De la nécessité et des tâches de la conférence des Générations de la Libération à Beyrouth

L’article qui suit a d’abord été publié en arabe, le vendredi 4 septembre 2026, dans le journal Al-Akhbar au Liban. La conférence de Ajyal al-Tahrir (Les Générations de la Libération) aura lieu samedi 19 septembre, dès 9 heures du matin, à la salle Al-Jinan, à la Haute École Batoul, située à Bir Hassan, à Beyrouth.(*)

 

 

Hisham Issawi, 4 septembre 2026

La capitale du Liban, Beyrouth, se prépare à accueillir la conférence des « Générations de la Libération » (Ajyal al-Tahrir), organisée par le Centre international de la Palestine le 19 septembre 2026. La conférence cherche à ouvrir un espace de dialogue autour de la Palestine, de la mémoire de la lutte et du rôle des nouvelles générations dans la relance de la conscience culturelle, intellectuelle et politique de notre jeunesse dans les camps de réfugiés palestiniens.

La conférence se tiendra à Beyrouth, une ville qui occupe un place spéciale dans l’histoire contemporaine de la Palestine. Beyrouth n’a jamais été simplement une ville qui a accueilli des Palestiniens ; au fil des décennies, elle est devenue un lieu central du débat politique, culturel et médiatique des Palestiniens et des Arabes. Elle a accueilli des générations de combattants, d’intellectuels, d’artistes, d’étudiants et d’activistes et ses rues ont assisté à de nombreuses batailles et luttes héroïques.

 

D’une génération à l’autre : vers la Palestine

L’intitulé de la conférence, « Les Générations de la Libération », a une signification qui va au-delà du sens temporel du mot « générations ». Depuis la Nakba, la cause palestinienne n’a jamais été transmise d’une génération à la suivante comme un simple souvenir, mais comme une cause vivante associée à l’identité, à la justice et au droit du peuple palestinien à la libération et au retour.

Aujourd’hui, les jeunes des camps n’ont pas besoin de nouvelles plates-formes leurs proposant de simples discours. Au contraire, ils ont besoin d’un espace palestinien libre où ils peuvent s’exprimer de leurs propres voix sur leur réalité et leur souffrance, sur la pauvreté, le chômage, les privations et les restrictions qu’ils subissent, et sur l’avenir de leurs camps, là où ils pourront transformer cette souffrance en une force organisée en vue de l’action, de l’initiative et de la lutte pour leurs droits.

En même temps, la responsabilité des jeunes Palestiniens au Liban ne cesse pas aux limites des camps. Le peuple palestinien est un, la cause est une et le combat est un. D’où la nécessité de mettre en place des ponts solides entre les jeunes des camps et les jeunes palestiniens de la patrie et de la diaspora, tout en renforçant la communication avec les mouvements de jeunes et d’étudiants ainsi qu’avec les mouvements de solidarité et de libération du monde entier.

Au plus profond d’eux-mêmes, les jeunes Palestiniens comprennent que leur combat n’a rien de marginal et qu’il ne peut être ramené à des questions de services ou d’activités saisonnières. Il s’agit d’une bataille existentielle contre l’oblitération et le génocide et pour leur identité, leur dignité, leur existence. Il s’agit d’une bataille en vue de défendre le droit des réfugiés à une existence digne et leur droit inaliénable au retour en Palestine.

C’est là qu’apparaît l’importance d’examiner le rôle des nouvelles générations. Ils font face à une réalité palestinienne, arabe et internationale différente et se servent de nouveaux outils dans les médias, la culture, l’organisation des jeunes et la promotion des droits. Ces générations cherchent de nouvelles voies afin de sauvegarder la présence palestinienne à un moment où la bataille sur le discours, la conscience et la mémoire est devenue une composante essentielle de la lutte.

Le choix de Beyrouth comme endroit de la conférence ajoute une signification spéciale à son intitulé. Historiquement, la ville a été étroitement liée à la présence palestinienne, aux camps de réfugiés palestiniens au Liban et aux mouvements culturels, médiatiques et politiques qui ont accompagné les diverses phases de l’histoire de la cause palestinienne.

Dans ce contexte, la conférence peut fournir un espace qui réunira la mémoire et l’expérience des questions auxquelles est confrontée la nouvelle génération : Comment pouvons-nous restituer aux camps leur rôle de pionniers dans la direction du mouvement national palestinien ? Comment la mémoire se transmet-elle d’une génération à la suivante ? Quels rôles la culture, l’art, les médias, l’éducation et les jeunes peuvent-ils jouer dans le maintien de la présence palestinienne dans la conscience publique ? Et comment pouvons-nous, en tant que jeunes des camps, obtenir nos droits sociaux et économiques au Liban ?

 

Une nouvelle génération avec de nouvelles questions

« Les Générations de la Libération » peuvent offrir l’occasion de réviser le concept de la libération palestinienne sous une perspective élargie. La libération n’est pas liée à la seule politique ; elle est également associée au savoir, à l’identité, à la culture, à la résistance et à la capacité de produire le narratif palestinien et de le protéger de l’oubli.

Elle signifie également la libération des mesures de restriction et de siège imposées par le gouvernement libanais aux camps palestiniens dans les secteurs de l’emploi, de l’éducation, de la santé, des infrastructures, de l’entrée des matériaux de constructions et dans d’autres domaines encore.

Dans ce cadre, la participation de la jeunesse et des jeunes générations est un élément essentiel dans toute discussion autour de l’avenir des camps de réfugiés palestiniens. Les jeunes Palestiniens des camps vivent une réalité différente de celle vécue par les générations qui les précèdent. En même temps, toutefois, ils véhiculent une mémoire qui n’a pas débuté avec eux mais qui leur a été transmise d’en haut – une mémoire qui est aujourd’hui en butte à des tentatives hostiles de la remanier un fois de plus.

Par conséquent, nous disons ceci :

Le temps est venu pour les jeunes hommes et femmes des camps de réfugiés palestiniens de dire : C’est en fini de jouer avec notre avenir. Nous voulons nos droits complets. Nous voulons revitaliser nos camps. Nous voulons le retour.

Le temps est venu pour les jeunes de Palestine de progresser vers les lignes de front, d’occuper leur place normale dans la direction nationale et le travail social et de se transformer, d’un public en attente, en une génération qui agit et qui prend l’initiative et, d’énergies disséminées, en une force organisée.

Les Générations de la Libération sont nées et ont débuté dans le camp, mais elles ne cessent de progresser sur la voie du retour vers une Palestine libérée, du fleuve à la mer.

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Il est nécessaire de s’inscrire pour y participer

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Publié le 4 septembre 2026 sur The Palestinian International Center
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

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