La police sioniste d’Anvers
Pourquoi la police anversoise met-elle en œuvre la politique israélienne ?
Ce soir, à Anvers, nous avons encore vu comment la police anversoise traite les gens qui protestent contre la collaboration de l’actuel Collège avec Israël et, spécifiquement, contre la mise à l’honneur du drapeau du régime génocidaire israélien.
Je me suis posé la question :
« Pourquoi la police anversoise se charge-t-elle du sale boulot de l’État sioniste d’Israël ? »

Photo : réseaux sociaux
Peter terryn, 16 juin 2026
L’article 1 de la Loi sur la fonction de police stipule néanmoins sans détour que
« les services de police (…) contribuent à la protection des libertés et des droits individuels, ainsi qu’au développement démocratique de la société ».
La police belge et ses variantes locales le savent. Ce n’est pas un avis, mais un dogme.
Cela ne figure donc pas dans l’article 23.7 paragraphe 30.11. C’est écrit à l’article 1, c’est l’essence de la fonction de police dans notre démocratie. Chaque agent, chaque commissaire, chaque fonctionnaire et chaque chef de la police (telle la bourgmestre Els van Doesburg) devraient connaître cet article et en faire une priorité. Il n’y a pas d’alternative : Leur tâche consiste littéralement à protéger nos libertés et droits individuels et à développer la société de façon démocratique. Tout le reste est secondaire et il ne faut pas venir en discuter avec moi.
Il est d’autant plus inacceptable, par conséquent, que la police et les autorités communales interdisent et rendent difficiles des manifestations et qu’elles dispersent des rassemblements à coups de matraque. Encore plus qu’elles arrêtent (administrativement) des gens de façon arbitraire – parfois « préventivement » – ou qu’elles apprennent les sales manies de l’armée d’occupation israélienne. Ce pays ne connaît à proprement parler ni droit ni liberté ni démocratie. Pourquoi la police fait-elle quand même le sale boulot ?
Nous savons
Nous savons naturellement qu’au cours de l’été 2023, des agents de police anversois ont participé à des formations en Israël. Nos agents anversois y ont entre autres reçu des cours sur les techniques de sécurité et le contrôle des foules qu’ils ont mises en pratique ce soir. Je le dis ici : Les frais (dont les billets d’avion et de séjour des agents participants ainsi que de leurs petites fêtes de fraternisation avec leurs collègues israéliens) ont été payés avec l’argent de nos impôts. Nous payons donc notre propre police pour qu’elle aille s’entraîner en Israël et apprendre comment elle peut nous opprimer, restreindre nos droits et libertés et empêcher tout développement démocratique. À l’encontre de l’Article 1 de notre propre Loi sur la fonction de police.
Bien sûr, nous savons aussi que la police anversoise a investi des millions d’euros dans les technologies de surveillance et d’extraction de données des entreprises israéliennes.
Nous savons que la zone de police d’Anvers ne se contente pas d’acheter ce matériel, mais qu’elle fonctionne comme intermédiaire central d’achat pour au moins 14 autres zones de police flamandes. En d’autres termes, elle fait la promotion d’un matériel testé sur les Palestiniens afin de l’appliquer ici à sa propre population. La police anversoise y gagne, d’ailleurs : Elle encaisse 4 % dans chaque marché, en sa qualité d’intermédiaire. Honnêtement, j’aimerais voir cette comptabilité. Où va cet argent ?
Nous savons que la police anversoise qui, aujourd’hui, a lâché deux drones sur ses propres concitoyens, recourt pour ces drones au software de la firme israélienne BriefCam. Anvers utilise donc ce software israélien contre ses propres citoyens afin d’analyser de façon accélérée des quantités massives d’images de caméra au niveau des caractéristiques extérieures et du comportement. Un keffieh, par exemple. Ou peut-être une pancarte un peu spéciale…

Le ministre de l’Agitation et sa « pancarte un peu spéciale ». (Photo : Peter terryn)
Nous savons aussi que la police anversoise utilise des caméras israéliennes Radwin & Siklu qui sont accrochées dans votre rue. L’infrastructure sans fil du réseau qui assure une communication stable entre les milliers de réseaux de caméras dans la ville est également ouverte à l’espionnage israélien. Personne ne peut l’empêcher non plus d’analyser ces images à Tel-Aviv ni de les utiliser contre nous. La Ville d’Anvers facilite l’espionnage israélien à l’encontre de ses propres citoyens et avec l’argent de ces mêmes citoyens.
Espionnage à l’encontre des citoyens anversois
Nous savons qu’Israël ne rechigne pas à espionner là où il pense que ça peut lui servir. Israël ne connaît aucune loyauté.
Ainsi, en 2003, lors d’un contrôle de routine, du matériel d’écoute israélien de haute technologie a été découvert, profondément enfoncé dans les murs de béton et les revêtements de sol du bâtiment Juste-Lipse de l’UE, à Bruxelles. L’objectif était la télécommunication des délégations, entre autres de l’Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Espagne et de la Belgique. La technologie avait déjà été placée lors des travaux de structure et de construction à la fin des années 1980. Pendant une bonne quinzaine d’années, Israël a pu écouter les diplomates de l’UE. Bien sûr, personne n’a été poursuivi et le scandale a été mis sous éteignoir. Plus que probablement grâce aux Services belges de la Saleté (de l’État). (Note du traducteur : Le terme utilisé par Peter terryn est « Belgische Vuiligheidsdienten » ; il y a jeu de mots entre le terme officiel « veiligheid » (sûreté) et « vuiligheid » (saleté).)
Nous savons aussi que les softwares de la firme israélienne NSO Group ont été utilisés pour hacker les téléphones de dizaines de hauts fonctionnaires, (euro-) parlementaires et chefs de gouvernement européens dans le cadre du projet Pegasus. Entre autres le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez en ont été les cibles. Reuters a révélé en outre que de hauts fonctionnaires de la Commission européenne avaient eux aussi été espionnés.
Nous savons qu’en juin 2026, le Pentagone a accru le niveau de menace d’espionnage israélien à l’encontre des fonctionnaires américains en le plaçant dans la catégorie la plus élevée (niveau « critique »). La Defense Intelligence Agency (DIA) a entrepris cette démarche après qu’il est apparu que les services de renseignement israéliens tentaient d’infiltrer de façon agressive les délibérations internes du gouvernement américain. Israël dirige spécifiquement les flèches de son espionnage sur les hauts responsables du président Donald Trump qui ont négocié autour d’un accord de paix avec l’Iran. Entre autres, les télécommunications de l’envoyé spécial Steve Witkoff, du patron de la défense Elbridge Colby et de son adjoint Michael DiMino ont été ciblées par l’opération. L’occasion directe de la mise en phase d’alarme a été la découverte qu’un logiciel d’écoute clandestine avait été installé secrètement sur les téléphones du personnel américain de la défense stationné en Israël. Les fonctionnaires américains ont dit des tentatives d’espionnage israéliennes depuis l’entrée du nouveau gouvernement américain qu’elles étaient « incontrôlables » (unhinged).
L’allié de la lumière
Puisque nous savons tout cela, une question se pose naturellement : Comment et en quel sens Israël peut-il être un allié ? En tout cas pas en appliquant l’Article 1 de notre Loi sur la fonction de police. Ni en sauvegardant et développant les droits et libertés démocratiques. Pourquoi les autorités communales et la police anversoises importent-elles alors la vision et les pratiques du régime israélien ? Pourquoi se livrent-elles à l’exécution de la répression contre les antisionistes ?
Ce que nous avons vu est bouleversant : Elly a été arrêtée sur le Grote Markt (Grand-Place) alors qu’elle voulait rediriger les citoyens qui venaient y faire entendre leur voix vers la Groenplaats (Place-Verte). Elle assumait la fonction de steward et ne manifestait donc pas ni ne menait d’action. Au contraire, elle éloignait les gens du Grote Markt.
Julien lui aussi a été jeté au sol de façon extrêmement violente. La police anversoise l’a traité de la même façon qu’Israël quand il avait été kidnappé sur le Global Sumud Belgium. Cela fait un peu penser à la police basque – ce n’est nullement un hasard si cette dernière est entraînée en Israël – quand les participants de la Global Sumud Flotilla sont arrivés à Barcelone.
Ce n’est absolument pas un hasard. Comme nous le savons depuis longtemps déjà, tous les juifs ne sont pas sionistes. Mais il devient de plus en plus clair que tous les sionistes ne sont pas juifs. Il y a des sionistes parmi nous et cela n’a rien à voir avec la religion, l’ADN, la culture ou un peuple. Il s’agit d’une idéologie mondiale.
C’est pourquoi il n’existe qu’un terme correct : le nazionisme. Cette idéologie, nous devons la combattre partout. Non seulement par solidarité avec les Palestiniens, mais aussi dans notre propre intérêt. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une intifada globale.
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Publié le 16 juin 2026 sur Substack
Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine
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Vous retrouverez également dans l’article originale un reportage vidéo (Bref – 2’55”) de l’action du 15 juin 2026 contre la collaboration d’Anvers avec Israël en général et la mise à l’honneur d’un drapeau de l’État ethnique nazioniste en particulier.



