Face à la répression et aux offensives néolibérales : soutien aux lycéen•nes en lutte !

Samidoun, réseau international de solidarité avec les prisonnier•es politiques palestinien•nes, affirme sa pleine solidarité avec le mouvement des lycéen•nes et des élèves en Belgique et en France !

 

Face à la répression et aux offensives néolibérales : soutien aux lycéen•nes en lutte !

 

Samidoun,  12 octobre 2026

Alors que les deux pays connaissent une offensive réactionnaire sans précédent depuis les années 30, autant sur le plan économique que sur le plan des droits et libertés fondamentales, les investissements bellicistes ont explosé de part et d’autre de la frontière au détriment des budgets de la santé, de la culture, de l’éducation et des droits sociaux. Cette fuite en avant est une illustration de la mécanique impérialiste occidentale, qui, pour mieux écraser les populations du Sud Global, n’hésite pas à s’en prendre aux conquis sociaux arrachés par d’âpres luttes au cours du siècle dernier.

Nous considérons que la jeunesse a toutes les raisons de se révolter. Après avoir grandi en subissant des règles arbitraires et absurdes, telles que par exemple un confinement à double standard ou des couvre-feux les visant explicitement, les élèves se retrouvent dans des conditions d’apprentissage indignes avec des classes surpeuplées, des pénuries d’enseignant·es, mais aussi des locaux délabrés et l’absence de fournitures élémentaires telles que le papier wc, les protections périodiques et autres. En plus de la dégradation des conditions matérielles, les élèves sont également sujets à la disqualification permanente de leur parole et doivent faire face à la dérive policière du système d’éducation, depuis les lois de prétendue neutralité ou laïcité qui font la police du vêtement, jusqu’à la menace récente en Belgique de faire intervenir la police en cas de décrochage scolaire – alors même que les professionnel·les de d’éducation ne cessent d’alerter sur la détresse grandissante des jeunes. Enfin, la France et la Belgique entravent sévèrement l’accès aux études, soit via l’infâme parcoursup (France) soit par une augmentation du minerval (Belgique), ne laissant comme perspective que la galère ou l’enrôlement dans l’armée, très fortement incité par les deux gouvernements.

Nous saluons la conscience politique de cette jeunesse qui prend ses responsabilités en ne se laissant pas faire, et qui a bien conscience de la catastrophe écologique et sociale perpétrée par ceux qui aujourd’hui les pointent du doigt.

Nous saluons leur sens de la justice qui les amène à lier leurs revendications pour une éducation dans la dignité avec les luttes anticoloniales de Palestine et du Congo, qui comprend que les attaques contre leurs droits et ceux de leurs parents sont piétinés pour servir les intérêts des puissants. Cette jeunesse est à la fois le témoin de l’impunité la plus totale vis à vis des dirigeants politiques qui détournent de l’argent public, et vis à vis des génocidaires et de leurs complices pour qui les gouvernements déroulent le tapis rouge, et le  témoin  régulier de la mort  des leurs des mains de la police et de l’impunité des auteurs de violences policières.

Nous saluons particulièrement le courage de cette jeunesse, qui en France comme en Belgique fait face à la violence d’une police surarmée qui a déjà mutilé des enfants et adolescent·es au cours de ces deux premières semaines de mobilisation : un jeune de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade de désencerclement à Lens, un jeune de 16 ans a été éborgné par un tir de LBD à Tours, la mâchoire d’un adolescent de 14 ans a été fracassée par un tir tendu de grenade lacrymogène à Saint Ouen l’Aumône, sans parler de la tentative de noyade d’un jeune de 17 ans par un policier à Belfort et des voitures de polices et des jeep militaires fonçant à pleine vitesse sur les foules de lycéen·nes, etc. ​Face à cette mobilisation sans précédent, les gouvernements belges et français ont donc déployé une répression massive :  des violences policières, des restrictions graves des libertés fondamentales (interdiction de rassemblements), des arrestations massives (près de 7000 interpellations et placements en garde à vue depuis le début du mouvement en France, dont 86% de mineur·es) et une répression judiciaire délirante. Heureusement  ces tentatives d’écrasement sont ici mises en échec par la vitalité de la résistance de la jeunesse et provoquent également un ralliement d’autres mouvements aux côtés des lycéen·nes. Cette répression n’est d’ailleurs pas sans lien avec la brutalité exercée par l’entité coloniale sioniste vis à vis de la population palestinienne, qui illustre le continuum colonial à l’œuvre. Les luttes étudiantes en France et en Belgique sont aussi celles de la “génération Gaza”, politisée dans la rue, dans les manifestations, dans les occupations de l’intifada étudiante, et qui refuse haut et fort d’assister à un génocide en livestream.

Cette lutte se déroule alors que les étudiant·es palestinien·nes, en Palestine occupée comme en exil et dans la diaspora, se battent pour leur droit à l’éducation et à la vie, dans le contexte du génocide impérialiste-sioniste en cours. À Gaza, les étudiant·es palestinien·nes sont quotidiennement confronté·es à la mort, alors que les drones et les bombes sionistes continuent de cibler une population de deux millions de personnes déplacées, tandis que toutes les universités et la plupart des écoles ont été détruites. Les élèves sont contraints d’étudier sous des tentes, souvent avec peu ou pas d’électricité ni de matériel pédagogique, tandis que le siège continue d’empêcher l’acheminement de fournitures indispensables.

Dans toute la Palestine occupée, y compris en Cisjordanie et à Jérusalem, les étudiant·es palestinien·nes sont confronté·es quotidiennement aux arrestations et à la violence des colons. Des centaines de lycéen·nes et d’étudiant·es palestinien·nes figurent parmi les 9 400 prisonnier·es palestinien·nes soumis·es à la torture, à la famine et aux mauvais traitements médicaux dans les prisons sionistes.

Et même en dehors de la Palestine, les étudiant·es palestinien·nes font face à la discrimination raciale, aux refus systématiques de visas coordonnés avec les services de renseignement sionistes, à l’interdiction de leurs organisations, et même à l’exclusion des établissements scolaires et universitaires pour avoir pris position en faveur de la Palestine.

Dans le même temps, cette situation n’est pas sans lien avec l’alignement des États impérialistes français et belge sur les États-Unis, ainsi qu’avec leur complicité et leur collaboration continues dans le génocide sioniste perpétré contre le peuple palestinien. En France, des centaines de personnes ont fait l’objet d’enquêtes et de poursuites pour « apologie du terrorisme » pour avoir exprimé leur soutien au droit du peuple palestinien à la résistance. Des réfugiés palestiniens (comme Ali incarcéré en France depuis deux ans sans jugement en détention préventive sur accusations israéliennes), ont été emprisonnés sur la base de signalements émanant des services de renseignement sionistes, et des millions d’euros collectés auprès de citoyen·nes pour soutenir les Palestinien·nes confronté·es au génocide à Gaza ont été gelés et confisqués.

En Belgique, des familles de réfugié·es palestinien·nes se voient refuser l’entrée sur le territoire, tandis que le gouvernement tente de détruire la liberté d’association à travers son projet de « loi Quintin », visant à interdire les organisations qui défendent la Palestine.

Cette forme de répression se manifeste aujourd’hui par une escalade de la répression, du racisme et de la violence dirigée contre les étudiant·es qui aspirent à une vie différente et meilleure, une vie qui ne repose pas sur le colonialisme, l’impérialisme et la normalisation du génocide.

Les deux pays poursuivent également leur commerce d’armes avec l’entité sioniste, qui commet activement un génocide, tout en prétendant défendre les droits humains et le droit international.

En tant que réseau ​ international et mouvement internationaliste, Samidoun soutient les revendications des lycéen·nes et des élèves pour améliorer leurs conditions de vie, et salue leur engagement visible pour la justice en Palestine et ailleurs.

Pas de justice, pas de paix !

 

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Publié le 12 octobre 2026 sur Samidoun

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