Impérialisme et résistance : Les peuples modifient le cours de l’Histoire

Ceux qui résistent ne défendent plus simplement leurs territoires et droits. Ils contribuent à modeler l’avenir et à transformer le cours même de l’Histoire.

 

Impérialisme et résistance : Les peuples modifient le cours de l'Histoire

 

Masar Badil, 14 juin 2026

Alors que les puissances impérialistes cherchent à sauvegarder un ordre mondial s’appuyant sur la guerre, les sanctions, l’occupation et l’exploitation des peuples, les forces de la résistance ont démontré que la domination impérialiste n’était ni inévitable ni invincible. De la Palestine à la Bolivie, de l’Iran à Cuba, en passant par le Venezuela, le Yémen et le Liban, la réalité est de plus en plus claire : les peuples qui luttent pour leur souveraineté sont en mesure de modifier l’équilibre du pouvoir et d’ouvrir la porte à une nouvelle ère historique.

La situation internationale actuelle est plus claire qu’elle ne l’a jamais été au cours des décennies écoulées. Au-delà des différences culturelles, religieuses ou idéologiques, une contradiction fondamentale modèle notre monde. D’un côté, se trouve le camp impérialiste dirigé par les États-Unis, l’OTAN et leurs alliés occidentaux, déterminé à sauvegarder un système de domination politique, économique et militaire qui lui donne la possibilité de contrôler les ressources, les marchés et la destinée des nations. En face, c’est le camp de la résistance, composé de mouvements de libération nationale, de forces révolutionnaires et de peuples et nations qui refusent la soumission et continuent de lutter pour l’indépendance et l’autodétermination.

Cette contradiction fondamentale contribue à expliquer des développements que les médias occidentaux définissent souvent comme des crises isolées ou des conflits sans rapport. La Palestine, l’Iran, Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Yémen et le Liban ne sont pas des arènes séparées. Ce sont des expressions différentes d’une même confrontation historique entre le projet de domination impérialiste et la lutte pour la souveraineté, la justice et la libération. Ce qui lie ces expériences, c’est non seulement la pression et l’agression qu’elles affrontent, mais aussi le fait qu’elles font face au même système mondial qui cherche à refuser aux peuples qu’ils contrôlent eux-mêmes leur avenir.

L’agression en cours contre l’Iran propose l’un des exemples les plus clairs de cette réalité. Le problème de l’impérialisme n’est pas la politique spécifique adoptée par la République islamique d’Iran. Le problème réside dans l’existence même d’un pays indépendant capable de prendre des décisions souveraines indépendantes des diktats éternels. Depuis des décennies, l’Iran refuse de se soumettre à l’ordre régional élaboré par Washington et ses alliés. Par conséquent, il a subi des sanctions, des blocus, des opérations de sabotage, des assassinats et d’incessantes menaces militaires.

La même logique est appliquée contre Cuba, qui a enduré plus de six décennies d’un blocus criminel visant à châtier un peuple pour avoir choisi une voie indépendante. La même logique est visible dans l’agression constante contre le Venezuela, visé en raison de sa détermination à exercer sa propre souveraineté sur ses ressources naturelles. En Amérique latine, la Bolivie est un autre exemple clair des extrémités auxquelles l’impérialisme se livrera pour empêcher les peuples d’exercer eux-mêmes le contrôle sur leurs richesses et leur avenir politique : de la déstabilisation aux coups d’État et à la promotion de la loi martiale.

Pourtant, aucune lutte n’illustre cette confrontation historique plus clairement que la Palestine. La guerre génocidaire menée par le régime sioniste contre le peuple palestinien n’est pas uniquement une offensive contre Gaza. C’est une tentative en vue d’écraser l’une des plus magnifiques représentations de résistance et de libération de notre temps. Toutefois, plutôt que d’isoler la Palestine, cette guerre a généré une vague sans précédent de solidarité internationale et de profonde conscience au niveau mondial de la nature du projet sioniste et de son rôle consistant à servir les intérêts impérialistes.

La résistance palestinienne a montré que la détermination, l’organisation et de profondes racines parmi le peuple peuvent modifier les réalités politiques et militaires même face à une supériorité militaire écrasante. La Palestine est de ce fait devenue un symbole mondial de résistance et un point de rencontre des luttes des peuples contre le colonialisme, le racisme et la domination. La cause palestinienne n’est plus simplement la cause d’un peuple en lutte pour la libération de sa terre, elle est devenue une pierre angulaire morale et politique qui révèle où en sont les forces dans la confrontation plus large entre la domination et la libération.

En Europe et ailleurs, on discute souvent de la résistance comme d’un concept abstrait. En réalité, la résistance a ses noms, ses organisations et son histoire. Dans notre région, des forces comme le Hezbollah au Liban, le Hamas et le Mouvement du Djihad islamique en Palestine, Ansarallah au Yémen et d’autres composantes de l’Axe de la Résistance se trouvent en toute première ligne de front de la lutte contre le sionisme et l’impérialisme. Ces forces sont celles qui subissent siège, assassinats, bombardements, guerre et campagnes de criminalisation. Ce sont ces forces qui ont empêché les plans impérialistes et sionistes de concrétiser pleinement leurs objectifs dans la région.

L’un des développements les plus significatifs de ces dernières années a été la coordination croissante entre ces forces de résistance. Face aux divisions qui ont historiquement affaibli les peuples et les mouvements de libération, elles ont de plus en plus développé des formes sophistiquées d’une coopération politique, stratégique et médiatique s’appuyant sur une compréhension partagée de la nature de la lutte. Elles ont reconnu que la Palestine ne pouvait être séparée du Liban, que le Yémen ne pouvait être séparé de l’Iran et que la défense de Cuba, du Venezuela et de la Bolivie faisait partie de la même lutte contre l’hégémonie impérialiste.

Cette compréhension partagée a contribué au renforcement d’un front de résistance plus cohérent et résilient. Elle reflète une conscience de ce que les agressions contre le moindre de ces peuples ou mouvements font partie d’une offensive plus large et qu’une solidarité réelle et efficace requiert une compréhension totale de la confrontation mondiale qui se déroule sous nos yeux.

Depuis sa fondation à Madrid, Masar Badil, le Mouvement palestinien de la Voie révolutionnaire alternative, a préconisé la mise en place d’un large front international de résistance contre l’impérialisme et le sionisme. Cette position est enracinée dans la conviction que les luttes populaires ne peuvent obtenir la victoire si elles restent isolées ou fragmentées. Aujourd’hui, les développements internationaux confirment plus que jamais la validité de cette perspective.

Une solidarité symbolique, tout importante qu’elle soit, ne suffit plus. L’ampleur de l’offensive impérialiste exige des formes plus profondes de coordination politique, organisationnelle et populaire. Elle exige des alliances entre les mouvements de libération nationale, les organisations révolutionnaires, les syndicats militants, les mouvements de jeunesse, les organisations féminines et toutes les forces engagées envers la souveraineté et la libération.

« Les peuples qui résistent ne font pas que défendre leurs terres et leurs droits ; ils modifient également le cours de l’Histoire. »

Cela ne veut pas dire effacer les différences idéologiques ou politiques. Au contraire, cela signifie de reconnaître qu’il y a un ennemi commun affrontant tous les peuples qui cherchent la liberté et l’autodétermination et que la lutte contre cet ennemi requiert l’unité la plus large possible dans l’action.

Les puissances impérialistes continuent de posséder d’immenses ressources militaires, économiques et médiatiques. Pourtant, elles ne peuvent plus imposer leur volonté aussi facilement que dans le passé. Les mouvements de résistance sont parvenus à modifier les calculs politiques et militaires, à défier les structures du pouvoir établi et à saper des hypothèses qui semblaient naguère encore incontestables.

La lutte est loin d’être terminée. Les peuples du monde entier continuent de faire face à l’occupation, le siège, la guerre, les sanctions et les interventions étrangères. Pourtant, une vérité indéniable est en train d’émerger : Ceux qui résistent ne défendent plus simplement leurs territoires et droits. Ils contribuent à modeler l’avenir et à transformer le cours même de l’Histoire.

Pour cette raison, le renforcement de l’unité des forces anti-impérialistes et la mise sur pied d’un large réseau international de résistance et de solidarité restent l’une des plus importantes tâches stratégiques de notre époque – non seulement pour la défense de peuples et de causes en particulier, mais pour la création d’un avenir plus juste, libre et digne pour toute l’humanité.

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Publié le 14 juin sur Masar Badil
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

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