains propres ».

 

Samidoun Belgique participe à un événement collectif en vue de mettre Elbit à l'arrêt et d'affronter la répression à Bruxelles

 

Au cours de l’événement, Samidoun Belgique a exprimé son soutien total aux sept activistes en procès et a insisté en disant que, malgré la pression financière sévère qu’ils doivent affronter maintenant, ils devraient rester fiers et inflexibles dans leur décision d’entreprendre des actions en vue de soutenir la libération de la Palestine.

Lors de la même discussion, un membre de Samidoun Belgique a parlé longuement des diverses formes de répression qui attendent le mouvement de solidarité avec la Palestine et de la nécessité de faire la distinction entre la répression résultant de l’action directe et la répression qui cible les réfugiés palestiniens réclamant la libération de la Palestine. La veille de l’événement, le coordinateur européen de Samidoun, Mohammed Khatib était arrêté à l’aéroport d’Héraklion, en Crète, alors qu’il venait parler au cours d’un événement où seraient également présents le prisonnier libéré Abdel-Nassar Issa et le Front anti-impérialiste. De là, Mohammed Khatib va être déporté et renvoyé en Belgique, où son statut de réfugié a été annulé par l’ancienne ministre Nicole De Moor à la suite de pressions exercées par l’ambassade sioniste en Belgique.

Samidoun Belgique participe à un événement collectif en vue de mettre Elbit à l'arrêt et d'affronter la répression à Bruxelles

 

L’arrestation de Mohammed Khatib reflète un modèle élargi dans lequel les gouvernements européens utilisent le droit d’asile des Palestiniens comme un outil pour les réduire au silence, les intimider et, dans les pires des cas, arrêter et déporter ceux qui continuent de s’exprimer en faveur de la Palestine. Rien qu’en Belgique, une dizaine de réfugiés palestiniens ont été arrêtés, emprisonnés et dans de nombreux cas déportés – non pour avoir commis le moindre délit, mais pour avoir continué de mobiliser pour la Palestine, pour leur soutien à la résistance et leur opposition à l’actuel soutien des autorités belges à l’entité sioniste. À ce jour, deux d’entre eux, Fathi Alhams (*) et Ali Abu Taha, restent en détention. 

Sous-tendant cette répression sans cesse à la hausse, il y a l’expansion matérielle et légale des infrastructures de détention et de déportation partout en Europe. D’une part, ceci inclut une financement accru de Frontex, l’agence européenne des frontières, et le déploiement de technologies et matériaux développés et testés sur les Palestiniens, tels les systèmes Palantir et ce qu’on appelle les armes à balles enrobées de caoutchouc et présentées comme « moins létales ». D’autre part, cela implique un nouveau cadre juridique à l’échelle de l’Union européenne qui va criminaliser plus encore la « facilitation » de la migration, va accroître la coordination entre les États membres pour arrêter et déporter les migrants et va statuer qui pourra être arrêté et pour combien de temps – des changements qui, par exemple, permettront aux États membres d’emprisonner des familles avec enfants dans des centres de détention fermés pour des périodes allant jusqu’à deux ans.

La discussion s’est conclue en insistant sur la nécessité d’un front commun contre toutes formes de répression tout en reconnaissant que, malgré les divers aspects sous lesquels la répression se manifeste, nous sommes unis dans la lutte pour soutenir la libération de la Palestine, du fleuve à la mer – que ce soit par l’action directe qui frappe le bas-ventre de la bête impérialiste ou via le travail politique qui concentre la détermination des prisonniers palestiniens dans les prisons sionistes.

 

Samidoun Belgique participe à un événement collectif en vue de mettre Elbit à l'arrêt et d'affronter la répression à Bruxelles

 

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Publié le 9 février 2026 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

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(*)  Fathi Alhams vient d’être libéré ce 10 février après 156 jours de détention dans le centre fermé.

MARDI 17 FEVRIER A 10 H : Mobilisation contre les poursuites de 7 militant.e.s devant le tribunal de 1ère instance d’ Audenarde par OIP-ELBIT

Nous organisons un covoiturage à partir de Charleroi à 8 h. Inscrivez-vous par courrier à charleroi.palestine@gmail.com ou via les réseaux sociaux.

 

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