Syriza et le gazoduc « East Med »

En Grèce, quelques semaines à peine après l’arrivée au pouvoir de Syriza début 2015, le gouvernement de Tsipras, premier ministre du parti Syriza signa un accord avec Israël pour le renforcement de la coopération Grèce-Israël au niveau économique, politique et militaire.

Tsipras, le patron de Syriza, avec Nethanyahou

Tsipras et Nethanyahou

Alors que traditionnellement, la Grèce, et surtout son peuple ont soutenu pendant des décennies les justes revendications de la Palestine et se sont positionnés plutôt du côté des pays arabes.

A partir de 2015, la Grèce a connu un revirement total lorsque le gouvernement grec sous Syriza procéda à l’intensification des liens politiques, militaires et économiques entre Israël et la Grèce, désormais chaleureusement embrassée par le régime de droite de la Nouvelle démocratie au pouvoir en Grèce à partir de 2019.

Le 3 avril 2017, une déclaration conjointe a été signée pour promouvoir le gazoduc Moyen Orient «East Med » entre la Grèce, Chypre, l’Italie et Israël.

Le gazoduc East Med est le moyen utilisé pour le vol du gaz du gisement Leviathan situé dans les eaux territoriales de la Bande de Gaza.

Le fondement de la remise en cause des droits des Palestiniens sur ses eaux territoriales, remonte à 1967 et la guerre de six jours, au cours de laquelle la Bande de Gaza a été déclarée sous l’occupation israélienne, ensuite lors de la capitulation des Accords d’Oslo en 1993.

Les incursions israéliennes qui ont eu lieu en 2008-2009 puis en 2014, ont permis de facto à Israël le contrôle des richesses sous-marines de la Bande de Gaza.

Ainsi, le 2 janvier 2020, le gouvernement grec de droite libérale signa l’accord du gazoduc « East Med » en présence à Athènes de Benjamin Netanyahu, premier ministre israélien.

Ce projet fait de ces 3 pays un maillon important de la chaîne d’approvisionnement énergétique de l’Europe.

Ce gazoduc East Med serait capable d’acheminer jusqu’à 11 milliards de m3 de gaz par an. Ce processus se fait au détriment du peuple palestinien et arabe dont les ressources naturelles sont confisquées, volées et commercialisées par l’occupation israélienne en toute illégalité du droit international.

Le 14 mai 2020, le parlement grec a ratifié à une large majorité l’accord transnational entre la Grèce – Chypre – Israël – Italie pour la construction du gazoduc EastMed.

Le parti libéral de la Nouvelle Démocratie (la droite au gouvernement actuellement), Syriza (membre du groupe GUE au parlement européen et qui a négocié les accords et soutenu le projet du début durant le gouvernement Syriza jusqu’au vote le 14 mai 2020) et le KINAL (parti social démocrate) ont voté en faveur du projet Est Med, par contre le KKE – Parti Communiste de Grèce et MEpA25 ont voté contre !

Un rassemblement était organisé devant le Parlement à Athènes durant la séance des votes pour dénoncer cette ratification et exprimer la solidarité avec le peuple palestinien.

 

L’accord du gazoduc « East Med », loin de soutenir la souveraineté grecque ou la force économique, tente de lier de force l’économie grecque au projet sioniste défaillant, laissant les ressources grecques ouvertes à l’exploitation et au pillage par les États-Unis, Israël et les puissances européennes.

Cela va de pair avec les efforts visant à lier l’accès de la Grèce à l’énergie à la vente de ressources palestiniennes volées par l’entité sioniste via le soi-disant interconnecteur EuroAsia. 

Depuis 2015, tant les associations de solidarité grecques avec le peuple de Palestine, la Communauté palestinienne en Grèce, le mouvement pacifiste, le KKE-Parti Communiste de Grèce, OGE-Association des Femmes de Grèce (du KKE) ainsi que le PAME- Front syndical de lutte ont régulièrement protesté et dénoncé ces accords et toutes relations entre la Grèce et Israël.

Il convient de souligner que la question de East Med, comme toute question concernant l’énergie, est d’une importance capitale pour le sort des peuples concernés dans cette région Il suffit de rappeler combien de guerres pour le pétrole sont menées depuis des décennies au Moyen-Orient.


Correspondante.

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