Gloire à nos martyrs ! Gloire à Mahmoud Farajallah !

En ce jour, nous commémorons le martyre de Mahmoud Farajallah qui, le 7 octobre 2025, avait décidé de reprendre sa propre vie en guise de protestation alors qu’il se trouvait enfermé au centre de détention 127bis à Steenokkerzeel, en Belgique.

Gloire au martyr Mahmoud Farajallah

 

 

Le martyre de Mahmoud était un acte de résistance – une révolte contre l’État belge qui lui volait sa dignité et sa liberté. Comme bien d’autres, Mahmoud avait été arrêté et emprisonné pendant trois mois pour la simple raison qu’il était un réfugié palestinien en Belgique. Le jour de son arrestation, il avait reçu la nouvelle du martyre de sa mère lors du génocide à Gaza. Au lieu de pouvoir pleurer sa mère, Mahmoud avait été gardé dans des conditions de vie insupportables et il allait être confronté à une déportation vers la Grèce.

Mahmoud faisait partie de bon nombre de Palestiniens particulièrement mis en épingle par le gouvernement belge parce qu’ils exerçaient leur droit à s’exprimer pour défendre le peuple palestinien à Gaza confronté au génocide et au colonialisme sioniste. Parmi ces Palestiniens figuraient également des jeunes qui organisaient ou participaient à des manifestations nocturnes dans le centre de Bruxelles. L’État belge se livre régulièrement au maintien de l’ordre politique, à la surveillance et au contrôle des Palestiniens et surtout de ceux qui soutiennent leurs concitoyens ciblés par la répression, le refus de statut, les arrestations et la déportation.

Le martyre de Mahmoud est la suite d’une longue histoire de décès dans les centres de détention belges – dès l’ouverture du premier centre à Merksplas en 1993, jusqu’à l’actuel projet du gouvernement belge en vue « d’instaurer la politique migratoire la plus stricte de tous les temps ». Dans des témoignages partagés par Getting the Voice Out, des gens en détention décrivent les conditions invivables des centres. Ils décrivent comment la propagation des maladies, l’absence de soins médicaux et psychologiques et l’isolement servent d’outils afin de briser l’esprit et la volonté des détenus, en les forçant à des situations dans lesquelles il s’avère que les seules possibilités sont la déportation ou la mort.

Les conditions dans les centres de détention belges sont un reflet des prisons de l’entité sioniste, où plus de 9 000 Palestiniens sont détenus et où au moins une centaine de prisonniers ont perdu la vue depuis le 7 octobre 2023. D’ailleurs, 92 noms ont été répertoriés à coup sûr par les institutions des prisonniers palestiniens. Leur mort, ainsi que les actes de torture et les violences sexuelles généralisés perpétrés par les forces d’occupation à l’encontre des prisonniers, tente de briser la volonté du peuple palestinien dans son intention de résister au projet colonial. L’une de ces tentatives, comme le montrent le martyre de Mahmoud et l’incessante détermination des prisonniers palestiniens, a misérablement échoué.

Même ainsi, les hommes politiques belges cherchent désespérément à perpétuer les abus coloniaux de leurs ancêtres, que ce soit via le soutien politique et matériel incessant à l’entité sioniste, y compris le commerce d’armes ininterrompu avec l’occupation ou via l’application de leur propre violence coloniale aux Palestiniens résidant en Belgique. Ces trois dernières années, le gouvernement belge n’a pas cessé de restreindre le droit d’asile des Palestiniens.

Cinq mois après le début de l’offensive génocidaire contre Gaza, on apprenait que la secrétaire d’État à la Migration de l’époque, Nicole De Moor, révoquait la nationalité belge d’enfants nés de parents palestiniens. Un mois plus tard, Nicole De Moor annonçait l’intention de la Belgique de retirer le statut de Mohammed Khatib – le coordinateur européen de Samidoun. L’environnement hostile aux réfugiés palestiniens s’est intensifié sous la nouvelle secrétaire à la Migration, Anneleen Van Bossuyt, qui, dès le départ de sa nomination, a tenté de réduire le nombre de Palestiniens demandant l’asile en Belgique.

Aujourd’hui, Van Bossuyt refuse d’évacuer des Palestiniens avec visas vers la Belgique, prétendant que cela va « créer un effet domino ». Ceci comprend 13 boursiers qui, tous, ont à la fois un visa et une bourse pour venir étudier et travailler en Belgique, ainsi que les familles de cinq Palestiniens qui, le 14 septembre, ont entamé une grève de la faim en guise de protestation. (*)

« Après des mois d’incertitude épuisante, d’angoisse mortelle, de nuits sans sommeil, de manifestations hebdomadaires, la rédaction d’une lettre ouverte et d’innombrables appels à l’humanité, nous avons à peine été entendus et peu d’attention a été accordée aux terribles souffrances de nos familles et enfants qui tentent de survivre depuis bien trop longtemps au génocide perpétré à Gaza. Nous ne demandons ni faveurs ni privilèges mais simplement l’application des droits humains et des droits des enfants. »

À l’instar de Mahmoud, les grévistes de la faim utilisent leur propre vie pour réclamer la dignité et la justice. Ils méritent tout notre soutien quand ils luttent contre la complicité génocidaire de la Belgique.

Le ciblage des réfugiés palestiniens en Belgique ne devrait pas être séparé de la tentative de faire adopter la « Loi Quintin », la nouvelle législation proposée par le gouvernement belge et qui vise à interdire les organisations à l’aide de la déclaration d’un homme politique. L’effort en vue d’imposer cette législation et d’anéantir les droits démocratiques en Belgique a été mené par des politiciens de la droite extrême liés à l’OTAN, islamophobes et anti-arabes qui ont déclaré qu’il s’agissait d’un projet visant avant tout à interdire Samidoun.

Cette politique a également ses échos à travers l’Europe, ainsi qu’en Grande-Bretagne, au Canada et aux États-Unis, qui ont adopté eux aussi un rôle pionnier dans l’utilisation des agences d’immigration (la plus remarquable étant l’ICE) pour cibler des non-citoyens, spécialement palestiniens, s’exprimant en faveur de la Palestine, y compris dans les cas de Mahmoud Khalil, Leqaa Kordia et Salah Sarsour. En Irlande et en Grande-Bretagne, des dizaines d’étudiants palestiniens de Gaza acceptés par les universités se voient refuser des visas afin de poursuivre leurs études en dehors du génocide.

En commémorant le martyre de Mahmoud, nous nous engageons à continuer de porter son combat contre l’emprisonnement et la déportation, contre la détention de Palestiniens où que ce soit et contre l’incessante violence coloniale de l’État belge. La Belgique joue son rôle en tant que pays hôte de l’OTAN et composante du bloc impérialiste dirigé par les États-Unis. Même quand le gouvernement belge s’engage dans une critique verbale du génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par Israël, elle poursuit son commerce d’armes avec l’occupation, elle continue d’accueillir les installations de fabrication d’armes d’Elbit de de cibler les Palestiniens en Belgique à des fins de répression.

Soutenez la grève de la faim, démantelez les centres de détention et libérez tous les prisonniers palestiniens !

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Publié le 8 octobre 2026 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

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(*)  Grève de la faim à Bruxelles

     JOUR 27 (13 octobre) : Communiqué de presse de House of compassion, PALFAM et PALFAM-Support :

La grève de la faim prend fin pas à pas, l’occupation continue

 

La grève de la faim des cinq Palestiniens dans l’église du Béguinage est en train de s’achever pas à pas pour deux raisons. La première est d’ordre médical, la seconde est politique. Sur le plan politique, l’objectif initial des grévistes est atteint : faire largement connaître leur situation et celle de leurs familles, en ordre de visa mais bloquées à Gaza. L’occupation continue car le gouvernement belge reste sourd à la grande mobilisation autour des grévistes de la faim.

Sur le plan médical, les grévistes ont entendu, malgré leur détermination, les exhortations de l’équipe des soins à rester en vie. Le diagnostic des médecins qui les suivent jour et nuit depuis leur arrivée dans l’église, le 22 septembre, était très clair :

« Vous avez choisi la manière la plus stricte en ne buvant que de l’eau et un supplément de sel. Lors de vos hospitalisations, vous avez continué à ne rien manger. Vous avez tous perdu entre 10 et 20% de votre poids et votre santé est en grave danger : reins, muscles, cœur… Votre but est de vivre avec votre famille et non de mourir ».

Après que les grévistes de la faim ont décidé de suivre l’avis médical, en concertation avec Palfam-Support et House of Compassion, le prêtre Daniel Alliet a immédiatement proposé aux grévistes de rester dans l’église pour entamer le processus de réalimentation. Après trois semaines de grève de la faim, il est en effet crucial de préparer lentement le corps à recevoir à nouveau de la nourriture. L’équilibre ionique est perturbé, les reins ont dû éliminer des protéines de tous les muscles détruits pour survivre et maintenir les fonctions vitales. Les intestins ont été quasi à l’arrêt et le microbiote perturbé. L’équipe médicale continue à surveiller la reprise progressive de l’alimentation : bouillons de légumes par petites quantités puis réintroduction lente de féculents et de protéines.

L’occupation de l’église continue donc à la fois pour accompagner les grévistes dans ce processus et pour préparer ensemble les futures actions.

House of Compassion lance l’appel à un jeûne collectif de 24 heures, dans l’église, du samedi 17 octobre à midi au dimanche 18 octobre à midi.
C’est en effet à cette date que les grévistes pourront reprendre une alimentation normale. Ce jeûne symbolique est une action de solidarité avec la grève de la faim passée. Il débouchera dès 12h30 sur un grand repas collectif ouvert à tous, au cours duquel les actions futures seront décidées.

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