Gloire au martyr Yahya Sinwar, le prisonnier révolutionnaire, l’organisateur, le combattant et le dirigeant

Le 16 octobre 2026, en ce second anniversaire de son martyre, le Réseau Samidoun de solidarité avec les prisonniers palestiniens commémore et honore le martyr Yahya Sinwar, Abu Ibrahim, dirigeant national palestinien, président du bureau politique du mouvement Hamas, l’un des architectes du Déluge d’Al-Aqsa, dirigeant prisonnier palestinien libéré et symbole immortel de l’inébranlable volonté de libération face à la brutalité et à l’injustice coloniales.

 

29/10/1962 – 16/10/2024 Gloire au martyr Yahya Sinwar (Samidoun)

 

Samidoun, 16 octobre 2026

 

Yahya Sinwar est mort en martyr alors qu’il combattait vaillamment sur le champ de bataille, sans la moindre hésitation, affrontant tout un bataillon des soldats de l’occupation. Le monde entier a vu cette image : Yahya Sinwar lançant le bâton qu’il tenait en main, sa dernière arme, vers le drone qui le visait, même après qu’il avait déjà perdu son bras.

Comme nous l’avons dit en 2025, « les occupants israéliens ont diffusé la vidéo de son dernier combat afin de prouver son martyre et d’affirmer leur « succès » dans l’élimination d’un grand dirigeant de la Résistance. Toutefois, en agissant ainsi, ils ont également révélé la réalité : une réalité dans laquelle ce dirigeant s’est avancé vers les lignes de front de la bataille, engagé en compagnie de son peuple, et a combattu de son dernier souffle jusqu’à la dernière extrémité. La révélation des circonstances de son martyre n’a fait que cimenter la place de Sinwar au panthéon des chefs révolutionnaires, de Che Guevara à Omar al-Mukhtar, représentant ainsi le rejet défiant de l’oppression et du colonialisme et l’indéfectible volonté de lutter pour la libération ».

Mais, avant toute chose, au cours de sa vie, Yahya Sinwar a joué un rôle exceptionnel au sein du mouvement de résistance. Conscient de sa position historique, Sinwar a assumé un rôle proéminent dans l’organisation de la résistance palestinienne et dans sa base centrale d’organisation et de soutien populaire à Gaza, dans son réseau militaire et sécuritaire dans la région, dans l’opération héroïque du Déluge d’Al-Aqsa et dans l’Axe de la Résistance dans son ensemble. Né au camp de réfugiés de Khan Younis à Gaza en 1962 et fils de Palestiniens déportés de Majdal Asqelan, il a grandi dans l’atmosphère spécifique de la résistance à Gaza au cours des années 1960 et 1970. Comme bien des dirigeants de la résistance, il a été confronté à la prison et a été condamné à quatre fois la perpétuité par les tribunaux sionistes illégitimes en 1988 pour son rôle dans la direction d’Al-Majd, la sécurité de la résistance à Gaza, qui dévoilait et éliminait les collaborateurs du régime d’occupation.

Il a été libéré dans le cadre de l’échange Wafa Al-Ahrar en 2011, après avoir joué un rôle remarquable dans la direction du mouvement des prisonniers. Durant son temps de prison et après sa libération, il n’a jamais cessé de croire en une Palestine libérée du fleuve à la mer – cette foi n’a jamais été un simple rêve, mais un objectif historique affirmé et, toute sa vie, il a agi pour faire progresser et changer les conditions qui pourraient contribuer à concrétiser cette libération. Il a dirigé des grèves de la faim collectives, a écrit des livres sur la sécurité coloniale et sur l’appareil des renseignements, et il a organisé des cercles d’étude sur les tactiques des forces de l’occupation parmi les Palestiniens emprisonnés, tout en œuvrant, derrière les barreaux, à développer les structures organisationnelles et politiques du mouvement Hamas et du mouvement des prisonniers palestiniens dans son ensemble. Dans des témoignages et des souvenirs venus après leur libération, ses compagnons prisonniers libérés ont rappelé sa gentillesse, son dévouement et ses qualités de chef, en exprimant leur respect et leur amour à son égard, par-delà les lignes factionnelles et politiques.

 

 

En tant que dirigeant national, non seulement il a commandé des opérations défensives contre les invasions israéliennes à Gaza au cours des années 2010 et est allé de l’avant dans la défense de la Cisjordanie et de Jérusalem lors de la bataille de Seif al-Quds en 2021, mais il a également conçu et planifié l’audacieuse offensive tactique du Déluge d’Al-Aqsa en compagnie des dirigeants des Brigades Izz el-Din al-Qassam Brigades, les martyrs Mohammed Deif et Marwan Issa. Il a toujours tenu à l’œil les rêves, le potentiel réprimé et la liberté de son peuple et ses responsabilités envers ses compagnons prisonniers palestiniens enfermés dans les geôles sionistes. Il s’est engagé pleinement dans le combat pour mettre fin aux massacres, à la destruction et au siège, pour placer la cause palestinienne au centre des arènes arabes, islamiques et internationales, pour combattre pour l’existence et l’avenir des jeunes à Gaza et pour libérer les prisonniers laissés en prison lorsqu’il a été libéré par la Résistance.

Pour son courage, sa détermination, sa perspicacité et son rôle dans le mouvement de résistance pour la libération, Yahya Sinwar a été reconnu par les gens du monde entier comme un symbole et dirigeant révolutionnaire palestinien, arabe, islamique et mondial, un homme de justice et de courage qui a résisté au talon de fer de la domination coloniale. Il est remarquable qu’au cours de l’année 2025, le prénom Yahya a gagné 33 places et est entré dans le top 100 des prénoms de garçon au Royaume-Uni. Dans des manifestations de New York à Kuala Lumpur, de Pretoria à Bruxelles, les gens arborent de grandes photos et citations du martyr Yahya Sinwar en tant que symboles de l’engagement envers la libération de la Palestine et la voie qu’il a dirigée face au monde.

 

 

Ces déploiements de respect et d’affection envers le martyr ont été sévèrement réprimés et censurés par toutes les puissances impérialistes, avec le soutien actif des entreprises Big Tech et même de certains prétendus progressistes et social-démocrates. Et si ce fut le cas, c’est précisément parce que Yahya Sinwar personnifiait ce que les sionistes et les impérialistes veulent éradiquer : le sumud et la résistance enracinés dans la foi, l’amour, la justice et la connaissance et une acceptation du sacrifice par amour de son peuple et de sa libération.

Ils ne peuvent supporter le fait que les gens de la planète entière tirent un enseignement de son important héritage. Leur tentative de diaboliser Yahya Sinwar comme « terroriste » échoue lamentablement, si bien qu’ils tentent de terroriser les gens ne serait-ce que pour les empêcher de mentionner fièrement son nom ou de brandir son nom et son effigie qui, elle-même, sert d’appel à l’action et à la mobilisation. Et tout cela parce que la réalité les frappe d’une grande crainte pour l’avenir du projet colonial en Palestine occupée : Yahya Sinwar était un combattant des peuples mort en martyr au combat contre l’ennemi génocidaire, il a donné sa vie et s’est battu jusqu’à la fin au service de son peuple et de tous les citoyens libres du monde. Il a rejoint les milliers de martyrs qui ont lutté contre les chaînes du colonialisme, de l’Algérie au Vietnam, du Liban à Cuba.

Son commandement, sa bravoure et sa dévotion à la Palestine et à son peuple requièrent notre plus profonde admiration et notre respect et son comportement et sa vie sont des modèles et des inspirations pour nous tous. Tous les démocrates et progressistes du monde entier doivent entretenir sa mémoire et son héritage. Chacun d’entre nous devrait s’efforcer de consacrer sa vie à la tâche de la libération et ce, dans les arènes palestiniennes, arabes et internationales, de la même façon que l’a fait le martyr révolutionnaire Yahya Sinwar.

Pour le mouvement pour la Palestine dans le monde, y compris les mouvements des Palestiniens en exil et dans la diaspora et au sein de la mobilisation internationaliste pour la Palestine, il y a bien des leçons à tirer de l’existence révolutionnaire de Yahya Sinwar.

Primo, l’une des leçons les plus importantes réside dans son engagement envers la lutte, l’effort et l’organisation collectifs. Le dirigeant martyr a été sans nul doute une personnalité exceptionnelle en tant qu’individu – un stratège qui a mené une politique de l’illusion, un écrivain et un penseur, un dirigeant populaire capable de faire bouger les masses. Toutefois, tout au long de sa vie, il s’est consacré à la mise sur pied d’organisations, d’institutions et de structures à même de diriger et de faire avancer la révolution et de renouveler leur direction : dans le mouvement étudiant, dans le mouvement des prisonniers, dans la sécurité de la résistance Al-Majd, dans les structures politiques et militaires du Hamas et dans la gouvernance de la bande de Gaza. Le Déluge d’Al-Aqsa a été une campagne militaire méticuleusement conçue et elle ne constitue qu’un aspect de la vie organisationnelle aux multiples facettes de Yahya Sinwar. À une époque où l’individualisme est très activement promu, spécialement dans le monde impérialiste, l’engagement collectif de Sinwar et sa concentration sur l’organisationnel constituent une leçon révolutionnaire pour nous tous.

Secundo, Sinwar était virulent et inflexible lorsqu’il s’en prenait à l’ennemi, au colonisateur et à leurs collaborateurs, considérant la collaboration comme une menace mortelle pour la résistance et pour le peuple palestinien dans son ensemble. En même temps, il était souple et ouvert quand il s’agissait du peuple palestinien, de ses diverses tendances politiques et, spécialement, des classes populaires du peuple palestinien. Il était déterminé à se concentrer sur l’ennemi réel et à développer la résistance et l’intensifier, tout en soutenant et en développant le berceau populaire de la résistance, en faisant tout ce qu’il pouvait pour améliorer l’existence des travailleurs et des masses populaires, alors qu’il proposait un rejet absolu de la collaboration et de la normalisation avec l’occupant.

Tertio, au cours de ses quelques dizaines d’années de prison et alors qu’il exerçait ses activités de dirigeant en dehors de la prison, il a exemplifié les qualités du mouvement des prisonniers par sa patience, sa détermination et son courage. Tout en développant les plans en vue du Déluge d’Al-Aqsa et en s’engageant dans un leurre stratégique à l’adresse du régime sioniste, il orientait le mouvement qu’il dirigeait pour le concentrer sur l’ennemi et ne pas se laisser distraire par des rumeurs ou par des spéculations. Durant la période de 2022-2023, des rumeurs étaient allées bon train sur le fait que le Hamas s’orientait vers une simple gestion de l’état de siège et une autorité pure et simple sur Gaza au détriment de la résistance ou en abandonnant les forces de résistance dans les batailles de 2022 et du début de 2023. Plutôt que de saper la prudente procédure du planning, Sinwar a dirigé le mouvement dans une direction de concentration déterminée, dans laquelle tout a été brillamment révélé au monde le 7 octobre 2023.

Aujourd’hui, nous commémorons le second anniversaire du martyre d’un dirigeant révolutionnaire, d’un commandant qui a combattu aux côtés de ses soldats, d’un prisonnier libéré qui a refusé de quitter ses sœurs et ses frères et de les laisser derrière lui, d’un grand fils de la Palestine qui, avec sa foi en Dieu et son amour pour son peuple, a changé le monde. Comme le dirigeant martyr l’a dit, Gaza « a dénoncé tous les normalisateurs, disgracié tous ceux qui s’étaient engagés dans la coordination sécuritaire, elle a révélé la véritable nature de tous ceux qui ont renoncé à leurs droits et ont fait des concessions ». Il est de notre responsabilité collective d’organiser, de lutter et de récolter les fruits et réalisations du Déluge.

Nous invitons instamment le mouvement à se souvenir de Yahya Sinwar, par les mots, les images, les actions : pour exprimer vocalement et visuellement l’héroïsme et la direction de la résistance, pour intensifier les protestations, la mobilisation et l’action directe en vue d’affronter le sionisme et l’impérialisme, et pour mettre sur pied l’Intifada mondiale, pour la Palestine et pour l’humanité.

« Je dis que le plus grand cadeau que l’ennemi et l’occupation peuvent me faire est de m’assassiner et que je puisse rencontrer Dieu le Tout-Puissant en tant que martyr de leurs œuvres. » – Le dirigeant et martyr Yahya Sinwar.

Gloire au martyr Yahya Sinwar et à tous les martyrs de la Palestine et de la Résistance. Retour, libération et victoire pour le Liban, pour le Yémen, pour l’Iran, pour toutes les forces de la Résistance. Victoire pour la Palestine, pour toute la Palestine, du fleuve à la mer.

 

 

 

 

 

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Publié le 16 octobre 2026 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

 

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