Résistance au génocide et aux enlèvements : Mu’in al-Arabid, Samah al-Khalidi et l’assaut de l’occupation contre Gaza
Le mardi 1er septembre, les forces d’occupation ont lancé une nouvelle attaque contre la bande de Gaza en état de siège et soumise à un génocide depuis près de trois ans : l’enlèvement par la violence de l’agent de la Sécurité intérieure Mu’in Ahmad al-Arabid, le martyre de sa femme, « Umm Mohammed » Samah al-Khalidi, ainsi que celui de deux enfants des environs, dont Abdullah Ahmed Hamouda, 13 ans, et les blessures d’au moins huit personnes de plus dans la zone de Katiba, dans les quartiers est de Gaza.

Samah al-Khalidi et Mu’in al-Arabid. Gaza résiste au génocide et aux enlèvements.
Samidoun, 6 septembre 2026
Tel est le bilan de l’attaque, dirigée par les forces spéciales sionistes d’invasion, et qui a également impliqué des membres des milices de collabos palestiniens, dont plusieurs ont été tués ou blessés. Trois autres ont également été arrêtés par les forces sécuritaires de la résistance.
Mu’in al-Arabid était engagé dans un combat contre les forces d’invasion sionistes et leurs collabos et il a été touché à la cuisse lors de son enlèvement ; sa femme, Samah, a attrapé un fusil et a rejoint le combat contre les forces sionistes afin de défendre son mari et la Palestine. Ce noble geste a fait d’elle une martyre. Pour l’instant, al-Arabid est retenu en captivité par les sionistes, il a perdu conscience et on l’a placé sous respirateur ventilateur à la suite d’une « brusque détérioration de sa santé » à l’issue de cinq jours d’interrogatoire.
Contrairement à ce que prétendent les médias sionistes qui disent que al-Arabid est « une mine d’or d’informations », la « brusque détérioration de son état » est bien plus vraisemblablement une preuve de tortures sévères à l’encontre d’un homme qui refuse de dire quoi que ce soit face aux forces d’occupation. Plus particulièrement, cet incident rappelle l’arrestation et la torture, en 2019, de Samer Arbid, qui avait refusé de parler sous interrogatoire et qui avait été tabassé si bestialement qu’il en avait perdu conscience, avec 12 côtes fracturées et la mise forcée sous appareil respirateur.
Selon Qadeya,
« le Shin Bet demande que l’équipe médicale mette tout en œuvre pour le maintenir en vie et pour empêcher toute perte d’informations importantes ».
Derrière les barreaux, les Palestiniens de Gaza ont été soumis à des tortures et des violences sévères, aussi bien dans les prisons « régulières » que dans l’infâme camp / prison militaire de Sde Teiman. Ils sont classés comme « combattants illégaux » et menacés de la « loi sioniste sur les exécutions ». Parmi les plus de 90 prisonniers palestiniens devenus martyrs qui ont été répertoriés depuis le Déluge d’Al-Aqsa et le début du génocide galopant à Gaza, un grand pourcentage provient de Gaza, avec de nombreux Palestiniens torturés à mort sous les yeux même de leurs compagnons de détention ; d’autres encore sont morts de faim, ont été amputés de force et se sont vu refuser des soins de santé.
Le jour de l’invasion et de l’enlèvement, vers 9 h 30 du matin, le fils de Mu’in et de Samah, Obaida, se préparait pour son mariage à leur domicile, en compagnie de sa famille, quand les forces d’occupation ont fait irruption et ont attaqué dans leur maison. Comme elles devaient faire face aux forces sécuritaires de la résistance et que Mu’in combattait courageusement pour se protéger en même temps que ses fils, les drones et avions de combat de l’occupation se sont mis à bombarder intensément la zone et les forces spéciales ont enlevé Mu’in, blessé entre-temps à la cuisse.

La martyre Samah al-Khalidi (Umm Mohammed al-Arabid) et son mari, le prisonnier Mu’in al-Arabid.
Alors que la plupart des femmes et des enfants dans la maison se rassemblaient pour échapper aux bombardements et aux tirs, Samah
« s’est amenée bravement, s’est emparée d’une arme et s’est engagée directement avec les forces spéciales afin de défendre sa famille »,
a expliqué sa parente Nesma Abdel-Aal dans une interview pour Banafsaj, avant qu’un drone ne le cible directement et ne lui envoie un missile.
« La famille a été disséminée en un rien de temps, la maman a été tuée en défendant sa maison ; le père a été arrêté, les enfants et le futur marié ont été blessés ; toute joie avait disparu et allait été remplacée par une longue période de douleur. »
Obaida, le futur marié et fils de Mu’in, a été blessé dans la confrontation, il a perdu un œil. Son frère Abdullah et sa femme ont tous deux été grièvement blessés au cours de l’attaque, de même que divers autres membres de la communauté. La famille Al-Arabid a émis une déclaration, demandant au Comité international de la Croix-Rouge ainsi qu’aux institutions palestiniennes, arabes et internationales des droits humains et aux institutions spécialisées dans les affaires des prisonniers et des détenus,
« d’ouvrir d’urgence un dossier juridique concernant cette affaire, de mettre en place un suivi sur les conditions de détention de Mu’ib et de s’assurer qu’il ne soit pas soumis à la torture ni à des traitements cruels ou dégradants ».
La Sécurité de la Résistance a elle aussi sorti une déclaration dans laquelle elle fait remarquer que
« l’agent Al-Arabid accomplissait son devoir national en surveillant la lutte contre les collabos et les gangs de collabos, et ce afin de maintenir la sécurité en général et celle de la société (…) L’occupation s’engage dans une guerre psychologique concernant le kidnapping de l’agent Al-Arbid à des fins de marketing politique à l’approche des élections ‘israéliennes’ ».
Plus tard, la Sécurité de la Résistance a fait savoir que les trois collabos arrêtés avaient déclaré que les forces sionistes étaient entrées à Gaza ce matin même et que les collabos
« s’étaient fait passer pour une organisation internationale de secours afin de faciliter leurs allées et venues dans la zone et de recueillir des renseignements ».
Le ministère de l’Intérieur de Gaza a également émis une déclaration :
« Nous déplorons la perte d’un groupe de martyrs qui sont tombés lors de ce crime et nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés (…)
Le ciblage par l’occupation de l’appareil sécuritaire et policier de la bande de Gaza n’a pas cessé depuis trois ans. Pendant ce temps, l’occupation a assassiné des centaines de dirigeants, d’officiers et de membres du personnel du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité nationale et des forces de police dans le cadre de ses efforts en vue de démanteler et éliminer cet appareil et de propager le chaos sans toutefois parvenir à concrétiser ses objectifs malgré ces crimes odieux.
Le fait que la concentration de l’occupation sur le ciblage des forces de la police et de la sécurité intérieure s’est intensifiée depuis l’accord de cessez-le-feu en octobre dernier est dû à leur rôle direct dans le maintien de la sécurité, la protection de l’ordre public et le soutien des citoyens face aux conditions catastrophiques que notre peuple subit dans la bande de Gaza.
Nous assurons une fois encore notre peuple de continuer à assumer notre devoir, quels que soient les défis et les sacrifices. C’est ce que nous avons juré de faire et c’est l’engagement que notre peuple a pris envers nous ces vingt dernières années, années au cours desquelles nous avons sacrifié des milliers de martyrs issus des rangs du ministère de l’Intérieur.
Nous mettons en garde contre le danger d’être abusé par les discours que favorise l’occupation et par les fausses informations diffusées par les agences de renseignement de l’occupation.
Nous invitons les médiateurs et les garants de l’accord de cessez-le-feu à assumer leurs responsabilités en exerçant des pressions sur l’occupation afin qu’elle cesse ses crimes quotidiens contre notre peuple et son ciblage en cours de l’appareil du ministère de l’Intérieur.
Nous saluons notre peuple déterminé, véritable bastion contre les tentatives de l’occupation en vue de semer le chaos et de saper la sécurité de la société. »
Quelques jours plus tard, une autre tentative d’enlèvement a été révélée par Saraya al-Quds, l’aile armée du Djihad islamique :
« À exactement 3:30 du matin, ce vendredi 4 septembre 2026, une force des milices collabos, appuyée par des drones de l’ennemi sioniste, s’est avancée vers la zone d’Al-Qarara, au nord de Khan Younis, dans une tentative de kidnapping d’un de nos combattants.
Par la grâce de Dieu, nos combattants dans la zone ont été en mesure de détecter ces forces d’infiltration au cours de la tentative et se sont engagés contre elles à distance nulle à l’aide de bombes et d’armes de moyen calibre, leur infligeant des pertes.
Les drones sionistes sont intervenus pour aider la force collabo à décrocher des lieux et des membres de cette force ont assassiné le combattant kidnappé Fadi Ali Al-Abadla en ouvrant le feu sur lui et en le laissant sur le scène de l’incident, après quoi ils ont emmenés leurs blessés et leurs morts.

Fadi Ali Al-Abadla
Nous déplorons la perte de notre martyr Fadi Ali Saeed Al-Abadla, qui faisait partie des combattants de Saraya Al-Quds au sein du Bataillon Al-Qarara de la Brigade de Khan Younis. »
L’invasion, l’enlèvement de Mu’in al-Arabid et le martyre de Samah al-Khalidi illustrent le génocide sioniste-américain en cours à l’encontre du peuple palestinien, l’inflexible détermination et volonté de résistance et de sacrifice des Palestiniens de Gaza, le rôle dangereux des collabos et de leurs milices en tant qu’agents de l’occupant, et la complicité dans le crime des « médiateurs » et du « Conseil de la paix ». Le ciblage de la police et de la sécurité palestiniennes via des assassinats, des enlèvements et des interrogatoires reflète la tentative de démantèlement de la société palestinienne – avec l’aide de milices de collabos – et d’élimination de ceux qui dirigent la confrontation des civils aux attaques de l’occupation.
Le Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonniers palestiniens met l’accent sur le fait que le génocide n’a pas cessé et qu’il n’y a pas de véritable cessez-le-feu : ni à Gaza, ni en Cisjordanie, ni au Liban ni où que ce soit dans la région.
Les forces sionistes poursuivent leurs massacres à l’encontre des personnes qui refusent d’être déportées ; elles poursuivent le peuplement colonial, le vol de terre et la capacitation des paramilitaires que sont les colons; elles poursuivent leurs enlèvements et leur torture des prisonniers palestiniens ; elles poursuivent leur offensive tous azimuts contre l’existence des Palestiniens en étant pleinement soutenues, armées et financées par les États-Unis et leurs alliées, les puissances impérialistes. Nous invitons instamment les gens, les mouvements et les organisations à descendre dans la rue via des manifestations massives, à mettre sur pied des actions militantes directes afin d’affronter les fabricants d’armes et les génocidaires et de renforcer le mouvement de libération de la Palestine. Nous devons mondialiser l’intifada en guise de reconnaissance et de soutien de la détermination, du sacrifice et de l’héroïsme des martyrs, des prisonniers, des exilés et de tout le peuple de la Palestine.
Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre !


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Publié le 6 septembre 2026 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine



