Israël et les EU continuent de violer les prétendus cessez-le-feu en Palestine comme au Liban

Le texte qui suit provient des informations concernant la Palestine et le Liban, présentées dans le livestream de l’Electronic Intifada du 21 mai. Vous pouvez voir la totalité de l’émission ici.

 

Une frappe de drone israélien tue un enfant à Gaza

Beit Lahiya, 21 mai 2026. Des Palestiniens pleurent un enfant, Joud Muhammad al-Dweik, tué par une frappe de drone israélien. (Photo : Bilal Osama / APA images)

 

Nora Barrows-Friedman, 22 mai 2026

Israël et son partenaire américain continuent de violer les prétendus cessez-le-feu en Palestine comme au Liban, tuant et blessant des civils et détruisant des infrastructures vitales.

Jeudi, une frappe aérienne israélienne sur un camp de personnes déplacées à al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younis, a tué au moins un Palestinien.

Al Jazeera a également rapporté qu’un drone quadricoptère israélien avait attaqué un groupe de Palestiniens dans le nord de Gaza, tuant au moins un enfant, Joud Muhammad al-Dweik, 13 ans, et blessant d’autres personnes.

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Et des infos locales ont fait savoir que les corps de deux routiers palestiniens ont été retrouvés après avoir été portés manquants alors qu’ils transportaient de l’aide humanitaire. Les premières évaluations indiquent qu’ils ont été exécutés par des soldats israéliens.

Mardi, à Gaza, Israël a bombardé une voiture dans une rue animée, tuant un Palestinien et en blessant au moins quatre autres. Mohammed Ahmed, contributeur de Drop Site, a pris des images directement après l’attaque, alors que des passants aidaient les ambulanciers à dégager les blessés de l’épave.

 

Le même jour, une frappe de drone israélien a tué un adulte palestinien et en a blessé d’autres dans le quartier d’al-Rimal à Gaza, selon Al Jazeera.

Le journaliste Ahmed Al-Najjar a déclaré que, lundi, un garçon palestinien avait succombé à des blessures suite à une frappe aérienne récent d’Israël et que des navires de guerre israéliens avaient ouvert le feu sur des Palestiniens déplacés sur le littoral à l’ouest de Khan Younis, blessant ainsi plusieurs personnes.

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Au moins 15 Palestiniens ont été tués dans une série de frappes aériennes samedi et dimanche.

L’agence d’information Wafa a déclaré que, dimanche, des frappes aériennes d’Israël avaient tué au moins un Palestinien et en avaient blessé d’autres à Khan Younis et que trois personnes avaient été tuées alors qu’elles travaillaient à une cuisine populaire d’entraide dans la ville de Deir al-Balah, dans le centre de l’enclave.

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Neuf personnes ont été blessées à Gaza quand Israël a bombardé le quartier de Tel al-Hawa.

Samedi, au moins 11 Palestiniens ont été tués et plus de 60 blessés dans une série de frappes aériennes israéliennes. Le journaliste Mohammed Abusalama a filmé les sauveteurs transportant des enfants blessés vers un hôpital.

Le journaliste Wadeea Abu Al-Saud se trouvait sur les lieux après une attaque contre Gaza au cours de laquelle les forces israéliennes avaient bombardé des appartements résidentiels au cœur du quartier d’al-Rimal, incendiant l’immeuble par la même occasion.

Abu Al-Saud a déclaré que le bâtiment était bondé de familles déplacées et un témoin oculaire a affirmé avoir vu des résidents présentant de vilaines blessures, entre autres, aux membres. « L’occupation massacre des civils en violation manifeste du cessez-le-feu », a expliqué Abu Al-Saud.

La frappe a touché le rez-de-chaussée alors que des femmes et des enfants étaient restés aux étages supérieurs en raison de l’incendie qui continuait de faire rage dans tout le bâtiment.

Parmi les tués figuraient Izz al-Din al-Haddad, le commandant principal des Brigades Qassm, ainsi que sa femme et sa fille.

Le journaliste Saed Hasballah a filmé des foules massives de personnes en deuil participant au cortège funèbre en l’honneur d’al-Haddad et de sa famille après leur assassinat.

 

 

Pénurie d’équipements médicaux

Le ministère palestinien de la Santé à Gaza a mis en garde contre le fait qu’il y avait une grave pénurie d’équipements d’imagerie médicale en raison du blocus continuel exercé par Israël et de la destruction par l’armée israélienne des appareils médicaux à l’intérieur des sites de soins de santé.

Le ministère a dit que le manque d’équipements de ce genre risquait de mettre totalement à l’arrêt les services vitaux des hôpitaux ainsi que les centres de santé de première ligne.

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Les appareils élémentaires à rayons X, les unités chirurgicales à rayons X pour les procédures orthopédiques, les systèmes de traitement numérique aux rayons X et le matériel d’accompagnement sont en grave pénurie, a poursuivi le ministère.

Il a également fait savoir que 76 pour 100 de tous les appareils d’imagerie, y compris les appareils de tomodensitométrie et d’IRM, sont désormais inutilisables et que cela constitue une menace pour la colonne vertébrale des services de diagnostic dans tout Gaza.

 

 

Emprisonnements d’activistes

Cette semaine, les forces navales israéliennes ont une fois de plus intercepté et enlevé plus de 400 activistes de la Global Sumud Flotilla dans les eaux internationales.

Le flottille, qui naviguait en Méditerranée en direction de Gaza après avoir quitté le sud de la Turquie, tentait de rompre le siège imposé par Israël à Gaza et de délivrer de l’aide humanitaire à cette dernière.

Dans un centre de détention du port d’Ashdod, le ministre israélien de la sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a raillé les militants qui avaient été forcés de s’agenouiller sur le sol les mains entravées derrière le dos pendant que les forces israéliennes les agressaient physiquement.

 

Bassem Naim, un responsable du Hamas, a déclaré sur les médias sociaux :

« Le traitement auquel ont été soumis les activistes de la Global Sumud, sous la supervision du fasciste Ben-Gvir, est barbare. Il reflète la mentalité d’un État malade qui n’a pas sa place au sein de la communauté internationale civilisée et des efforts doivent être consentis afin de l’expulser de toutes les institutions internationales. »

Naim a ajouté :

« Israël creuse sa propre tombe avec les mains mêmes de ses dirigeants : en effet, comme ces mots sont vrais : « ‘Netanyahou a cherché à changer le Moyen-Orient mais, au lieu de cela, il a tourné le monde entier contre Israël.’ Votre disparition est inévitable. »

Dans des infos sur le même sujet, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture et autres traitements ou châtiments cruels, inhumains ou dégradants a requis une enquête indépendante et transparente sur les violations commises à l’encontre des prisonniers palestiniens des centres de détention israéliens.

Cette semaine, Alice Edwards a publié les résultats de son enquête sur les pratiques routinières et systématiques de torture. Son rapport reprenait 52 incidents de différentes formes de torture ou d’autres mauvais traitements, et 33 autres incidents de torture sexuelle et autres mauvais traitements liés au sexe.

« Des mesures d’urgence introduites après le 7 octobre 2023 ont exposé les prisonniers palestiniens à la torture, à des décès potentiellement illégaux, à la détention au secret absolu et à des conditions dégradantes », a déclaré Edwards.

« Selon mon opinion, le nombre et la cruauté des allégations répertoriées témoignent d’un mépris grossier de la part d’Israël pour son devoir de traiter tous les détenus humainement et sans discrimination, et ceci a encouragé, toléré et facilité la torture et les mauvais traitements, à certains moments avec un soutien à des niveaux ministériels et fonctionnels », a déclaré l’experte.

Actuellement, plus de 9 000 Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes, dont 40 pour 100 sont en détention administrative. Parmi ceux-ci, se trouvent quelque 3 200 Palestiniens de Cisjordanie et 1 300, lesquels sont emprisonnés en tant que « combattants illégaux ».

 

 

Smotrich prévoit un crime de guerre

Lundi, en Cisjordanie occupée, un Palestinien est mort des suites de ses blessures après que les forces israéliennes ont ouvert le feu sur lui la veille, près de la ville de Beit Ula.

Mahmoud al-Amleh tentait prétendument de franchir le mur israélien afin de trouver du travail de l’autre côté de la fameuse ligne verte.

Le Bureau de coordination de l’ONU pour les Affaires humanitaires (OCHA) a déclaré qu’en moyenne, depuis le début de 2026, 11 Palestiniens sont blessés chaque mois alors qu’ils tentent de franchir le mur dans l’espoir de trouver du travail.

Depuis octobre 2023, les autorités israéliennes ont annulé ou suspendu la plupart des permis octroyés à des Palestiniens pour accéder à Jérusalem ou en Israël pour y travailler ou dans d’autres buts.

Cette semaine, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, s’est vanté qu’il prévoyait de chasser les Bédouins palestiniens de leur terre au village de Khan al-Ahmar, qui est ciblé depuis longtemps par divers dirigeants et groupes de colons israéliens.

Le crime de guerre prévu par Smotrich est une réponse, dit-il, à des rumeurs selon lesquelles la Coup pénale de Justice pourrait émettre un mandat d’arrêt pour crimes de guerre contre sa personne. La Haye garde le secret sur ses demandes et plans de mandats.

Associated Press a rapporté que Smotrich « n’avait pas dit s’il avait été officiellement informé du mandat par le tribunal ou s’il répondait simplement à des reportages des médias ».

« Néanmoins, il a déclaré que les tentatives en vue de l’arrêter constituaient à ses yeux une ‘déclaration de guerre’. »

En 2019, Tamara Nassar, de The Electronic Intifada, faisait savoir que, dans sa proposition de réélection cette année-là, Benjamin Netanyahou voulait planifier la démolition complète du village afin d’engranger du capital politique à droite, d’après des ministres du gouvernement, sans préciser leurs noms.

« Khan al-Ahmar est dans la Zone C, qui constitue 60 pour 100 de la Cisjordanie occupée et est toujours entièrement contrôlé par Israël en fonction des accords d’Oslo signés dans les années 1990 », écrivait Nassar.

« C’est sur cette terre située à l’est de Jérusalem, dans ce qu’on appelle la zone E-1, qu’Israël prévoit d’étendre sa méga-colonie de peuplement de Maaleh Adumim, afin de parachever l’isolement l’une de l’autre des parties nord et sud de la Cisjordanie et d’encercler ainsi Jérusalem de colonies. »

En 2018, la haute cour d’Israël a donné le feu vert au gouvernement afin qu’il démolisse Khan al-Ahmar et déplace de force ses habitants, après avoir rejeté toutes les requêtes introduites par ces derniers, hostiles à la démolition.

Cette semaine, Maureen Clare Murphy, de The Electronic Intifada, a fait savoir qu’une source restée anonyme « avait dit que journal israélien Haaretz que Karim Khan, l’actuel procureur principal de la CPI, avait requis des mandats d’arrêt contre Bezalel Smotrich et le ministre de la sécurité nationale Itamar Ben-Gvir ».

La CPI « a nié que de nouveaux mandats d’arrêt aient été émis dans l’affaire de la Palestine. Il est possible que les demandes de mandats d’arrêt avaient été préparées par Khan avant son départ ou son absence ou que sa requête soit toujours en examen auprès des juges », écrivait Murphy.

L’organisation palestinienne de défense des droits humains Al-Haq déclarait le 21 mai que la Cour pénale internationale « avait expliqué que lesdits rapports ‘n’étaient pas exacts’ et qu’aucun nouveau mandat d’arrêt n’avait été émis ».

Toutefois, However, Al-Haq a dit qu’il avait « à plusieurs reprises appelé le bureau du procureur pour lui soumettre d’autres demandes de mandats d’arrêt concernant des fonctionnaires et des commandants militaires israéliens responsables de crimes commis contre le peuple palestinien, y compris – sans toutefois s’y limiter – le crime de guerre qu’est le transfert de civils de la puissance occupante vers le territoire occupé, les crimes relatifs à l’installation de colonies, les crimes commis à l’encontre des prisonniers et détenus palestiniens, les crimes contre l’humanité que sont l’apartheid et le génocide ».

 

 

Le déchaînement des colons à Jérusalem

Et, au cours de la semaine écoulée, des colons israéliens se sont déchaînés dans les rues de Jérusalem lors de leur marche annuelle pour exiger l’expulsion et le massacre des Palestiniens et des non-juifs.

The Guardian a rapporté que les manifestants avaient été acheminés en cars depuis divers endroits d’Israël et des colonies de la Cisjordanie occupée au cours d’une vaste opération financée par la municipalité de Jérusalem et les ministères du gouvernement. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a lui aussi participé à la marche.

Les nationalistes israéliens ont scandé « mort aux Arabes », « puissent vos villages brûler » et « Gaza est un cimetière ».

« Le déchaînement a atteint son comble quand le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a déroulé un drapeau israélien en face de la mosquée al-Aqsa mosque », a rapporté le journal.

 

 

Plus de 3 000 tués au Liban

Entre-temps, au Liban, des frappes aériennes israéliennes ont continué de cibler villes et villages dans le sud, cette semaine écoulée. Au Sud-Liban, au moins 21 personnes ont été tuées entre le 19 et le 20 mai.

Cette semaine, le ministre libanais de la Santé a fait savoir que le nombre de morts des attaques israéliennes dans tout le pays depuis le 2 mars dépassait dorénavant les 3 000. Plus de 9 200 personnes ont été blessées.

Le Fonds des Nations unies pour les enfants, l’UNICEF, a déclaré le 13 mai que 59 enfants avaient été tués ou blessés au cours d’une seule semaine.

Plus d’un million de personnes sont toujours déplacées de leurs logements et, ces derniers jours, 100 000 de plus ont été déplacées de force en raison des bombardements israéliens.

Les attaques israéliennes ont tué plus de 800 personnes depuis le début du prétendu cessez-le-feu il y a un mois.

 

 

Mise en exergue des revendications

Et, finalement, selon notre habitude, nous avons voulu mettre en évidence des personnes qui expriment leur joie, leur détermination et leurs revendications dans toute la Palestine et dans le monde entier.

À Gaza, un petit garçon appelé Amro a montré son petit jardin printanier juste à côté de sa tente abri.

Il dit qu’il fait pousser de la menthe, du basilic, des citrouilles, des courgettes et même un peu de maïs.

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Publié le 22 mai sur The Electronic Intifada
Traduction : Jean-Marie Flémal pour Charleroi pour la Palestine

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